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dimanche 3 avril 2011

Crowdsourcing + direct + journalisme "de bureau" = Le "live", un format journalistique confirmé

A côté des articles, billets, vidéos, chats, diaporamas, webdocumentaires et autres infographies (datajournalism oblige), il s'est imposé comme un format journalistique à part entière, prisé des rédactions web. Une consécration au bout de 3/4 ans d'existence, au gré d'une actualité internationale en plein bouillonnement - de l'Afrique du Nord au Proche-Orient, en passant par le Japon, et, ces tous derniers jours, la Côte d'Ivoire. Le live donc, entre live-blogging et live-tweet, se présente sous forme d'enchaînements de phrases courtes, où le journaliste commente en direct un événement, tout en interagissant en direct avec les internautes qui peuvent y publier leurs commentaires.

Le live, concentré des nouvelles pratiques journalistiques online

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Cela faisait un certain temps que je ne m'étais pas penchée sur les nouvelles pratiques journalistiques sur le web, et ces nouveaux formats qu'utilisent - voire créent - les médias en ligne, comme le webdocumentaire, que j'avais décrypté ici. Car les rédactions web sont les mieux placées pour inventer de nouvelles pratiques journalistiques online, mêlant des écritures journalistiques propres au web (écriture simple et factuelle, brièveté des articles, journalisme de liens avec liens hypertextes pour partager ses sources), une organisation du travail propre (avec des journalistes de permanence à tour de rôle jusque tard en soirée, les weekend, et jours fériés) une ligne éditoriale propre (culte de l'instantanéité, du grand public, voire du popu - on y reviendra), des impératifs de mise en page et d'infographie...

Une nouveau format journalistique, avec ses travers, mais particulièrement innovant, qui m'avait déjà frappée lors de mon (bref ;) passage par la rédaction de 20minutes.fr l'année dernière, clairement la rédac web qui y recourt le plus, sous diverses déclinaisons. L'occasion était rêvée pour décrypter ce format du live, un concentré de compétences parfois d'un nouveau type que revêtent les rédactions web. Un format également révélateur des nouvelles pratiques des internautes: ils vont sur des sites d'info pour suivre des événements en direct lorsqu'ils sont au bureau, et interroger en direct le journaliste qui le "couvre". Le soir, ils commentent depuis leur laptop ou leur smartphone une émission qu'ils suivent sur leur téléviseur.

Le Monde a frappé fort en ouvrant un live de cinq jours, du 14 au 17 mars, pour couvrir les événements au Japon. Cinq jours! Imaginez: durant cinq journées d'affilée, des journalistes se sont succédés pour assurer la couverture en permanence des événements au Japon. Une première dans les pratiques liées à cet outil, le live - quitte à en essuyer les plâtres, en comme l'a longuement décrypté Vincent Glad dans ce billet, reprenant André Gunthert.

Ces dernières semaines, plusieurs média en ligne ont aussi monté des lives spéciaux, autour des événements en Libye et dans le monde arabe (comme par exemple France 24, sur l'Egypte, puis la Libye), Slate France, ou encore Owni, puis à propos du séisme du Japon et la centrale nucléaire de Fukushima. Des media plus confidentiels l'ont adopté aussi, comme le site web de Jeune Afrique depuis vendredi dernier, à propos de la Côte d'Ivoire et l'entrée à Abidjan des pro-Ouattara.

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Via Vincent Glad

C'est là, à la lumière de ces soubresauts de l'actu internationale, que l'on a pu prendre toute la mesure de l'adaptabilité de ce format journalistique: complémentaire des articles en ligne et des longues enquêtes publiées sur le print, le live permet d'informer le lecteur en temps réel des bribes d'information. Comme le souligne Vincent Glad, les media en ligne y trouvent un format qui se rapproche dans sa forme des éditions spéciales des chaînes d’infos en continu qui associent les images à un bandeau défilant de breaking news, alimenté par des dépêches d'agences, "avec une insistance sur l’événementialité avec un logo 'édition spéciale'".

