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mardi 6 novembre 2007

Les Echos dans le giron du groupe LVMH

voilà, c'est fait... Le groupe Pearson a rendu officielle la vente des Echos au groupe LVMH, je l'ai appris hier soir, mais trop sonnée, je n'avais ni le temps, ni le coeur d'en rendre compte...

La vente est donc effective pour un montant de 240 millions d'euros. Comme beaucoup le craignaient, Pearson a finalement préféré l'offre de Bernard Arnault à celle de Marc Ladreit de Lacharrière notamment parce que le patron de LVMH s'engageait aussi à reprendre la dette des Echos. Elle a été rendue publique quelques heures après que le tribunal de grande instance de Paris ait débouté les élus du comité d'entreprise qui demandaient la poursuite de la procédure de consultation sur le projet de vente à LVMH, estimant que la direction n'avait remis aux élus que des réponses partielles à leurs questions et ne leur avait pas donné un délai suffisant pour les examiner.

Aujourd'hui, visiblement, la patron de Pearson a été accueilli sous les huées des journalistes du quotidien lors du comité d'entreprise qui se déroulait ce matin.

J'ai évoqué cet été la bataille de la rédaction dans ce billet , , et

Parmi les nombreux articles qui y sont consacrés depuis hier, cette dépêche AFP donne une idée de l'ambiance actuelle, et celle-ci résume les principaux enjeux de cette bataille avortée.

lundi 5 novembre 2007

Le groupe Lagardère met fin à la parution du féminin "Isa"

Mauvaise nouvelle pour la presse féminine, quelques semaines après "Jasmin", qui a interrompu sa parution moins d'un an après son lancement, comme j'en parlais dans ce billet, le mensuel féminin "Isa" s'arrêterait à son tour - le numéro daté de décembre sera son dernier, m'affirmait ce midi une de ses anciennes collaboratrices.

Dommage, car depuis sa relance en 2005, le féminin destiné à la fameuse cible des jeunes actives urbaines (20 - 35 ans) marchait bien, avec une diffusion payante globale de plus de 200 000 ex. par mois (chiffres OJD). En revanche, il pêchait par son (trop) petit format, et une maquette resserrée à l'extrême, qui le rendait parfois difficilement lisible. Pourtant, encore en mars dernier, dans une interview au Figaro (consultable ), Arnaud Lagardère jurait ne pas vouloir fermer ce titre, précisant "Nous avons déjà relancé avec succès Isa"... Avant d'affirmer quelques lignes plus loin "D’une manière générale, nous privilégions plusieurs segments, féminin, l’auto, les news, le people Notre ambition est de devenir un éditeur de contenu agrégateur d’audiences. Il s’agit d’une transformation culturelle profonde. Nous donnons la priorité à la ligne éditoriale et aux contenus qui peuvent se décliner en version numérique". Vous admirerez la formule "éditeur de contenu agrégateur d’audiences" ;-)

En clair, le groupe Lagardère a probablement décidé de fermer ce titre, pourtant rentable (qui sera peut-être revendu à autre groupe de presse, rien n'est impossible...), dans une logique de compression de coûts, voire pour se débarrasser de quelques titres de presse écrite et miser davantage sur le numérique, via son kiosque numérique, Hachette distribution, comme le rappelle ce papier de NetEconomie.com.

vendredi 12 octobre 2007

BabyFirst, première chaîne pour bébés (si si...)

Etes-vous prêts à coller votre bébé de six mois devant la télé ? C'set hallucinant, pourtant certains producteurs semblent y croire : la chaîne BabyFirst, née en 2004 aux Etats-Unis, déboule le 16 octobre sur les petits écrans français, via le pack famille de CanalSat. Déjà présente dans 28 pays, elle sera sans pub, proposera des programmes pour les plus petits, dans des formats très courts (2 à 7 minutes) Son crédo : des programmes très courts, des couleurs vives et des mouvements lents. Pour endormir les petits ou les bercer d'illusion ? Très pédagogique, la chaîne explique doctement sur son site web en quoi ses programmes sont une source de communication, d'interaction, d'apprentissage.. pour les tout-petits.

