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mercredi 7 décembre 2011

Co-branding Wired + GQ: ballon d'essai ?

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Une première. La couv' du numéro de décembre de GQ a de quoi surprendre. Lui aussi s'offre un dossier high-tech, dans une période de l'année où, par tradition, nombre d'hebdos et de quotidiens (des Inrocks à Libé en passant par L'Express, Le Point...) foisonnent eux aussi de leurs traditionnels dossiers techno, mine d'idées de cadeaux pour les lecteurs à la veille des fêtes de fin d'année - et attrape-pub efficace et bienvenu pour les journaux.

Mais GQ va plus loin, en publiant son dossier techno sous la marque Wired, mise en avant en Une, et dans le dossier, de manière très flatteuse. Alors évidemment, cela offre une caution on ne peut plus "branchée" (littéralement) au mensuel masculin (lui-même sur un positionnement djeun's haut de gamme).

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La volonté de "vendre" Wired aux néophytes à l’intérieur de ces pages est frappante. Ce dossier de 22 pages, ouvert par une photo d'Omar et Fred qui prennent la pose avec une numéro de Wired et un iPad entre les mains - on admirera au passage le placement de produit ;), est inauguré avec une double qui présente de manière élogieuse l'histoire assez exceptionnelle de Wired, depuis son lancement en 1993 par Janet Metcalfe et Louis Rossetto et le lancement du site Hotwired.com en 1994, en passant par son rachat par un fonds d’investissement en 1998, puis par Advance Publications, qui le rachète alors pour 390 millions de dollars (!) pour le confier à Conde Nast. Sans oublier ses couv' et son design avant-gardiste.

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On trouve ensuite un papier qui résume sur une page les principales théories de Chris Anderson, de sa théorie de la long tail à "The Web is dead" de septembre 2010, puis sur 3 pages la traduction d'un article sur la Kinect. Quelques pages comportent une traditionnelle sélecrtion de produits tech, "approuvés par Wired", précise une icône. Et enfin un article assez drôle, plus dans le ton propre à GQ, propose "53 règles pour devenir un gentleman digital".

Une icône dans le mag nous signale que Wired est également "invité spécial de GQmagazine.fr jusqu'au 20 décembre". De fait, en allant y faire un tour, dans l'onglet dédié, on trouve quelques articles tech / culture numérique ave des angles que n'aurait déniés Wired: "Coder pour durer", "Et si Apple lançait l'iCam?", "Kinect: comment Microsoft soutient les hackers", "Comment supprimer des fichiers rapidement"...

Précisément, ils se trouve que le lancement d'un Wired français par sa maison-mère, le groupe américain Conde Nast (aussi éditeur de GQ, lui-même déclinaison française d'un titre US) est actuellement en suspens. Le lancement d'un Wired en VF est devenu une lapalissade, un rêve pour de nombreux journalistes et techies, nostalgiques de l'époque des Transfert, Newbiz et autres Futur(e)s du début des années 2000.. Il y a même eu la tentative avortée, j'ai encore le seul numéro lancé en VF - d'un lancement en France de Technology Review.

C'est devenu une lapalissade, qui avait encore été évoquée en 2008. Il y a 6 mois, le patron français de Conde Nast annonçait que le groupe avait tranché - d'abord - pour la lancement d'un Vanity Fair français.

Dimanche dernier, dans l'émission Soft power sur France Culture, il a réaffirmé que des numéro zéro étaient en test, et que Vanity Fair serait lancé en 2012 si le marché publicitaire le permettait. Quant à un Wired français... il n'a pas exclu un lancement "sous format numérique" ou en supplément papier d'un autre magazine du groupe. Ce qu'il n'avait guère évoqué jusqu'à présent. Ce GQ co-brandé Wired ressemble alors étrangement à un ballon d'essai. A suivre...

samedi 29 janvier 2011

Anonymous; Science-fiction still relevant?; Malbouffe; Twitter Connections; Facebook Phone; Zélium; LCI Radio...

Eh oui, j'ai quelque peu délaissé me revue de liens hebdos ici dernièrement... Donc, petite moisson non exhaustive de liens récoltés sur le web, des blogs, Twitter et d'autres médias sociaux, à propos de ce qui a fait l'actu médias, tech, innovation, culture, people (eh oui, faut bien..). Et pour mémoire, vous pouvez me retrouver sur Twitter donc.

