mardi 5 octobre 2021

Squid Game, un phénomène audiovisuel, un manifeste, une marque

Ce sera le sujet de ma chronik de cette semaine, parce que c'est encore un de ces phénomènes audiovisuels que Netflix a créés - bien malgré lui. C'es une série sud-coréenne, parfois sanglante, parfois gore, qui pourrait devenir le plus gros succès de la plateforme américaine

La série Squid Game est diffusée depuis le 17 septembre sur la plateforme de streaming, et les premiers chiffres et estimations donnent le tournis : n°1 dans 82 pays (§) dans le monde dont la France, d'après FlexPatrol, qui l'affiche dans son Top 10 mondial, plus de 16 milliards de vidéos avec le hashtag #squidgame vues sur TikTok...

Capture d’écran (45).png, oct. 2021

Le 27 septembre dernier, le co-président de Netflix, Ted Sarandos, l'a dit lui-même, lors d'une rencontre professionnelle, le Code Conference: Squid Game pourrait bien devenir le plus gros succès de la plateforme de streaming vidéo.

L'histoire: Seong Gi-hun (Lee Jung-jae), un quadra très modeste, chômeur, joueur invétéré, en passe de perdre le droit de garde partagée de sa fille, qui va accepter un étrange marché avec un recruteur croisé dans une gare, après avoir joué à quelques parties de ddakji : participer à un jeu grandeur nature. Il se retrouve dans un lieu isolé avec plus de 400 autres personnes. Une voix provenant d'un haut-parleur leur explique qu'ils devront se battre pour remporter une grosse somme d'argent (soit une cagnotte de 45,6 milliards de wons sud-coréens, environ 33 millions d'euros), en jouant à des jeux d'enfants - en version horrifique.

Si la série de neuf épisodes se déroule dans la Corée du Sud d'aujourd'hui, elle a une dimension dystopique - en mettant en scène une situation irréaliste - et férocement engagée, en mettant en scène des (très) pauvres Coréens tués par une poignée de ploutocrates anonymes;.Dans une tonalité parfois humoristique, avec des personnages attachants, d'une manière qui rappelle le phénomène Parasite - film sud-coréen au succès mondial, Palme d'or à Cannes en 2019 et Oscar du meilleur film en 2020.

Son réalisateur Bong Joon-ho est en outre de la même génération que le créateur de Squid Game, Hwang Dong-hyuck. On retrouve des points communs entre les deux : dénonciation de l'abîme entre riches et pauvres de la société sud-coréenne, en mettant en scène des individus au bord de la misère, et en l'appuyant par des scènes d'horreur sanglante (remember le final de Parasite, une réception chic avec barbecue qui dévie...) ; humour macabre ; idées originales dans la mise en scène ; des sujets qui touchent à la culture sud-coréenne (les jeux d'enfants typiques constituent le fil rouge à Squid Game)... Hwang Dong-hyuck puise dans la culture populaire sud-coréenne pour dresser, en creux, un portrait sombre de la société (de l'humanité ?).

Hwang Dong-hyuk dénonce aussi les rites de la télé-réalité, dans un ton qui rappelle Hunger Games et le film d'horreur Battle Royale de Kinji Fukasaku. Au fil des épisodes se distinguent une poignée de personnages, tous touchants, qui vont faire équipe pour tenter de (sur)vivre aux épreuves "jeux" successifs: autour de Seong Gihun, une jeune Nord-coréenne qui veut rapatrier sa famille, un vieil homme atteint d'un cancer du cerveau, un financier véreux poursuivi par les huissiers, un chef de gang...

Capture d’écran (44).png, oct. 2021

La série commence à devenir, dans la vraie vie et sur les réseaux, un phénomène: consacrée par les mèmes et scènes détournées, notamment sur Twitter, et avec des événements éphémères dans la vraie vie: samedi et dimanche derniers, une boutique éphémère Squid Game était ainsi ouverte dans le centre de Paris - j'ai peu y voir une très longue file de jeunes gens, prêts à attendre plusieurs heures pour y entrer...

