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lundi 18 février 2013

"Passion" de Brian De Palma, mise en abyme d'un univers ultra-technologique, placement de produit sur mesure pour Panasonic

Dès le plan d'ouverture, un long plan-séquence, il y a ce focus sur la pomme du Macbook d'une des protagonistes, au point qu'il suscite quelques petits rires dans la salle.Puis deux jeunes femmes, à la beauté glacée, qui bossent sur leur prochaine campagne publicitaire, pour le lancement du smartphone Eluga de Panasonic. Deux placements de produits les premières secondes du film.

Durant près de deux heures, ce polar esquisse un monde du travail qui fait frissonner, dans des locaux au design gris et parfait, avec des personnages aux traits trop lisses et au look trop recherché, des formes discrètes de pression et de harcèlement moral - l'"héroïne" subit humiliations publiques, piquage d'idées et manipulations diverses par sa boss. Au passage, dans ce film allemand, les personnages parlent en allemand, sauf à l'agence ou dans les séquences liées au monde du travail, où ils parlent en anglais.

Et surtout, il y a dans ce film l'omniprésence de ces produits technologiques ultra-modernes, noirs et argent. Nulle recherche de l'accumulation de placements de produits, pas de profusion de marques, Brian De Palma n'a pas cédé à la tentation. Mais deux marques ont une place de choix durant tout ce film.

Apple-mania

Apple d'abord, avec des MacBooks pros du début à la fin du film. Normal, dans une grande agence de pub comme celle du film, c'est la marque de prédilection pour les créatifs et "artistes" putatifs. L'omniprésence d'Apple dans le cinéma, et tout ce qu'il incarne - pour l'instant - j'en avais déjà parlé dans ce billet, avec notamment la saga Millenium, où l'actrice Noomi Rapace (que l'on retrouve ici chez De Palma en jeune créative publicitaire à double visage) s'était révélée avec son personnage de geekette post-punk. Mais l'omniprésence de la firme à la pomme - dans les films et séries n'est pas anodines: elle imprègnerait presque le spectateur... Au passage, la légende veut qu'Apple n'a jamais signé de contrats de placements de produits, ou n'est jamais passée par des agences de placements de produits telle que Casablanca. Pas besoin.

panasonic-eluga.jpg

Mais Brian De Palma accorde surtout une place de choix à Panasonic et son smartphone Eluga, qui fait donc l'objet du spot publicitaire "volé" puis diffusé sur YouTube, au cœur de l'intrigue du film. Il n'a même pas inventé une marque, un produit pour les besoins de cette fiction, mais est parti d'une marque existante: le constructeur japonais Panasonic, qui - ça tombe bien - lançait il y a pile un an au Mobile world Congress de Barcelone (une des grand-messes annuelles de l'univers des télécoms) sa gamme de smartphones Eluga. Des smartphones haut de gamme, au design fin et racé, qui ont pour particularité de pouvoir être immergés dans l'eau.

Exactement ce que montrent les premières minutes du film. Mais alors, De Palma a-t-il poussé la logique du placement de produit jusqu'au bout ? Au point de mettre en scène une gamme de produits dans son scénario ? Certes, pas de vulgaire placement de produit, où les actrices manipulent ostensiblement leur smartphone Panasonic. Trop grossier.

Spot publicitaire sur-mesure pour l'Eluga

De Palma esquisse comment une agence de pub va monter une campagne pour vendre un smartphone comme tant d'autres. Et montre ce qui pourrait être perçu comme un spot publicitaire réussi, la vraie bonne idée que tout créatif aurait rêvé d'avoir : le smartphone placé dans la poche arrière du jean slim d'une jeune femme, qui, allumé, permet de filmer avec la caméra intégrée ce qui se passe dans la rue, dans le dos de la jeune femme... Une jeune f allumeuse, qui parle crûment, et fait de son smartphone un accessoire sexuel.

Hasard ? Le constructeur japonais, qui bénéficie d'une vraie aura grâce notamment à la notoriété de ses téléviseurs, a connue une année 2012 difficile, entre ventes à la baisse, chiffres préoccupants (une perte nette de 6,1 milliards d’euros au terme de 9 mois de son exercice décalé 2012-2013), et production chahutée après le tsunami qui a affecté le Japon. Et sa gamme Eluga n'a finalement pas été lancée en Europe, et ne le sera pas cette année, comme le confirmait il y a quelques jours son nouveau DG France dans une interview à Challenges.

Ecrans multiples

Certes, rien d'anodin là-dedans. Ce qui intéresse De Palma, avec ce thriller d'entreprise, c'est de dénoncer une société de consommation qui prône l'ultra-performance au travail, et la quête perpétuelle de perfection, entre bureaux et appartements trop design. Même dans la scène de ballet, il nous montre essentiellement les corps et les visages (trop) parfaits, trop souriants, des danseurs. Le film montre aussi une certaine omniprésence des écrans, des ordinateurs aux smartphones, en passant par les caméras de vidéosurveillance, et un écran placé au bord de la baignoire d'une des actrices, des affrontements menés via Skype et des "call confs", des vidéos balancées sur YouTube... Sans compter les sonneries stridentes de smartphones dans la scène finale, lointain rappel de la musique de la scène-clé de Psychose de Hitchcock...

