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jeudi 18 février 2010

Web-documentaires : c'est parti !

webdocchine.JPG

J'en parlais il y a quelques temps dans ce billet : ces web-documentaires, qui mêlent photo, texte, sons, voire géolocalisation et blog, sont promis à un certain avenir. Ils constituent une nouvelle forme d'écriture journalistique, un pendant web du docu télé avec une dose d'interactivité.

C'est encore un format naissant, mais 2010 sera l'année de la véritable naissance du web-docu. La 5 a inauguré cette semaine, le 15 février, un portail Internet, et une nouvelle série web-documentaire intitulée "Portraits d'un Nouveau Monde". Une série financée par le groupe France Télévisions (auquel appartient France 5) à hauteur de 360 000 €.

Elle proposera tous les deux mois, durant l'année, quatre web-docus sur le site de la "chaîne verte", afin de proposer des histoires singulières sur des personnes ou des lieux, et de mieux cerner les enjeux du XXIe siècle. A chaque parution de ce volet de 24 reportages, un thème global est proposé : avec d'abord pour thème la Chine, puis s'ensuivront l'émigration, l'urbanisation, l'économie, l'écologie et le vivre ensemble.

Le reportage "Chine : superpuissance... à tout prix" propose notamment un reportage sur les concubines, ces "secondes épouses" cachées, dont l'histoire de Xiang Mengfei, devenue très populaire sur le Net chinois. Un autre web-docu' alerte sur les différents aspects du bouleversement écologique frappant le nord du pays.

Dans ces premiers web-reportages, on retrouve des signatures connues de la télé, la presse écrite ou la photo, comme la journaliste Elsa Feyner, Benoît Aquin... Les premières impressions : finalement, on n'est pas très loin du reportage télé, si ce n'est que l'on peut interagir en parcourant le docu par chapitres (bien pratique les balises...).

Sur son site, France 5 met en avant l'aspect communautaire de ses web-reportages, en incitant les internautes à laisser des commentaires et contributions. Quant aux auteurs des web-docs, ils peuvent créer leur espace professionnel en ligne pour enrichir leur programme avec des bonus, des notes d’intention, des bandes-annonces, des pépites non montées, l’interview du réalisateur ou du producteur…

Et à mon avis, ce n'est pas fini : LeMonde.fr et Arte, notamment, avaient ouvert le feu l'an dernier. Déjà, Arte Reportage signe cette année un web-documentaire sur l’Afrique indépendante, signale Afrik.com. Les écoles de journalisme commencent à monter des projets avec leurs étudiants, et les médias s'y penchent de très près. Car si l'audience sera, dans un premier temps, confidentielle, le retour sur image sera garanti ;).

dimanche 29 novembre 2009

Le web-documentaire, nouvelle forme de récit journalistique

C'est sans doute un des formats journalistiques les plus prometteurs pour la presse en ligne de demain, et les plus excitants, en terme d'exercice journalistique, pour les journalistes. Le web-documentaire,qui mêle photo (sous forme de portfolio en ligne par exemple), son (audio), vidéo, et bien sûr écrit, voire accompagné d'un blog, est une forme de documentaire, donc de récit journalistique, qui exploite simultanément plusieurs ressources propres au web.

Premiers web-docus, Visa pour l'image...

Le premier, en France, qui avait fait parler de ce nouveau format était LeMonde.fr, avec "Le corps Incarcéré", sur la vie en prison en France. L'idée : on a un documentaire de 15 minutes (une durée très longue pour le web), séquencé par des tags (mots-clés) qui permettent au lecteur-internaute de s'orienter, voire d'aller directement à la séquence qui l'intéresse.

Lecorpsincarcere.JPG "Le corps incarcéré"

Cette année, le web-journalisme a fait une incursion remarquée au festival Visa pour l'image de Perpignan (où "Le corps incarcéré" a été primé : une forme de consécration, qui le situe donc à la lisière du reportage et du photojournalisme. Puis au Festival européen Les 4 écrans, qui se tenait la semaine dernière à Paris, chapeauté par l'agence Capa (dont on imagine bien, comme beaucoup de sociétés de prod' classiques, qu'elle va chercher à se positionner sur ce nouveau créneau).