Pour se prémunir contre les critiques, CanalSat a déjà fait savoir qu'elle s'est entourée d'un conseil d'orientation, où siègent des experts de la petite enfance Une chose est sûre, on voit de plus en plus émerger des chaînes ciblées par tranches d'âge. Et cela est récent : en 2005 encore, il était peut-être trop tôt lors que TPS a tenté l'expérience - avortée - en proposant dans un format similaire « Baby TV ». Il y avait déjà Piwi, Tiki, Canal J... Et certaines réussites telles que Gulli, un des succès inattendus sur la TNT.

Pourtant, le slogan de BabyFirst, "Regardez votre bébé s'épanouir", me laisse circonspecte. Un enfant peut-il vraiment apprendre les formes, les cris des animaux et les noms des vêtements grâce à une télévision? Ou les parents risquent-ils surtout de voir leur bébé s'abrutir de manière précoce devant la télé ? Surtout, ils sont voués à être figés devant la télé, dans un âge ils découvrent comment interagir avec les autres. N'est-ce pas autour d'eux, et dans des livres spécialement conçus, que les tout-petits apprennent à toucher, à sentir, à entendre ?

OneTV, bouquet de chaînes TV pour téléphones mobiles

La télévision sur mobiles serait promise à un brillant avenir : même si cela décolle à peine en France ;) les analystes de Jupiter regardent de près le succès de la mobile TV aux US et au Japon.

En France pourtant, le bouquet "OneTV" de 20 chaînes télévisées, créées uniquement pour le téléphone mobile, vient d'être lancé, une première tentative de concurrencer les bouquets proposés directement par les opérateurs. Il s'agit de formats courts ou de chaînes créées pour l'occasion par Mobibase, comme Meteo TV, Bollywood TV, Choc TV, Entrevue TV... Avec des chaînes loisirs qui ciblent un public masculin, urbain, âgé de 15 à 35 ans. Les programmes sont accessibles gratuitement en flux, en vidéo à la demande, ou en téléchargement payant (de 1 à 5 euros). Le business model reposerait sur un partage de revenus entre les ayant-droits et les producteurs, avec à terme, une dose de pub.

Et étrangement, le bouquet One TV prend appui sur des magazines papier pour lancer de nouvelles chaînes comme : Technikart TV, Entrevue TV ou Guts TV. A suivre...

vendredi 7 septembre 2007

Boycott par les agences de presse de la Coupe du monde de rugby ?

Avec le coup d'envoi du Mondial de rugby ce soir, qui opposera le Quinze de France à l'Argentine pour le match d'ouverture, la rumeur enfle, relayée depuis quelques semaines déjà par les médias, car tous - médias, annonceurs, industriels, politiques - espèrent un remake de 1998, et la ferveur populaire qui va avec.

Mais, grosse surprise hier, les principales agences de presse, Reuters, l'Agence France-Presse, Associated Press et Getty Images, ont suspendu leur couverture de la Coupe du monde de rugby en raison de leur différend avec les organisateurs de l'évènement. Et pour cause : l'International Rugby Board (IRB), organisme de tutelle du rugby mondial et organisateur de la Coupe du monde, a voulu poser ses conditions notamment sur les droits d'exploitation des photos sur internet, sur l'accès des caméras de télévision sur les différents sites de la Coupe du monde et sur les conditions d'accréditation. Un des points du confilt porte notamment sur la limitation du nombre d'images que l'IRB veut imposer : les agences n'auraient le droit de diffuser que 50 photos par heure via Internet. Or l'évènement est vital pour le budget de cette année des agences de presse, comme l'agence de presse économique Reuters, qui a déjà prévu de fournir aux médias du monde entier - qui ne pourront tous couvrir l'évènement eux-mêmes - une couverture en temps réel en texte, photographie et télévision.