Une intégration d'écrans multiples pour mieux dénoncer ce phénomène. "Aujourd’hui, presque tout le monde marche dans la rue le regard plongé dans son téléphone au lieu de regarder la rue, ce qui est quand même un peu étrange… Dans Passion, j’ai détourné une vraie campagne de publicité pour une marque de smartphones, avec cette idée de placer un téléphone dans la poche arrière du pantalon d’une jeune femme, photographiant ainsi les passants qui matent son cul. Aujourd’hui, tout le monde possède une caméra par le biais des smartphones, c’est très bien d’un point de vue sociologique mais cela signifie la fin des beaux travellings, des plans travaillés, des séquences d’action soigneusement composées", explique-t-il dans cette interview accordée aux Inrockuptibles.

Ce n'est peut-être qu'un hasard, une marque parmi d'autres... En tous cas, Panasonic Marketing Europe Ltd est bien cité dans les remerciements pour les partenariats produits, en fin de générique. A quand la pub Panasonic qui mettra en avant des scènes du film, comme Sony avec James Bond ?

lundi 23 août 2010

Bientôt la fin des journaux papier à bord des avions ?

journaux

Flickr/Creative Commons - Certains droits réservés, Groume

Devra-t-on bientôt se passer des journaux à bord des avions ? Perso, j'adore pouvoir accès à une multitude de titres de presse anglo-saxonne à bord d'un avion long-courrier, un des meilleurs moyens de se reconnecter à la vraie vie en rentrant...

C'est Singapore Airlines qui s'apprête à donner un coup de pied dans la fourmilière. Bientôt, le passager voyageant à bord de ses avions ne trouvera bientôt plus les classiques revues de bord.

Magazines en version numérique sur écrans individuels

Imaginez, c'est assez vertigineux. A terme, les magazines ne seront plus disponibles en version papier, et se liront sur les écrans individuels qui équipent tous les avions de la flotte. Pour l'instant, certes, cela concerne uniquement les revues dédiées de près ou de loin à la compagnies aérienne, guides de voyage et autres catalogues de produits proposés en duty free. Mais Singapour Airlines réserve bel et bien le même sort aux différents titres de presse écrite. Elle prévoit ainsi de proposer uniquement en version numérique une centaine de magazines, livres et quotidiens aujourd'hui distribués à bord.

Depuis le 31 juillet, la compagnie asiatique teste ce type de prestation pendant un trimestre à bord de deux Boeing 777-300ER. Elle sera ensuite étendue à deux Airbus A380, puis à l'ensemble de la flotte.

Migration

Concrètement, pour cette migration très numérique des journaux, Singapore Airlines se base sur le système de divertissement Panasonic eX2, qui équipe toute sa flotte aérienne. Grâce à celui-ci, un serveur informatique distribue au réseau Intranet les films, CD, programmes TV de divertissement, jeux... Classique: les autres compagnies aériennes utilisent des systèmes similaires. Mais là, Singapore Airlines permet donc aussi d'accéder à une version numérique des publications.

Le passager, lui, aura toujours accès à la dernière édition. La presse mise à bord sera, en effet, la même que celle diffusée en France car elle pourra être téléchargée sur le serveur informatique de l'avion lors de l'escale à Tokyo ou à Los Angeles, et ce sans attendre, comme c'est le cas actuellement, le retour de l'avion à Paris.

Économie de carburant et de papier

Argument évoqué par Singapore Airlines: cette numérisation des supports imprimés à bord des avions permettra de réaliser des économies substantielles sur le carburant dépensé à transporter des magazines pesant au total des tonnes.

En clair, la compagnie aérienne allègerait ainsi (un peu) son CO2 émis... Pas faux: imaginez, le magazine de bord d'Air France, par exemple, pèse près de 500 grammes. "Ce sont donc plus de 250 kg, soit l'équivalent de trois passagers, embarqués à bord d'un Airbus A380. Ils pourraient être remplacés par quelques grammes si l'on utilise les mémoires informatiques modernes. Chaque jour, chaque avion économisera alors environ 200 kg de carburant lors de ses allers et retours. Au niveau de l'ensemble de la flotte de la compagnie, le gain s'élève à une dizaine de tonnes de kérosène par an et trois fois moins de CO2 dispersé dans l'atmosphère", précisait récemment l'AFP.

Et des hectares de forêts seront préservés. Du même coup, évidemment, la compagnie aérienne économisera les frais de mise en page et d'impression des magazines.

Un argument écolo - et économique - qui se tient, donc. C'est au moins aussi significatif que de remplacer des verres par des gobelets en plastique. Et qui pourrait très probablement séduire d'autres compagnies aériennes.