PrisonValley.JPG "Prison Valley"

Les premiers web-docus ? L'un des plus attendus pour 2010 en France est "Prison Valley", un webdoc dans le couloir de la mort. "Prison Valley", co-produit par Arte.tv et Upian.com, passe au crible l'"industrie carcérale" aux Etats-Unis. Réalisé par les journalistes David Dufresne et Philippe Brault, ce docu multimédia nous entraîne dans les couloirs d'un complexe carcéral du Colorado constitué de 13 prisons, dont Supermax. A la clé, un budget de 200 000 €... et donc similaire à celui d'un docu télé classique. Un site trailer (ici, donc) et une bande-annonce en présentent déjà un avant-goût.

On devrait aussi voir arriver un web-doc sur les 25 ans de Tchernobyl, "Pripyat" (voir le blog dédié), réalisé par Bruno Masi, ancien journaliste de Libération, et le photographe Guillaume Herbaut.

Précédents

Comme le rappelle ce bon papier de L'Express, quelques web-docus ont déjà été tournés. On peut déjà voir aussi "La Cité des mortes", une enquête sur la disparition de femmes à Ciudad Juarez, au Mexique, produit en 2005 (mais pourquoi n'en n'avait-on pas parlé avant ?) par l'agence Upian.com. Outre le docu en ligne, on peut accéder à une carte interactive de Ciudad Juarez, des fiches sur les protagonistes... A signaler aussi, cet autre web-docu du Monde.fr (je suis jalouse de leur avancée dans ce domaine...), "Voyage au bout du charbon", d'Abel Ségrétin et du photographe Samuel Bollendorff (2007), qui porte sur les conditions de travail des gueules noires dans les mines chinoises.

Outre-Atlantique, je porte votre attention sur" In Shadows", un web-documentaire qui se penche sur un sujet délicat, les maladies mentales. Un docu tourné par Chris Carmichael , ancien étudiant en photojournalisme devenu journaliste multimédia complet, qui maîtrise les outils de la vidéo, le son et le web-design. Sur son site, e vous invité à découvrir ses micro-reportages (en anglais). Dont le dernier en date, In Shadows, qui traite des maladies mentales, un sujet lourd qui concerne une famille sur cinq aux Etats-Unis. Le reportage, tourné en Caroline du Nord, montre le supplice des familles concernées par cette maladie face à un système de santé inadapté.

Un modèle économique ?

Le web-documentaire est, à mon sens, un des formats les plus prometteurs pour exercer un journalisme haut de gamme sur la Toile, et proposer des sujets de fond. A l'instar de ce que tente LeMonde.fr, je rêve que l'on puisse proposer un jour, au sein du groupe de presse où je travaille, des docus similaires. Pourquoi ne pas imaginer, en éco, un portrait de boîte, de créateur d'entreprise, ou encore le process d'un produit (de sa fabrication à sa vente) retracés par ce biais ?

Reste la question qui tue : quel business model derrière ? Comme le souligne L'Express, les réalisateurs de ces docus d'un nouveau genre rêvent parfois qu'ils soient ensuite adaptés... pour la télé. Ce qui leur apporterait une visibilité et une audience plus fortes. Certains docus, comme "Prison Valley", bénéficient de subventions du CNC comme pour des docus classiques. C'est un début. Mais ensuite, il faudra forcément greffer de la pub au début ou à la fin de ces web-docus (comme c'est déjà le cas pour les vidéos sur Dailymotion ou de Wat.tv). Ou encore les rendre accessibles selon un modèle payant, à l'unité ou sur abonnement. Mais même pour des contenus interactifs haut de gamme, il n'est pas sûr que l'internaute, déjà (trop) habitué à l'info gratuite, accepte de payer...

dimanche 3 juin 2007

Le Monde : Minc et Colombani cloués au pilori par l'ancien directeur adjoint de la rédaction

La version online a été transmise via ce billet de Guy Birenbaum, l'entretien du journaliste Laurent Mauduit paru dans le même n° des"Inrockuptibles" que je cite dans mon billet précédent (non non, je ne travaille pas pour eux ;-) sur les dessous de son ancien employeur, "Le Monde", est assez édifiant. Alors que les journalistes de l'ex-"journal de référence'" ont refusé de renouveler leur confiance à Jean-Marie Colombani pour un troisième mandat de président du directoire le 22 mai dernier, Laurent Mauduit se lâche, notamment sur le rôle d'Alain Minc... C'est à lire .