Est-ce que les choses vont se dénouer d'ici ce soir ? Des titres de presse écrite manifestent déjà leur solidarité vis-à-vis dse agences de presse... alors qu'ils pa^tissent déjà des conséquences de ce boycott. L'Equipe a publié un supplément spécial rugby aujourd'hui... Sans photos : il explique pourquoi dans un encadré. Mais un quotidien sportif sans photos, c'est un peu embêtant. A suivre, donc.

dimanche 2 septembre 2007

"Arrêt sur images" de retour... sur le Net

Depuis l'annonce, par la direction de France Télévisions en juin, de la suppression de ce programme de décryptage des médias, tenue depuis 12 ans par Daniel Schneidermann (perçu comme incontournable, agaçant... mais indispensable), beaucoup de rumeurs de plans B pour que l'émission ne disparaisse pas avaient circulé cet été. Notamment qu'elle serait diffusée sur la Chaîne parlementaire, ou encore une chaine de télé suisse. Finalement, l'équipe d'Arrêt sur images concocte une version web de son émission, annonce Daniel Schneidermann sur son blog. Une bonne nouvelle, puisque l'essentiel est que "ASI" continue à exister.

Le business plan reste pour l'instant sommaire : une version de l'émission sera libre d’accès, et une autre, plus riche, accessible sur abonnement. Il laisse donc le choix entre gratuit et payant, mais les abonnés "auront la satisfaction morale de permettre au projet de vivre », précise Schneidermann. Question : son émission bénéficiera-t-elle de l'appui d'annonceurs via des bannières publicitaires insérées sur le site ?

samedi 18 août 2007

Sexe et Bling-bling Sarko-style en couv de Marianne cette semaine

Une Marianne

Petit coup de g... aujourd'hui (peut-être parce que je suis un peu amère, suite à quelques déboires ?), avec cette Une de l'hebdo Marianne, qui fait dans l'opportunisme pseudo-trash et people pour être sûr de vendre en kiosques en cette saison estivale...

Une couv' qui, comme vous le remarquerez, accumule les effets de manches tape-à-l'oeil catastrophiques, avec:

1/ "Sexe" (incontournable sur une couv' d'été), en gros et en rouge, avec pour prétexte un énième article sur le sexe sur Internet (la présence même de ce terme dans ce billet dopera-t-elle l'audience sur ce blog ? ;-) )

2/ le "Sarko style", Marianne s'évertuant à tenter de faire dans la branchitude en parlant de "droite bling bling" - CQFD. Une manière de désigner une droite ostentatoire aux accessoires très voyants, style nouveau riche en somme ;-) (on pense à la robe Prada de Cécilia lors de l'investiture de son Président de mari, vantée dans Elle et Paris-Match, à la montre Rolex de Nicolas Sarkozy, et bien sûr aux vacances présidentielles à Wolfeboro...) . Expression, au passage, que l'on ne trouve que dans la presse musicale (puisque le terme vient du rap), et dans la presse féminine. Bref une expression parisianiste, "que l'on ne connaît pas au-delà du 6ème arrondissement", comme ironisait mon confrère Cyril l'autre jour. Dans le rap, le bling-bling style désigne un style voyant, extravagant, criard, le strass, avec le bling-bling bruit de cette accumulation de quincaillerie lorsqu’on la secoue... A voir, cette définition assez complète.

rap bling bling

dimanche 12 août 2007

Google News "autorise" le droit de réponse

Google agrège l'info (pêle-mêle des articles, des dépêches, voire des billets de blogs...) sur son portail d'actu Google News, d'ailleurs au grand dam de nombre d'éditeurs de contenus ou de médias non sollicités, puisqu'il flirte avec les limites du droit d'auteur... Maintenant, il comporte une fonction « commentaires » un peu particulière, réservée aux membres d’une structure ou de personnes mentionnées dans une dépêche.