Un réseau de distribution pour les éditeurs de presse

Mais son tournant numérique pourrait gêner aux entournure les éditeurs de presse écrite. Alors que mine de rien, la distribution (gratuite il va sans dire) des journaux, surtout quotidiens, à bord des avions, est pour eux une manne non négligeable. Qui leur permet dans la foulée de gonfler leurs chiffres de diffusion payante, et de devenir gratuits en catimini.

iPads pour clients VIP

Mise à jour lundi 23/08 à 14h30: il me fallait mentionner cette initiative très révélatrice, que m'a signalée avec beaucoup d'à-propos @jnchaintreuil : certaines compagnies prévoient carrément de mettre à disposition de leurs clients des iPad, avec à la clé l'accès à la dernière édition numérique de journaux et magazines... C'est la compagnie française iXair qui a monté cette offre Bluebox Avionics, d'après le blog VIPad.fr.

Déjà les clients ultra VIP des jets de la compagnie aérienne d'affaires Ixair ont à leur disposition des iPad avec des titres comme Time Magazine, USA Today, Le Monde, Paris Match en version numérisée. Peut-être, un jour, Air France...

Màj le 29/08: merci à ElectronLibre, Owni, Rue89, et Slate pour les reprises

dimanche 11 octobre 2009

Après l'écran Oled et la TV sur Internet, la TV en 3D, prochain rêve des constructeurs ?

Chaque année, au rythme des salons high-tech, les constructeurs nous dévoilent des nouveaux prototypes de télés, qui donnent à voir sur les technos (potentiellement) les plus prometteuses, voire,qui se concrétiseront par de nouvelles manières de 'regarder la télé' dans les foyers (ne jamais oublier que le succès d'une innovation se vérifie lorsqu'il entre dans les usages...).

L'année dernière, lors de l'IFA de Berlin, que j'avais couvert, on ne jurait (presque) que par les premiers écrans Oled commercialisés chez Sony, ou encore par la TV sur Internet, ou IPTV, par laquelle les constructeurs veulent introduire une dose d'Internet dans leurs contenus TV, comme j'en parlais dans ce billet, et dans ces papiers (1 et 2) pour Les Echos (en accès payant poru les non-abonnés, groumpf sorry).

Et encore une fois, ça n'a pas raté. Cette année, l'industrie (asiatique surtout) confirme son engagement... dans la télé en relief, en l'occurrence la 3D. Plus précisément, l'industrie japonaise (en clair, Panasonic, N)1 japonais de l'électronique grand public devant Sony) s'y engage massivement, comme l'a montré le Ceatec, qui se tenait cette semaine à Tokyo. Panasonic y a présenté ainsi des extraits du film en 3D "Avatar" de James Cameron, attendu pour décembre. Pour son PDG, les écrans en 3D représenteront, à terme, 30% de ses ventes en audiovisuel, d'après un article des Echos de ce 7 octobre.

La nouvelle étant que 'Pana' commercialisera, à partir du printemps 2010, son premier téléviseur HD 3D de 50 pouces... Un sacré pas a été franchi, alors qu'un an auparavant, 'Pana' dévoilait "seulement" ce prototype d'écran 3D au Ceatec.

Pana

Sharp présentait aussi cette année des prototypes d'écrans de TV haute définition en relief, ainsi que Hitachi, qui a mis au point une technologie permettant même de se passer de lunettes spéciales. Idem pour Sony, qui dévoilait dans la foulée la Playstation 3, compatible avec ces nouvelles télés, qui offrira en 2010 plusieurs jeux en relief. Il dévoilait aussi des images de matches de football en 3D, dont une rencontre de Manchester United la saison passée.

Est-ce que les constructeurs coréens, des 'tigres' tels que Samsung, concurrents sérieux pour l'industrie japonaise, miseront aussi sur la 3D ?

jeudi 11 septembre 2008

L'IPTV et les écrans TV OLED lancés à l'IFA de Berlin

C'étaient deux des innovations principales présentées cette année à l'IFA de Berlin, où j'étais de passage.

D'abord l'IPTV, par laquelle les constructeurs veulent introduire une dose d'Internet dans leurs contenus TV. Et proposer des contenus exclusifs, c'est là le prochain enjeu pour eux à mon avis, comme j'en parle dans cet article dans Les Echos. Concrètement, le téléspectateur accède à ces contenus, souvent exclusifs, en cliquant avec sa télécommande sur des icônes interactives (« widgets ») qui s'affichent à l'écran.

IPTV Philips Le prototype de la Net TV de Philips - Image C. C.

Mais aussi, alors que l'on en voyait des prototypes présentés au fil des salons, Sony s'apprête à commercialiser son premier téléviseur OLED, comme j'en parle dans cet article. Reste à savoir si le consommateurs suivra, alors qu'il se familiarise juste avec les écrans plasma et LCD... Problème classique : il y a toujours une période de décalage entre la commercialisation d'une innovation et son adoption par le grand public.