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dimanche 7 février 2010

Foursquare : vers les (vrais) débuts du Web social mobile à la sauce 2.0 ?

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Vous en avez sans doute entendu parler, de Foursquare, cette sorte de réseau social mobile, par lequel chaque membre s'auto-géolocalise à partir de son application iPhone (ou Blackberry, ou Android), pour dire où il est à l'instant T : pour signaler un lieu qu'il aime bien, pour suggérer à ses contacts membres du réseau à proximité de le rejoindre, ou... par simple narcissisme ;)

En avertissant de leur présence dans tel ou tel lieu, les internautes gagnent des points, des badges, et ils peuvent même devenir le Maire virtuel de la ville. Il s’agit en fait d’un réseau social qui permet de signaler à ses amis où on se trouve, de se créer une nouvelle communauté (plus axée sur la mobilité), tout en jouant. A noter que ce service a déjà été lancé dans plusieurs capitales.

En fait, il y a déjà eu quelques tentatives (plus ou moins réussies) de réseaux sociaux mobiles, parfois avec une dose de géolocalisation : avec par exemple Mobiluck, Brightkite, ou encore le réseau social de rencontres Yuback. Mais là, ce qu'il y a de nouveau, est que l'on y ajoute une "couche" de recommandation (donc de l'info à valeur ajoutée) apportée par le mobinaute.

Alors, qu'est-ce que ça vaut ? Les premiers retours parmi les twitterers que j'ai sondés (encore merci à eux :) sont... variés : "faut laisser un peu de temps" pour voir, estime @ZaraA. "Gadget", tranche @ivalerio. A l'inverse, "marrant, potentiel marketing énorme" pour @Delorme ; "dire où l'on est une forme de signal social correspondant à une usage déjà répandu" sur d'autres réseaux sociaux (comme Facebook et Twitter) pour @palpitt...

Nouvel Eldorado pour les marques

Dans quoi réside le vrai potentiel ? Sans doute, déjà, le système de "badges" mais surtout les "tips", ces bons plans signalés par Foursquare, qui vont des autres bonnes adresses du service similaires (resto japonais, bar...) à celle où s'est localisé l'internaute, aux réductions et autres happy hours offertes, comme par exemple ceci -(merci @xmoisant pour le screenshot) :

Forcément, cela fait déjà saliver les agences de pub et les marques : "l'engagement des lieux via de la publicité ou des tips est puissant (vu beaucoup d'informations) à Chicago", explique, toujours sur Twitter, @xmoisant. De fait, en proposant une réduc sur mesure aux connectés à Foursquare, rien de tel pour cibler une nouvelle clientèle...

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Source image : @xmoisant

D'ailleurs, comme le signale Kriisiis sur son blog, Foursquare permet aux entreprises (siège social, bar, resto...) de se géolocaliser d'elles-mêmes, pour permettre aux clients (potentiels) de les retrouver. Du me^me coup, elles se positionnent comme early adopters. Et, last but not least, elles peuvent y faire du marketing (très) ciblé, via l'API de Foursquare : "ce qui peut vous permettre de récupérer un grand nombre d’informations au sujet des « foursquare-users » qui visitent votre organisme. Quel trajet ont-ils fait avant et après leur passage chez vous ? Que visitent-ils, et donc, quels sont leurs centres d’intérêt ?...", précise Kriisiis.

Premières applis Foursquare customisées par des médias

Les médias commencent aussi à s'intéresser à cet outil de socialisation. Ca tombe bien, alors que tous cherchent à mettre une dose de Web communautaire, en ce moment, sur leurs sites. Le journal Metro du Canada a ainsi déjà noué, fin janvier, un partenariat avec la start-up new-yorkaise, me signale @eni_kao, pour ouvrir cette page co-brandée.

D'après le communiqué, Metro va ainsi ajouter son propre contenu éditorial au service de Foursquare, et ses services propres, comme un système d'alertes pour signaler aux membres d'autres membres à proximité. Une bonne manière pour Metro d'attirer la communauté de Foursquare :)

Mais comment rattacher cela à son activité première - le journalisme et l'actu ? L'argument est tout trouvé : "Metro has always offered readers the right information at the right time and place, and Foursquare lets us take that to the next level" ("Metro a toujours offert la bonne info au bon endroit, et Foursquare nous permet d'atteindre le niveau supérieur"), argumente Jodi Brown, directeur marketing et service Interactif de Metro Canada. mieux, Metro se lance du même coup dans les articles géolocalisés. Un exemple d'initiative à suivre...

mercredi 3 février 2010

Les Sarkozy font retirer de la Toile les Simpson à leur effigie ?

Incroyable mais vrai. J'ai failli en renverser mon café ce matin, en écoutant la chronique de Stéphane Guillon sur France Inter. Comme il l'annonçait, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni semblent bien avoir fait retirer d'Internet le fameux épisode des Simpson où ils figuraient en guest stars, bien malgré eux, comme j'en parlais dans ce billet. Un épisode créé pour les 20 ans des Simpson, qui a été diffusé le 18 novembre dernier sur la Fox.

On y voyait Carla incarnant la vamp française, en robe de soirée violette, et Sarkozy dans son bureau à l'Elysée, un camembert devant lui. Un rien cliché, pas forcément très flatteur pour le couple présidentiel (mais qui a accepté de se peopoliser dès le début, faut-il le rappeler...).Néanmoins, ce n'est qu'un dessin animé !

En parcourant la Toile, on s'aperçoit bien que ce fameux épisode en bel et bien, semble-g-il, été retiré des YouTube et autres Dailymotion. A la place de la vidéo que j'avais insérée, j'ai ainsi droit à cet avertissement : "Nous sommes désolés, ce contenu a été retiré pour cause de non-respect des conditions d'utilisation". Susceptibilité excessive ? En tous cas, mine de rien, il y a là une certaine atteinte à la liberté d'expression...

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Le dessin animé que vous ne trouverez plus sur le Net ?...

Màj: comme on me le signale ici (parfois par des commentaires bien peu amènes, mais passons...), le dessin animé semble pouvoir être retrouvé assez facilement sur la Toile. Bref, suis allée trop vite en besogne, mea culpa ;) Du coup, je me demande si Stéphane Guillon lui-même n'est pas allé un peu vite ?

dimanche 31 janvier 2010

Phonographe, 78 tours, 45 tours, cassette, CD, MP3... 100 ans de musique enregistrée

Cette semaine se clôturait à Cannes la 44ème édition du Midem, rencontre annuelle des professionnels de la musique et du disque. Rencontre professionnelle qui permet toujours de prendre le pouls d'un secteur économique - et de l'état de la création artistique qui en émane.Si, sur le second plan, la créativité des artistes n'a jamais donné lieu à autant de nouveaux-nés sur la scène musicale, sur le premier plan, clairement, l'industrie musicale ne se porte pas très bien. A voir, par exemple, les constats mitigés chez ElectronLibre et Slate.fr.