Un premier petit pas, un peu dans la lignée du journalisme participatif, et du succès de sites comme Digg, ce portail d'info basé sur l'envoi, les commentaires et les votes des internautes. . Et ce pour "enrichir l'expérience informative des lecteurs", assure le mastodonte de l'Internet. Mais ce sera plus compliqué que pour poster un simple un commentaire sur Internet. Il faut envoyer à une adresse dédiée (news-comment@google.com) un mail comprenant le commentaire, et un moyen concret de vérification d’identité : par coups de téléphone aux contacts fournis dans le mail, confrontation des données d’identification fournies avec des informations disponibles sur internet… Le commentaire est ensuite publié tel que reçu par Google.

La nouvelle fonctionnalité, actuellement en période de test, reste pour le moment circonscrite au seul portail américain de Google News, mais pourrait à l’avenir s’élargir à d’autres régions et à d’autres langues.

Comme le souligne cet article de Libé, "Le vrai changement induit par cette nouveauté réside peut-être dans l’évolution du rôle de Google News. De simple portail d’actualités, il devient éditeur, avec du contenu exclusif qu’il est interdit aux autres sites de reprendre".

Une manière pour Google de tirer des revenus, à l'avenir, de ces contenus auxquels il prétend tente d'apporter une valeur ajoutée en sollicitant les commentaires des personnes citées dans les articles (qui produisent donc elles-mêmes ce contenu à valeur ajoutée !). D'ailleurs, les éditeurs de contenus s'inquiètent des dangers de cette nouvelle expérience : risques d'usurpation d'identité et de fausses informations,et surtout quelle légitimité à Google à arbitrer l'information qu'ils ont produite ? Et dans la lignée, Google enrichira toujours plus sa base de données sur des données personnelles des internautes...

mardi 31 juillet 2007

Jasmin cesse sa parution

Fin de route pour, probablement, la dernière aventure d'Axel Ganz. Le fondateur de Femme actuelle et VSD ne sera pas parvenu à faire décoller Jasmin, son hebdomadaire féminin, dont le dernier numéro paraît lundi prochain. Il revient longuement sur cet échec - le premier en sa carrière - dans cette interview au Figaro.

Cela dit, le parcours de cet hebdomadaire féminin d'actualités, qui avait initialement vocation à couper l'herbe sous le pied de l'insubmersible Elle, fut chaotique dès son lancement en octobre dernier.

  • Par sa ligne éditoriale d'abord. Axel Ganz l'avait présenté aux annonceurs, et aux investisseurs allemands (qui avaient mis la main au pot pour 70% du capital du journal, Axel Ganz apportant les 30% restants) comme un hebdo féminin haut de gamme sur papier glacé, avec photos chics, un peu dans la lignée de Vogue ou d'Esquire.

Pourtant, une amie qui a travaillé chez Jasmin dès le début me confiait l'autre jour qu'Axel Ganz avait très probablement en tête dès le début de son projet l'idée de lancer un hebdo populaire - soit Femme actuelle pour un lectorat de 25-35 ans.

  • Par l'incapacité d'Axel Ganz à déléguer : perversion classique que l'on retrouve dans les gros groupes de presse dirigées par un patron quasi-omnipotent, visiblement, Axel Ganz faisait peu confiance à l'intuition de ses équipes, et avait l'art de casser la maquette du journal au dernier moment... Alors qu'il n'avait lui-même pas forcément les bonnes intuitions.
  • Par les changements successifs de ligne éditoriale : d'un hebdo féminin centré sur 'l'actualité, dont il avait une approche assez exigeante, début 2007, lorsque les ventes n'ont plus décollé, Jasmin est devenu un hebdo féminin people.

Même l'âge du lectorat ciblé était difficilement perceptible dans la ligne éditoriale du journal. Dommage, car Jasmin comptait nombre de grandes signatures, dont quelques anciens de Télérama en culture, et des anciens de Libé.

Mon constat peu paraître sévère, mais je trouve cette cession de parution vraiment dommage, car l'idée d'un hebdo féminin d'actualités était vraiment prometteuse, sans compter l'équipe de journalistes qui était derrière.

