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Et si, un jour, il devenait ordinaire de reverser une partie du montant de son achat effectué sur un site de e-commerce à une ONG ? Amazon est peut-être en train de créer un précédent avec son nouveau projet, AmazonSmile. Comme l'explique USA Today, depuis mercredi dernier, aux Etats-Unis, les clients qui effectuent un achat en ligne sur le nouveau site Smile.Amazon.com, la société donnera 0,5% du montant total des achats à une œuvre caritative. Les clients pourront la choisir, dans une liste: entre St. Jude Children's Research Hospital, la Croix Rouge américaine, charity:water (l'ONG, quelque peu sujette à polémique, financée par des créateurs de start-ups)... Je peux également rentrer l'ONG de mon choix (ce que j'ai fait avec Human rights watch).

Presque tous les produits physiques en vente sur le site de e-commerce sont "éligibles", exceptés les biens numériques, et même les œuvres d'art - Amazon a ouvert il y a quelques semaines Amazon Art, un département de ventes d’œuvres.

Imaginez: le géant du e-commerce Amazon.com vend des millions de produits en ligne. Du côté du "département" virtuel d'art, Amazon propose actuellement une œuvre, Willie Gillis: Package from Home par Norman Rockwell, à vendre pour 4,85 million de dollars. Si elle était vendue via AmazonSmile, la société pourrait donner 24 250 dollars à une ONG, poursuit USA Today.

Selon le quotidien, Amazon justifie cette initiative par le fait que "les consommateurs vont adorer", et parce qu'ils pourraient acheter plus fréquemment sur Amazon.com en sachant que leur ONG préférée obtient de l'argent à chaque fois qu'il y achètent quelque chose. C'est assez nouveau: le consommateur aurait-il ainsi l'impression de consommer, d'acheter "mieux" ? Paradoxal, d’autant plus vu l'image de marque d'Amazon en France: non-rentable, accusé d'évasion fiscale, d'avoir une part de responsabilité dans les difficultés que connaissent les réseaux de librairies...

Màj 04/11 : Revers de la médaille, Amazon laisse aussi le choix entier au consommateur de l'ONG, association ou fondation qu'il va soutenir. Il n'a d'ailleurs pas même mis de filtre préalable. Via le moteur de recherche intégré, je m'aperçois que je peux soutenir tout aussi bien telle fondation mormone, la National Rifle Association, ou même l'Eglise de scientologie (qui n'est pas considérée comme une secte aux Etats-Unis, pour mémoire).

Après le «like», le give

Cette offre de microdon à l'acte d'achat en ligne n’est pas totalement inédite. En France, il y a notamment la start-up ZeGive, lancée en début d'année: là, l'idée est d'arrondir le prix d'un achat réalisé en ligne à l'euro supérieur, la différence étant reversée à une association caritative. L'ONG qui a reçu un don les rétribue à la transaction, à hauteur de 5% sur un microdon (jusqu'à 50 centimes). Le bouton «give» a ainsi été implanté sur Priceminister.com, Fnac.com, ou encore M6 Boutique, les internautes pouvant choisir de faire un don à des ONG et associations telles que Oxfam ou la Fondation Abbé Pierre.

«give» sur des médias en ligne

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Le bouton «give» commence à faire son apparition sur des médias en ligne. Ou comment l'engagement se retrouve poussé à son extrême sur des articles... Après tout, les internautes ont pris l'habitude de partager des contenus sur des réseaux sociaux, et de laisser des commentaires. Faire des dons en ligne à une ONG serait le stade supérieur. Depuis mi-septembre, Rue89, LeParisien.fr et Psychologies magazine affichent ainsi, sur certains articles, à côté des icônes Twitter, Facebook ou Google+, un nouveau bouton ZeGive. Il permet aux lecteurs de soutenir une cause liée à la thématique de l’article concerné: grâce à un logiciel d’analyse sémantique (développé par Exalead), ZeGive repère les articles sur lesquels proposer son bouton de don contextuel, qui sélectionne une association en lien direct avec le thème de l'article consulté. Ce bouton ne s'affiche donc que sur certains articles. "Pour Rue89, ce bouton est une façon de pousser un peu plus loin sa promesse participative. Parfois, nos lecteurs souhaitent aller au-delà du commentaire ou du «like»", expliquait ce dernier lors du lancement.

Par exemple, en haut d'un article sur le camp de réfugiés syriens de Zaatari, en Jordanie, le bouton apparaît et renvoie vers le programme "Urgence humanitaire pour la Syrie" d’Oxfam (qui vient en aide aux réfugiés en leur apportant abris, eau potable et nourriture). En cliquant dessus, une fenêtre pop up apparaît, qui permet de donner quelques euros à cette cause.

Le microdon, une nouvelle forme d'engagement, pour les ONG qui constate régulièrement une baisse des dons ? Un engagement plus indolore, en un clic, peut-être un gadget qui apporte aux sociétés de e-commerce et aux médias qui y recourent un vernis humanitaire sans trop de risques...

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