Vu sur le blog d'Alain Joannes (auteur de l'excellent Le journalisme à l'ère électronique, mon livre de chevet du moment), cette fascinante utilisation de la plateforme open-source Ushahidi, plateforme de crowdsourcing de l'info de crise ("a platform that crowdsources crisis information").

Sur cette plateforme participative open source, de partage de l'information donc, toute personne sur place qui assiste à un évènement peut raconter ce qu'elle a vu par téléphone, SMS ou mail via un ordinateur connecté, en spécifiant la nature des faits auxquels elle assiste. Quatorze catégories de faits ( incidents, batailles, pillages, viols, déplacements de populations, épidémies, etc...) permettent à la base de données d'affecter un code de couleurs à chaque type de tragédie. Les récits font l'objet d'un classement chronologique et ils sont localisés sur une application Google Maps.

Créé début 2008, cet outil open source d'ailleurs été classé parmi les plus prometteurs de l'année par la Technology Review du MIT. De plus en plus sophistiquée, Ushahidi a collecté les témoignages sur les évènements du Kenya, puis elle a fonctionné sur les violences contre les immigrants en Afrique du Sud. La voici maintenant en action au Congo.

Plus loin, Alain Joannes explique qu'Ushahidi aurait aussi "le mérite de situer enfin et concrètement le rôle du 'citizen journalism' dans l'information à l'ère des réseaux", et que "cette salutaire distinction entre "témoins" et "journalistes" signifie que les citoyens peuvent voir des choses que les journalistes ne voient pas".

appli Ushaidi