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lundi 23 juillet 2007

Mobilisation en faveur de "La Rumeur"

Alors que Marcel Hamé, membre du groupe de rap "La Rumeur", est renvoyé devant la justice après avoir été relaxé, de artistes et des intellectuels signent un appel de soutien - tout comme l'auteure de ces lignes... Le texte de soutien (signé entre autres par Serge Teyssot-Gay, de Noir Désir, le réalisateur Christophe Honoré) a été publié par "Les Inrockuptibles". Pour mémoire, malgré deux relaxes depuis 5 ans, le ministère de l'Intérieur le poursuit pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières en France. Or le 11 juillet, la Cour de Cassation a cassé la relaxe prononcée en 2004 (puis confirmée en 2006) du rappeur, qui avait été poursuivi par le ministère de l'Intérieur pour avoir, dans un fanzine, parlé de policiers "assassins" en 2002 - Nicolas Sarkozy était alors Place Beauvau...

Pétition pouvant être signée sur appel@la-rumeur.com

dimanche 15 juillet 2007

Un chevalier blanc/gris pour Les Echos

Le sujet a déjà beaucoup été évoqué dans les médias ces derniers jours, l'annonce-surprise d'un chevalier blanc candidat au rachat des "Echos", le groupe Fimalac, qui appartient au financier Marc Ladret de Lacharrière, 26ème fortune de france, industriel éclectique qui fut entre autres vice-président de L'Oréal, propriétaire de Valmonde ("Valeurs Actuelles", "Le journal des finances"...) jusqu'en 1998, et qui souhaiterait dévreopper ses activités dans l'information financière...

Une annonce-surprise, tombée ce jeudi 12 juillet : le financier a annoncé une offre de rachat du quotidien à 245 millions d'euros, contre 240 millions pour LVMH. Evidemment, la rédaction des Echos soutient ce nouveau repreneur. Sans entrer dans les détails, abondamment abordés ces derniers jours, il faut cependant souligner que le soutien de la rédaction des Echos est davantage contre Bernard Arnault que pour Marc Ladret de Lacharrière... Même s'il s'est engagé à respecter les toris points principaux fixés par Pearson (un bon prix, le maintien de l'emploi, la garantie de l'indépendance éditoriale). De toute façon, les choses ne se dénoueront pas avant cet automne, puisque Pearson est en "négociations exclusives" avec le groupe LVMH jusque fin octobre - l'offre de Fimalac courant jusque fin décembre. AZ noter cependant que fimalac présente son offre conjointement avec un puissant groupe de médias US.

Remarque au passage, la situation du quotidien La Tribune reste en suspens : le concurrent des Echos trouvera-t-il un repreneur ? Si l'affaire entre Pearson et LVMH ne se conclut pas, Bernard Arnault acceptera-t-il de reprendre un quotidien qu'il a méprisé ? Bolloré est-il vraiment un candidat sérieux pour reprendre La Tribune ?

En tous cas, de manière générale, cela montre les chamboulements en cours dans le domaine de l'information financière, et de l'information en ligne : avec le rachat de Reuters par Thomson (évoqué dans ce billet), ou encore le rachat de AuFeminin.com fin juin par le groupe de presse allemand Springer pour la somme astronomique de 284 millions d'euros - soit plus que Les Echos.

dimanche 17 juin 2007

Next, nouveau supplément mensuel mode de LIbé

Libération vendait avec son numéro d'hier le premier numéro de son supplément mensuel Next, dédié à l'univers de la mode (2 euros 20 en tout). Bon. Je l'ai feuilleté par curiosité. Branchouille Branché, sexy, superficiel pour résumer... à l'image de l'univers de la mode. La maquette tient surtout en des photos très léchées, assez peu de texte, on le feuillette un peu comme certains féminins. A l'évidence il s'agit d'attirer de nouveaux annonceurs ;-) Relativement réussi ici, avec une dizaine de pages de pub dans ce numéro de 82 pages. Dans son édito, Laurent Joffrin le présente comme dans la lignée du Libération styles, mais veut "anticiper sur la manière dont nous penserons, nous vivrons et nous sentirons tout prochainement". Ambitieux, comme objectif. A noter dans ce numéro consacré à l'Italie, un sujet consacré à l'intéressante actrice Asia Argento, avec petit reportage photo sexy où elle pose avec deux rubgymen. Egalement, un bon papier sur les enfants soldats de la Mafia à Palerme.