Capture d’écran (41).png, oct. 2021

Côté merchandising, dans sa boutique de produits dérivés en ligne Netflix.shop, ouverte en juin dernier, Netflix commence déjà à proposer des T-shirts et hoodies Squid Game. Qui devient donc une marque.

mardi 28 septembre 2021

'Dune' va être diffusé en salles de cinéma... et sur petits écrans aux US (et pourquoi cela fait polémique)

Dune a le potentiel pour devenir le plus grand film de l'année. En France et en Europe, comme attendu, c'est un succès public et critique quasi-unanime: 1,6 millions d'entrées en cumulé à ce jour, une diffusion sur 893 écrans, depuis sa sortie il y a bientôt deux semaines, 13,4 millions de dollars de chiffre d'affaires... Et il totalise déjà 75 millions de dollars au box-office mondial (les 24 pays où il est déjà sorti). Pas mal pour un film au budget de 165 millions de dollars.

Ce n'est pas totalement une surprise pour le film crépusculaire de Denis Villeneuve, nouvelle adaptation du romain-culte de science-fiction de Franck Herbert, un des blockbusters les plus attendus de l'année.

Et pourtant, ce film va sortir dans des conditions particulières aux Etats-Unis, où il sortira seulement le 22 octobre prochain. J'en parlais dans ma bafouille chronique hier soir dans 'Tech & co' sur BFM Business, il va sortir à la fois en salles *et* sur la plateforme de streaming de la Warner, HBO Max, le 22 octobre. Et cela fait déjà polémique, comme le montre une tribune que vient de publier le très influent Variety, la Bible du business à Hollywood.

Pourquoi ? Parce que, que ce soit un succès ou pas au box office, c'est le film «le plus grandiose depuis longtemps, avec les images et les sons qui remplissent l'écran et remplissent les sens», écrit Owen Gleiberman. Et c'est vrai que le film vous transporte sur la planète désertique d'Arrakis, pendant 2 heures et 35 minutes, vous y vivez, vous y êtes. Comme dans Blade Runner 2049, Denis Villeneuve prend son temps pour nous montrer ce désert sableux aux couleurs ocres - tourné en bonne partie dans les déserts de Jordanie et d'Abu Dhabi. Ce film est calibré pour être vu sur très grand écran - au cinéma, donc.

«Pourquoi ce film de pop-corn de science-fiction incroyablement épique, visuellement spectaculaire et unique en son genre sortirait-il le 22 octobre sur un téléviseur près de chez vous ?», s'insurge Owen Gleiberman.

'It's all business, folks

1588861885.jpg, déc. 2020

On connaît la réponse, et elle répond à une logique imparable (ou presque). It's all business, folks. En fait, la Warner Bros, énorme conglomérat détenu par l'opérateur télécom AT&T, possède également HBO Max, le service de streaming où Dune sera mis à la disposition (sans frais supplémentaires) des abonnés. Elle veut faire tout son possible pour mettre son nouveau service de streaming en orbite. Et comme les gens, pendant la majeure partie de l'année dernière, ne pouvaient pas aller au cinéma, il a été décidé, comme je l'expliquais alors dans ce billet, que chacun des films 2021 du studio serait disponible, le jour même de sa sortie en salles, sur HBO Max.

Mais pour Variety, cette stratégie est vouée à l'échec. Un, le film sera moins rentable en sortant à la fois en salles et en streaming vidéo, puisqu'il sera proposé gratuitement aux abonnés HBO Max. Deux, cette sortie 'hybride' réduira l’impact événementiel de la sortie du film, s'il sort aussi sur petits écrans. Rappelons qu'il a été vendu comme *le* nouveau Star Wars ou Le seigneur des anneaux de l'année. En l'occurrence, Le film spectaculaire, à voir au cinéma - c'est l'essence du cinéma depuis 100 ans, de Lawrence d'Arabie à Star Wars, vous allez voir un film à grand spectacle. Trois, toute l'industrie du cinéma table sur le succès de Dune en salles, qui est censé marquer le regain d'intérêt du grand public pour le cinéma - malgré le pass sanitaire et autres aléas. Tenet était supposé être le film qui marquerait le retour en salles, ça n'a pas été le cas.

Au passage, on notera que Disney, qui avait adopté la même stratégie fin 2020, vient de faire marche arrière : il a annoncé le 10 septembre que tous ses films dont la sortie est prévue d'ici la fin de l'année seront désormais *d'abord* diffusés dans les cinémas. Des blockbusters susceptibles de faire (re)venir les foules dans les familles en salles à l'approche des fêtes de fin d'année, tels le film d'animation Encanto, qui sortira sur grand écran le 24 novembre, The Last Duel de Ridley Scott, Eternals des studios Marvel, ou encore le West Side Story de Steven Spielberg. Aux Etats-Unis, ils seront réservés aux salles obscures pendant 45 jours consécutifs au moins avant d’être proposés sur la plateforme de streaming vidéo Disney+.

