Très bon sujet diffusé ce midi (rediffusion ?) dans la non moins très bonne émission "L'effet papillon"sur Canal, à propos de ce mouvement bigot évangéliste, au discours bien conservateur malgré ses atours branchés. Son originalité ? Il cible les jeunes, par un relais bien particulier : le surf. Un nouveau mouvement a vu le jour à Honolulu et à Bali, "spots" où viennent des surfeurs d'un peu partout dans le monde pour trouver "la" vague. Et notamment des jeunes Américains. Le mouvement "Surfing the nations", donc, rassemble des "surfeurs chrétiens". Il a son gourou-fondateur, un certain Tom Gauer .

Le discours n'en est pas moins rodé : “Nous désirons investir notre temps, notre amour, et notre attention pour la jeunesse d’Hawaï afin de les voir découvrir une signification et un but à leur vie. Notre programme de Jeunesse-à-risque est à facettes multiples", précise le mouvement.

Ce qui est assez édifiant, en fait, est que ce mouvement attire les jeunes par le surf, et maintient l'ambigüité (pour ne pas être perçu juste comme un mouvement religieux) en prétendant organiser des 'événements' autour du surf (que l'on pourrait assimiler aux traditionnels concours de surf) . Le reportage diffusé sur Canal affirmait que "des marques sponsorisent 'Surfing the Nations'" et ses événements - information intéressante, malheureusement invérifiable (aucun sponsor n'étant cité sur le site de l'organisation).

D'après le reportage, le groupe encaissait chaque année, jusque l'an dernier, 100 000 $ du gouvernement américain avec le soutien généreux de Georges Bush, qui avait fait débloquer 3,7 milliards de dollars de fonds fédéraux pour aider les actions caritatives des associations religieuses.

En fouillant, on retrouve les relais de ce mouvement religieux sur le Net : si sa présencé y est limitée - sa page MySpace, son site officiel- il mise davantage sur des vidéos aux images léchées (rien de tel que des images de surfers 'branchés' pour véhiculer un message conservateur) via YouTube. On remarquera que celle-ci a vu sa bande-son coupée "pour des raisons de droit d'auteur" officiellement, et les commentaires sont aussi coupés.