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Tag - Blade Runner

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mercredi 30 mai 2012

Prometheus: SF métaphysique, multiplication des écrans

C'était un des films de science-fiction les plus attendus de l'année, réalisé par un des maîtres du genre, Ridley Scott, pour lequel c'était le premier retour à la SF depuis 1982 (année de sortie de Blade Runner), et son coup d'essai en 3D. Film d'autant plus attendu que la culture SF semblait muséifiée, en recul au cinéma ces dernières années, comme j'en parlais dans ce billet l'an dernier (repris chez Owni). Ridley Scott est donc revenu à la SF avec Prometheus, prologue (ou prequel) à la série (saga?) culte des Alien. Un film - blockbuster à gros budget, avec une véritable machine de guerre marketing, décryptée ici-20120529--14358774@207149190-20120529203749] par L'Expansion.

Un prequel - genèse, avec les premières minutes du film une genèse de la créature, de l'existence de l'homme sur Terre, qui aborde des thèmes métaphysiques classiques en science-fiction, les origines de l'homme et l'évolution de la condition humaine, autour du mythe de Prométhée, rebelle chassé de l'Olympe et condamné à se faire dévorer quotidiennement le foie par un aigle, après avoir volé le feu aux dieux au profit des humains.

Pour résumer l'histoire donc, elle se déroule dans les années 2090, soit avant l'action des Alien (le premier se passe en 2122) - donc on connaît déjà la suite, la substance. Suite à la découverte de pictogrammes formant une carte spatiale, avec un astre inconnu, un vaisseau (Prometheus) se lance à sa recherche. Avec à bord, notamment, des scientifiques idéalistes, Meredith Vickers, la blonde glacée qui pilote l'expédition (Charlize Theron), un vieil homme en quête d’immortalité (Guy Pearce), ou encore David, un majordome-androïde ambigü à souhait (Michael Fassbender). Ils vont découvrir les vestiges d’une civilisation éteinte de géants - référence au mythe de Golem - dans un univers qui n'est pas sans rappeler celui d'Enki Bilal. De fil en aiguille, Ridley Scott raccorde plutôt habilement son récit à la suite annoncée des Alien.

Je passe sur l'accueil mitigé qu'a reçu ce film, tant à cause des faiblesses du scénario que le côté trop "blockbuster" du film, et des personnages trop peu épais, bien loin de la subtilité dont Ridley Scott a fait preuve dans ses films précédents, comme Blade Runner.

Robot teinté d'humanité

Pourtant, le film accomplit presque sa mission, en effleurant les classiques propres à la science-fiction, entre métaphysique, questionnements sur le genre humain et sur ses excès. Son personnage le plus intéressant est sans doute le robot androïde, complexe, trouble, qui a des soupçons d'humanité: il use de la ruse, du double jeu (on découvrira plus tard dans le film qui est son véritable commanditaire), et de l'ambiguïté sur son statut. Lorsqu’il dit à la scientifique (Naomi Rapace) "Parfois, on aimerait tuer son créateur" et qu'il aura sans doute "sa liberté" suite à l'expédition, toute l'ambiguïté est là. Il semble presque vouloir ressembler à ses créateurs. Il cherche même à négocier, à la fin du film, pour de ruse dans le film pour sauver sa peau (comme le ferait un humain...), demandant par exemple à l'une des protagonistes de la secourir, en lui promettant en échange de lui trouver un vaisseau sur la planète. Troublante aussi, cette scène, ou David se regarde dans un miroir et se recoiffe - comme le ferait machinalement un humain...

Un véritable personnage qui aurait un caractère presque... humain, lointain cousin du non moins complexe Répliquant Roy de Blade Runner (séquence piquée dans ce billet chez Jean-Christophe Féraud).

Foisonnement d'écrans, mise en abyme de l'image

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Dans des décors époustouflants créés par l'artiste suisse H.R. Giger (il a déjà travaillé sur Alien), qui encore une fois, me rappellent l'univers visuel d'Enki Bilal, un de mes auteurs préférés de BD de science-fiction, on est dans des paysages lunaires, aux couleurs sombres et froides, et quelques éléments lumineux, tels cette multitude d'écrans et d'hologrammes.

Surtout, Ridley Scott s'essaie donc à la 3D. Il en use avec parcimonie, sans abuser des effets de relief à répétition sur les premiers plans. La 3D est utilisée de manière naturelle et discrète, tout pour juste pour quelques effets de relief en avant-plan de certaines scènes, ou pour ces fascinantes séquences de fantômes entourés d'une bruine, qui semble nous arriver sur le visage durant le film.