Le contexte est d'autant plus particulier que, on en a peu parlé, mais la musique enregistrée est centenaire ! Un siècle que se sont succédés différents supports : le phonographe de Thomas Edison en 1877, le gramophone à 78 tours par minute de l'Allemand Emile Berliner en 1887, le disque vinyle à microsillon à 331/3 tours par minute de Columbia en 1948, le vinyle à... 45 tours/minutes de RCA-Victor la me^me année (première guerre des formats !), la cassette audio dans les années 70, le premier CD (compact-disc) en 1982...

Des standards, des formats qui se succèdent, avec toujours les mêmes problématiques : comment trouver un support physique qui restitue le plus fidèlement possible le son initial, et soit le moins possible altéré par le temps ? Se succèdent aussi constamment la guerre des formats, les crises, la concentration des firmes musicales...

Mais dans les années 2000, une mutation de taille est apparue : Internet. Et l'émergence du format MP3. Pour la première fois, la musique a un support dématérialisé, abstrait. Lequel support - autre bouleversement - n'est pas un format initié et contrôlé par l'industrie phonographique. Les formats de fichiers numériques musicaux reproductibles permettent à tout un chacun de faire circuler sa musique, voire de s'autoproduire (avec les ordinateurs "multimédia" qui apparaissent alors), sans passer par le maillon traditionnel des maisons de disques.

Une problématique très bien résumée dans le livre d'Emmanuel Torregano (''Vive la crise du disque !'', ed. Les carnets de l'info, 21 €) : les acteurs de la musique ont eu beaucoup de mal à prendre le virage du numérique. Après des années 90 florissantes, où les revenus avaient été multipliés par quatre !

Avec des indices significatifs : en 2001, l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Angleterre étaient déjà en pleine crise du disque, les ventes plongeaient. Côté français, les ventes étaient soutenues par... les premières éditions de la Star Ac' et Pop Star, révèle Pascal Nègre, patron d'Universal France.

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D'où leurs tentatives de démultiplier les sources de revenus : plateformes de téléchargement, quitte à prendre des parts dans des sociétés de l'Internet, artistes parfois outrageusement porte-marques publicitaires, tournées aussi rentables que possible, voire concerts privés, plus-produits pour fans... Quitte à tenter de ressortir des supports vintage, comme le classique disque vinyle, que l'on vendra plus cher à un public averti (voir mon billet sur le sujet).

So, et maintenant ? La mission Zelnik a suggéré des pistes, diversement accueillies. Quelles pistes pour demain ? L'abonnement à une offre illimitée est souvent évoquée dans les discours qu’Emmanuel Torregano a retranscrits. Alors que la piste d'une "carte jeune" à 50 €, évoquée dans la mission Zelnik, fait son chemin.

Une chose set sûre : les artistes ne pourront plus penser la chronologie de leur production au rythme albums / tournées / compilations (so 80's...), mais autour de nouveaux modèles : coupler la vente sous deux formats différents (la vente de fichiers MP3 + CD; ou disques vinyles 'à haute valeur ajoutée' +MP3), la diffusion gratuite sur une plateforme payée par la publicité, des systèmes d'abonnements, les concerts (plus encore qu'avant)...

BD numériques lisibles sur iPhone (et bientôt sur iPad) à Angoulême

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Le Festival de Bande dessinée d'Angoulême se déroule cette année dans un contexte particulier : comme j'en parlais déjà l'an dernier dans ce billet et celui-ci, quelques start-ups commencent à s'associer des maisons d'édition pour lancer des "BD numériques", dont les planches sont lisibles sur ordinateur, voire sur iPhone via une application dédiée.

L'innovation étant que, bientôt, ces "BD numériques" seront lisibles sur de nouveaux supports nomades : les Readers, mais aussi... l'iPad, la tablette numérique d'Apple tant attendue, annoncée cette semaine. Elle sera compatible avec le format ePub (le standard pour les livres numériques), et acceptera les applis iPhone.

Or, les éditeurs BD, comme Aquafadas, Manolosanctis, Tekneo (avec Nomadbook)... rivalisent d'idées innovantes pour valoriser leurs récits sur ces nouveaux supports. Et prendre le virage du numérique, en mêlant différents formats. Je les ai passés en revue dans ce diapo en images, que j'ai publié cette semaine. Plusieurs misent sur l'audio, qui leur permet d'accompagner de commentaires des auteurs certaines planches de leurs BD. Les internautes peuvent parfois laisser des commentaires écrits à certaines BD.

Certains, comme Manolosanctis ou Sandawe, proposent carrément aux internautes de sélectionner leurs BD favorites, celles qui sont plébiscitées étant publiées, voire co-financées par des internautes, selon le principe du crowdraising, déjà appliqué chez Mymajorcompany ou Peopleforcinema.

Clairement, les plateformes numériques ont essaimé sur la Toile : BD Touch, Digibidi.com, Relay.com, Lekiosque.fr, Mediatoon, MobiLire... Il leur restera à trouver leur business model, et les services ++ qui leur permettront de se distinguer.

dimanche 24 janvier 2010

Une nouvelle forme d'auto-promo entre deux pubs chez M6 et Paris Première ?

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C'est peut-être une sorte de nouveau format publicitaire que testent en ce moment M6 et Paris Première (cette dernière appartenant, pour mémoire, au groupe M6). De manière générale, je regarde assez peu la télé. J'ai remarqué un truc assez surprenant, ces derniers jours, au gré de mes zappings. Sur M6 et Paris Première, à chaque tunnel publicitaire (qui dure quelques minutes maximum), une page M6 ou Paris Première est glissée, de temps en temps, entre deux spots.

Concrètement, en télé, une séquence de pubs s'ouvre et se clôture avec une page de quelques secondes aux couleurs de la chaîne, laquelle page précise justement que l'on entre (ou sort) d'une séquence pubs. Normal. Entretemps, les spots de plusieurs annonceurs sont diffusés, et bien sûr, la chaîne qui les diffuse n'assure pas son auto-promo sur ce laps de temps.

Depuis quelques jours, cela fait plusieurs fois, en regardant des pubs sur M6 ou Paris Première, je vois régulièrement, glissée entre deux pubs, un écran très fugace (diffusé sur 1/2 seconde, une seconde maximum), avec juste le logo de la chaîne-diffuseur. Vous avez remarqué cela aussi ? Ou est-ce que vous l'avez vu sur d'autres chaînes ?

