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dimanche 16 décembre 2012

Campagne 2012 de Barack Obama : marketing politique + Big data

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35 millions de "friends" sur Facebook, 24 millions de "followers" sur Twitter, mais aussi, bien sûr, plus de 775 500 retweets de son tweet Four more years, annonçant en direct sur le média social sa réélection...

Pas de doute, la campagne électorale de Barack Obama, cette année, a été plus "digitale" que jamais. Avec une véritable machine de guerre de marketing en ligne. Pour la décrypter, des agences digitales (Spintank, La Netscouade, La Fonderie), et la revue Regards sur le numérique (éditée par Microsoft) avaient invité pour un débat à la Gaïté Lyrique, la semaine dernière, l'équipe digitale de la campagne d'Obama. Un véritable cas d'école, où ces (à peine) trentenaires montraient très sérieusement (certaines) de leurs recettes au fil de leurs slides, tout en jurant qu'il ny a rien de nouveau, "les entreprises ont employé ces méthodes bien avant nous", dixit Ethan Roeder, le Mr Big data de la campagne. Pourtant, il y a bien des communicants de grosses entreprises ou d'agences de pub dans le public de l'auditorium, pour suivre cette leçon...

C'est une lapalissade, la com' politique utilise une sélection d'outils venus du marketing. Il y a bien sûr la très forte présence numérique de Barack Obama sur les médias sociaux: Facebook, Twitter, Tumblr, mais aussi le plus confidentiel site communautaire de social bookmarking Reddit...

Mais le coeur de cette campagne digitale, c'était le fundraising, la levée de fonds, qui aura permis, in fine, de lever 690 millions de dollars, explique Teddy Goff, 27 ans, ex-directeur digital de l'équipe Obama for America. Comment motiver les internautes-militants (ou simples sympathisants) à donner, et inciter leurs amis à donner pour financer la campagne d'Obama?

Il y a bien sûr la classique campagne d'emailings. Mais affutée, avec 26 types de mails, tels qu'affichés sur une des slides, aux argumentaires différents qui étaient envoyés, selon les types de cibles identifiées: "Thankful every day" ; "Michelle time" ; "The most popular Obama"… Là encore, il s'agissait d'inciter les sympathisants d'Obama déjà présents sur la base d'e-mailings de la campagne de 2008 à motiver leurs amis. Chaque mail d'appels aux dons était préalablement testé auprès de 18 groupes, avant son envoi massif. Autre canal testé, les SMS de relance.

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Pour le fundraising, il y avait aussi quelques outils technos bien pensés. Tel le service Obama for America’s Quick Donate, distingué par Mashable dans les innovations techno-politiques de l'année, qui permettait, en un clic, d'effectuer une donation par carte bancaire sur le site dédié, par email ou par SMS, rendant ainsi les donations "sans contact".

Des outils technos que l'on retrouve aussi dans le dispositif prévu pour gérer et impliquer les supporters dans cette campagne très "sociale". Avec une hiérarchisation, des 2,165 millions de bénévoles enregistrés aux "core team members", explique Betsy Hoover, directrice de l'organisation online. Un tableau de bord ("Dashboard") permettait ainsi à chaque volontaire d'afficher dernières activités, équipe, événements, ressources, messages etc. ''Trip Planner'', une sorte de Couchsurfing.com version militante permettait aux militants d'organiser et partager leurs transports et logements dans les 50 Etats. Et de fait, les militants ont effectué plus de 146 millions de porte-à-porte et appels téléphoniques en 2012...

Autre outil malin, GottaRegistrer, l’appli mobile d’Obama pour inscrire les électeurs - aux Etats-Unis, les partis s’occupent de les inscrire. Map Maker, permettait aux internautes de voir quels projets près de chez eux avaient été financés avec le controversé Recovery Act.

Mais cette année, c'est le data management qui a été une des nouvelles armes du staff (et de la victoire) d'Obama, chargé de faire le tri, dans des tableaux Excel, des données récoltées sur les votants, mais aussi dans les quelques 24,1 millions de conversations sur les médias sociaux. Et voici les données récoltées par l'équipe d'Obama sur les électeurs américains, nous livre Ethan Roeder, en toute transparence, sur ce slide. Nom, adresse, âge, ethnie, revenu probable, propriétaire ou pas... Rien que cela.

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Que savait l'équipe d'Obama sur les électeurs américains? via @RSLNMag

vendredi 31 août 2012

Hype Cycle 2012: Big data, BYOD, gamification, humain augmenté, commande vocale...

