"Babette, je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole". Ça vous rappelle quelque chose ? Eh oui, c'était la pub pour la crème fraiche Candia, qui avait fait tant parler d'elle, à cause de l'ire qu'elle avait alors provoqué chez les féministes, comme les Chiennes de garde... Au profit de l'annonceur ?

Car cette fine cuisinière est devenue au fil des années l'héroïne d'une véritable saga publicitaire, avec plusieurs déclinaisons. Toujours en jouant joyeusement sur l'ambiguïté, entre féminisme et anti-féminisme. En 2004, l'agence de pub Jump (TBWA) s'y est essayée, avec des slogans comme "69% des Suédoises font des choses incroyables avec les mains". Pauvre Joli cliché, affligeant. En 2006, la même agence met en scène trois jeunes femmes qui avouent, le visage masqué d'un bandeau et un brin équivoques, qu'elles ont fait quelque chose qu'elles n'ont jamais osé avouer à leur mari : des fraises à la crème, des quiches, et même des carottes à la crème. Preuve qu'"on peut tout oser avec Babette".

Et voilà qu'elle remet le couvert cette année. En ce moment même, avec une vaste campagne d'affichage publicitaire. Avec un retour à des visuels plus conventionnels, où les ustensiles de cuisine sont devenus moins nombreux pour faire place aux plats, et des messages plus charmeurs et moins provocants. Extraits, que j'ai aperçus dans les métros parisiens... Là, tournant - apparent ? - féministes dans les slogans : "Quand Babette croque monsieur, il fond", affirme une de ces cuisinières, dont on n'aperçoit pas le visage. "Quand Babette croise un chaud lapin, la moutarde lui monte au nez", pour une autre. Ou encore "Babette veut bien tomber dans vos filets, s'ils sont mignons". Moi, j'ai l'impression que là, on a une amélioration : c'est la femme qui prend les choses en main et qui séduit... Qu'est-ce que vous en pensez ?

Babette 2

Babette 1

Babette 3

Photos Capucine Cousin