Il est vrai que, cet été, l'actrice Scarlett Johansson a poursuivi Disney en justice pour avoir sorti en même temps sur Disney+ et au cinéma Black Widow. Une rupture de contrat qui lui aurait coûté des millions de dollars.

mardi 3 août 2021

Scarlett Johansson vs Disney: comment Mickey compromet lourdement le cinéma en salles

b6410de835a63eeaaadc940698c03f9c.jpeg, août 2021

Scarlett Johansson voudrait-elle la peau de la firme aux grandes oreilles ? C'est bien une des stars les mieux payées d'Hollywood qui a annoncé la semaine dernière poursuivre Disney en justice, pour sa décision de sortir le film Black Widow sur sa plateforme de streaming Disney+ en même temps que dans les salles de cinéma. De fait, les abonnés - des Etats-Unis - à Disney+ peuvent visionner le blockbuster sur la plateforme moyennant un coût supplémentaire de 30 dollars, en plus des 8 dollars d'abonnement mensuels.

Rupture de contrat pour l'actrice

Selon l’actrice américaine, dans sa plainte déposée auprès de la Cour de Los Angeles, cette sortie simultanée constitue une rupture de son contrat avec Marvel et un manque à gagner de 50 millions de dollars. La somme qu'elle aurait gagné 50 millions de dollars si le film avait atteint le milliard de dollars de ventes. Car son contrat prévoyait un intéressement sur les seules ventes de tickets en salles - et non sur des connexions à un des principaux concurrents de Netflix. Son avocat n'a pas manqué de souligner que le patron de Disney, Bob Chapek, avait décroché des actions équivalent à 3,8 fois ses 2,8 millions de dollars annuels de salaire de base pour travailler sur de «nouvelles offres de programmes» pour la plateforme de streaming, relève Bloomberg.

Au passage, The Hollywood Reporter indique aujourd'hui que d’autres stars, telles Emma Stone et Emily Blunt, pourraient prendre la même décision que l’héroïne d'Avengers et poursuivre Disney. Car un autre blockbuster estival de la firme, Jungle Cruise, distribué sur le même mode, totalisait dernièrement 61,8 millions de dollars de chiffre d'affaires... Dont 30 millions sur la seule plateforme Disney+.

Le contrat daté de 2017, signé entre les studios Marvel et Pariwinkle Entertainment, prévoyait une sortie exclusivement en salles de Black Widow, pour 90 à 120 jours, selon la plainte. Un contrat «à l'ancienne» donc, qui avait été négocié bien avant le tsunami de la pandémie - avec celle-ci les confinements et la fermeture forcée de salles de cinéma partout dans le monde. Et le bouleversement qu'elle a introduit chez les principaux studios de cinéma, qui ont revu à l'arrache, fin 2020, le mode de distribution de leurs films. Comme je l'écrivais alors dans ce billet, la Warner et Disney notamment, ont alors décidé de sortir une bonne partie de leurs films simultanément sur plateformes et en salles - du moins sur le territoire américain.

Un brin désarçonné face à la prise de position de l'actrice, Disney a répliqué avec agressivité, jugeant «la plainte particulièrement triste et éprouvante parce qu'elle ignore l'impact mondial horrible et prolongé de la pandémie de Covid-19», dans un communiqué. Et précisant que l'actrice avait déjà gagné 20 millions de dollars du film. En fait, comme beaucoup de studios hollywoodiens, Disney privilégie de plus en plus le streaming comme source de revenus futurs.

Disney veut-il compromettre la sortie en salles ?

