Cela faisait longtemps que j'avais délaissé ce rendez-vous dominical sur mon blog. J'avais gardé le sujet de la 3D dans le cinéma sous le coude depuis un certain temps, et finalement, la couv' du dernier numéro du Monde magazine m'a décidée à l'aborder sous cet angle.

Dans le Monde mag donc, on a droit à une interview-fleuve de James Cameron, qui présente son film-blockbuster-futuriste-le plus attendu avant les fêtes (rayez la mention inutile ;), "Avatar". Forcément, le film en lui-même suscite beaucoup d'attentes (que l'on mesure au nombre d'articles et sujets télé consacrés ces derniers jours) : parce que c'est le grand retour au cinéma du canadien James Cameron avec un film grand public, 12 ans après "Titanic". Parce que l'on connaît sa vision pessimiste du monde et de son évolution à venir (il n'y à qu'à voir le futur sombre qu'il nous prédit dans "Terminator" 1 et 2, l'avertissement dans "Abyss"...). Parce qu'il reste l'un des cinéastes américains "qui comptent" à Hollywood, étant coutumier de la démesure et des succès phénoménaux.

Mais aussi parce que ce réalisateur mainstream, habitué des blockbusters, s'empare, à l'occasion de la sortie d'"Avatar", film annoncé comme le plus cher de tous les temps (budget officiel : 250 millions de $), d'une des technologies les plus innovantes - et les plus incertaines - pour le cinéma de demain : la 3D. Comme je l'évoquais dans ce billet, la 3D débarqué dans la télé. Elle débarque donc aussi dans le cinéma : le film de science-fiction "Avatar" sera en effet proposé en format classique (en 2D donc), mais aussi en 3D dans les salles équipées pour diffuser dans ce format.

A ce titre, je vous invite à lire la longue interview de James Cameron : il est loin de se contenter d'assurer la promo de son film - plus besoin, la promo gargantuesque est lancée depuis longtemps. Je suis même tombée cette semaine sur ce magasin tech, à Londres, entièrement aux couleurs d'"Avatar".

Non, on y apprend que lui-même a des obsessions en termes de recherche et de cause écologiste, ce qui prend un certain relief en plein Sommet de Copenhague. Ces dernières années, il a sorti des docus à gros budget sur les fonds marins.Il avait même prévu de partir en 2000 à bord du vaisseau spatial russe Soyouz pour passer un mois à bord de la station Mir. Son prochain projet : il veut mettre en scène, pour la Nasa, la découverte de la vie sur Mars.

Après quelques films destinés à tester ce marché naissant (comme "Flying to the moon"), l'industrie du cinéma est prête à s'emparer de ce nouveau format, comme l'a notamment montré le succès du dessin animé "Là-haut" en 2009, des studios Pixar. Forcément, c'est intéressant : à priori plus attrayant pour les jeunes, et plus rentable, le billet étant vendu plus cher. Et les films en 3D seront plus difficiles à pirater sur Internet, en raison du poids des fichiers.

Si le film de James Cameron est un succès, cela donnera sans doute un coup d'accélérateur au développement de ce nouveau format. De fait, Avatar sortira la semaine prochaine en France sur 500 écrans équipés en 3D . Encore faudra-t-il que les exploitants des salles s'équipent, ce qui a un coût (50 000 à 60 000 € par salle), auquel s'ajoutent le coût des lunettes et le coût de la licence RealID. Actuellement, près de 10% des salles en France sont équipées pour, d'après Le Monde magazine.