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Source: Gartner

Cette année de nouveau, il m'a semblé intéressant de me plier à l'un des exercices attendus de rentrée: le passage en revue de la "Hype cycle" des technologies émergentes, salutaire passage en revue des innovations de rupture d'aujourd'hui et de demain, ou déjà dépassées. que publie chaque année l'institut Gartner, mi-août, comme je l'analysais déjà en 2010 dans ce billet. Le principe est toujours le même, comme expliqué par Gartner sur cette page : cette courbe de l'innovation est découpée en 5 étapes-clés pour le cycle de vie de technologies.

Dans les innovations technologiques attendues pour (après-)demain, à peine émergentes ("technology trigger", où l'on en est à peine à l'étape du prototype), on distingue notamment l'"augmentation humaine": l'humain augmenté de demain, qui se dotera de puces RFID, etc, comme en parlait Cyril Fiévet dans son vertigineux livre Body hacking, que je chroniquais en mai dernier. Décidément, l’immixtion toujours plus importante entre le corps humain et les technologies (le mythe de l'androïde...) est une tendance naissante...

Dans les "expectations", l'institut Gartner évoque aussi, sans surprise, les "véhicules autonomes", alors que l'on a déjà les premières voitures embarquant des dispositifs connectés, voire pilotables à la voix. On retrouve les thèmes omniprésents de l'Internet des objets, ces objets qui communiquent entre eux, le crowdsourcing (qui émergeait en France dès 2007), ou encore les questions-réponses en langage naturel, ce qu'esquissent déjà des services de commande vocale tels que Siri chez Apple, comme je l'évoquais parmi les tendances technos 2012 (rappelez-vous... il y a quelques années s'esquissaient les premiers moteurs de recherche "en langage sémantique") .

Big data, gamification, BYOD pour demain

Du côté des innovations les plus attendues à court terme (au risque d'être surestimées ?), qui parviennent au "pic of inflated expectations", on trouve notamment le big data, dont on va beaucoup reparler ces prochaines semaines (dont ici même...), cette culture de l'algorithme qui s'étend du marketing à la Bourse, la gamification, mot-valise pour désigner la reprise des mécanismes du jeu vidéo dans divers secteurs, comme le monde du travail - un peu comme les serious games). Mais aussi le "BYOD" ("Bring Your Own Device", ou "Apportez votre appareil personnel"), autant injonction que tendance naissante du salarié qui apporte son matériel informatique perso (de la tablette au laptop) dans le cadre professionnel, traduction ambiguë de la disparition de la frontière entre les univers "pro" et "perso". Gartner, précisément, expliquait cela dans une étude par la banalisation de l’équipement informatique (tendance au suréquipement) et par l’arrivée de la génération Y dans les entreprises. Viennent aussi l'impression 3D, et le "social analytics" (soit la mesure, la collecte et l’analyse de données d’usages et de comportements des internautes au sein des médias sociaux, d'après Fred Cavazza).

Appstores, réalité augmentée, paiement par NFC... "Ttrough of disillusionment"

En revanche, pour Gartner, des innovations commencent à attendre l'étape fatidique du "trough of disillusionment"_ (premiers échecs à la suite d'expérimentations, quand bien même quelques investissements se poursuivent) : à savoir le private cloud computing (soit des services de cloud computing en version personnalisée, sécurisée... et payante), les App stores, la réalité augmentée, mais aussi, le paiement par NFC__: logique, les multiples tests menés par des opérateurs et banques commencent à lancer, alors que des solutions de portefeuille électronique et d’applications mobiles vont débarquer en Europe cet automne, telle l'application de m-paiement S-Money, que doit lancer le Groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne cet automne, ou encore le futur Apple Passbook, qui sera proposé avec la prochaine version d'iOS.

Etonnamment, Gartner considère comme déjà victimes d'un effet de lassitude les services de cloud computing, mais aussi le contrôle gestuel, et, moins étonnant, les mondes virtuels (remember feu Second Life... Mais viserait-il aussi des mondes virtuels tels que Farmville ?).

La biométrie, le la reconnaissance vocale, les tablettes media mainstream

A l'étape du "Slope of enlightenment" (une seconde ou une troisième génération de produits autour de ces technologies émergent): on trouve, sans surprise, les tablettes media, le paiement mobile OTA ("Over-The-Air", un standard de communication sans-fil, alternatif au NFC), les méthodes d'identification biométrique (qui se multiplient sur les smartphones)...

Enfin, ont atteint le stade mainstream du "Plateau of productivity" (début d'adoption par le grand public), pour le consumer telematics (des services d'assistance automobile à distance comme le GPS ou la localisation de points d'intérêt), la reconnaissance vocale (effet Siri et consorts, qui s'annonçait dès le début de l'année... et s'étend de l'automobile aux téléviseurs).