Pourquoi le recours à a un tel dispositif ? "Sur de gros événements internationaux, les live sont un outil assez fantastique, ils permettent de suivre rapidement et dans les détails un événement, d'agréger rapidement des sources issues d'autres médias, d'être très précis, de relativiser ou de corriger immédiatement une information", me précise Samuel Laurent, journaliste politique au Monde.fr, ex-Figaro.fr.

Et d'évoquer "tous les apports que nous donne l'audience, que ce soit en posant des questions qui nous obligent à préciser des infos, en apportant des informations locales (pour des événements comme le conflit des retraites), en donnant des liens (lives "internationaux"), des éclairages techniques spécialisés (Fukushima...) et même de l'information brute lorsque les personnes sont sur place (Tunisie, Egypte...). Il y a un travail à faire pour vérifier l'info, évidemment, mais l'apport est fantastique".

Flux d'infos, crowdsourcing, articles évolutifs

Le live, c'est donc un flux continu d'infos, de l'ordre des infos factuelles ou des commentaires, publié sur un outil de publication ad hoc. Le journaliste publie donc en direct des infos concernant un événement, très souvent à partir d'un direct en télé, via une chaîne généraliste ou d'infos continues. D'autres media, comme Owni, l'utilisent surtout pour partager des ressources - articles, blogs, vidéos.

Sur cet outil de publication "ouvert", comme pourrait l'être un blog, les internautes peuvent publier en direct (donc sans modération à priori) leurs commentaires et questions, auxquels le journaliste répond, autant que possible en y ajoutant à l'envi des compléments d'infos glanées dans les dépêches, des liens hypertextes vers des articles publiés par son média sur le sujet, ou vers d'autres sources. Un flux d'infos qui constitue une sorte d'article évolutif, complété au fil de l'eau par les commentaires et compléments des internautes. Le journalisme participatif dans toute sa splendeur, assicé à une certaine transparence, et à un crowdsourcing...

Les premiers lives ont débarqué sur les sites web d'information en 2006. On en était alors encore au stade d'expérimentation: la technologie était encore lourde. Du côté du Figaro, "les journalistes de sport24 devaient utiliser un back office spécifique aux live, qui étaient des modules javascript assez pénibles. A l'époque, il y avait les chats du Monde.fr ou de 20minutes.fr où l'on utilisait des technologies pour faire du temps réel, mais elle était peu employée ailleurs et pas pour faire des suivis d'actus", me raconte Samuel Laurent. CoverItLive, l'outil maintenant utilisé par la majorité des rédacs pour monter des "live", n'existait alors pas.

Après 20minutes.fr, LeFigaro, puis leMonde.fr, d'autres médias en ligne l'ont adopté. Marianne2.fr (par exemple ici pour les Européennes de juin 2009 - où l'on observe que le live n'est pas ouvert aux commentaires extérieurs)

Sport, TV réalité, politique...

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Les thèmes concernés ? Depuis quelques années, progressivement, 20minutes.fr l'a étendu à divers sujets: du sport à des actus politiques, en passant par l'international, et bien sûr des émissions de télé-réalité trash. Le Figaro.fr, lui, s'est toujours cantonné à l'actu sportive. En 2006, c'est à la faveur du rachat du site Sport24.fr que le groupe Figaro y a lancé ses premiers lives sport.

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Chez 20minutes.fr, le sport s'imposait d'emblée: c'est l'un des thèmes qui génère le plus d'audience sur le site d'informations de 20 Minutes (à côté des sujets people, télé, et des faits divers). Durant des matchs-clés (de foot et rugby essentiellement, mais le basket et le tennis s'y prêtent aussi bien), un des journalistes du service sport, devant son ordi, et en regardant la rediffusion en direct à la télé, devient commentateur sportif sur le web. Après avoir publié un avant-papier pour annoncer l'événement, et un chapo d'introduction, il se lance dans le live, racontant en direct le match, les passes de balles entre tel et tel joueur, les réactions du public... Sans manquer d'y ajouter ses émotions, retranscrites dans le texte, ou via une typographie ad hoc (typo couleurs par exemple).

