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dimanche 2 décembre 2012

Fred Perry et la "subculture" British

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C'est un documentaire assez exceptionnel qui a été diffusé lors d'une soirée organisée à la Flèche d'Or la semaine dernière pour les 60 ans de Fred Perry, marque relativement confidentielle jusqu'à il y a peu, à forte connotation post-punk, mais qui a toujours su, au gré d'un marketing assez discret, surfer sur les différentes tendances musicales. Ayant été portée tour à tour par les Mods anglais, les Teddy Boys, les punks, les jeunes gens Mödernes en France, puis les tenants de la brit-pop au début des années 90... Née sur les courts de tennis, en même temps que Lacoste, elle aurait pu connaître un destin similaire, avec une connotation bourgeoise de bon aloi ;) Mais à l'inverse, elle a su se créer un positionnement underground et prolo. Je vous renvoie vers cette enquête que j'ai publié ce printemps dans Stratégies, où je reviens sur l'histoire de cette marque assez particulière, qui s'est donc toujours imbriquée dans les différents courants musicaux.

La semaine dernière, j'ai donc vu un documentaire riche, de 90 minutes, réalisé par par Don Letts, dans une co-production conjointe par la BBC et Fred Perry. Bel historique des différents courants musicaux britanniques (même si les différentes interviews virent vite à la gloire de la marque Fred Perry, un peu agaçant...). Hélas, on ne le verra probablement pas sur les télés françaises... Mais une somptueuse version en 6 volets a été diffusée en septembre dernier par la BBC. Vous les trouverez sur cette page dédiée chez Fred Perry, et je vous les ai dénichés sur YouTube. Enjoy !

dimanche 23 janvier 2011

Monster High, marque gothique de Mattel pour pré-ados ou post-ados geeks ?

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Un univers noir et rose, gentiment trash et étrange, sous influences gothique, manga, de Twilight, Harry Potter, ou encore entre Edward aux mains d'argent et Les noces funèbres de Tim Burton : après ses gentilles Barbie et autres Polly Pocket, le mastodonte américain du jouet Mattel frappe fort en lançant en France une nouvelle marque, Monster High. Ici, ses héroïnes ne sont plus des gentilles petites filles en rose ou des poneys (souvenez-vous, "Mon petit poney", jouet du groupe Hasbro, qui cartonnait dans les années 80), mais des demoiselles dark un rien trash, de court vêtues, et descendantes de monstres.

Le pitch: six personnages descendants de monstres illustres (histoire de créer une continuité), Dracula et autres Frankenstein, et leur quotidien au collège. Les demoiselles, au look pas exactement enfantin, sont dans un univers fantastique, qui multiplie avec humour les codes gothiques, basé sur le noir et les couleurs sombres : fantômes, araignées, têtes de mort, cercueils=... Avec quelques touches de couleurs vives et des nœuds roses qui renvoient à un univers enfantin.

Toi aussi, deviens gothique

Pour lancer cet univers en France (déjà lancé aux Etats-Unis en juin 2010, et dans quelques autres pays européens ces dernière semaines), Mattel a déployé l'artillerie lourde: les six personnages donnent lieu à des poupées bien sûr, dans un autre genre que la Barbie blonde peroxydée ou que Ken...

Mais aussi une kyrielle de jouets et accessoires plus... particuliers: dans la lignée des teen movies à succès mettant en scène des vampires, le tome 1 de Monster High (signé par Lisi Harrison sera présenté au Salon du Livre en mars. Outre la web-série de 15 épisodes diffusée sur le site, vous n'échapperez pas au clip déjà diffusé sur YouTube ...

