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jeudi 22 décembre 2011

7 tendances technologiques, innovations so 2012 (et au-delà...)

En cette fin d'année, on n'échappe pas aux best-of, bêtisiers et autres rétrospectives. En technologies, on a l'impression que tout va toujours plus vite, une tendance, un produit chasse l'autre - le netbook serait déjà en voie de devenir ''out''. Même si une innovation de rupture ne s'impose pas toujours dans le temps, puisqu'elle ne trouve sa raison d'être que lorsqu'elle entre dans les usages.

On a vu cette année se confirmer un fait inédit: les produits technologiques sont un des rares secteurs technologiques en croissance continue, dopé par l’attrait du même grand public pour des joujoux pointus : Microsoft avec sa Kinect (et Nintendo avec sa Wii) ont élargi leur public-au-delà des gamers, Apple a rendu utiles des gadgets, de l'iPhone à l'iPad... Des produits simples, d'usage intuitif, qui rendent l'innovation technologique moins effrayante, on parle alors d'affordance. Quelles innovations technologiques, quels usages vont s'imposer en 2012 - voire au-delà ?

Après le tactile, la révolution de la commande vocale

On a connu la révolution du tactile, que préfigurait la table Microsoft Surface, popularisée par Apple avec l'iPhone. L'an dernier, Microsoft a instauré la commande gestuelle avec la Kinect, et pour la première fois, la possibilité d'interagir avec des contenus par le geste, à distance. Les usages pourraient s'étendre au-delà du jeu vidéo vidéo: jusqu'à la musique, au secteur médical... Comme il montrait dans ce spot TV prospectif diffusé fin novembre.

Cette année, on a vu apparaître le premier assistant vocal, qui obéit à la voix... Siri, intégré à l'iPhone 4S, sorti en novembre dernier, permet à l'utilisateur de "dialoguer" avec l'iPhone, en langage naturel, pour lui demander par exemple le temps qu'il fait à tel endroit, de noter un rendez-vous demain à 15h, ou d'envoyer un SMS ou un mail dicté à un de ses contacts. Le téléphone fournit une réponse orale et écrite, et exécute les ordres. 2videmment, des précedents existaient, mais - c'est bien là le génie d'Apple - il a rendu cette technologie "désirable", concrète, auprès du grand public, comme le soulignait ce papier de L'Expansion.

La bataille des assistants vocaux pourrait bien s'ouvrir en 2012: cette semaine, le géant Nuance (éditeur de l'app' Dragon Notes) a annoncé le rachat de Vlingo... la principale solution concurrente de Siri, qui existe sous Android. Google préparerait lui aussi une solution concurrente, Majel. Plusieurs start-ups, dont en France, préparent aussi des Siri-like. J'y reviendrai bientôt, ici et ailleurs ;) La rumeur court à toute vitesse sur le Net, Siri serait implémenté sur la première TV d'Apple, la future iTV. Le pilotage vocal à distance, grand fantasme des films de science-fiction, pourrait bientôt entrer dans les usages.

Frontières brouillées entre mondes mobile et numérique

Les perspectives sont assez vertigineuses, dans un univers où le mobile devient une passerelle entre le monde réel et le monde numérique, et au consommateur d'interagir avec son environnement direct, comme le souligne Thomas Husson, de Forrester, dans cette très bonne tribune.

Il faut s'attendre à de plus en plus de campagnes autour des code-barres mobiles et de la réalité augmentée (avec toujours autant de "hype" pour une technologie qui mettra plusieurs années à voir le jour). Le NFC s'inscrit dans cette tendance et va enfin décoller avec plusieurs dizaines de millions de terminaux vendus en 2011. Le marché français devrait atteindre environ le million de terminaux d'ici la fin de l'année mais il y a encore fort à faire pour inscrire les usages dans le quotidien... (...)

La notion même de "mobilité" évolue. Sans rouvrir le débat "les tablettes sont-elles vraiment mobiles?", il n'y a pas de doute que la floraison de tablettes annoncées à Las Vegas et la multiplication des terminaux connectés brouillent les frontières traditionnelles entre les environnements PC et mobiles. La différence majeure est que seules les téléphones se vendent par centaines de millions et tiennent dans la poche de leurs utilisateurs.

La biométrie, une norme...