Clairement, pour moi, c'est une forme de publicité très fugace, et néanmoins subtilement intrusive : car inconsciemment, on mémorise cette image diffusée très rapidement... Et par l'effet de répétition, notre cerveau l'enregistre d'autant mieux ! Diablement efficace. Un fait quasi-scientifique, très bien connu des spécialistes du neuromarketing.

dimanche 17 janvier 2010

Premières applications mobiles frauduleuses : obligation de régulation par les AppStores ?

Et voilà, il fallait s'y attendre. Tout nouveau service qui suscite l'engouement est confronté, un jour ou l'autre, à des premiers obstacles, au premier chef la contrefaçon, les détournements, ou encore des versions vérolées.

Dans le domaine des applications mobiles, vendues sur les AppStores avec le succès que l'on sait (voir par exemple ici), on pourrait bien voir surgir, un jour, des applis érotiques (voire plus) 'pour adultes'...

Appli Android de fishing

En attendant, cette semaine, le premier cas d'appli mobile délibérément destinée à un usage frauduleux est apparu... Il rappelle fortement les cas de mails de fishing diffusés par e-mails (sous forme de spams), qui visaient à récupérer les données bancaires d'internautes distraits. L'application mobile publiée par Droid09, proposait aux utilisateurs de se connecter à leurs comptes de la banque américaine Credit Union pour les gérer à distance, depuis leur téléphone portable.

Cette application était frauduleuse, et récupérait les données des utilisateurs pour le compte d'un tiers. Les identifiants et mots de passe de connexion étaient donc volés, et ce dans le but de se connecter aux comptes, comme dans les affaires de fishing. L'affaire a été révélée par l'entreprise de sécurité informatique Sophos.

Mais du coup, une autre question sous-jacente surgit : quid de la responsabilité des éditeurs d'applis mobiles dans ce genre d'affaires ? Les propriétaires d'AppStores (Apple, Google dans le cas de l'Android Market...) , ne sont-ils pas censés trier sur le volet leurs futures applis, et les valider avant leur lancement . Or ici, cette application, qui était proposée sur l'Android Market, a été approuvée par ses administrateurs... Avant d'être retirée, une fois la fraude constatée.

En clair, les propriétaires de "magasins" applications mobiles en ligne seront-ils être garants de leur fiabilité ? Il y avait déjà eu un précédent, avec le ver Rick Ikee qui circulait sur des iPhones déverrouillés, utilisant donc des applis non-vérifiées par Apple (un point pour Apple, donc).

Propriétaire d'AppStore = régulateur ? Le cas des 'fausses' applis iPhone NY Times

Et c'est sur cela que risquent de pêcher les téléphones sous Android : autant Apple est très regardant sur les nombreuses applications proposées par des développeurs sur l'AppleStore (le processus de validation peut prendre jusqu'à 1 mois), autant le processus de validation des applis est connu pour être extrêmement léger du côté de l'Android Market. A moins que Google ne prêche l'auto-régulation, et laisse la responsabilité à ses utilisateurs de choisir à bon escient (autant que possible ;) dans une jungle d'applis peu triées... Ce qui risque de le discréditer.

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Source image

Mais Apple n'est pas forcément prêt à enrôler systématiquement ce rôle de super-régulateur, notamment face à des "fausses" applis mobiles qui surgissent. Comme signalé sur le blog Mediamemo, cette autre affaire pourrait faire du bruit : face à deux applications iPhone du New York Times qui pourraient s'avérer être des fakes (ou en tous cas des versions non-officielles), Apple "ne veut pas savoir". Concrètement, on trouve actuellement sur l'iTunes Store l'application iPhone officielle du NY Times (gratuite et bien pratique), ainsi que... deux différentes applis iPhone pour le NY Times, “New York Times Mobile Reader", proposées pour 0,99 cents chacune. Actuellementl e service juridique du quotidien planche sur le problème, signalant qu'AUCUNE des deux applis n'est autorisée.

Pub made in England pour un site de comparaison

Juste for fun, allez jeter un oeil sur cette pub amusante pour un site comparatif anglais, Comparethemarket.com, aux dialogues à l'humour so british et aux personnages... très réalistes :) Une pub devenue culte en Grande-Bretagne, d'ailleurs.

Cette vidéo publicitaire vante les mérites d'un broker anglais, mais la clé de son succès est là : ses concepteurs y ont glissé un un jeu de mot autour du mot Meerkat - qui est le mot anglais pour Suricate, une espèce de petite mangouste. Le personnage de la publicité est précisément un joli petit meerkat, emmitouflé dans une sortie de lit en soie, un verre de Brandy a la main. Ce à l'accent prononcé et est devenu une référence de langage avec son "simples !".. Au point qu'il est devenu la mascotte du vrai site comparatif Comparethemeerkat.com.

vendredi 15 janvier 2010

Qui gèrera la campagne de pub pour Hadopi ?

L'anecdote, que m'a racontée hier un ami qui bosse dans la pub, est assez savoureuse : le budget communication autour d'Hadopi (ladite Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) est probablement un des plus beaux budgets publicitaires de l'année... Et pourtant, personne n'en veut ! L'appel d'offre a pourtant fait le tour de la place, les plus grosses agences de pub l'ont consulté.

Seulement voilà : c'est devenu la patate chaude, la petite bombe que toutes les agences se refilent : "elles sont bien compris que, si elles acceptent ce budget, toutes les sociétés Internet ou travaillant dans les nouvelles technologies ne voudront plus leur confier leurs propres budgets ! Elles seront (presque) connotées 'anti-Internet' !", me faisait remarquer mon interlocuteur.

Il faut dire que c'est plutôt mal parti pour Hadopi. Le texte, clairement, a été un des plus contestés en 2009, étant présenté comme potentiellement liberticide (voir cet appel au boycott d'Hadopi, lancé par Numérama dès... juin 2008).

Ensuite, le gouvernement a multiplié les (très grosses) bourdes autour de ce brûlot. La semaine dernière, on découvrait avec surprise que le terme Hadopi était déjà "réservé", un particulier l'ayant déposé en tant que marque auprès de l'INPI... il y a 6 mois déjà. L'acronyme a été déposé le 19 mai dernier par un certain Renaud Veeckman, habitant Avignon (Vaucluse). Voilà qui est plutôt embêtant.

hadopi.JPG

Autre accroc, presque en même temps, on découvrait que le logo dûment créé par les pouvoirs publics, et annoncé en conférence de presse, utilisait une police de caractères... copiée sur une police créée exclusivement pour France Télécom. L'agence de communication Plan Créatif, auteure de ce logo, l'a d'ailleurs reconnu dans un communiqué : le visuel en circulation n'était "pas le bon". Lequel visuel ornait le dossier de presse officiel distribué par le ministère de la Culture vendredi dernier. Plan Créatif est en train de réparer son erreur, mais l'effet est déjà là, dont auprès du grand public...

fxlogohadopi Source : 01net

Il restera donc à voir quelle agence de com' se dévouera pour prendre en main le plan médias d'Hadopi, qui, en l'état actuel des choses, relève plutôt de la communication de crise...

dimanche 10 janvier 2010

Applis mobiles "pour adultes" : c'est parti ?