samedi 16 juin 2007

"Les Echos" à vendre, Bernard Arnault en lice

J'avais entendu parler de cela pour la première fois il y a un an et demi, la rumeur avait fortement enflé en décembre dernier, jusqu'à une pause de quelques mois, campagne électorale oblige... Cette fois, les présidentielles étant passées, les choses s'accélèrent : "Les Echos", un des rares titres de la presse française qui se porte bien, dans lequel je signe depuis un peu plus de 6 ans, sont à vendre, et c'est pour très bientôt - très probablement d'ici fin juillet, me confiait hier une de mes rédactrices en chef.

Même si le groupe Pearson, propriétaire britannique des "Echos" (et du Financial Times notamment) se refuse à le commenter, il y a bien un mandat de vente en cours. Parmi les racheteurs en lice, on a surtout cité ces derniers jours Ouest France, Bolloré (propriétaire de la chaîne Direct Huit et du quotidien gratuit "Direct soir", et qui a des parts dans le quotidien gratuit "Matin plus" notamment), mais aussi Bernard Arnault, propriétaire du groupe LVMH et du quotidien (concurrent direct des Echos) La Tribune, mais aussi proche de Nicolas Sarkozy... Ce papier assez bien documenté de "Challenges" détaille le plan de Bernard Arnault pour acquérir "Les Echos".

Les journalistes des "Echos", très réservés sur la perspective d'acquisition par B Arnault, "pour défendre l'indépendance" du journal, ont annoncé la semaine dernière la création d'une Société des journalistes (SDJ). Parmi les nombreux articles parus ces derniers jours, cet article du "Monde" daté d'aujourd'hui revient notamment sur les inquiétudes de la rédaction des "Echos". Une des raisons les plus fréquemment évoquées pour la revente de ce journal tient dans la pression des actionnaires et des analystes financiers, qui veulent inciter Pearson à s'orienter davantage sur ses activités de publication en éducation.

lundi 11 juin 2007

Le fonds d'investissement Apax a des vues sur "L'Usine Nouvelle"

Ca bouge décidément dans la presse économique en ce moment. Dernière rumeur en date, d'après cet article du Figaro, le fonds d'investissement d'investissement Apax Partners se verrait bien racheter le groupe de presse professionnelle Gisi, qui possède notamment l'Usine Nouvelle et LSA. "Quand au groupe Gisi, il a été mis en vente plusieurs fois et Les Échos avaient notamment regardé le dossier sans donner suite", précise ''Le Figaro'.'

Christophe Agnus conseiller "activités digitales" chez Mondadori France

Christophe Agnus, ancien grand reporter à l'Express, fondateur en 1997 de Transfert (un des premiers mensuels + titre de presse en ligne dédié au secteur alors émergeant des nouvelles technologies), était reparti en Bretagne, d'où il a lancé il y a environ deux ans Nautilus Magazine avant de montrer sa propre société de conseil. Nouvelle étape pour cette personnalité de l'univers des nouveaux médias, il vient d'être nommé directeur délégué chargé des activités digitales au sein du groupe Mondadori France ( Top Santé, Closer, Biba, FM, Sciences et Vie, AutoPlus...), qui a racheté à l'été 2006 la branche française du groupe de presse britannique Emap. Une nomination à suivre de près, et qui montre que l'antenne française du groupe de presse italien entend miser gros sur les nouveaux médias...

jeudi 7 juin 2007

Arnaud Esquerré, un "parachuté" du ministère de la Culture à france Télévisions

Ce très court article de 20 Minutes annonce qu'Arnaud Esquerré quitterait le ministère de la Culture, où il fut notamment chragé de com', dans quelques jours pour rejoindre France Télévisions comme chargé de mission à la direction des ressources internationales.