Sans compter les produits dérivés classiques - T-shirts, sacs, porte-clés, goodies.. Mais aussi des accessoires plus décalés: des nounours (accompagnés d'accessoires de poupées vaudoues), un "carnet secret des horreurs" (agrémente d'un hurlement enregistré à chaque fois que l'on l'ouvre - si si, j'ai testé), une "machine à tatouer" (qui permettent aux petites filles de se faire des décalcomanies ou tatouages éphémères de têtes de mort par exemple)... Une vraie trousse à outils pour tout futur gothique ;)

Bref, les parents vont adorer. Je plaisante bien sûr. Exceptés les fans de la culture underground gothique et post-punk des années 70, je serai curieuse de voir s'ils vont accrocher à cette nouvelle offre, en pleine vogue nostalgique, où plusieurs anciennes licences (un rien cuculs d'ailleurs) connaissent une seconde jeunesse, comme Hello Kitty ou Charlotte aux fraises - ce qui rassure les parents. Certes, l'enfant est prescripteur en achats, mais pas pour les poupées... incarnation par excellence d'un modèle féminin, et d'un cadre d'éducation pour les parents.

J'ai testé auprès de ma rédac, la plupart de mes collègues (jeunes parents surtout) m'ont semblé, au mieux, circonspects face à ces étranges jouets... On était quelques rares à trouver ça marrant ;)

Références post-punks

Le plus surprenant est que Mattel vise les enfants de 6 - 12 ans avec cette nouvelle offre. Peut-être qu'il n'a pas le choix, face à des concurrents tels que le groupe Hasbro ou des nouveaux-venus chinois sur le très juteux marché des jouets pour enfants. Mattel s'aventure donc dans un univers gothique post-punk... prisé des ados depuis quelques années - ça tombe bien, dans une période où les enfants aiment s'approprier un univers destinés à leurs grands frères / grandes sœurs, et avoir pour héros des personnages plus âgés qu'eux.

On avait d'ailleurs vu d'autres tentatives de jouets pour enfants un peu trash , comme avec les poupées -pouffes à maquillage outrancier et lèvres siliconées (des "poupées-salopes" dixit un ami - et papa bien informé ;). Mattel s'y est essayé en 2008 avec une nouvelle génération de Barbie un rien vulgos (ce point de vue d'une maman sur un forum est révélateur).

Mais surtout, Mattel surfe ainsi sur le même créneau que Emily the Strange et Bad Alice, dont je parlais ici, qui se sont déjà imposées comme des icônes rock et gothiques... auprès des ados, voire des adultes.

Et justement, je me dis que, là encore, à tous les cas, ces Monsters high vont faire mouche auprès de certains adultes, plutôt geeks, qui ont baigné ados dans un univers post-punk / new wave, avec pour références Kiss, Bauhaus, Siouxsie and the Banshees, Joy Division, Birthday Party, The Cure, UK Decay... Un univers aussi heroïc fantasy que ne renieraient pas non plus les rôlistes des années 90.

mardi 23 novembre 2010

Et si la jeunesse était éternelle ?

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Billet initialement publié [chez Nicolas Bordas - qu'il en soit remercié :]

Quand Nicolas Bordas m'a proposé de m'essayer à mon tour à la (visiblement fameuse) ascension du #cocotier, j'ai accepté bien volontiers, d'autant plus lorsqu'il m'a confié que les contributrices étaient trop minoritaires... Encore fallait-il trouver un sujet idoine, accrocheur, susceptible d'entraîner un maximum de lecteurs. J'aurais pu parler sexe en biaisant cela par un angle techno (dommage, c'est déjà fait), ou encore écrire un énième sujet sur telle marque tech en pleine ascension - ou en pleine descente aux enfers (sujets que je préfère réserver à mon employeur...).