Et, dans un vertigineux exercice de mise en abîme, le cinéaste met en scène les écrans du futur. Comme dans tout film d'anticipation, il part de nouvelles formes d'usage pour imaginer comment les technologies se seront installées dans notre quotidien. Et il s'amuse donc à mettre en scène un foisonnement d'écrans, omniprésents dans chaque plan : on retrouve bien sûr les hologrammes, des classiques de la SF depuis La guerre des étoiles... Des hologrammes qui lui permettent de mettre en scène des écosystèmes complexes de planètes en 4D, ou encore des hologrammes que les personnages peuvent activer instantanément, par exemple à partir d'une tablette tactile, ou encore d'un surprenant Rubik's cube futuriste.

On y voit aussi les personnages utiliser des tablettes tactiles basées sur des supports translucides, ou encore afficher des écrans virtuels grand format. Même la très "robotique" Meredith Vickers a un écran virtuel géant au fond de son appartement, sur lequel elle alterne différents "fonds d'écrans", comme un champ de blé. Une mise en abyme aussi, lorsque David, dont on découvrira ensuite qu'il est androïde, fait défiler les images de la mémoire d'un personnage "endormi" en cryogénisation - des images aux couleurs passées, qui semblent s'afficher sur un vieux téléviseur.

dimanche 12 février 2012

"Siri (Angie/ Vlingo), commande-moi une pizza..."

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Zapper d'une chaîne à l'autre sur son téléviseur, lancer une recherche de fichier Word sur son ordinateur, émettre un appel, dicter et envoyer un e-mail, commander une pizza... Juste par la voix, en quelque sorte en passant un ordre à son téléviseur, son ordinateur ou son smartphone, sans toucher un clavier ou même effleurer un écran. J'en parlais en fin d'année dernière, et en début d'année dans cette enquête pour Stratégies, la commande vocale est une des innovations les plus importantes de ces derniers mois, au point qu'elle pourrait révolutionner nos usages, notre rapport aux machines ces prochaines années. Une nouvelle révolution, après celle du tactile, initiée avec le premier iPhone, et du pilotage par la gestuelle, lancé avec la Kinect de Microsoft. Concrètement, elle permet de donner des instructions à une machine par la voix, étant parfois couplée à la reconnaissance de mouvements.

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Le téléviseur à agrandisseur intégré piloté par commande vocale dans Blade Runner, Ridley Scott, 1982

Une technologie qui pourrait, à moyen terme, entraîner la disparition des claviers, télécommandes et joysticks, ces interfaces et outils qui permettent d'interagir avec une machine. Cette image de l'ordinateur sans clavier ni souris, fantasme classique des films de science-fiction (on en a une vision fugace dans Blade Runner de Ridley Scott, ou encore dans IA - Intelligence Artificielle de Steven Spielberg), pourrait bientôt devenir réalité...

C'est Apple qui a rendu désirable cette étrange pratique, avec une des dernières petites bombes (à retardement) concoctées par Steve Jobs avant son décès: Siri, implanté sur l'iPhone 4S en octobre dernier, qui permet à l'utilisateur de "dialoguer" en langage naturel – autrement dit par phrases entières – pour lui demander d'effectuer toutes sortes de tâches. Apple a rendu cette nouvelle pratique "désirable" auprès du consommateur lambda à forcé de spots publicitaires, mettant bien en scène, et de manière très rassurante, comment cet outil pouvait lui faciliter le quotidien.

Preuve que ce système de commande vocale se popularise - pour l'instant - sur ce segment très précis des smartphones, les autres constructeurs sont en train de dégainer, les uns après les autres, leurs propres applications de commande vocale, sur leurs AppStores. Certes, Google a tiré le premier, avant Apple, avec Vlingo pour Android, proposé en France en septembre dernier.

Google travaillerait sur un service Siri-like, sous le nom de code "Majel". L'éditeur de logiciels de reconnaissance vocale Nuance, qui a lancé en juillet 2011, aux US Dragon Go, une application pour iPhone dotée d'une technologie de recherche en langage naturel, annonçait fin décembre dernier le rachat de Vlingo. Enfin, la start-up française xBrainsoft, que j'évoque dans mon enquête, annonçait cette semaine aux TechDays de Microsoft le lancement de son propre assistant vocal, Angie, disponible sur le marketplace du Windows Phone. Un kit de développement permettra aux geeks développer leur propre agent conversationnel.