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Une d'Owni, vendredi 23 décembre

Après plusieurs années de bataille, un premier projet (du doux nom d'"Ines", Indentité nationale sécurisée) lancé en 2003, rétorqué entre autres par le Forum des droits sur l'Internet en 2005, la carte d'identité biométrique va voir le jour en 2012. Et instaurer la lecture de nos empreintes digitales (voire plus...) comme élément d'identification.

L'Assemblée nationale a adopté, la nuit du mardi 13 au mercredi 14 décembre, la proposition de loi "contre l'usurpation d'identité", déposée par les sénateurs UMP Jean-René Lecerf et Michel Houel, qui instaure la carte d'identité biométrique. Dotée de deux puces électroniques, l'une contiendra les données sur l'identité (état civil, empreintes digitales, photographie...), l'autre, facultative, servira de signature électronique sur Internet pour des échanges commerciaux et administratifs. Un article restait en débat: quelle architecture donner au fichier centralisé qui recueillera les éléments d'état civil et les données biométriques? La Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait récemment émis un avis d'alerte sur le stockage des données en un seul et même fichier géant.

... Et la vie privée, un luxe

lLes médias sociaux: jamais on y a autant partagé d'éléments de sa vie privée – et accepté de céder l'utilisation de nos données personnelles aux entreprises. Même si on a l'impression d'être dans des espaces protégés, où l'on partage des contenus avec des cercles d'amis, tels les «cercles» de Google+. Facebook, Twitter et YouTube permettent de partager en un clic un texte ou une vidéo avec les internautes. Et de rendre publique l'info la plus intime, puis la médiatiser.

Cela est vrai, pour l'instant, pour les people. Mais il est déjà possible de retransmettre en direct, de partager. Précurseur, Jacques Attali l'écrivait il y a quelques années sur son blog : à ses yeux, la vie privée, l'intimité et l'anonymat seront un luxe qu'il faudra payer pour conserver. Déjà, des nettoyeurs du Net" proposent leurs services payants pour purger vos traces numériques, référencées sur des moteurs de recherche comme Google.

"Bioluddisme"

Ce néologisme, apparu dans le roman de science-fictionGoogle Démocratie, met en scène un nouveau combat, celui des "bioluddistes" opposés au tout-technologique. "Nous serons tellement submergés par les technologies qu'il y aura forcément des clivages entre pro et antitechno", m"expliquait David Angevin, son o-auteur. Aujourd'hui, l'impact éventuel sur la santé des ondes émises par les téléphones mobiles et les réseaux Wifi est devenu le cheval de bataille d'associations comme Robins des toits.

Des particuliers "électrosensible"» aux ondes, regroupés au sein de l'association Une terre pour les EHS (électrohypersensibilité), demandent la création de "zones blanches", des portions de territoire non exposées. Le 6 mai 2011, le Conseil de l'Europe adoptait une résolution en ce sens. Une première.

3D or not ?

Avatar avait, semble-t-il, installé la 3D au cinéma. Cette année, Steven Spielberg s'y est mis pour sortir son adaptation de Tintin, en version blockbuster familial. Martin Scorsese vient de sortir Hugo Cabret, magnifique récit couleurs sépia qui remonte jusque Louis Lumière... Mais la 3D va-t-elle s'imposer durablement sur les écrans, grands et petits ? Le sujet a fait débat cette année, entre les résultats mitigés de films à gros budgets, des adaptations trop rapides de films en 3D... Ce qui n'empêche pas certains de ressortir leurs succès d'antan en 3D: vous n'échapperez pas à la Saga Star Wars en 3D, qui ressort en salles à partir de février 2012.

Et, dans les foyers, les équipements 3D (téléviseurs, camescopes, premiers smartphones...) à écrans 3D ne séduisent que quelques initiés. Mais une fois encore, l'industrie du X pourrait venir au secours de la 3D : Canal+ va diffuser, courant janvier, une production Marc Dorcel en 3D (à titre de test".

Toujours plus social...

