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Une première. La couv' du numéro de décembre de GQ a de quoi surprendre. Lui aussi s'offre un dossier high-tech, dans une période de l'année où, par tradition, nombre d'hebdos et de quotidiens (des Inrocks à Libé en passant par L'Express, Le Point...) foisonnent eux aussi de leurs traditionnels dossiers techno, mine d'idées de cadeaux pour les lecteurs à la veille des fêtes de fin d'année - et attrape-pub efficace et bienvenu pour les journaux.

Mais GQ va plus loin, en publiant son dossier techno sous la marque Wired, mise en avant en Une, et dans le dossier, de manière très flatteuse. Alors évidemment, cela offre une caution on ne peut plus "branchée" (littéralement) au mensuel masculin (lui-même sur un positionnement djeun's haut de gamme).

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La volonté de "vendre" Wired aux néophytes à l’intérieur de ces pages est frappante. Ce dossier de 22 pages, ouvert par une photo d'Omar et Fred qui prennent la pose avec une numéro de Wired et un iPad entre les mains - on admirera au passage le placement de produit ;), est inauguré avec une double qui présente de manière élogieuse l'histoire assez exceptionnelle de Wired, depuis son lancement en 1993 par Janet Metcalfe et Louis Rossetto et le lancement du site Hotwired.com en 1994, en passant par son rachat par un fonds d’investissement en 1998, puis par Advance Publications, qui le rachète alors pour 390 millions de dollars (!) pour le confier à Conde Nast. Sans oublier ses couv' et son design avant-gardiste.

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On trouve ensuite un papier qui résume sur une page les principales théories de Chris Anderson, de sa théorie de la long tail à "The Web is dead" de septembre 2010, puis sur 3 pages la traduction d'un article sur la Kinect. Quelques pages comportent une traditionnelle sélecrtion de produits tech, "approuvés par Wired", précise une icône. Et enfin un article assez drôle, plus dans le ton propre à GQ, propose "53 règles pour devenir un gentleman digital".

Une icône dans le mag nous signale que Wired est également "invité spécial de GQmagazine.fr jusqu'au 20 décembre". De fait, en allant y faire un tour, dans l'onglet dédié, on trouve quelques articles tech / culture numérique ave des angles que n'aurait déniés Wired: "Coder pour durer", "Et si Apple lançait l'iCam?", "Kinect: comment Microsoft soutient les hackers", "Comment supprimer des fichiers rapidement"...

Précisément, ils se trouve que le lancement d'un Wired français par sa maison-mère, le groupe américain Conde Nast (aussi éditeur de GQ, lui-même déclinaison française d'un titre US) est actuellement en suspens. Le lancement d'un Wired en VF est devenu une lapalissade, un rêve pour de nombreux journalistes et techies, nostalgiques de l'époque des Transfert, Newbiz et autres Futur(e)s du début des années 2000.. Il y a même eu la tentative avortée, j'ai encore le seul numéro lancé en VF - d'un lancement en France de Technology Review.

C'est devenu une lapalissade, qui avait encore été évoquée en 2008. Il y a 6 mois, le patron français de Conde Nast annonçait que le groupe avait tranché - d'abord - pour la lancement d'un Vanity Fair français.

Dimanche dernier, dans l'émission Soft power sur France Culture, il a réaffirmé que des numéro zéro étaient en test, et que Vanity Fair serait lancé en 2012 si le marché publicitaire le permettait. Quant à un Wired français... il n'a pas exclu un lancement "sous format numérique" ou en supplément papier d'un autre magazine du groupe. Ce qu'il n'avait guère évoqué jusqu'à présent. Ce GQ co-brandé Wired ressemble alors étrangement à un ballon d'essai. A suivre...