Je m'en émeuvais il y a quelques semaines dans ce billet : face au lobbying forcené de Lactalis et Isigny-Sainte-Mère, le "vrai" camembert au lait cru risquait de disparaître, les industriels militant pour que le camembert pasteurisé obtienne lui aussi le statut très prisé d'AOC (appellation d'origine contrôlée) "camembert de Normandie". En 2007, les deux industriels, qui représentaient plus de 80 % des volumes de l'AOC (ceux au lait cru ne représentant plus que 15 % de la production totale en France), avaient demandé de faire modifier son cahier des charges pour y autoriser le lait thermisé (chauffé) ou microfiltré, avançant des raisons sanitaires contestées par leurs opposants. En attendant, ils avaient quitté l'AOC.

Or les producteurs artisanaux de camembert semblent avoir décroché une victoire - pour l'instant en tous cas : L'organisme de défense et de gestion du camembert, l'ancien syndicat de défense de l'AOC, vient de renouveler l'obligation d'utiliser du lait cru pour bénéficier de l'appellation. Un vote dont devra tenir compte l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), qui doit trancher le différend dans les prochains mois.