Le genre est prisé des services sports depuis belle lurette, comme le décryptent Florian Vautrin et Laure Gamaury sur Journalismes.info : "Le principal site généraliste sportif, lequipe.fr, utilise ce procédé quotidiennement pour éviter la diffusion en streaming qui est très coûteuse. Mais il n’est pas le seul à s’être lancé dans l’aventure : notons football 365, France football, rugbyrama, etc. C’est le cas également du site eurosport.fr".

Durant le Mondial de foot en été 2010, 20minutes.fr avait imaginé des compléments à ce dispositif. Notamment en faisant venir des invités de marque pour commenter certains matches: j'ai vu passer des journalistes spécialisés qui venaient commenter un live avec leur propre regard, mais aussi des people ou politiques footeux, comme Jean-Paul Huchon.

20minutes.fr a également testé, très tôt, les live des émissions de télé-réalité. Logique: le genre était en pleine éclosion sur les chaines de télé. Et c'est l'occasion rêvée de traiter du people trashy, gros vecteur d'audience pour le site d'infos généralistes. Là, on demande au journaliste - pas forcément spécialisé en médias, mais doté d'un semblant de culture télé - de commenter en direct le déroulement de l'émission, les personnalités des participants à l'émission. Pas besoin d'analyse pointue, juste du commentaire léger et déconnant, pour être dans le même mood que l'internaute...

Le format se prête aussi très bien à la couverture d'événements politiques: soirées électorales, discours, meetings, émissions politiques... "Le format est très efficace pour une soirée électorale, il permet de suivre le fil des déclarations, réactions, chiffres qui tombent de toute la France... Pour une émission ou une interview présidentielle, par exemple, on tente généralement de fournir à la fois le verbatim des propos tenus et de décrypter rapidement, de vérifier les chiffres donnés, de fournir du contexte à telle ou telle annonce... En politique aussi, la participation de l'audience fait l'essentiel de la richesse du live. D'une part elle peut elle aussi apporter des précisions ou du contexte, d'autre part elle peut réagir et nous poser des questions", estime Samuel Laurent.

"Journalisme de bureau"

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James Nachtwey; photoreporter

La quintessence du journalisme web: ce format permet de restituer de manière incroyablement vivante un événement, une actualité immédiate, de le faire vivre à l'internaute, avec offrant une grande variété de registres, entre info factuelle et commentaire (sérieux ou total déconnant, selon le sujet traité.

A défaut de voir le grand reporter sur une zone de conflits raconter, images à l'appui, sur une chaîne de télé, ce qui se passe, l'internaute peut "vivre" l'info en direct, poser des questions au journaliste, qui lui apportera ses infos et son expertise sur le sujet. Cet exercice journalistique requiert des compétences d'un nouveau type du côté du journaliste: ultra-réactivité, bonne expertise sur son sujet (du moins dans le cas d'actus pointues: actu internationale, politiques, ou encore scientifique dans le cas de Fukushima) pour pouvoir répondre en temps réel aux questions des internautes, et aussi capacité à adapter son ton (son "angle" dans un sens) au ton de l'actu commentée - et des internautes.

Accessoirement, il consacre le "journalisme de bureau" qui se pratique de plus en plus dans les rédactions, par économie, et pour faire face aux manques d'effectifs. Dans certains cas, le journaliste "live" parfois en direct depuis l'événement (conférence de presse, Assemblée Nationale...), mais dans les effets, en général, grâce aux diffusions télé en direct (surtout sur les chaînes d'information), il "live" souvent depuis son bureau, en regardant le direct depuis un des écrans télé disséminés dans la rédaction. Revers de la médaille, l'info risque d'y être schématisée, à du consommable, de l'écume, au détriment de l'analyse.

Autre grain de sable, un tel dispositif qui met l'accent sur le caractère exceptionnel de ces actus, les met en scène, crée la surenchère dramatique (par rapport aux autres médias), leur donne un côté (trop ?) spectaculaire.

dimanche 6 septembre 2009

(La couv' de la semaine - 2) Le nouveau Libé, la Une de demain

Libe nvlle formule

Une couv' un peu déstabilisante, avec, en quelque sorte, de multiples Unes par ce système de trois bandeaux horizontaux, très graphiques.