Vu chez l'ami Guillaume Grallet, les applications mobiles, qui vont cartonner, comme l'expérimente déjà Apple (j'en ai parlé ici et entre autres), pourraient s'étendre... au domaine X.

On le sait, le X a fait les beaux jours du Minitel (Rose), et des débuts du web. Dans le domaine des applis mobiles, historiquement, Apple ne valide pas les applications "pour adultes" pour son AppStore. Mais d'autres s'y intéressent déjà, et comptent bien en lancer sur d'autres plateformes, dont Android (puisqu' il n'y a pas de filtrage des applications lancées sur l'Android Market). Reste à voir si, lorsque cela émergera réellement, il n'y aura pas un filtrage d'une manière ou d'une autre. Un industriel y va d'ailleurs déjà de son petit buzz sur la Toile :

BiDi, une dose de 3D dans un écran tactile multitouch

Un "écran à reconnaissance de mouvements", qui rappelle celui qu'utilise Tom Cruise dans Minority Report: voilà ce que vient de présenter le MIT, comme le dévoile 01Net dans cet article. Les geeks et fans de science-fiction ( j'en suis ;) connaissent ce film (devenu une référence en la matière), aussi réputé parce que Steven Spielberg, par souci de réalisme, a fait plancher des hercheurs pour présenter des innovations dans ce film, susceptibles de voir le jour dans l'avenir.

La réalité rattrape la fiction. Un chercheur de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), John Underkoffler, qui a inspiré les célèbres interfaces gestuelles de Minority Report (j'en parlais déjà en 2007 dans ce billet), avec une équipe de chercheurs, vient de présenter un écran LCD tactile multipoint, doublé d’une interface gestuelle capable de reconnaître les mouvements de la main. Le prototype a été baptisé "BiDi", diminutif de "bi-directionnel", car il est à la fois capable de capturer des images (les mouvements) et d’en afficher (voir la page de présentation).

L’écran BiDi du MIT combine interface tactile et gestuelle, et s’appuie sur une technologie d’écrans LCD tactiles naissante, développée, entre autres partenaires, par Sharp et Planar Systems.

Le MIT a amélioré cette interface pour qu’elle permette aussi la reconnaissance des mouvements de main. Résultat : elle s’appuie sur une technologie existante, fonctionne de très près (contrairement à d’autres technologies utilisant des caméras) et pourrait tenir dans un écran plat presque aussi fin que ceux que nous connaissons aujourd’hui. A voir, la démo vidéo (source MIT), impressionnante...

dimanche 3 janvier 2010

Huit tendances tech prometteuses (et so sexy) pour 2010

C'est le début de l'année, et mieux encore, une nouvelle décennie s'ouvre, la seconde de ce nouveau millénaire : alors du coup, on n'échappe pas aux diverses prédictions et inventaires à la Prévert des "tendances à suivre" pour 2010. Bonne année, d'ailleurs, à vous chers lecteurs, réguliers ou de passage ! Qu'elle vous soit pleine de surprises :)

2010 devrait voir se confirmer plusieurs innovations prometteuses, et excitantes tant en termes d'usages, de nouveaux services, que de produits tech. Je me plie donc à mon tour à l'exercice du petit passage en revue...

1/ Apple sanctifie la "tablet" avec son iSlate

iSlate Source : iSlate.eu

Le petit bubuzz de rigueur (à vrai dire habituel pour tout lancement chez Apple...) se confirme : la firme à la pomme va bien lancer, peut-être dès ce mois de janvier, sa propre tablette ! Wired ironise déjà sur la ferveur qui pointe, qui relève presque de l'adoooration chez les fans californiens d'Apple, pour reprendre le champ lexical de mon confrère sur son écran radar... Ce qui, au passage, consacre l'iDecade d'Apple, pour Business Week. Indice relevé par les amateurs, Apple a déjà déposé le nom de son iSlate. Reste à attendre la démo-surprise, annoncée pour MacWord 2010, qui se déroulera courant février à San Francisco.

La "tablette électronique", une sorte de mini ordinateur portable à écran tactile, va consacrer les outils nomades en 2010 : plus compacte que les netbooks (pas assez nomades pour être glissés dans la poche), plus maniable que les smartphones (où il reste difficile de lire aisément des pages web), elle est plus compacte qu'un netbook classique, puisqu'elle ne dispose pas d'un clavier, l'écran tactile permettant d'en faire l'économie. On y surfe sur le Net via le wi-fi ou une clé 3G, et on peut y ajouter un lecteur DVD par la prise USB. Bref, les "tablets" devraient cartonner : déjà Archos tâte le terrain avec son Archos 9 PC Tablet, tout comme Dell (avec son Latitude XT2 XFR), Asus (EeePC T91). Outre Apple, Sagemcom annonce la sienne pour 2010 (son Home Screen), dédiée à un usage plus sédentaire : sa connexion wi-fi permettra de se connecter au réseau familial. Aux dernières nouvelles, même Google et HTC prépareraient une tablette.

2 - Tiens, après Android, Google veut sortir son propre phone ?

Nexus One

Jusqu'à présent, c'était promis-juré, Google ne se lancerait pas dans la vente de produits tech. Pas question d'affronter les grands constructeurs et opérateurs mobiles. Il s'en tiendrait juste à la vente de services et plateformes - comme, tiens, Android, son... système d'exploitation pour téléphones mobiles.

Pourtant, fin 2009, c'était une des rumeurs les plus nourries sur la Toile techie : un Google phone était en préparation ! Au pont que l'info faisait la Une du site du Wall Street Journal le 12 décembre dernier. Le Nexus One (c'est son nom) sera donc un téléphone à écran tactile, sans doute construit par le taïwanais HTC (qui avait été un des premiers à sortir des smartphones tournant sous Android). Il sera commercialisé nu ou via un abonnement avec T-Mobile, d'après Gizmodo. Forcément, l'avantage pour Google set qu'il a une pléiade d'applis maison toutes prêtes, et déjà utlisée par nombre d'utilisateurs... sur leur ordinateur : avec Gmail, Google Docs, Google Calendar, YouTube (pour mémoire, le site de partage vidéos a été racheté par Google en 2006)...

3/ Twitter s'impose... aussi en entreprises

Consacré comme plateforme de communication - voire comme média - dont lors du conflit iranien et des élections US, Twitter va devenir, en quelque sorte, une entreprise comme les autres : c'est le NY Times qui le dit. D'ailleurs, ses fondateurs commencent à se dire qu'il faudrait bien trouver de nouvelles ressources : ils concoctent une version payante pour entreprises.

