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dimanche 31 janvier 2010

BD numériques lisibles sur iPhone (et bientôt sur iPad) à Angoulême

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Le Festival de Bande dessinée d'Angoulême se déroule cette année dans un contexte particulier : comme j'en parlais déjà l'an dernier dans ce billet et celui-ci, quelques start-ups commencent à s'associer des maisons d'édition pour lancer des "BD numériques", dont les planches sont lisibles sur ordinateur, voire sur iPhone via une application dédiée.

L'innovation étant que, bientôt, ces "BD numériques" seront lisibles sur de nouveaux supports nomades : les Readers, mais aussi... l'iPad, la tablette numérique d'Apple tant attendue, annoncée cette semaine. Elle sera compatible avec le format ePub (le standard pour les livres numériques), et acceptera les applis iPhone.

Or, les éditeurs BD, comme Aquafadas, Manolosanctis, Tekneo (avec Nomadbook)... rivalisent d'idées innovantes pour valoriser leurs récits sur ces nouveaux supports. Et prendre le virage du numérique, en mêlant différents formats. Je les ai passés en revue dans ce diapo en images, que j'ai publié cette semaine. Plusieurs misent sur l'audio, qui leur permet d'accompagner de commentaires des auteurs certaines planches de leurs BD. Les internautes peuvent parfois laisser des commentaires écrits à certaines BD.

Certains, comme Manolosanctis ou Sandawe, proposent carrément aux internautes de sélectionner leurs BD favorites, celles qui sont plébiscitées étant publiées, voire co-financées par des internautes, selon le principe du crowdraising, déjà appliqué chez Mymajorcompany ou Peopleforcinema.

Clairement, les plateformes numériques ont essaimé sur la Toile : BD Touch, Digibidi.com, Relay.com, Lekiosque.fr, Mediatoon, MobiLire... Il leur restera à trouver leur business model, et les services ++ qui leur permettront de se distinguer.

mercredi 14 octobre 2009

Livres numériques et Readers : bientôt mainstream ou réservés aux early adopters ?

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Etonnant : ce ne sont pas Livres hebdo ou Télérama qui en parlaient le plus aujourd'hui, mais la presse économique, qui consacrait des pleines pages à l'ouverture du Salon du livre de Francfort. Car l'édition est en plein bouleversement. Contrairement à ce que l'on croit souvent, le business demeure prolifique (avec une hausse des ventes de 4,2% fin septembre d'après l'institut GfK).

Mais... il est en pleine révolution technologique, qui débarquera peut-être (tout est dans ce 'peut-être') dans les usages demain. Le livre du futur pourrait être dématérialisé, numérique, en se présentant sous la forme d'une simple tablette. Sony, un des géants mondiaux de l'électronique, dévoilait il y a un an son Reader, un lecteur électronique qui permet de télécharger et lire divers ouvrages. L'Américain Amazon, lui ,va lancer en France son Kindle, le 19 octobre. Le petit poucet français (je sais, l'image est cliché...) Booken, quant à lui, a dévoilé aujourd'hui son nouveau Cybook Opus. Pour en savoir plus sur ce dernier, patience, je vous livrerai une interview vidéo ces prochains jours... Il y en a d'autres, comme l'iRexEt d'autres constructeurs se préparent : Samsung plancherait sur son propre 'Reader', Apple pourrait y venir en embuscade (les blogs en frémissent déjà), et il y en a sûrement d'autres...

Bataille des contenus

Pour les contenus, on le sait, la bataille (électronique) est engagée : Google s'est lancé, à marche forcée, parfois au grand dam des acteurs classiques du secteur : je me souviens d'interviews mémorables de Jacques Attali et de Jean-Noël Jeanneney à ce sujet en 2003. Kindle a déjà sa propre "bibliothèque virtuelle", et d'autres, comme Sony, nouent déjà des partenariats avec des éditeurs, qui ont trop peur de rester en reste sur cette bataille naissante. Les Echos d'aujourd'hui aborde d'ailleurs cette préparation des éditeurs dans un long papier, qui pose de nombreuses questions : quel modèle économique ? Le prix de la création éditoriale risque-t-il de chuter, si elle est numérisée ? Est-ce que cela va donner le coup d'envoi massif de l'autoédition, autre micro-business prometteur (auquel j'avais consacré ce papier pour ZDNet) ?... De nombreuses craintes surgissent déjà : la quasi-hégémonie de Google et d'Amazon (lequel commercialise ces nouveautés en format numérique à 9,99$, d'après Les Echos) pourrait aboutir à un commerce d'e-books en low-cost. Les éditeurs français ont refusé de traiter avec eux pour maîtriser leur prix de vente, mais jusque quand ?

Mainstream ou pour early adopters ?

Surtout, la question est de savoir si cela sera adopté par le grand public, et quand ? 3% des livres se vendraient en édition numérique aux US (en volume). Mais...Le Reader de Sony, en un an, ne s'est écoulé qu'à 10 000 exemplaires. Chiffre à pondérer, certes, alors que le Reader V2 attendu pour cet automne, que j'ai testé, est déjà très amélioré, avec une interface tactile... La prochaine version pourrait même être wifi.

Pour ces Readers, vendus en moyenne 200 $, on ne compte en France que 0,1% des livres vendus en format e-book. Alors certes, cela pourra décoller au gré de l'élargissement de l'offre de livres à télécharger, voire à d'autre contenus, y compris adaptés à l'univers professionnel : pourquoi pas des abonnements à des journaux en version électronique (Les Echos a testé cela,même s'il ne semble pas avoir tt-à-fait abandonné, ce que j'écrivais alors , tout comme, naguère, Orange). Autre contenu intéressant, les nombreux livres et articles déjà disponibles sous le format Scribd. Parailleurs, certains lisent les formats Word et PDF.

Autre point qui joue en leur faveur, je crois que l'énorme popularité de l'iPhone habitue les utilisateurs à lire sur ce genre de supports : smartphones, bientôt tablettes, et donc readers. Des start-ups y testent d'ailleurs des livres téléchargeables, comme la BD, ou des romans-feuilletons, ce que propose la start-up SmartNovel (voir interview et démo vidéo par là).

Autre question de fond, sur les usages, mais aussi sous un angle plus historique, on peut espérer qu'avec le numérique, chaque livre aura sa chance. Dans un monde idéal, chaque livre pourra être publié sous format numérique. Voire, l'auteur pourra s'autopublier en mettant lui-me^me en ligne son ouvrage, et n'ayant plus besoin d'un intermédiaire (donc d'un éditeur). La bibliothèque numérique, accessible à tout endroit de la planète et 24 heures sur 24, en ce sens, est une "utopie séduisante", écrivait récemment Télérama.

Mais gardera-t-on l'usage de l'archivage à l'ère du numérique ? Saura-t-on faire le tri dans ce qui est archivable ? Le numérique pousse à tout archiver, de manière disparate, sans faire le tri, ce que souligne Emmanuel Hoog, PDG de l'INA, dans un essai sur le sujet, "Mémoire année zéro" (Seuil).