Demain, donc,viendra la nouvelle formule de Libé, où la partie magazine sera renforcée (notamment la page "Vous" et la rubrique "Rebonds"), une partie magazine supplémentaire, sous forme d'un supplément agrafé, qui s'ajoutera au tout chaque samedi...

Et surtout une nouvelle stratégie sur Internet, avec le grand retour du "premium" (on se souvient des débats sur le sujet au début des années 2000), avec des formules payantes (6 € ou 12 € par mois) sur le site, pour pouvoir consulter le journal en ligne dès le matin et accéder aux 36 ans d'archives du journal. Interactivité oblige, il sera possible d'assister en direct à la réalisation en direct du quotidien dès 20 heures. Autre innovation, la consultation en avant-première, à 22h30, de contenus du journal du lendemain prépubliés.

Libération ouvre le feu pour une nouvelle bataille à laquelle se préparent tous les éditeurs web : ces fameux contenus premium. Le Figaro inaugure une nouvelle formule de son journal courant septembre, et lui aussi, des contenus payants sur son site début 2010. De même, mon employeur, le groupe Express-Roularta annonce des contenus payants pour le site L'Express.fr début 2010. A suivre !

mardi 3 mars 2009

Le Figaro se dote d'un community manager

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Eh oui, vous avez bien lu : Le Figaro, qui a une stratégie très ambitieuse de développement de sa communauté de lecteurs via son réseau social MonFigaro, dont je parlais , vient de recruter son community manager, Antoine Daccord. Son job : rattaché à Thomas Doduik, directeur des opérations du Figaro.fr, il va animer la plateforme "Mon Figaro", et en piloter les prochaines évolutions en termes de contenus, d'usages et de fonctionnalités techniques.

Ce nouveau métier est apparu il y a à peine un an en France : il désigne quelqu'un étant à la fois homme de réseaux (en ligne), communicant, blogueur averti, veilleur en ligne, webmaster (et j'en oublie...) ; bref, qui est chargé de porter la bonne parole d'une marque dans la blogosphère et les forums. Un de ces "nouveaux métiers de la communication à l'heure des médias sociaux", défini sur ce blog US en novembre 2007, et pour lequel PR2Peer avait défriché le terrain dans ce billet l'année dernière. Je l'évoquais moi-même dans cet article des Echos sur la gestion de réputation numérique d'une entreprise.

En fait, comme le relève cet intéressant article,

" Il s'agit d'un professionnel multi-facettes, à l'aise avec tout ce qui touche au support client, aux services business, à la documentation et au journalisme, capable à la fois de comprendre les besoins techniques des différents services internes (production, marketing) et ceux de la communauté externe (clients, curieux, internautes influents...) et de faire le lien entre ces deux univers. Cette fonction hybride, plutôt complexe, pourrait prendre une importance croissante dans les années à venir, au point de devenir un poste aussi indispensable au sein des entreprises qu'une solide équipe technique ou une direction marketing groupe. A une nuance près : la fonction demande un tel doigté que la personne qui l'assume est en permanence sur un siège éjectable."

Là, ce qu'il y a de nouveau, c'est que ce n'est pas une SSII, une start-up, un YouTube, un Monster ou un eBay qui revendique cette nouvelle recrue, mais un média classique, qui tente de s'approprier les aspects communautaires du Web. L'expérience est intéressante. Dans d'autres media, on voit des journalistes animer un blog, une plateforme de blogs externes, un fil Twitter pour leur canard (comme l'auteure modeste de ces lignes... Je vous renvoie par exemple vers ce fil Twitter que je viens de lancer pour L'Entreprise).

màj le 12 mars : L'Express.fr se dote à son tour d'un community manager, comme l'explique Eric Mettout . Un nouveau métier qui va se développer au sein des différents media ?

jeudi 1 janvier 2009

Le Figaro se lance dans la VOD en acquérant Vodeo.tv

Autre nouvelle pierre dans la stratégie de diversification 2.0 du Figaro, esquissée avec le lancement de son espace communautaire, et de la diversification de ses activités (avec le rachat de plusieurs sites tels que Ticketac.com), dont je parlais , le quotidien a annoncé fin décembre le rachat de Vodeo.tv, via The SkreenHouse Factory, sa filiale dédiée aux développements numériques liés à l'audiovisuel. Plus précisément, il a racheté la Banque Audiovisuelle, entreprise qui édite le service de vidéo à la demande Vodeo.tv.