4/ La révolution de la réalité augmentée

Cette nouvelle technologie pourrait révolutionner l'édition, la téléphonie, le tourisme... Concrètement, la réalité augmentée permet de passer d'une image imprimée (ou une photo prise avec son mobile, ou encore une image saisie avec sa webcam) à une image animée en trois dimensions (3D), grâce à un logiciel. Associée au téléphone portable via des applis idoines, la réalité augmentée va entrer dans le quotidien des Français à toute vitesse.

Un exemple ? Vous placez votre smartphone devant un immeuble, vous vous géolocalisez et le prenez en photo. En quelques secondes, via une appli immobilière (comme celles de SoLoger.com ou LogicImmo), les apparts à vendre dans le quartier, le prix de l'immobilier au m² s'affichent. C'est un des premiers exemples d'usages de la réalité augmentée, prometteuse pour permettre aux prospects ou clients d'une marque de localiser sur sur leur mobile les points de vente d'une marque. C'est la start-up Lyar qui propose cette appli en marque blanche, dont se sont emparés plusieurs acteurs de l'immobilier.

Mais la réalité augmentée débarquera dans de nombreux autres secteurs : comme les secteurs touristiques et culturels (cf l'appli mobile CultureClic, prometteuse). On pourra bientôt cadrer avec son iPhone (ou un smartphone sous Android) un site touristique ou historique, ou encore la vitrine d'un resto, pour avoir des infos complémentaires affichées sur son mobile.

cultureclic

Ou l'éducation : un des premiers livres interactifs (Comprendre comment ça marche !, Joël et Clément Lebeaume, éd. Nathan), permet d'afficher des illustrations animées (comme un hélicoptère décoller) sur l'écran de son ordinateur simplement en approchant des inventions répertoriées dans le livre de la webcam.

On voit aussi cela débarquer en pub, ou sur des vitrines interactives, comme celle d'Hugo Boss à Londres (voir mon billet sur le sujet),conçue par la start-up Total Immersion.

5/ Le cinéma en 3 D

Dans la lignée de la réalité augmentée, la 3D, qui permet d'afficher des images en relief sur un écran, pourrait faire connaître un certain renouveau au cinéma, une fois cette technologie consacrée par Avatar, film de science-fiction à grand spectacle, comme j'en parlais dans ce billet.

6/ Les applications mobiles

Même le dernier numéro du féminin Elle l'évoque dans son édito, "l'iFemme est arrivée !" (I'm just quotiing...). L'éditorialiste évoquant (avec une certaine hardiesse, certes) les iFemmes de 2010 "bourrées d'astuces", à l'image "de l'iPhone et de toutes ses applications rigolotes".

C'est un fait, ces services accessibles en un clic sur un drôle de widget sont devenues des pépites pour Apple, qui a ainsi monétisé son iPhone, avec son "application store". Au point que les autres constructeurs y vont de leurs propres AppStores, et que toutes les marques cherchent quelle appli iPhone elles pourraient lancer, comme j'en parle dans cet article (et ce dossier) pour L'Entreprise.

MobiKoop Billetterie en ligne, fonctionnalités doublées de réalité augmentée évoquée ci-dessous, appli dédiée à un nouveau produit, appli-coaching (cf l'appli iPhone "9 mois" de Nestlé dédiée aux futures mamans), e-couponing (comme MobiKoop, une plate-forme de coupons de réduction co-développée par les start-up toulousaines Adelya et Goojet)... les services induits sont multiples.

7 - L'e-book, les "MP3" écrits...

Foxit

Evoqué à plusieurs reprises dans ce blog dernièrement (ici, , ...), le livre électronique pourrait devenir grand public cette année. Parce que des mastodontes comme Sony et Amazon ont lancé leurs readers en Europe, et que les librairies tentent, parfois dans la précipitation, de monter des plateformes de contenus idoines. Reste à voir si l'objet va entrer dans les usages dès cette année, alors que les tablets évoquées plus haut pourraient elles aussi, faire office de lecteurs numériques.

Et la question de la protection des contenus (par exemple via des DRM, comme cela s'esquisse chez Amazon) risque fort de soulever des problématiques similaires à celles du MP3.

8 - Webdocumentaires, co-financement d'enquêtes par des internautes... De nouvelles formes de journalisme multimédia

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Cette dernière thématique peut sembler un peu éloignée des précédentes... Mais pas tant que cela : à l'heure où les plans sociaux se multiplient dans les titres de presse écrite "classiques", de nouvelles formes d'écriture journalistique émergent sur Internet, avec notamment les webdocumentaires, qui mêlent vidéos, sons et écrits. Certains ont même été primés en 2009 (comme à Perpignan) et les premières "superproductions" sont attendues pour 2010. Certains travaux d'investigation de journalistes indépendants à la sauce 2.0 bénéficient même de crowdraising (co-financement en ligne par des internautes), comme avec ces initiatives.

Autre preuve de ce foisonnement journalistique sur la Toile, on a vu cette année émerger plusieurs jeunes médias en ligne, montés par des journalistes confirmés, comme Electron Libre, ou par des tous jeunes journalistes, comme le portail Jeunes journalistes web, ou Le Courant.

Il faut l'espérer, 2010 sera foisonnante.

mardi 29 décembre 2009

Les e-books et leurs menaces (potentielles) pour la vie privée

ebook

Les e-books pourraient-ils potentiellement porter atteinte à la vie privée de leurs utilisateurs? Car ces livres électroniques peuvent être chargés en contenus via diverses librairies en ligne, comme je l'évoquais dans ce billet. Problème : cela permettrait aux éditeurs de suivre littéralement à la trace les goûts de leurs lecteurs, puisqu'ils peuvent suivre quels ouvrages sont téléchargés, et même quel temps de lecture y est consacré.

MP3, e-books, DRM : même débat

C'est l’Electronic Frontier Foundation (EFF, ONG qui protège la liberté d'expression sur Internet) qui a tiré la sonnette d'alarme il y a quelques jours, en publiant un tableau très instructif, signalé et traduit par PC INpact, récapitulant à quelles informations peuvent accéder les constructeurs et éditeurs selon les différents lecteurs numériques disponibles sur le marché.

De fait, comme le pointe l'EFF, le livre numérique soulève des questions nouvelles, finalement assez proches de celles soulevées par le format MP3 à ses débuts - en termes de protection des données personnelles, de propriété intellectuelle, de droits d'auteurs, de partage de biens communs... "Les livres numériques commencent à transformer notre manière d’acheter et lire les livres de la même façon que les mp3 ont modifié la façon dont nous achetons et écoutons de la musique", constate l'EFF. Mais "la technologie présente de nouvelles et significatives menaces pour la vie privée".

