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Le fichier Edvige vous semblait limite liberticide ? Pourtant, ce n'est pas fini : le gouvernement concocte un nouveau logiciel qui centralisera des bases de données inédites, d'après une brève du dernier numéro de L'Express. "Metamorpho" (c'est son petit nom), nouveau logiciel de traitement des empreintes digitales, est un fichier "de nouvelle génération" qui intègre (donc centraliser les données) d'une empreinte de la paume de la main, en plus de celle des dix doigts. Son entrée en fonction est attendue pour septembre, et laisse "espérer, comme une Allemagne, un bond de 30% du taux d'identification".

Enthousiasme un peu rapide de l'hebdomadaire ? Le gouvernement va donc un peu plus loin dans la généralisation de la biométrie comme moyen d'identification - la voie a été ouverte avec les passeports, et bientôt la carte d'identité. Là, ce qu'il y a de nouveau est qu'il inclut l'empreinte palmaire.

En fouillant un peu sur le Web, je découvre que cette solution est commercialisée par Sagem Sécurité. Elle a déjà été adoptée par quelques pays, dont le Botswana ( et la Malaisie. Certes, cette solution ne sera utilisée que dans le cadre d'affaires criminelles, et sera un nouveau moyen de ficher les "délinquants". Ce fichage sera, évidemment, encore plus étroit que jusqu'à présent. Comme le précise la Ligue des droits de l'homme de Toulon dans cet article, ces données s'ajouteront à celles du Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed), un fichier commun à la police et à la gendarmerie nationale qui a pour mission de détecter les emprunts d’identité ou les identités multiples et de permettre l’identification des traces digitales et palmaires relevées sur les scènes d’infraction.

Cela me semble tout de même très surprenant que cette mesure particulière n'ait fait l'objet d'aucune communication, et ne soit même pas passée par la voie législative. En instaurant le fichage d'empreintes palmaires, de toute façon, le gouvernement ouvre une brèche.

Des entreprises privées se sentiront peut-être d'autant plus à autorisées à déployer ce moyen d'identification dans leurs murs. Et qui sait, peu-être qu'un jour, ce moyen d'identification supplémentaire rejoindra les diverses données et les 10 empreintes digitales sur la puce de la future carte d'identité biométrique. Il faut rappeler, à ce sujet, que le gouvernement est allée bien au-delà des demandes de Bruxelles en imposant les 10 empreintes digitales (qui figureront sur une base de données centralisée)...

Autre point à rappeler, la Faed concentrait en octobre 2008 environ 2 998 523 individus enregistrés, et 171 801 traces non identifiées, d'après la Cnil. Qui précise encore que les empreintes sont conservées 25 ans. Les traces sont conservées 3 ans pour un délit et 10 ans pour un crime .