Quels sont les premiers réseaux sociaux ? Facebook bien sûr... Mais aussi Instagram (15 millions de membres), à première vue simple appli iPhone qui permet de donner une touche vinage à ses photos, et réseau social - lequel a pour particularité de ne rassembler que des utilisateurs d'iPhone. Pas sûr que les réseaux sociaux vous se multiplier, mais ils vont se concentrer par usages: réseaux sociaux généralistes (Facebook), de microblogging - où le partage en temps réel d'infos prime sur une utilisation de plus en plus complexe d'un Facebook (Tumblr, qui a connu un retour en force cette année, Twitter, autre grand gagnant de 2011, qui s'est imposé auprès des médias lors de l'affaire DSK), professionnels (LinkedIn, Viadeo)...

lundi 12 septembre 2011

"Aadhaar": 1,2 milliard d'Indiens bientôt scannés

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Photo Jonathan Torgovnik / Wired

Ils sont actuellement 400 millions, les plus pauvres du pays, ils n'ont pas d'identité civile - donc pas de compte en banque, de crédit, d'assurance, d'aides publiques. Un projet national ambitionne de les intégrer au système. En les dotant d'une identité - biométrique.

Un projet aussi pharaonique que paradoxal. Imaginez ! L'un des pays les plus grands du monde, et les plus peuplés, s'est attelé à doter tous ses habitants d'une identité civile, mais avec un système biométrique, à partir de relevés de leurs empreintes de doigts et un scan de leur iris, mais sans carte d'identité. Des villageois de l'Himalaya aux citadins de Bangalore, 1,2 milliard d'Indiens seront dans le système, cette étrange matrice - la plus grande base de données biométrique qui existe sur terre. Nom de code du projet: Unique Identification Project (Hindi: भारतीय विशिष्ट पहचान प्राधिकरण), aussi appelé Aadhaar ("la fondation", en plusieurs langues indiennes). Avec une remarquable enquête, Wired US raconte cette histoire dans son dernier numéro.

Identification dématérialisée

Le sujet m'a semblé passionnant, car des projets recourant à ces technologies d'identification, basées sur des données dématérialisées - mais concentrées sur des cartes d’identité, à la différence du projet indien - concernent désormais bon nombre de pays sur la planète. En France, le projet de carte d'identité biométrique (ex-Ines) est devenu un serpent de mer: le premier projet, dont je parlais dans ''Les Echos'' en 2005, décrié, fut retiré précipitamment. Avant de refaire surface au début de cet été 2011. Sans compter le projet belge (dès 2001), et une multitude de projets biométriques: au Canada, au Royaume-Uni, en Afrique noire (au grand bonheur de certaines boîtes françaises, telles Thales et Safran), en Asie...

Le "Bill Gates de Bangalore" à l'oeuvre

En Inde, le gouvernement espère ainsi remédier à un problème jusque là insoluble pour lui: comment implémenter des systèmes d'identification nationaux, dans un pays immense divisé en régions quasi-autonomes, encore déchiré par un système de castes officieux mais bien existant, et où plus de 300 langues et dialectes sont pratiqués ?

En 2009, le gouvernement Indien s'est plié à recourir à un système d'identification biométrique national, raconte Wired. Et même en allant jusqu'à recourir aux services d'un mécène, en la personne de Nandan Nilekani, surnommé le "Bill Gates de Bangalore", milliardaire devenu héros national depuis la création de la SSII Infosys en 1981. Et désormais à la tête de l'entité ad hoc de ce projet, implantée à Delhi, et qui s'est entouré de stars des start-ups, dont le co-fondateur de Snapfish, et des pointures de Google et Intel. Le projet Aadhaar était lancé en septembre 2010. Plus de 16 millions d'Indiens ont été embauchés, pour scanner et relever des empreintes d'Indiens à tour de bras - 600 millions de personnes devraient figurer sur la base de données en 2014. s'y ajouteront celles de 1 million de personnes de plus par jour (!).

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Les chiffres ont quelque chose de vertigineux: "la base de données comptera environ 2° perabytes de données, soit 2 X 10/16 bytes. Ce qui représentera 128 fois la taille de la plus grosse base de données biométrique au monde, celle du Service de la sécurité intérieure, avec les photos et empreintes de 126 millions de personnes", d'après Wired.

Alors ce projet futuriste, qui n'est pas sans rappeler certains films de science-fiction, soulève nombre de questions techniques et éthiques, pas moins vertigineuses. Quid en cas de duplication de ces bases de données humaines ? Surtout, le recours à ces technologies - à peu près - imparables pour intégrer socialement l'ensemble des Indiens à de quoi faire froid dans le dos. L'objectif est louable. On imagine en quoi cela pourra changer la vie des Indiens les plus pauvres: même s'ils n'ouvrent pas de compte bancaire classique, grâce à ce moyen d'identification, ils pourront déposer de l'argent auprès d'épiciers locaux, qui auront le droit de faire office de banques locales. C'est là l'enjeu social: la mise en place d’un programme de transfert conditionnel d’argent (conditional cash transfers, CCT) - déjà existant au Brésil, au Mexique ou aux Philippines. Un tel programme permettrait de transférer aux familles pauvres une petite allocation mensuelle sur un compte en banque. A terme, il pourrait remplacer l’actuel système public de distribution (mécanisme permettant aux ménages d’avoir accès à des denrées de base à des prix subventionnés).