Avec cette affaire, on en voit un autre contrecoup de ce changement précipité de la chronologie des médias auquel s'essaient certains studios. Au risque, peut-être, de compromettre les salles de cinéma. Comme attendu, La veuve noire est un des succès de cet été. près le premier week-end d'exploitation de Black Widow, Disney avait publié un communiqué affirmant que le film avait récolté «plus de 60 millions de dollars» rien que sur Disney+. A ce jour, il a réalisé un chiffre d'affaires total de 167 millions de dollars aux Etats-Unis et au Canada, et 343,6 millions dans le monde, selon Box Office Mojo. A contrario, les experts du box-office considèrent que les chiffres décevants – selon les standards des films Marvel – sont en partie dus à la sortie simultanée du film en streaming. Le ver est peut-être déjà dans le fruit.

mardi 22 juin 2021

Steven Spielberg s'allie à son tour à Netflix (et pourquoi c'est historique)

netflix-et-steven-spielberg-reconcilies-et-prets-pour-de-futurs-films-.jpeg, juin 2021

Décidément, la terre tremble à Hollywood.

Netflix a annoncé lundi avoir conclu un accord avec Steven Spielberg via sa société de production Amblin Partners. Il produira plusieurs films ces prochaines années pour Netflix. Ce partenariat ne signifie pas forcément que le réalisateur va tourner lui-même des longs métrages pour Netflix, puisque l'accord concerne sa société Amblin, issue de l'union de plusieurs sociétés de productions, notamment DreamWorks Pictures. Amblin a produit, ces dernières années, 1917, réalisé par Sam Mendes, Green Book: Sur les routes du sud (Oscar du meilleur film 2020) de Peter Farelly, ou Jurassic World: Fallen Kingdom de Juan Antonio García Bayona.

Cet accord, un symbole très fort, ouvre une brèche de plus. Netflix signe dont avec une signature de plus, un enchanteur historique de l'Hollywood (d'antan ?), avec la saga Indiana Jones, ou encore E.T. Et traduit davantage l'intégration poussée de Netflix au sein de Hollywood. La firme de Los Gatos parvient donc à brouiller un peu plus les lignes entre les films en salles et les films en streaming.

Plus troublant, le communiqué publié lundi par Netflix ne précise pas si Spielberg réalisera et signera des films directement diffusés sur Netflix. Ni si les films produits par Amblin pour Netflix bénéficieraient d'une sortie en salles. Ce qui est, rappelons-le, un des points de friction continus entre Netflix et plusieurs acteurs-clé du cinéma, dont le Festival de Cannes - Netflix en sera encore absent cette année.

Spielberg pourfendeur de Netflix

Cela a aussi été, longtemps, un sujet pour Steven Spielberg, qui était assez critique du streaming, s'inquiétant notamment de la menace qu'il faisait peser sur le cinéma en salles. Un peu à la manière des organisateurs du festival de Cannes, il s'est longtemps opposé à la participation aux Oscars de sociétés - dont Netflix - qui refuseraient de sortir leurs films en compétition en salles.

Lors de la tournée de promotion de son film Ready Player One, en 2018, il avait vertement critiqué la façon dont les plateformes se contentaient de mettre certains films à l'affiche une semaine seulement, dans un nombre très limité de salles, uniquement pour leur permettre de satisfaire aux critères d'éligibilité aux Oscars.

A ses yeux, les longs métrages Netflix n'auraient pas dû «être éligibles» à une nomination aux Oscars, avait-il déclaré à la chaîne britannique ITV. «Une fois que vous vous engagez sur un format télévision, vous êtes un téléfilm», avait-il lâché. En février 2019, il avait même décidé de présenter un projet qui visait à empêcher la plateforme de pouvoir accéder aux Oscars, rapportait alors IndieWire. Il estimait alors que les films présentés par des plateformes devraient se contenter des récompenses réservées aux œuvres télévisuelles, comme les Emmy Awards.

En avril 2019, il avait rectifié le tir dans un entretien au New York Times, affirmant ne jamais avoir eu d'opposition aux plateformes.

Depuis, Steven Spielberg a réalisé pour le service Apple TV+ - un autre géant du streaming vidéo - des épisodes de la série Amazing Stories, mise en ligne en mars 2020.

Maintenant, tout va pour le mieux. Ce partenariat est «une opportunité fantastique de raconter de nouvelles histoires ensemble» avec Netflix «et de s'adresser aux spectateurs par de nouvelles voies», a déclaré Steven Spielberg, cité dans le communiqué, sortant quelque peu les violons ;)

Certes, Amblin Partners continuera à sortir des films en salles. Outre son partenariat avec Netflix, il demeure engagé contractuellement avec Universal Pictures, son partenaire historique, dans la distribution de longs métrages.

