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Cela ne vous aura pas échappé: le 9 avril, Instagram, start-up de 14 salariés, connue pour son application mobile qui permet de partager sur Twitter et Facebook des photos vintage style Polaroïd, a été rachetée par Facebook pour quelque 1 milliard de dollars - son fondateur, Kevin Systrom, en voulait même le double, 2 milliards. Elle avait effectué quelques jours avant une levée de fonds de 50 millions de dollars qui débouchait sur une valorisation boursière de 500 millions de dollars.

Spectre d'une nouvelle bulle de la "neteconomie" version 2012, 12 ans après la première, folie autour de ces boîtes gonflées artificiellement par des survalorisations boursières... Et volonté pour Facebook de s'ancrer davantage dans l'image, la photo, en acquérant ce service simple, et surtout dans l'univers mobile - puisque c'est désormais là que tout se passe. Je ne vais pas entrer dans les détails de ce rachat, déjà commenté ici et - et qui fait l'objet d'une analyse (par ma pomme) dans Stratégies en kiosques demain.

Mais ce fait est le dernier révélateur de plusieurs mouvements de fond que l'on observe dans ce nouvel écosystème de startups "sociales" - souvent des médias sociaux, avec des fonctions de création et de partage de contenus autour de "cercles" d'amis, où les pépites sont désormais non plus simplement le nombre de visiteurs uniques ou d'acheteurs, mais le nombre d'utilisateurs - et donc la puissance de leur communauté d'internautes abonnés.

Aujourd'hui, les stars médiatiques sont ainsi Zynga (éditeur de "jeux sociaux" qui cartonnent sur Facebook, tel Farville) , Pinterest (qui permet de "pinter" ses jolies images sur son tableau virtuel, comme j'en parle dans ce papier), Twitter (le site de microblogging bien connu...), Tumblr (autre plateforme de microblogging), Klout (outil d'analyse des media sociaux, censé délivrer le "degré d'influence" des internautes), Path (réseau social limité à 150 amis, uniquement sur téléphones mobiles), Pair (un réseau social pour vous et votre moitié ;), Foursquare (où l'on se géolocalise, de préférence depuis son mobile) et autres Storify (l'outil de "curation")...

On voit aussi apparaître de plus en plus de micro-réseaux sociaux, de niches, tels Path, FamilyLeaf, et Pair.

Levées de fonds records et (sur)valorisations

Mais ce qui est nouveau est que nombre de ces start-ups ont, ces derniers jours, souvent levé des fonds qui donnent le tournis - un nouvel indicateur de valorisation ? Ce qui s'est accompagné pour plusieurs d'entre elles d'une (sur?)valorisation boursière surprenante - d'autant plus pour celles valorisées de manière "grise", alors qu'elles ne sont même pas (encore) cotées en Bourse ! L'an dernier, Tumblr levait 85 millions de dollars. Ces derniers jours, Path a ainsi levé 40 millions de dollars, l'appli "talkie walkie" Voxer 30 millions de dollars.

Mercredi, Le Figaro reprenait ainsi une information de l'agence Bloomberg, selon laquelle Zynga, après avoir acquis 23 sociétés pour 350 millions de dollars en 2 ans, Zynga dispose de 1,8 milliard pour des achats d'autres sociétés. La valorisation boursière est à l'avenant: 200 millions de dollars pour Pinterest et pour Klout, 250 millions pour Path, 8 milliards pour Zynga, près de 10 milliards pour Twitter et Linkedin… sans compter Facebook lui-même, qui devrait être valorisé 100 milliards de dollars sur le Nasdaq lors de son introduction courant mai. Et l'on apprenait ce soir que Square, lancée par Jack Dorsey, fondateur de Twitter, s'apprêtait à atteindre une valorisation de 4 milliards de dollars.

Meta - réseaux sociaux

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Autre fait, plusieurs ont été rachetées par les media sociaux"leaders", à tel point qu'un nouvel écosystème est en train de se façonner, où plusieurs meta-réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Groupon...) se dotent ainsi de services supplémentaires. Dans ce nouvel écosystème "social", on distingue les petits réseaux sociaux, destinés à un cercle limité, les méta-réseaux sociaux, tels que Facebook et Linkedin, et les plateformes de géolocalisation mobile. Le cas d'Instagram est bien sûr emblématique. Ce mercredi, Twitter révélait l'acquisition du service de social media analytics Hotspots.io.

Quelques jours avant, Facebook s'offrait la start-up US Tagtile, qui a développé un système de fidélisation client sur mobile (elle permet de réunir dans un même espace les coupons de réductions et promotions après avoir effectué une visite ou un achat en ligne), compatible avec la norme NFC (on se souvient de l'échec, l'an dernier, du service Facebook Places), et Groupon acquérait l'app de recommandation "sociale" Ditto.me, qui édite depuis mars 2011 une application mobile de recommandation sociale de lieux et d'activités.