Privacy

Mais le recours à la biométrie a agité les défenseurs de la vie privée. Parce que Aadhaar reste un projet de business. Son système à l'architecture ouverte autorisera l'implémentation d'applications par des entreprises privées, comme un smartphone. Le numéro d'identifiant pourra permettre d'obtenir un téléphone - voire utilisé pour identifier des passagers d'une compagnie aérienne, des étudiants... La brèche est ouverte. Car sans Aadhaar - dont la possession ne sera pas obligatoire - pas d'accès à ces services...

Sur la question de la privacy, une petite Google search révèle une kyrielle de sites anti-Aadhaar (comme ici), qui ont violemment dénoncé le discours de Nilekani en janvier dernier devant le National institue of advanced studies. Les projets occidentaux "s'inscrivent dans des perspectives de sécurité et de protection", a rétorqué Nilekani - sous-entendu, pas nous... Certes, en Inde, pas de projet de collecter des éléments sur l'ethnie ou la race des Indiens. Mais ces données digitales seront entre les mains du gouvernement.

dimanche 15 mars 2009

Avec "Metamorpho", le gouvernement avalise (aussi) le fichage de l'empreinte de la paume de la main

main

Le fichier Edvige vous semblait limite liberticide ? Pourtant, ce n'est pas fini : le gouvernement concocte un nouveau logiciel qui centralisera des bases de données inédites, d'après une brève du dernier numéro de L'Express. "Metamorpho" (c'est son petit nom), nouveau logiciel de traitement des empreintes digitales, est un fichier "de nouvelle génération" qui intègre (donc centraliser les données) d'une empreinte de la paume de la main, en plus de celle des dix doigts. Son entrée en fonction est attendue pour septembre, et laisse "espérer, comme une Allemagne, un bond de 30% du taux d'identification".

Enthousiasme un peu rapide de l'hebdomadaire ? Le gouvernement va donc un peu plus loin dans la généralisation de la biométrie comme moyen d'identification - la voie a été ouverte avec les passeports, et bientôt la carte d'identité. Là, ce qu'il y a de nouveau est qu'il inclut l'empreinte palmaire.

En fouillant un peu sur le Web, je découvre que cette solution est commercialisée par Sagem Sécurité. Elle a déjà été adoptée par quelques pays, dont le Botswana ( et la Malaisie. Certes, cette solution ne sera utilisée que dans le cadre d'affaires criminelles, et sera un nouveau moyen de ficher les "délinquants". Ce fichage sera, évidemment, encore plus étroit que jusqu'à présent. Comme le précise la Ligue des droits de l'homme de Toulon dans cet article, ces données s'ajouteront à celles du Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed), un fichier commun à la police et à la gendarmerie nationale qui a pour mission de détecter les emprunts d’identité ou les identités multiples et de permettre l’identification des traces digitales et palmaires relevées sur les scènes d’infraction.

Cela me semble tout de même très surprenant que cette mesure particulière n'ait fait l'objet d'aucune communication, et ne soit même pas passée par la voie législative. En instaurant le fichage d'empreintes palmaires, de toute façon, le gouvernement ouvre une brèche.

Des entreprises privées se sentiront peut-être d'autant plus à autorisées à déployer ce moyen d'identification dans leurs murs. Et qui sait, peu-être qu'un jour, ce moyen d'identification supplémentaire rejoindra les diverses données et les 10 empreintes digitales sur la puce de la future carte d'identité biométrique. Il faut rappeler, à ce sujet, que le gouvernement est allée bien au-delà des demandes de Bruxelles en imposant les 10 empreintes digitales (qui figureront sur une base de données centralisée)...

Autre point à rappeler, la Faed concentrait en octobre 2008 environ 2 998 523 individus enregistrés, et 171 801 traces non identifiées, d'après la Cnil. Qui précise encore que les empreintes sont conservées 25 ans. Les traces sont conservées 3 ans pour un délit et 10 ans pour un crime .