A la clé pour le Figaro, la plateforme Vodeo.tv dispose d'un catalogue d'environ 4500 contenus. Et lui permettra d'accélérer sa mutation vers la vidéo en ligne, et d'enrichir ses différents sites de contenus vidéo accessibles à la demande. Clairement, il s’agira ainsi de proposer ces contenus de qualité aux 10 millions de visiteurs uniques que comptent les sites du Figaro chaque mois. "C'est un nouveau modèle économique qui vient compléter les revenus tirés de la publicité et du commerce en ligne", indiquait aussi le quotidien. Une manière, aussi, de tenter d'anticiper les craintes d’une année 2009 délicate pour les revenus publicitaires sur le web...

lundi 15 décembre 2008

Le Figaro ouvre son réseau social, "Mon Figaro"

Comme je l'annonçais dans ce billet le mois dernier, ça y est, Le Figaro est le premier quotidien français à lancer son réseau social en ligne, dans la lignée du Wall Street Journal, qui a lancé le sien en septembre. "Lefigaro.fr se transforme en site communautaire", proclame fièrement le quotidien dans cet article. Sur Mon Figaro, l'internaute peut créer en quelques secondes son profil, sur lequel il peut partager ses articles préférés et ses commentaires aux articles du site, et entrer en contact avec d'autres, en devenant "favoris" ou "fans" d'autres membres.

dimanche 7 décembre 2008

Les Français vont-ils continuer à consommer high tech en cette fin d'année ?

couv Fig high tech

La question mérite d'être posée, alors qu'avec la crise économique et financière, les Français rognent leurs dépenses depuis septembre. Cela va très probablement se répercuter sur leurs achats en vue des fêtes de fin d'année. Je me posais la question pour les produits high tech, qui est devenu ces dernières années un des postes principaux de dépenses pour les Français pour leurs cadeaux de fin d'année. J'ai collaboré au supplément high tech du Figaro, Désirs numériques, paru le 27 novembre - un hors-série qui passe en revue les dernières nouveautés, tant en produits qu'en usages. J'y ai fait un focus sur le nomadisme urbain (article accessible ). Un supplément que les quotidiens et hebdos publient traditionnellement en fin d'année, un peu avant les fêtes. Bref, un supplément qui incite les lecteurs à consommer ;).

Les consommateurs vont-ils aussi se serrer la ceinture pour offrir des cadeaux à leurs proches en cette fin d'année ? Pas si sûr... Un de mes frères me disait dernièrement que le "sentiment de crise" présent chez les Français (y compris ceux qui n'ont pas été dramatiquement affectés, pour leur emploi par exemple) est aussi psychologique, et que les médias en sont probablement responsables... Il n'a probablement pas totalement en la matière. Peut-être que dans ce contexte morose, les consommateurs vont être repris, au moins temporairement, par une frénésie d'achats - un exutoire, une manière de dire F**k la crise. Peut-être même que l'on achète davantage de produits high-tech, comme les PC, les baladeurs numériques ou les consoles de jeux : de fait, dans une étude récente, l'Association américaine des produits électroniques de grande consommation (CEA) affirmait que la crise économique pousse les consommateurs à rester chez eux pour faire joujou avec leurs nouvelles acquisitions. Les ventes de télévisions à écran plat ont progressé de 40% en un an, et les fabricants de jeux vidéos prévoient des ventes supérieures à celles de l'an dernier pour les fêtes de fin d'année.

A voir si cela est vrai en France, où selon une étude de Médiamétrie, les Français dépensent en moyenne 2 270 euros par an dans les nouvelles technologies et les médias (presse, cinéma, musique), hors redevance audiovisuelle. Retour sur cela début 2009...