Mais quelques semaines à peine après le rachat des studios MGM pour près de 9 milliards de dollars par un Big Tech américain, Amazon, cela ouvre une brèche de plus. Alors que plusieurs salles de cinéma sont en train de fermer aux Etats-Unis. En deux ans, une pandémie mondiale aura décidément eu des ondes sismiques inimaginables.

vendredi 11 juin 2021

Netflix, une marque, des produits dérivés dans un Netflix shop

10NETFLIX-SHOPPING-02-superJumbo.jpg, juin 2021

Ca y est, Netflix est devenu une marque à part entière. La preuve, le mastodonte du streaming vidéo sur abonnement vient d'ouvrir sa première boutique en ligne, Netflix.shop, pour y vendre des produits dérivés liés à certaines de ses séries.

En parcourant le site, véritable boutique en ligne au design minimaliste, on trouve des figurines ainsi que des T-shirts et sweats estampillés Eden et Yasuke, deux séries animées.

Elle proposera aussi plus tard dans le mois une kyrielle de produits dérivés inspirés par le gentleman-cambrioleur Lupin, d’après un communiqué du groupe californien. Bon sens du timing, alors que Lupin, un des gros cartons du début de l'année 2021 - au moins 70 millions de 'visionnages' revendiqués par Netflix - est de retour depuis ce vendredi matin sur les écrans pour une deuxième saison.

Outre des casquettes, des T-shirts, hoodies et sweaters, les produits dérivés Lupin s'étendront jusqu'aux coussins (60 dollars pièce) et une table basse (150 dollars), le tout conçu et produit en collaboration avec le musée du Louvre. Il faut reconnaître que le coup est magistral: non seulement Netflix fait de Lupin une marque à la french touch so chic, avec son univers - Maurice Leblanc s'en retournerait dans sa tombe - mais la firme de Los Gatos s'associe aussi avec le musée du Louvre pour l'opération (là encore le prestige français).. Il est vrai que, depuis peu, le musée français s'est lancé dans un développement de produits dérivés à coup de collabs décomplexées - rappelez-vous les T-shirts Uniqlo floqués de La Joconde. Pour les fans de la série Lupin, rappelons qu'une partie-clé de l'intrigue se déroule dans le musée du Louvre !

Développer les produits dérivés

Ouverte aux Etats-Unis, cette boutique en ligne va s'étendre à d'autres pays ces prochains mois, a indiqué Netflix dans un billet de blog. «Netflix.shop va proposer des produits en éditions limitées exclusives, soigneusement sélectionnées, de façon régulière», a indiqué le vice-président Josh Simon.

Pour développer le retail business, Netflix s'est adjoint le services d'un pro du secteur: Josh Simon, qui dirige la division produits de consommation chez Netflix. Il a rejoint la société en mars 2020 après avoir occupé des fonctions similaires chez Nike. Depuis son arrivée, son équipe est passée de 20 à 60 personnes, rapporte le New York Times, et Netflix a signé des accords avec Walmart, Sephora, Amazon et Target pour vendre des vêtements, produits de beauté, jouets et accessoires de maison liés aux films et séries Netflix.

La preuve que Netflix veut faire de ses séries à succès des marques à part entière, voire des licences. Sur cette boutique, il vendra des produits en série limitée, des vêtements, accessoires et collectibles - ces objets collectors déjà très populaires dans l'univers du jeu vidéo. Un univers qui a des points communs avec le fans de séries.

Ses séries blockbusters sont donc les prochaines qui bénéficieront donc de produits dérivés, telles Lupin et Stranger Things. Cette dernière série, qui baigne dans la nostalgie 80s, mais a réussi à conquérir un public geek transgénérationnel, lui avait d'ailleurs déjà permis d'amorcer la tendance, avec l'édition de jeux vidéos co-développés avec BonusXP depuis octobre 2017.

Netflix a carrément annoncé cette semaine la sortie d'un podcast de fiction, diffusé à partir du 29 juin prochain sur Spotify et Apple Music, et d'n roman, écrit par A.R. Capetta, qui sortira aussi le 29 juin dans les librairies américaines.

Accessoirement, Netflix cherche ainsi à se trouver de nouvelles sources de revenus à forte marge, pour faire grossir ses bénéfices. Face à une concurrence accrue d'autres streamers, ses derniers résultats trimestriels avaient déçu les investisseurs.

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