Par ce morose vendredi 13 février, la une des Echos avait de quoi provoquer un choc : une couv' tout en noir, qui titrait, en blanc, en gros caractères, "La France s'installe a son tour dans une récession sévère". Il ne s'agissait nullement, pour le quotidien auquel j'ai longtemps collaboré, de refléter la morosité économique, aveu ne mise en page faisant penser à un faire-part de deuil. Non, le quotidien économique répondait ainsi à la demande de l'un de ses annonceurs, pour une opération spéciale de com': en tournant la page, on trouvait 3 pages consacrées à la Citroën C5. Le tout doublé d'une campagne de bannières imposantes sur le site web du quotidien. Citroën voulait ainsi vanter le "système antipatinage intelligent de la C5", avec une photo de route noire s'enfonçant dans un ciel bas et sombre...

C'est à ma connaissance la première fois que Les Echos affiche une telle campagne de pub. Certes, ce format publicitaire n'est pas tout à fait inédit : Libé a déjà mis sa une aux couleurs d'un annonceur. Sans compter les journaux (notamment en presse gratuite) qui précèdent parfois leur couv' d'une page de pub...

Mais cela est symptomatique du contexte particulier pour les médias. Le recul de 5,3% du chiffre d'affaires de TF1, la chute de 19% de ses recettes brutes de publicité en janvier - et à la clé la chute de son action en Bourse - révélées ce jeudi 19 février, ont montré que les médias commencent à souffrir sérieusement des mauvaises rentrées publicitaires, conséquence de la crise .

Comme le souligne Le Monde dans ce papier, crise oblige, "les entreprises sont soucieuses de réduire leur budget publicitaire et d'ajuster leurs investissements sur leurs résultats commerciaux". Et la presse écrite n'y échappe pas. Du coup, les services pub des journaux sont à la recherche de toute campagne de pub.. Et il y a fort à parier qu'ils vont accepter des formats publicitaires parfois "exotiques". Ou des publi-reportages parfois à la limite de la caricature - comme celui pour Land Rover dans la page green business de La Tribune, qu'a relevé mon jeune confrère dans ce billet sur mon second blog, "La marque dans tous ses états"...