J'en parlais début juin dans ce billet, le géa&nt de l'industrie pharma Pfizer est accusé par le gouvernement nigérian d'avoir testé un de ses médicaments, avant sa commercialisation, sur des enfants nigérians. 200 en seraient morts, selon un schéma qui rappelle étrangement celui de "The constant gardener".

"Le Monde" revient longuement sur cette affaire dans cet article, où l'on apprend plusieurs éléments :

  • Lorsque l'équipe de Pfizer arrive au Nigéria en 1996, c'est dans un climat d'urgence, où le pays est ravagé par une terrible épidémie de méningite, maladie rapidement mortelle. Avec un médicament à tester, le Trovan. Et l'équipe est accompagnée d'un professeur nigérian mandaté par le gouvernement. "il utilisait de aiguilles ordinaires pour faire des ponctions lombaires à des enfants", souligne dans ce papier Evariste Lodi, un médecin belge de l'ONG Médecins sans frontières.
  • décembre 2000: plusieurs journaux commencent er les décès d'enfants souffrant de méningite, et ayant testé le Trovan.
  • Depuis, en Europe, le Trovan n'a jamais été autorisé, son usage a été très restreint aux US en 1999, étant associé "à de sévères affections du foie et des décès".
  • Le déclencheur du procès actuel : un document officiel nigérien resté dans les tiroirs jusque 1996, jusqu'à sa publication dans le "Washington Post ". Accablant, un panel de médecins y concluait que Pfizer n'avait obtenu d'accord ni dse familles,ni du Nigeria... Et, cerise sur le gâteau, qu'un médecin nigérien avait rédigé une lettre antidatée "certifiant que l'expérimentation du Trovan avait été approuvée par un comité d'éthique".

=> Le gouvernement nigérien, à l'origine des dernières plaintes en date, semble difficilement totalement innocent dans cette affaire. Corruption, mauvaise foi... voire une collusion, à un certain moment, avec Pfizer?

La Cour Suprême du Nigeria devait examiner, le 20 juillet, cette plainte déposée par l'Etat de Keno, puis le Nigeria même, contre le n°1 mondial de l'industrie pharma, où il réclame 7 milliards de dollars de dommages-intérêts. Finalement, le 20 juillet, Le gouvernement du Nigeria a renouvelé et modulé sa plainte, réclamant 6,5 milliards de dollars de dédommagements. Il avait été débouté le 26 juin dernier, alors qu'il souhaitait amender sa plainte pour expliquer le temps écoulé - onze années - entre les faits et son recours en justice. A suivre, donc...