Miscellanees.net - blog prolixe pub, marketing & conso, high tech, innovations

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - marketing de la nostalgie

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 19 octobre 2015

"Retour vers le futur", Nom de Zeus! (30 ans après. Mais est-ce une saga culte ?)

trilogie-retour-vers-le-futur-i-ii-iii--162098_1.jpg.png

Nom de Zeus, ils sont de retour ! Le 21 octobre, vous n'échapperez pas au raz-de-marée: soirées spéciales sur des chaînes de télé, ressorties dans des cinémas, coffrets collectors, kyrielle de produits dérivés et d'objets de collection...

Pourquoi le 21 octobre 2015 ? "Ca marche ! ha ha ha ha ha ha ! ça marche ! j'ai enfin réussi à inventer quelque chose qui marche !" (vous aurez reconnu cette citation..) C'est La date fatidique, celle qu’affiche l’écran de contrôle de la voiture DeLorean quand Marty McFly accompagne le Docteur Emmet Brown dans le futur, dans le deuxième volet de la trilogie sortie en 1989. En 1985 sortait le premier volet de Retour vers le futur, une de ces sagas cinématographiques marquantes dans la culture geek et pop à la sauce US des années 80. Au même titre que, évidemment, Star Wars, Tron, ou encore ''SOS fantômes''. Des sagas reflets d'une certaine époque, mais que les boîtes de production hollywoodiennes prennent plaisir à ressusciter : imaginez, un SOS Fantômes 3 est prévu pour 2016. Un dernier épisode de Tron était sorti en 2010. Et évidemment, le prochain opus de Star Wars est attendu pour le 10 décembre prochain. Logique : rien de tel que la nostalgie (le marketing de la nostalgie), d'une époque cotonneuse et idéalisée, en période de crise. Et les ados qui ont adoré ces films sont maintenant des trentenaires, cible privilégiées pour ces licences transgénérationnelles (pour parler marketing ;)

Paradoxe récursif et comédie

08209194-photo-retour-vers-le-futur-21-octobre-2015.jpg

Robert Zemeckis avait eu ce coup de génie de jouer sur les codes du film de science-fiction sans se prendre aux sérieux : alors que Star Wars revêtait les habits du space opéra, de la saga intergalactique, dans Retour vers le futur, avec un duo formé par un professeur Nimbus et un ado, la saga imaginait le futur dans 30 ans - aujourd'hui ! Sans avoir l'air d'y toucher, le film a imaginé plusieurs innovations très réalistes, concrétisées depuis pour certaines. Il a tout de même attiré 3 million de spectateurs dans les salles en France, et 30 millions outre-Atlantique. Même si, personnellement, je pense qu'il a une identité, des valeurs, moins marquées que la saga Star Wars (qui part de mythes chevaleresques, parle de princes et de princesses, du complexe d'Oedipe...). Retour vers le futur, c'est une certaine image plutôt lisse de l'Amérique des années 50 puis 80.

Mais il n'est pas si superficiel: inspiré d'un livre de René Barjavel (Le voyageur imprudent), il met en scène de façon comique un concept propre à la science-fiction, le paradoxe récursif ( si le héros tue un de ses aïeux, le héros ne peut pas naître...), que l'on retrouve par exemple dans Terminator. Par exemple, Marty, retourné vers le passé, doit absolument provoquer un flirt entre ses parents pour être sûr d'exister (vous suivez ? ;) "Mais Doc, tous ces risques de modifier le futur? Le continuum espace-temps?..." "Bah, on s'en balance!"

Films d'anticipation ?

Et si certaines des innovations de la saga se concrétisaient ? J'ai regardé en avant-première un documentaire "Retour vers le présent" coproduit par D8. Son réalisateur, Gilles Ganzmann, et son producteur Billy (Allo Houston Production) ont eu La bonne idée toute simple : confronter le monde imaginé par Robert Zemeckis il y a 30 ans à notre présent. Quelles innovations scénaristes dans le film ont vu le jour ?

Le docu de 90 minutes, diffusé sur D8 le 21 octobre ;), a déjà été vendu dans 40 pays en format 50 minutes, du Japon (Nippon TV) aux Etats-Unis, en passant par le Brésil (Glezz). "Nous avons voulu concevoir un docu international, qui aurait vocation à voyager", soulignent d'ailleurs le producteur et le réalisateur. "Ce qu'on aimait est que c'était le premier film de science-fiction où tout était positif". Une exception en effet, dans un genre narratif où la dystopie est plutôt la norme...