L’EFF montre d'ailleurs les liens étroits qui lient les e-readers et les plateformes de contenus (soit les librairies en ligne telles que Google Books) pour les tenir informées des habitudes des utilisateurs, du circuit commercial, de leur localisation... Ne faut-il pas y voir une manière potentiellement dangereuse de cerner l’environnement culturel d’une personne, à un degré jamais atteint jusqu'à présent ?

Et dénonce le manque de transparence dans l’utilisation de ces données. Premier visé : le moteur de Google Book, qui enregistre chacune de vos recherches, les pages lues, combien de temps vous êtes restés sur tel document, les documents que vous lus par la suite… des données accompagnées de l’adresse IP. Un nouvel outil de suivi de l'internaute à la trace inespéré pour Google, en somme.

Amazon est aussi pointé avec son Kindle, qui repose sur un régime de licences couplées à des DRM. Ces DRM sont utilisées par Amazon pour empêcher de lire sur d'autres terminaux les livres électroniques conçus pour son Kindle. Mais elles lui permettent aussi de suivre au plus près les usages de ses lecteurs...

Mise à jour du 31décembre : j'ai consacré un article à ce thème, dans la lignée de ce billet, publié sur L'Express.fr : à consulter , avec un article complémentaire sur les eBooks au banc d'essai.

lundi 28 décembre 2009

"Dictionnaire du look": t'as le look bimbo, emo, bobo, caillera, arty... ?

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Dans la traditionnelle moisson de bouquins offerts pour Noël, j'ai eu un petit coup de coeur pour celui-ci (le genre de bouquin dont on se dit "grmf, j'aurais bien aimé l'écrire !"). Dans ce "Dictionnaire du look - Une nouvelle science du jeune" (ed. Robert Laffont), Géraldine de Margerie, jeune journaliste chez Yagg (site d'infos gay et lesbien) avec les photos d'Olivier Marty, DA et photographe, de l'agence de communication visuelle IP-3, passent en revue 39 looks, styles, sous un angle un peu conso/tendance, mais aussi sociologique, pour parvenir à cerner de véritables sociotypes. C'est surtout là que réside l'intérêt du bouquin.

De fait, c'est l'aspect étude sociologique sous-jacente qui est le plus intéressant : comme l'indique son sous-titre, ce bouquin a vocation à aider les parents un peu paumés à mieux comprendre leurs ados d'enfants,Mais il permettra aussi à tout un chacun de mieux cerner ses amis ou relations professionnelles. Et on se doute que c'est le genre d'ouvrage qui est pain bénit pour les pros du marketing.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il ne s'agit d'un 'dico encyclopédique' sur les looks du moment, mais un passage en revue avec légèreté, humour et précision dans l'écriture pour cerner plusieurs looks, qui renvoient aux cultures idoines (et CSP, bandes, influence culturelles du moment...). D'ailleurs, le ton est à la fois neutre et optimiste, avec juste ce qu'il faut de distance, par des auteurs qui maîtrisent bien leur sujet.

Le livre s'attarde plus longuement sur les tendances les plus connues, comme les bobos, la révélation des années 2000 ("le coeur à gauche et le portefeuille à droite", comme on le sait). Le chapitre qui y est consacré est d'ailleurs très drôle et riche, avec des 'sous-types' (bohemian bourgeois, biobo, aristo-bohème...), la culture, les lieux stratégiques, les prénoms d'enfants bobos (véridiques - j'ai déjà croisé des pauvres Philémon, Lou et autres Cerise), un samedi-type...

Bien aimé aussi le passage en revues d'autres catégories connues (le geek, la fashionita, le gothic, le BCBG...) ou plus émergentes (la lolita kawai issue de la culture nippone, les baby rockers des beaux quartiers fans des Strokes et de Philippe Manoeuvre, le jah-jah, dérivé contemporain des hippies...).

Les textes sont complétés par des photos alternant portraits des looks-types, accessoires... Autre point très agréable, le bouquin ne cède pas la facilité de citer des marques portées sur les photos. Les marques-fétiches pour tel ou tel style sont juste citées dans le texte.

dimanche 27 décembre 2009

Paro, du robot-jouet au robot-substitut

Il revêt une certaine utilité sociale,mais n'en n'est pas moins troublant, voire un rien flippant. Au hasard d'un feuilletage du Monde magazine, je suis tombée sur un papier qui parlait d'un robot "de compagnie" (comment appeler ça autrement ?) qui commence à cartonner au Japon, Paro. Si vous allez voir cette vidéo YouTube, rien d'extraordinaire : une vague peluche blanche qui ressemble à un phoque, qui émet d'étranges cris et ferme ses grands yeux noirs quand on lui demande, et peut aussi remuer la tête et les pattes. Une peluche en version améliorée, en somme. N'empêche, sur la vidéo, on entend la personne s'adresser à ce truc à poils comme à un animal de compagnie. Edifiant.

Paro, une tétine jaune dans le bec, peut aussi repérer la provenance d'une voix ou la présence d'une personne grâce à ses capteurs. Ce qui assure une certaine présence à ce robot de compagnie. C'est pourtant un chercheur très sérieux, Takanori Shibatéa, de l'Institut japonais des sciences et technologies industrielles avancées, qui l'a conçu, avec pour objectif d'assurer une présence aux personnes âgées isolées ou diminuées. Paro commence du coup à se tailler un petit succès au Japon, pays du monde ayant la plus grande proportion de plus de 65 ans. Problème : ces robots deviennent de véritables substituts affectifs pour des personnes isolées. Ca me rappelle un reportage d'Envoyé spécial assez flippant, où l'on voyait un couple de Japonais âgés ayant adopté un robot ressemblant à une petit fille, qu'ils traitaient comme telle.

Le robot comme substitut affectif, dérive possible de l'émergence de la robotique dans la vie de demain ? Il y a quelques temps, je parlais dans ce billet-là et celui-ci (avec les love dolls) des robots capables de mimer les émotions,

La robotique sera peut-être la révolution technologique d'après-demain, dans le sens où les robots entreront dans la vie quotidienne du tout-venant par les robots ménagers, ainsi que par les robots de services à la personne, notamment pour l'assistance aux personnes âgées ou handicapées. C'est d'ailleurs ce qu'imagine Bruno Bonnell, ex- dirigeant d'Infogrames, maintenant à la tête de sa nouvelle start-up, Robopolis, et qui croit dur comme fer à l'émergence de la "robolution", à laquelle il consacre un livre, annoncé pour courant 2010. Il y a quelques semaines, il présentait à la presse ses projets en la matière : je l'aborde dans un article à paraître dans L'Entreprise de janvier, mais comme l'indique dans ce très bon billet mon confrère Jean-Christophe Féraud, pour lui, c'est certain, le robot entrera dans le quotidien de tout un chacun par les robots ménagers (comme l'iRobot), puis les robots d'assistance aux personnes âgées etc. Et c'est déjà le cas au Japon, avec les robots Asimo ou Ri-Man.