Jeunesse éternelle sur pellicule argentique

En cette fin d'année, propice aux bilans et autres rétrospectives, j'ai préféré partager avec vous deux créations qui m'ont bluffée cette année, d'un point de vue culturel et "sociétal". Il y a eu cette expo photo de Larry Clark, qui donne à voir plusieurs générations d'ados, à la jeunesse éternellement saisie sur des pellicules argentiques. Alors oui, il y a eu cette polémique autour de leur côté (supposé) sulfureux, qui a valu une interdiction de cette expo aux mineurs... Un fait intéressant, on ne peut plus révélateur d'une certaine frilosité ambiante - les photos quelque peu plus complaisantes de Nan Goldin, exposées en 2006 http://icartiens.com/spip.php?article195 au Centre Pompidou n'ont guère suscité un tel émoi.

J'en ai parlé ici , cette expo est follement touchante parce que l'on y voit avant tout des portraits d'ados, parfois disparus depuis ces shootings, aufil des décennies - des punks des années 80 aux skateurs des années 90, ensuite filmés par Larry Clark dans Wassup rockers. Des ados nous renvoient à notre propre adolescence. Des portraits d'ados, miroirs (peut-être déformants) qui auraient dû avant tout être vus par les ados...

"Skins", série post-punk

Un autre miroir pour ados m'a bluffée ces dernières mois: la série britannique "Skins" (qui a bien sûr sa page officielle, son fil Twitter etc). Vous avez peut-être entendu parler de cette série créée par Jamie Brittain et Bryan Elsley, et diffusée depuis janvier 2007 sur la chaîne E4 (rediffusée par Canal + en France), qui a bien cartonné là-bas (1,4 millions de personnes ont suivi l'épisode pilote sur E4). On en a parlé en France pour les soirées d'ados quelque peu dévoyées qu'elle a suscitées (lesquels ados, "génération Facebook" oblige, exposent sans pudeur leurs photos, comme le montre cette simple Google search ).

A mille lieues de"Berverly Hills" et autres niaiseries, là, on y aborde l'homosexualité, l'abus de substances illicites, la pauvreté, la grossesse, l'anorexie, les familles monoparentales et à problèmes, les troubles de la personnalité, l'autisme et la mort. Parfois c'est un peu trash, ça nous secoue, nous émeut, ça nous retranche dans nos limites, mais c'est profondément réaliste. Là, c'est la jeunesse (parfois) dissolue de lower middle class british (la série se déroule à Bristol, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre) qui est mise en scène, avec l'accent des quartiers popus (série à regarder absolument en VO).

"Somptueuse série sur les affres/atermoiements/Illusions/Désillusions de l'Adolescence" m'écrit @Co_SwEuphoria sur Twitter, la mise en scène y est soignée, hyper réaliste, alors que la série a pour marque de fabrique de recourir à de jeunes acteurs inconnus, et que le casting est intégralement changé toutes les deux saisons, créant ainsi une nouvelle génération de personnages, auxquels on s'attache durant quelques épisodes. Du beau gosse manipulateur Tony à Cassie, anorexique un peu fraca, en passant par Chris, fêtard invétéré et amoureux de sa prof (saisons 1 et 2), jusque le skater cool Freddie, et Cork, le post-punk provocateur.

De manière assez remarquable, elle comporte une série de références culturelles intemporelles, qui en font une série totalement post-punk: Cork (le personnage le plus touchant) est sapé en Levi's, Fred Perry (marque culte des mods Britisth dans les années 80, pour mémoire, qui commence à être portée par de jeunes bobos ;), Harrington Jacket...

Sans compter la bande-son musicale de folie (sur la version British en tous cas - pas sûre que l'on l'a retrouve dans les diffusions et DVD à l'étranger pour des raisons de droits d'auteur...), patiemment listée pour partie ici, entre autres blogs de fans: des Sex Pistols en passant par Blur, les Clash, Motorhead, The Drums, Sparklehorse, les Pixies... D'après ce même blog, pour la saison 4, la production a carrément nommé un superviseur musical, et signé un contrat avec un label/éditeur (Artists Without A Label), avec pour idée de faire appel à des groupes non-signés pour les faire connaître sur la bande originale des différents épisodes de la saison.

"Forever young"...