Pas plus de précisions pour l'instant sur les contours de son poste. A suivre...

A propos de Nicolas Sarkozy et les médias, voir aussi cet article de 20 Minutes, avec des propos assez intéressant de Renaud Revel, journaliste médias à l'Express, avec qui j'ai eu le plaisir de travailler il y a quelques années.

jeudi 31 mai 2007

Trash TV néerlandaise - "The big donor show"

La chaîne de télévision publique néerlandaise BNN fait dans l'ultra trash : elle va diffuser ce vendredi Big donor show, une émission de télé-réalité au cours de laquelle une femme atteinte d'une tumeur au cerveau inopérable choisira parmi trois candidats la personne à qui elle fera don d'un de ses reins. L’émission a été conçue par Endemol, la société de production de John De Mol, inventeur de Big Brother. Une émission qui relève du "service public" pour qu'une chaîne publique la diffuse ??

Forcément, cela a fait l'objet d'échanges animés au Parlement néerlandais. Au-delà de l'atteinte à l'éthique médicale, la question était également de savoir s'il était tout simplement légal. Le ministre de l'Education Ronald Plasterk a déclaré que ce programme "violait l’éthique"... mais il refuse de censurer l'émission, liberté des médias oblige.

La polémique est énorme. Et du coup, le coup de pub pour Endemol non moins énorme. Reste à savoir si une chaîne française ira jusqu'à racheter les droits de rediffusion de cette émission - qui risque fort de cartonner sur les sites de partages de vidéos...

Mise à jour samedi 2 juin 14h00 : l'émission était en fait un canular, par lequel la chaîne publique déclare avoir voulu alerter l'opinion publique sur le manque criant de dons d'organes... Hier soir, à la fin de l'émission, Patrick Lodiers, le présentateur du "Big Donor Show" , a révélé que la "donneuse" d'organe était en fait une actrice. "Nous aussi, on trouve que cela va trop loin", a-t-il expliqué à l'antenne. Procédé sans doute efficace... et joli coup de pub pour BNN. Reste que les trois receveurs d'organes sont des "vrais receveurs", sélectionnés parmi 25 pour l'émission. Plus inquiétant encore, toutes les chaînes du monde ont relayé la polémique naissante cette semaine, mais personne n'aurait imaginé que l'émission n'irait pas jusqu'au bout. Parce que l'on est désormais prêts à accepter de tout en trash TV ?

Source : dépêche AP

mercredi 30 mai 2007

Des "pressions" de Rachida Dati sur Paris-Match ?

C'est en tous cas ce que relate cette dépêche AFP ("La SDJ de Paris-Match proteste contre des "pressions" de Rachida Dati").

L'actuelle ministre de la Justice aurait exercé des pressions contre l'hebdo pour éviter la publication de "photos de jeunesse" malgré l'aval de son père, dénonce la Société des journalistes (SDJ) de Paris-Match. Ces photos n'ont finalement pas été publiées, sur décision de la direction du groupe Lagardère Active.

J'avais vu durant la campagne des présidentielles Rachida Dati (alors porte-parole de Nicolas Sarkozy et présentée comme valeur montante au sein de la jeune garde de l'UMP) invitée dans l'émission "En aparté" sur Canal +. Rachida Dati avait parue très choquée lorsque Pascale Clark a diffusé une ancienne photo de famille la représentant enfant avec sa famille, elle avait même pleuré en direct sur le plateau - par émotion, gêne ou d'autres raisons, en tous cas sur le cas cela l'avait humanisée, même si c'était assez étrange. Alors qu'en temps normal elle donne l'impression de beaucoup maitriser son image. Sur le coup je m'étais demandé si Pascale Clark l'avait consultée avant l'émission pour diffuser cette photo, vu à quel point elle était décontenancée. Cela expliquerait peut-être son refus de diffuser des photos de famille dans un titre de presse mag à grande diffusion.

