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vendredi 24 juillet 2009

La fin pour l'agence photo Gamma, quel avenir pour le photojournalisme ?

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Ce fut une des plus prestigieuses agences de photojournalisme, cofondée par Raymond Depardon, qui a vu passer dans ses rangs des photographes tels que William Carel, Gilles Caron, Françoise Demulder et Sebastiao Salgado. Pourtant, Gamma déposerait le bilan le 30 juillet, annonçait Rue89 hier soir.

La fin pour une des plus prestigieuses agences, qui avait déjà connu des évolutions inquiétantes ces dernières années, comme l'a montré son rachat en 2006 à Hachette Fillipachi Médias (groupe Lagardère) par Eyedea, filiale du fonds d'investissement Green Recovery. Ce dernier, qui possède aussi notamment l'agence Rapho et l'important fonds Keystone, aurait d'emblée cherché à la couler, laisse fortement entendre l'article de Rue89.

Auparavant, ses dirigeants auraient fait des erreurs monumentales, comme laisser partir l'année dernière Elodie Grégoire, une de leurs dernières signatures, qui suivait Nicolas Sarkozy depuis des années (comme j'en parlais ).

Mais de fait, avec 55 photographes licenciés dans le cadre de cette opération de dépôt de bilan, Eyedea n'y perd pas grand-chose, si ce n'est couler Gamma. Avec cynisme : "ce n’est qu’une identité sur trois qui dépose le bilan et un bon moyen pour eux de licencier 55 personnes en ne donnant que 35 000 euros par personne", me faisait remarquer par mail ce matin, fataliste et réaliste, un confrère, (talentueux) photographe de presse.

Sans baigner dans une nostalgie désuète, le dépôt de bilan de Gamma constitue une nouvelle étape, hélas, dans la disparition plus ou moins annoncée des agences de photojournalisme à l'ancienne, à l'ère d'Internet et de la suprématie des agences filaires telles que Reuters, AP ou l'AFP. Déjà en 2001/2002, le sujet commençait à faire débat, je me souviens avoir écrit des papiers pour Les Echos (par exemple , ou encore à propos de National Geographic... ) sur comment Internet bouleversait le modèle des agences classiques : Bill Gates rachetait l'agence Corbis en rêvant de numériser tous ses fonds d'archives, et en misant sur la vente de photos d'actualité, d'illustration et d'archives via Internet.

Et encore, phénomène qui s'accentue avec la crise, les agences filaires sont obligées de consentir de fortes réductions sur leurs tarifs d'abonnements aux flux de dépêches auprès de leurs clients (les groupes de presse) pour être sûres de conserver ces clients...

Je ne sais pas si les agences 'alternatives' lancées ces dernières années par des grandes signatures, comme l'agence VII, lancée en 2001, ou encore l'agence Noor, lancée en 2007, pourront assurer la relève en termes de vrai photojournalisme.

Cette année, je serai très probablement au festival de photojournalisme Visa pour l'image de Perpignan, début septembre, où le climat sera sans doute assez particulier. Faites-moi signe si vous y venez...

dimanche 9 septembre 2007

Noor, une nouvelle agence photo

C'est au festival Visa pour l'image de Perpignan, l'évènement annuel pour les photojournalistes, qu'a été annoncée la création d'une nouvelle agence photo, Noor ("lumière" en arabe).

L'agence, basée à Amsterdam, est née de neuf pointures du photojournalisme, avec pour initiateur le photographe américain Stanley Greene, qui a couvert tous les grands conflits récents ou actuels (Tchétchénie, Soudan, Bosnie) et lauréat de trois World Press Photo. L'agence Noor (site officiel ) compte aussi l'Italien Francesco Zizola, un autre habitué des prix, l'Anglais Philip Blenkinsop, le Néerlandais Kadir van Lohuizen, l'Espagnol Pep Bonet, le Russe Yuri Kozyrev, le Danois Jan Grarup, la Sud-Africaine Jodi Bieber et l'Américaine Samantha Appleton.

"Selon ses membres, Noor veut reprendre la grande tradition des agences comme Magnum pour que ses photographes puissent aller "jusqu'au bout de leur projets, revenir aux véritables essais photographiques", d'après cette dépêche AFP.

Une bonne surprise ? Le paysage des agences photo est assez bouleversé depuis quelques années, entre le difficile passage au numérique, et la concurrence entre les agences photo traditionnelles (comme Rapho, Magnum, ou Corbis-Sygma, rachetée par Bill Gates, très motivé par le fond d'archives qu'elle détenait), et les agences photo "filaires" telles que Reuters et l'AFP (soit les départements photo des agences de presse). Les premières tentent de faire survivre les reportages photo, quand les secondes travaillent davantage dans une optique de couvrir l'actualité immédiate.

Déjà lors du festival de Perpignan en 2001, des photojournalistes ,dont James Nachtwey (ex-Magnum) et Alexandra Boulat (ex-Sipa), avaient annoncé la création de leur agence, l'agence photo Seven (VII, dont le site est ). J'y avais alors consacré un article pour "Les Echos". Leur business model ? Disséminés dans différentes villes du monde, les photographes numérisent les sélections de leurs photos, pour réduire les frais de gestion et d'archivage. Les clients font leur choix via un moteur de recherche (géré initialement par Metro Imaging. L'agence VII avait réalisé son premier "coup" lors des évènements du 11 septembre, qui avaient fait l'objet d'un numéro spécial de Paris-Match.

Reste à voir si Noor suivra le même modèle économique... et parviendra à le rentabiliser.