Ça tombe bien, alors que les personnes médicalisées à domicile seront de plus en plus nombreuses, les robots pourront assurer leurs soins. Et justement, les coûts de production - et donc de vente- de robots baissent, y compris pour les robots-jouets, tels le chien Mio. Mais on peut craindre un accompagnement déshumanisé des personnes âgées ou handicapées avec des robots ou, pire, un attachement affectif cache-misère par des personnes seules, comme le laisse craindre un Paro.

jeudi 24 décembre 2009

Christmas songs aux US / Merry Xmas, let's rock !

Noël oblige, un petit billet de circonstance, avant que je ne déserte mon clavier pour quelques jours, au profit de contrées nordiques ;)

La coutume est peu connue en France, mais c'est un passage obligé aux US pour tout groupe ou chanteur qui se respecte : écrire un titre, ou carrément un album, entièrement dédié à Noël, qu'il soit rock, punk, pop, sirupeux... Alors certes, on peut y voir une bonne dose de marketing / bizness un peu cynique et "récupératrice", mais après tout, la musique n'est pas la première à s'emparer du business de Noël. Côté business, il y a d'ailleurs eu quelques compilations mémorables, dont celle réalisée par la talentueux et fou Phil Spector, avec sa compil' de 1963 "A Christmas gift for you", avec toutes les stars de son écurie comme Darlene love ou The Ronettes.

Et à vrai dire, il y a de jolis bijoux dans ces Xmas songs. Petit florilège. Un grand merci aux apporteurs d'idées, dont (mon frère) Benoît, des Dangerous Pets, pour la sélection. A voir aussi, cette sélection indie très complète.

Ce qui m'a donné l'idée de ce billet est en fait ce titre de l'album solo de Julian Casablancas (un des très sexy membres des Strokes), sur son très bon album solo, qui fait partie de ma sélection musicale du matin en allant au boulot... Avec donc ce titre "I wish it was Christmas today", extrait de son album solo Phrazes for the young. Très vintage. Enjoy...

On poursuit avec les classiques. A savoir :

Bien sûr Les Beatles, avec "Christmas Time (is Here Again)" (voir la compil' de 70 "The Beatles' Christmas Album" (U.S.) aka" From Then to You "(UK)) :

Les Beach Boys, avec"Little Saint Nick" en 1963 :

Dans un autre genre ;) Eazy E's "Merry Muthafuckin' Xmas (merci Driss) :

Et puis bien sûr, George Michael, avec "December song / dreamed of christmas" (si si, j'assume ;). Mmm, mielleux à souhait :

Joyeux Noël ^^

lundi 21 décembre 2009

Appli 3 Vallées : une des premières applis iPhone service + marketing + géolocalisation

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Cela fait quelques temps que je m'intéresse à ce sujet, auquel j'ai consacré cet article dans L'Entreprise mag de décembre : les applications mobiles (pour iPhone, mais aussi bientôt pour plateformes Android, Windows Mobile, voire pour des plateformes de constructeurs telles que Bada de Samsung...) sont vouées à un avenir assez radieux.

Elles seront une vitrine inédite pour toute marque, tout annonceur.... A condition qu'il y ait un service simple, malin, utile au quotidien, pour justifier que le consommateurs télécharge - et utilise - cette application. C'est de cette manière qu'elles se distingueront parmi les nombreuses applis, lancées en ce moment par une multiplicité de marques, mais aussi éditeurs, et start-ups qui misent sur cette nouvelle bulle ? ce nouvel Eldorado.

Or, voilà une appli astucieuse qui vient de sortir pour les vacanciers qui auront la chance de partir skier cet hiver : trois des plus grandes stations de ski des Alpes (dont Les Arcs), qui ont mutualisé récemment leurs pistes respectives pour créer un forfait commun, viennent de lancer l'appli iPhone "Les 3 Vallées" (téléchargement gratuit), disponible en 5 langues. Elle permet d’accéder à diverses informations sur le domaine skiable : plan de piste avec géolocalisation du skieur, pistes damées, ouvertures des remontées mécaniques, météo à 7 jours, risques d’avalanche, et des éléments personnalisables par l'utilisateur (statistiques de sa journée, possibilité de retracer son itinéraire).

Ce qui me plaît là-dedans est que l'on a le triptyque indispensable à toute "bonne" appli mobile : de la technologie (ici la géolocalisation) + réel service rendu (accès à diverses infos en temps réel pour le skieur), et au final une appli qui assurera aussi un bon coup de pub aux stations concernées...

dimanche 13 décembre 2009

La couv' de la semaine : James Cameron, "Avatar", la 3D dans le cinéma...

Cela faisait longtemps que j'avais délaissé ce rendez-vous dominical sur mon blog. J'avais gardé le sujet de la 3D dans le cinéma sous le coude depuis un certain temps, et finalement, la couv' du dernier numéro du Monde magazine m'a décidée à l'aborder sous cet angle.

Dans le Monde mag donc, on a droit à une interview-fleuve de James Cameron, qui présente son film-blockbuster-futuriste-le plus attendu avant les fêtes (rayez la mention inutile ;), "Avatar". Forcément, le film en lui-même suscite beaucoup d'attentes (que l'on mesure au nombre d'articles et sujets télé consacrés ces derniers jours) : parce que c'est le grand retour au cinéma du canadien James Cameron avec un film grand public, 12 ans après "Titanic". Parce que l'on connaît sa vision pessimiste du monde et de son évolution à venir (il n'y à qu'à voir le futur sombre qu'il nous prédit dans "Terminator" 1 et 2, l'avertissement dans "Abyss"...). Parce qu'il reste l'un des cinéastes américains "qui comptent" à Hollywood, étant coutumier de la démesure et des succès phénoménaux.

Mais aussi parce que ce réalisateur mainstream, habitué des blockbusters, s'empare, à l'occasion de la sortie d'"Avatar", film annoncé comme le plus cher de tous les temps (budget officiel : 250 millions de $), d'une des technologies les plus innovantes - et les plus incertaines - pour le cinéma de demain : la 3D. Comme je l'évoquais dans ce billet, la 3D débarqué dans la télé. Elle débarque donc aussi dans le cinéma : le film de science-fiction "Avatar" sera en effet proposé en format classique (en 2D donc), mais aussi en 3D dans les salles équipées pour diffuser dans ce format.

