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Et voilà, 2018, nous y sommes... Bonne année 2018 donc, chers lectrices et lecteurs, que je vous souhaite pleine de bonheur, douceur, curiosité, et d'innovations ! Plus de 10 ans que vous me lisez sur ce blog (pourtant parfois laissé en jachère), donc merci à vous ! En cette nouvelle année, il y a ce phénomène qui irrigue de plus en plus les sites d'actualité.

Des vidéos brèves, de 2 minutes 30 en moyenne, un montage resserré, parfois syncopé, des sous-titres, des citations écrites en exergue, et des phrases pédagos en surtitre... Impossible d'y échapper: tous les médias en ligne adoptent à tour de rôle l'info vidéo, ces vidéos nouvelle génération en format court. Il a ses codes d'écriture, un ton qui lui est propre, et c'est peut-être une des nouveaux formats d'info en vogue. Depuis une dizaine d'années, le journalisme web s'est enrichi de nouveaux formats, parfois tombés en désuétude. Rappelez-vous, il y a eu la grande époque du live comme format journalistique, consacré par des rédactions web en 2008-2010, qui consistait à relater et commenter en direct un événement, pour créer une sorte de fil d'actualité. Dans un autre genre, côté image, il y a eu la grande époque du webdocumentaire, ce documentaire photo et/ou vidéo enrichi de sons, de légendes, et d'une structure chronologique.

L'info vidéo, format journalistique

Maintenant, tous les médias en ligne adoptent différents formats vidéos. Et voici donc venue l'info vidéo, ces vidéos en format court, au rythme incisif. Qui, cela tombe bien, sont calibrées pour être diffusées - et partagées - sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle écriture journalistique est portée par une nuée de nouveaux médias d'actu, des start-up qui embauchent, ouvrent des bureaux à l'étranger, et pour certaines, commencent à lever des fonds autour de leurs projets. Leur point commun: tous ces nouveaux médias utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et YouTube comme relais principal de leurs vidéos. Et donc l'audience intrinsèque puissante de ces réseaux, comme les 26 millions (§) de Français qui se rendent chaque jour sur Facebook. Et en priorité les millennials (15-25 ans), qui utilisent en priorité les réseaux sociaux pour s’informer. Et qui sont une cible privilégiée pour les annonceur

Ce phénomène m'a d'autant plus interpelée, il y a quelques jours, lorsque j'ai consacré ce papier-bilan au média Brut, qui fête bientôt sa première année d'activité. Ses cofondateurs sont des vieux briscards de l'audiovisuel old school, comme Renaud Le Van Kim (célèbre producteur du Grand Journal de Canal de la belle époque), Laurent Lucas (ancien rédacteur en chef du Petit journal), et Guillaume Lacroix (cofondateur du Studio Bagel). Très communicants, ils l'affirment, ils sont sur le point de boucler une levée de fonds de 10 millions d'euros; et comptent 1 milliard de vidéos vues en un an d'existence. Alors qu'ils lancent leur activité aux Etats-Unis, et bientôt avec une déclinaison en Inde.

D'autres jeunes médias spécialisés dans l'info vidéo leur ont emboîté le pas. Explicite, créé en janvier 2017 par de anciens d'iTélé, TF1 One, créé par TF1 en mars, Monkey, lancé en novembre par Emmanuel Chain (fondateur, par le passé, de Capital sur M6), via sa société de production Elephant. En janvier, ce sera Loopsider qui sera lancé. Un projet porté, entre autres, par Johan Hufnagel, l'ancien numéro deux de Libération.

Mais, sur les timelines (fils d'actualité) encombrés des internautes, encore faut-il savoir faire la différence. Et retenir l'attention d'un internaute ultra-sollicité. Alors, chacun essaie de s'imposer avec sa ligne éditoriale, ses astuces. Brut a imposé un style incisif, voire engagé, avec une pointe d'humour, en brassant des sujets divers (actualité internationale, sport, société), de "Trois raisons de manger moins de viande" aux composants toxiques des smartphones. TF1 One, quant à lui, joue plutôt sur l'info positive, avec un ton parfois léger, des références à la culture pop et la culture geek,, grâce à l’association de TF1 avec son partenaire djeuns MinuteBuzz. Monkey promet des vidéos de décryptage en trois minutes.

De leur côté, les acteurs traditionnels de la presse - voire du petit écran - gardent un œil sur ces innovations en provenance du web. TF1, réactif, s'est déjà lancé sur ce format de la l'info vidéo via TF1 One. Les grands tide presse, déjà dotés de rédactions web puissantes, comptant parfois plusieurs dizaines de journalistes web, ont déjà pris le pli. Le Figaro, sur sa page Actualité en vidéo. Il y privilégie d’ailleurs les actualités qui buzzent sur le web. Le Monde, qui a déjà poussé jusqu'à structurer sa page Vidéos en plusieurs parties, entre ses émissions, sa revue du web, des éclairages, et des reportages. A suivre...