Alors, le documentaire a un ton entertainement (à la sauce D8) parfaitement assumé. Mais pour chaque innovation-star du film, il a tenté de trouver sa concrétisation, une start-up qui l'a conçue. Il a rencontré évidemment Robert Zemeckis, mais aussi Google, Microsoft, Hitachi, le patron de l'innovation chez PSA, des start-up dans la Silicon Valley... "Notre plus grand regret, c'est de ne pas avoir su anticiper sur l'apparition du téléphone portable", lâche, réaliste, Robert Zemeckis dans le docu.

Sans surprise, ils sont allés chercher quels objets-cultes du film se sont concrétisés. Il y'a eu bien sûr, pour l'HoverBoard, ce skateboard volant (dûment sponsorisé par Mattel dans le film), des communautés de fans-geeks, qui y sont allés de leurs inventions postées sur YouTube (des milliers de vidéos...). Mais ils ont déniché une start-up californienne (allez, je vous lâche le nom), Hendo. Des objets qui seront bientôt vendus (comptez 10 000 dollars pièce), pour des parcs d'attractions, et un futur X-Games est déjà prévu.

Autre objet-culte, les chaussures autolaçantes Nike, (magnifique placement de produit...), où la marque s'affichait en néons. Culte chez les fans, elles ont même été conçues en série limitée, à des fins humanitaires, révèle le docu : Michael J.Fox en a vendu une série limitée sur eBay USA pour financer son association de lutte contre la maladie de Parkinson.

Les voitures qui carburent à la bière grâce à Mr Fusion ? Une start-up californienne a imaginé des pompes qui convertissent bière ou coca cola en bioethanol.

La pizza déshydratée ? Si elle n'existe pas (heureusement), le docu nous montre les premiers Pizza Hut aux US dotés de tables tactiles qui permettent de commander sa pizza personnalisée. Il évoque aussi les premiers pizzas imprimées en 3D, qui pourront même être conçue dans l'espace : la Nasa avait organisé un concours d'inventeurs sur ce sujet précis en 2013.

Petit scoop, le docu revient sur la fameuse montre connectée mise en scène dans le film - on parle beaucoup des smartwatches depuis un an... Et on apprend qu'une marque de montres de luxe a failli en être sponsor dans le film, puis l'a dédaigné. Et pour le reste, je ne jouerai pas davantage les spoilers... ;)

dimanche 15 juin 2008

Renault tente le marketing de la nostalgie pour lancer son 4x4 Koleos

Comment imposer à l'automobiliste habitué de la marque Renault le premier 4x4 réalisé par le constructeur français sans le choquer ? Car Renault franchit un sacré tournant en lançant, à son tour, son premier 4 x 4, la Koleos. Un virage pas forcément susceptible d'être compris par une cible classique de Renault - le consommateur quadra ou quinqua, qui s'est toujours acheté une Renault, depuis la 4L à la Laguna, en passant par la Scenic... La solution : rassurer le consommateur en montrant une continuité entre ce nouveau modèle et ces précédents.

Et la campagne de pub pour la Koleos illustre cela à merveille. On ressort l'histoire du losange, les modèles-phares de Renault des décennies précédentes (comme la 4 L, la Renault 5, l'Espace...) qui ont accompagné le client les décennies précédentes... on montre des ambiances et au final, on cherche à laisser une trace. Là encore, à l'ère du storytelling, Renault raconte une histoire au consommateur : l'histoire de la marque, et comment elle a accompagné le consommateur, comme le montre le spot TV. Avec cette chute : "On a fait pas mal de route ensemble. Mais ce n'est pas près de s'arrêter". Marketing de la nostalgie oblige, on le renvoie à son passé.

Vous avez peut-être aussi entendu la campagne de pub radio (entendue sur... Radio Nova, à ma grande surprise), ou un père raconte à son fils "là, nous étions dans tel voyage, nous avions la 4 L"... Bref, Renault, s'inscrit alors dans des histoires vécues. Rien de tel pour rassurer le consommateur.

C'est Stephen Norman, autrefois chez Fiat et recruté l'an dernier par Renault comme directeur marketing, qui a orchestré ce retour aux fondamentaux, avec des messages émouvants, amusants dépeignant une ambiance, un esprit plus qu'un produit.

Une pub "rassurante", donc, tournée en pleine nature... pour un véhicule pourtant ultra-polluant ;) , "un 4x4 qui consomme jusqu’à 10 litres au 100 et émet jusqu’à 237 g de CO2/km", comme le rappelle Greenpeace, dans ce papier publié sur Bakchich.info.


spot TV Renault Koleos