Du téléphone aux ordinateurs, téléviseurs et consoles de jeux, il n'y a qu'un pas. Côté jeux d'abord: depuis le 7 décembre dernier, une mise à jour de la Kinect de Microsoft permet de piloter la console de jeux Xbox 360 par la voix. Certes, cela reste aléatoire, il faut prononcer des mots-clés (titres de jeux, rubriques du menu...), impossible d'émettre une demande en langage naturel. Mais c'est déjà un début. La commande vocale pourrait aussi remplacer la télécommande des téléviseurs. Il se murmure que Steve Jobs en a équipé la future Apple TV, annoncée pour fin 2012. En janvier, le constructeur sud-coréen dévoilait au CES de Las Vegas une nouvelle version de sa télécommande LG Magic Motion, dotée d'un micro.

Par la même occasion, la société Vlingo annonçait elle aussi lancer cette année un assistant personnel à commande vocale pour téléviseur. "Vous pouvez commander votre téléviseur, votre décodeur ou votre câble, tout en restant assis sur votre canapé, avec le simple contrôle de votre voix. Votre télé vous répondra avec son programme d'assistance vocale virtuelle: demandez ce que vous voulez et l'assitant cherchera ce que vous souhaitez. C'est comme le Siri d'Apple mais en mieux, pour votre téléviseur", expliquait alors Chris Barnett, vice-président de la start-up, annonçant des partenariats avec plusieurs constructeurs.

La semaine dernière encore, c'est le sud-coréen Sansung qui annonçait le lancement d'une nouvelle télécommande de Samsung (elle n'apparaîtra qu'avec les Smart TV qui sortiront dans le courant de l'année) à commande vocale.

RENOIR

Nao / Aldebaran Robotics

Bien sûr, rien ne dit que cette innovation de rupture entrera dans les usages. C'est socialement assez incongru de parler à son téléphone en permanence - imaginez la scène de chacun donnant des ordres à son téléphone dans le métro... Mais le phénomène est troublant. C'est la première fois que des constructeurs industrialisent des procédés permettant de donner des ordres à une machine, voire d'interagir avec elle. Ce sont les premières interfaces dotées d'intelligence artificielle - des capacités intellectuelles comparables à celles des êtres humains, telles que la mémorisation, l'apprentissage, et la capacité à imiter certains comportements humains. Une brèche est ouverte...

mercredi 26 mars 2008

Des robots (dotés d'émotion ?), le sexe en 2050...

AlligatorHorse

Francis Pisani consacre cet excellent billet aux dialogues virtuels via les dating services ( les sites de rencontres), qui aboutissent souvent (heureusement ?) à des rdv sexuels dans la vraie vie.

Le sujet me semble fascinant : est-ce que les robots seront entrés dans notre vie, d'ici 50 ans, à un point tel que l'on pourra en faire des objets sexuels, voire plus ? Dans ce long papier, assez intéressant, Le Monde aborde ce sujet. D'ici 2050, on aura atteint un niveau de perfection technologie et de réalisme pour les robots tel qu'ils seront bien plus que de simples poupées gonflables : les fabricants de love dolls rivalisent déjà d'ingéniosité pour donner à ces poupées de silicone grandeur nature, qui n'ont plus rien de "gonflables", l'apparence la plus réaliste.

C'est l'objet de la thèse de David Levy, chercheur britannique en intelligence artificielle. Consacrée à la "Relation intime avec un partenaire artificiel". De même, dans son livre, Love and Sex with Robots, il affirme qu'en 2050, les robots nous ressembleront tant, sur le plan physique et comportemental, que certains en tomberont amoureux et auront avec eux des relations sexuelles.

Pure science-fiction ? Déjà l'excellent film Blade Runner esquissait cette image de robots intelligents et dotés d'émotions. Et même, pour David Levy, les progrès rapides des recherches visant à doter ces machines de sentiments tels que l'empathie. L'expert en intelligence artificielle en est convaincu, la prochaine étape de leur développement sera de "répondre aux émotions d'une personne en émettant d'autres émotions, pour mieux interagir avec les humains".

D'ailleurs, le projet de recherche européen Feelix Growing vise à à élaborer des robots capables d'interagir avec les êtres humains et de ressentir des émotions. J'y avais consacré cette longue enquête dans les Echos Innov l'année dernière.

Existe-t-il une libido des robots ? L'année dernière, Michael Sullivan y a consacré un film au titre explicite, "Sex life of robots", pas encore sorti à ma connaissance. On y voit des androïdes de toutes sortes s’adonner de façon débridée aux plaisirs de la machine, dont une partie à trois en compagnie d’un cheval à tête d’alligator (sic). Trop choquant ? La bande-annonce, publiée dans un premier temps sur YouTube, a été retirée du site de partage de vidéos. On peut néanmoins encore voir sur le site de Wired cette galerie de photos extraites du film, que même le réalisateur juge "très déconcertantes". Et une sorte de mini-docu, . A vous de juger...