midot

Ils avaient été remarqués par Privacy International, et retenus dans le dernier palmarès des Big Brother Awards, dont je parlais dans cet article.

Un des projets primés fait froid dans le dos : Midot system a déployé dans près d'une trentaine de pays dans le monde... un détecteur de mensonges pour entretiens d’embauche. Ce « test d’intégrité, d’honnêteté et de fiabilité » proposé aux recruteurs, avait été dévoilé en novembre dernier par la newsletter Gestion sociale. Il s’agit de questionnaires en ligne, dont les modules s’ajustent en fonction des besoins des entreprises. Cela peut aller de l’exploration de l’histoire personnelle du salarié au détecteur de mensonges. « Cela n’est pas encore déployé en France, mais nous espérons attirer l’attention de la CNIL et de la Halde », avertissait en avril Jean-Marc Manach.

Justement, Midot est en train de déployer son plan médias pour lancer son produit en France. Les Echos publiaient aujourd'hui un article évoquant ce nouveau "marché", à partir duquel Midot pousse un peu plus loin, aux frontières du respect de la vie privée du salarié.

Bien au-delà de la simple vérification de la véracité du CV (que proposent déjà certaines sociétés, telle VerifDiploma, par des moyens parfois limites), Midot va plus loin. « Comme il n'est pas possible de passer les salariés au détecteur de mensonge (ce qui est interdit en France, NDLA), nous avons transformé la méthode, selon une formule brevetée, en un test", explique benoîtement au quotidien Amir Lapid, gérant de Midot France.

"Avez-vous déjà été considéré comme suspect dans une enquête policière, mis en examen ou condamné en justice ? Combien de fois vous êtes-vous battu, ou avez-vous pris le volant, ivre, l'année passée ? Accepteriez-vous que nous vérifions les informations que vous nous avez données auprès des autorités compétentes (police, justice, banques, précédent employeur) ?" Voilà quelques-unes des questions listées par Les Echos. Et Midot entretient l'ambiguïté, en comparant sa méthode à celle de "tests de personnalité" - sic.

Quelle attitude de la CNIL et de la Halde, auxquelles le dossier a été signalé par Privacy International ? "Contactée, la CNIL qui prenait connaissance du dossier, assurait qu'il faudrait également se montrer attentif à la manière dont les informations recueillies seraient conservées", précise le quotidien. Rien de plus, donc. Une brèche s'ouvrirait-elle donc ?