On en avait beaucoup parlé à la veille des fêtes de fin d'année : le lancement d'un nouveau téléphone portable, ultra-simple, destiné... aux petits enfants de 6-8 ans (si, si, vous avez bien lu). Ou comment, encore une fois, faire des petits des futurs ultra-consommateurs en puissance, accros aux marques.

C'est Imaginarium France, enseigne espagnole spécialisée dans les jeux et jouets éducatifs pour enfants jusque 7 ans, qui a mis le feu aux poudres, en lançant le Mo1, portable ressemblant étrangement à un jouet, avec ses 7 sept touches colorées, dont deux avec numérotation rapide. Compatible avec les cartes prépayées de tous les opérateurs, il doit être vendu à partir de janvier dans les cinq magasins de l'enseigne, ainsi qu'à travers sa boutique en ligne, au prix de 100 euros. Il ne permet pas d'appeler des numéros autres que ceux choisis par les parents à partir d'un accès réservé, de même pour les SMS. Un système de haut-parleur permet d'éviter que les enfants ne soient trop près de l'appareil. Et le tépéhone est doté d'un système de géolocalisation.

Résultat, dans la foulée de son lancement, le ministère de la Santé rappelait en décembre dernier que les portables étaient potentiellement dangereux pour les petits enfants. Petit revirement en ce début d'année : peu avant de recevoir, hier mardi, les associations Agir pour l'environnement et Priartèm, qui demandaient l'interdiction des portables pour enfants, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a jugé que ce type d’appareil n’était « pas utile ». Mais elle n’en demandera pas l’interdiction, q-t-elle précise à l'antenne de RMC, sauf si sa dangerosité était prouvée. Pour cela, elle a missionné l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) pour faire le point sur le sujet.

Un échec en vue pour les associations : comme le rappelle 01Net, elles s'opposent à la commercialisation d'appareils mobiles destinés aux enfants. En 2005, elles avaient obtenu le retrait du marché (Carrefour et le BHV, notamment) du téléphone Babymo et du GPS de localisation des enfants Kiditel l'été dernier.

En tous cas le débat n'est pas fini : depuis quelques années, opérateurs et constructeurs tentent de baisser l'âge à partir duquel un enfant possède son premier portable... Ensuite, la question demeure : faut-il interdire les portables pour enfants sou un certain âge ? Ou miser sur la responsabilité des parents, et leur laisser le droit d'exercer leur libre-arbitre ?

Mo1