En tous cas, là, pour Paris-Match, j'imagine que cet épisode va s'ajouter à la tension interne qui semble déjà régner au sein de la rédaction - avec pour dernier précédent le dossier consacré à la famille Sarkozy dans le n° de la semaine dernière, qui était d'une incroyable complaisance, dont pour les photos ;)

A propos de Rachida Dati, d'après la dépêche AFP, "les photographies publiées (ndlr: dans la prochaine édition) sont celles qui ont été sélectionnées par la Chancellerie", souligne la SDJ".

mardi 22 mai 2007

Partenariat INA - NPTV : le Festival de Cannes en direct sur son mobile

Annoncé à l'instant, un partenariat entre l'Institut national de l'audiovisuel et la start-up NPTV, spécialisée dans la création d’applications interactives pour la télévision numérique et les téléphones mobiles. En partenariat avec le Festival de Cannes, ils ont lancé un mini-site "Chroniques d'un Festival" , téléchargeable depuis tout téléphone mobile.

Une fois téléchargée sur son mobile et en permanence accessible, l'application permet de voir et de télécharger des vidéos, d'envoyer des cartes postales électroniques...

Pour télécharger ce service, il suffit d'envoyer "FESTIVAL" au 31377 depuis son mobile (prix d'un sms + coût de communication). L'utilisateur reçoit alors un lien cliquable en retour par SMS qui donne accès au téléchargement de l'application.

Un service qui attirera le consommateur ? En tous cas, cela confirme la volonté de l'INA d'élargir ses domaines d'applications, en lançant des services payants sur divers médias - on se souvient du lancement , à l'occasion de la campagne électorale, de sonneries de portables issues de phrases-cultes d'hommes politiques, téléchargeables (pour 3 euros tout de même) sur le site dédié aux présidentielles. Et visiblement, ça avait marché. A suivre donc.

lundi 21 mai 2007

Philippe Warrin, photographe people de Sipa, pressenti pour la photo officielle de Sarkozy

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Pour la traditionnelle photo officielle du nouveau président de la République, qui sera présente dans toutes les mairies et écoles, Nicolas Sarkozy aurait fait appel au photographe Philippe Warrin, de l'agence photo Sipa, connu pour ses photos people. Dernièrement, il avait notamment réalisé des photos prises le soir du second tour au QG de campagne de Nicolas Sarkozy et au Fouquet's et publiées dans Paris-Match. Cela constitue peut-être un premier pas pour qu'il devienne un des photographes plus ou moins attitrés pour suivre le nouveau président, un peu comme Elodie Grégoire l'était ces dernières années.

En tous cas, la démarche de la part de Nicolas Sarkozy est significative, car le choix - rendu public - du photographe chargé de la photo officielle est un révélateur de l'image que tout président veut donner de soi. People pour Sarkozy donc, alors que Jacques Chirac avait fait appel à Bettina Rheims, photographe à la carrière prolixe, publiée dans Vogue entre autres, dont pour ses portraits de femmes célèbres.

La dépêche AFP

Mise à jour le 22 mai : photo officielle bien réalisée par Philippe Warrin donc. A l'instant dans "En aparté" sur Canal +, la journaliste de Capa Vanessa Schneider affirme que les photographes qui suivaient Sarkozy depuis longtemps, comme Elodie Grégoire, "ont été évincés au profit de Philippe Warrin par Cécilia Sarkozy". Pour preuve peut-être, Philippe Warrin, aussi par le passé photographe de la Star Academy ;-) avait aussi réalisé la photo officielle pour l'affiche de campagne du candidat Nicolas Sarkozy.

Cela semble souligne de façon de plus en plus certaine combien Sarkozy veut donner une image people - opération séduction oblige - à son personnage de président.

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