  • En pleine révolution tunisienne, alors que d'autres pays du croissant du Moyen-Orient commencent eux aussi à s'embraser, cette déclaration de principe des Anonymous, décrypté par le RWW, prend un certain sens. On a beaucoup parlé d'eux, alors que l'un de leurs membres (jeune crack techno âgé de 15 ans) vient d'être arrêté...
  • Le bouquin s'est déjà vendu à 30 000 exemplaires, et est en cours de réédition: le brûlot de Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? (Stock), dont Les Inrocks a été l'un des premiers à évoquer, enquête et réquisitoire contre l'élevage industriel, cristallise sous les débats sur l'alimentation, l'environnement, la malbouffe, et pourrait tous nous faire virer veggies...
  • Suite à mon billet où je me demandais si la science-fiction est en voie de disparition (dont la reprise chez Owni a suscité une bonne dose de commentaires... et un joli débat), Wired se pose à son tour la question ("Is Science-Fiction still relevant ?"), relayant ainsi un programme de l'Australian Radio National et son émission Future Tense, dédiée à l'avenir de la SF. Ça tombe bien.
  • Une des grosses infos media sociaux de la semaine: Twitter lance "Connections", sa propre version de l'outil "Mutual Friends" de Facebook. Lequel Facebook suscite de nouveaux des frayeurs chez les défenseurs de la privacy, en lançant un nouveau service pour les annonceurs, qui leur permettra d'exploiter dans leurs pubs les "likes" et commentaires des membres de leurs fan pages.
  • Facebook encore, à l'origine d'un petit bubuzz côté produits: il aurait missionné HTC pour lancer un (deux ?) téléphone mobile "Facebook" lors du Mobile World Congress de Barcelone, qui se déroulera du 14 au 18 février.
  • Cela ne vous aura pas échappé, Orange s'invite au capital de Dailymotion, à hauteur de 49%, pour un montant de 58,8 millions d'euros. Et se veut désormais "agrégateur et diffuseur de contenus".
  • Good news côté médias: alors que Bakchich s'éteint, le premier numéro de Zélium, un mensuel satirique, sera lancé le 11 février et tiré à 70 000 exemplaires en France et Belgique sur 24 pages et dans un format identique à celui du Canard enchaîné.
  • RIP Daniel Vermeille, co-fondateur contesté, en tous cas un des premiers collaborateurs à Rock & Folk, journaliste spécialisé dans le rock californien et le punk, compagnon de route des Rolling Stones lors de l'enregistrement de leur mythique Exile on Main Streets en 1972... Il est parti cette semaine, SDF presque anonyme.
  • Plus d'1,7 million de pages vues pour la reprise très rock et un rien destroy de Smooth Criminal de Michael Jackson... au violoncelle. J'adore. Joli coup de pub pour Stjepan Hauser et Luka Sulic.
  • RIP la French Connection. LCI Radio va fermer ses portes, faute de fréquence radio décrochée par TF1. Contente d'avoir parfosi contribué à cette émission. La dernière, enregistrée vendredi dernier, c'est par ici.

mercredi 18 août 2010

"So long" le Web ? (C'est "Wired" qui le dit)

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Le Web est mort, vive Internet ? En tous cas, c'est 'Wired'' qui le dit, dans un article (avec le graphe qui va bien) publié en ligne hier, signé par le patron du magazine, Chris Anderson... Comme il l'espérait :) il n'a pas manqué de provoquer un afflux de réactions sur la Toile.

Déjà en juin, au salon All hings Digital, Steve Jobs, le patron d’Apple annonçait crânement que c'était bientôt la fin de "l’ère des ordinateurs de bureau", remplacée par celle des terminaux dédiés à certains usages.

Le XML se substitue au HTML

On en est peut-être pas si loin, à en croire le magazine. Car c'est là le grand changement induit par les outils nomades connectés à Internet- smartphones, tablettes tactiles, netbooks - qui se sont multipliés ces derniers mois. Plus besoin de surfer sur le Web, d'y mener de fastidieuses recherches: Apple a inauguré les applications mobiles, qui nous permettent d'accéder en un clin d'oeil à des contenus et services ciblés sur Internet. Alors que jusqu'à il y a peu, à l'ère du Web old school, il fallait passer uniquement par des pages web en http:// pour y accéder.

Et de souligner: l’Internet est la véritable révolution, aussi importante que l’électricité; ce que nous en faisons est encore en train d’évoluer. En passant de votre ordinateur à votre poche, la nature du Net se transforme.

Wired s'est basé sur une étude publiée récemment par l’institut Cisco, qui a mesuré le ratio des différents usages dans le trafic global du réseau. Résultat: le web ne représente plus que que 23% du trafic, soit autant que les échanges en peer to peer. Désormais, la vidéo en ligne représente plus de 50% du trafic sur Internet - certes, la généralisation du haut débit aide...

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Source: Wired

Pour reprendre un de ces schémas que Wired affectionne, les applis remplace(ro)nt donc le navigateur, le modèle éco du freemium (gratuit +premium) le tout-gratuit, le XML le HTML...

Croissance du trafic Web

L'analyse de Wired est polémique, donc forcément un peu biaisée :) Alors que l'étude de Cisco se base sur des pourcentages, et non sur le quantitatif, comme l'a pointé Nick Bilton dans le New York Times. En clair, la jolie thèse de Chris Anderson s'effondre comme un château de cartes en omettant la croissance du trafic web.

De fait, comme le souligne Frédéric Filloux dans son article sur Slate, "le trafic total mesuré sur internet en 1995 était de 10 téraoctets. Dix ans plus tard, il a été multiplié par 10.000, et on estime que d’ici la fin de l’année 2010, il atteindra 7 millions de téraoctets. L’augmentation du trafic touche donc tous les domaines, le web y compris, même s’il progresse moins vite que la vidéo ou les applications, par exemple".

Idéologie

Mais pour Chris Anderson, les faits sont là: en privilégiant l'utilisation des "applis", les internautes adhèrent de facto au modèle fermé et propriétaire créé par Apple avec ses applis iPhone - et tant décrié, au point que l'on a pu soupçonner Steve Jobs de virer réac' . Alors que par essence, les pages web sont ouvertes, puisque leur code est consultable...