A ce titre, je vous invite à lire la longue interview de James Cameron : il est loin de se contenter d'assurer la promo de son film - plus besoin, la promo gargantuesque est lancée depuis longtemps. Je suis même tombée cette semaine sur ce magasin tech, à Londres, entièrement aux couleurs d'"Avatar".

Non, on y apprend que lui-même a des obsessions en termes de recherche et de cause écologiste, ce qui prend un certain relief en plein Sommet de Copenhague. Ces dernières années, il a sorti des docus à gros budget sur les fonds marins.Il avait même prévu de partir en 2000 à bord du vaisseau spatial russe Soyouz pour passer un mois à bord de la station Mir. Son prochain projet : il veut mettre en scène, pour la Nasa, la découverte de la vie sur Mars.

Après quelques films destinés à tester ce marché naissant (comme "Flying to the moon"), l'industrie du cinéma est prête à s'emparer de ce nouveau format, comme l'a notamment montré le succès du dessin animé "Là-haut" en 2009, des studios Pixar. Forcément, c'est intéressant : à priori plus attrayant pour les jeunes, et plus rentable, le billet étant vendu plus cher. Et les films en 3D seront plus difficiles à pirater sur Internet, en raison du poids des fichiers.

Si le film de James Cameron est un succès, cela donnera sans doute un coup d'accélérateur au développement de ce nouveau format. De fait, Avatar sortira la semaine prochaine en France sur 500 écrans équipés en 3D . Encore faudra-t-il que les exploitants des salles s'équipent, ce qui a un coût (50 000 à 60 000 € par salle), auquel s'ajoutent le coût des lunettes et le coût de la licence RealID. Actuellement, près de 10% des salles en France sont équipées pour, d'après Le Monde magazine.

Sommet de Copenhague : blogs et WebTV militantes à l'ère du "Don't hate the media, become the media"

En plein sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague, où les politiques sont censés donner suite au protocole de Kyoto, il m'a semblé intéressant de diffuser quelques vidéos militantes, qui montrent que les ONG maîtrisent parfaitement l'art de la communication. Mais aussi, et c'est une des nouveautés par rapport aux sommets précédents, l'adage "Don't hate the media, become the media" prend toute son importance.

Car la Toile est devenue une véritable caisse de résonance, où tous les acteurs du Sommet vont tenter de convaincre l'opinion publique. Blogueurs, ONG, associations... ont leurs webTV ou leurs blogs, où ils présentent l'actualité du Sommet de leur point de vue.

Déjà il y a six mois, les ONG avaient préparé le terrain via Internet avec cette vidéo-teasing commune, pour rappeler les enjeux-clés du sommet, et appeler à signer l'Appel de Copenhague :

De manière assez classique, Attac propose en ligne ce véritable kit militant, un bon récapitulatif des différentes formes d'actions militantes que l'on a vues émerger ces derniers mois : lâcher de ballons noirs symbolisant la pollution, flash mobs, tracts "urgence climatique"...

Autre élément classique, des ONG diffusent des vidéos montrant leurs happening ou actions coups de poing, comme cette interruption de séance à l'Assemblée nationale par Greenpeace.

"Médias militants"

Mais la nouveauté, ce sont certaines ONG qui se dotent de leur propre "média" via Internet. Telle WWF, qui a carrément sa WebTV, "Inside Cop15", qui présente carrément un bilan quotidien du Sommet, et un plateau télé. Un petit reportage diffusé dans l'émission "Pop Com", sur Canal Plus tout à l'heure, était à ce titre très instructif. On y apprenait que ce sont carrément 20 militants qui sont mobilisés pour tenir cette WebTV. Etrange mélange des genres : on y découvre des "militants professionnels" qui jouent les reporters, caméras au poing. Forcément, l'avantage est qu'ils connaissent toutes les personnalités qui comptent. Mais mettent en ligne des interviews, forcément, orientées... En clair, ils pratiquent la communication au service d'une cause avec des formats journalistiques (plateaux TV, interviews...). Mélange des genres toujours, l'équipe a des conférences de rédaction quotidiennes, avec pour chef de production de WWF Martin Aktin... un ancien journaliste de la BBC, qui importe donc son savoir-faire de journaliste au service d'une cause militante. On découvre aussi Jacques-Olivier Barthes, reporter en journée, avant de reprendre sa casquette de dir' com' de WWF France.

Blogueur-militant

Autre exemple intéressant, celui de Florent, qui tient le blog Copenhague Inside, blog hébergé par LeMonde.fr. Son billet "La France joue-t-elle un double jeu dans les négociations", polémique, a généré 20 000 connexions sur LeMonde.fr. "Je me considère comme un éditorialiste", explique-t-il dans Pop Com, et l'on apprend que le blogueur est rémunéré par LeMonde.fr. Un blogueur par ailleurs militant d'une association, ce que ne savent pas forcément les lecteurs... Il faut aller sur "A propos de ce blog" pour apprendre qu'il est "membre d’une ONG internationale", la Global Coalition for Climate Action.

dimanche 6 décembre 2009

Le ménage à trois chez Dolce & Gabbana, l'érotisme soft dans la pub...

Jouer la provoc', choquer, rien de tel pour se positionner comme une marque délicieusement décadente.. et donc branchée. Vous vous souvenez sans doute de cette vogue du porno-chic dans la pub au début des années 2000, devenue out, crise oblige.

Là, Dolce & Gabbana explore un autre versant, en mettant en scène un ménage à trois improvisé, le tout pour lancer... une montre, tout simplement. D'ordinaire, ce genre de campagne provoc' est destinée à asseoir une ligne de vêtements ou un parfum d'une telle marque. Ici, que nenni : toute la difficulté consistait à vendre un nouveau produit, qui plus est assez ennuyeux à promouvoir en télé : une simple montre. D'autant que D&G lance cette nouvelle gamme à peine un mois avant les fêtes de Noël. Ça fait court.

Résultat, dans cette pub, l'agence a pris le parti de ne pas montrer beaucoup la montre. On aperçoit brièvement les modèles homme et femme au poignet des protagonistes. A la limite, la montre en tant que telle, on s'en fout : il faut vendre au client potentiel une image de la marque, sexy et décadente, le tout se déroulant bien sûr entre gens (apparemment) bien nés dans un appartement bourgeois.

En fait, la marque italienne n'est pas la seule à s'essayer à cette forme d'érotisme soft. Longchamp s'essaie dans la dernière campagne au lesbian chic en faisant poser Kate Moss tout à côté d'une autre top.

Dangerous Pets / Daddy is a rich man

Nulle intention, ici, d'ouvrir une rubrique hebdo musicale, juste l'envie de vous faire découvrir, en ce dimanche soir, le premier clip vidéo de Dangerous Pets, jeune groupe d'électro/house nordiste dont je vous avais déjà parlé... Enjoy !

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