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dimanche 27 mars 2011

Pirat@ge: du hacktivisme au hacking de masse

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Ils sont quatre, dont trois frères, jeunes et (à première vue ;) innocents, et leur clip, "Double Rainbow song", bidouillé non pas au fond d'un garage mais dans le salon familial, avec un piano, a attiré plus de 20 millions de visiteurs. Un clip parodique qui a généré un buzz énorme, à partir d'une simple vidéo amateur d'un homme à la limite de la jouissance devant un phénomène rare : deux arcs en ciel.. Au point - le comble - que Microsoft a recruté le "Double Rainbow guy" pour sa nouvelle pub pour Windows Live Photo Gallery. Ou quand l'industrie pirate les pirates...

Les Gregory Brothers ont réalisé sans le faire exprès quelques tubes par la seule voie numérique grâce à un petit outil, Auto-Tune the News (Remixe les infos en français dans le texte), qui permet à tout un chacun de détourner des reportages TV en y superposant des montages de sons, avec le logiciel de correction musicale Auto-Tune. Comme "Bed intruder song", un remix de reportage qui montre Antoine Dodson interviewé par une chaîne TV suite à un fait divers (l’intrusion d’un inconnu dans la chambre de sa sœur). Un témoignage qui va le propulser en superstar du web lorsque les Gregory Brothers transforment ses paroles en une mélodie hip-hop vraiment efficace. Plein d'internautes ont été prêts à la voir - et la payer en ligne - une fois qu'elle était disponible sur iTunes - CQFD. Je vous laisse le plaisir de déguster cette mise en bouche...

"La propriété c'est le vol"

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De détournement satirique à piratage, il n'y a qu'un pas. J'ai eu la chance, cette semaine, de voir en avant-première le documentaire "Pirat@ge", réalisé par les journalistes Étienne Rouillon (magazine "Trois couleurs") et Sylvain Bergère, diffusé le 15 avril sur France 4 (1). Pour la première fois, un docu retrace l'histoire du piratage, avec un parti-pris du côté des hackers, parfaitement assumé. "A quoi ressemblerait Internet sans les pirates ? Au Minitel ! Depuis cinquante ans, des petits génies ont façonné le web, souvent en s’affranchissant des lois. Des pirates ? Ils sont à la fois grains de sable et gouttes d’huile dans les rouages de la grosse machine Internet". Voilà le postulat des auteurs de ce docu.

Un docu malin, forcément un peu brouillon à force de vouloir englober tout ou presque de la culture du hacking (en effleurant l'hacktivisme et les engagements citoyens qu'il implique) en 1 heure 30, parfois en surface. Mais il offre une plongée assez passionnante dans cette culture des flibustiers des temps modernes, apparus dans les années 80 - bien avant l'Internet. Dès 1983, lorsque lorsque les premiers ordinateurs font leur apparition dans les foyers (remember l'Apple I de Steve Wozniak et Steve Jobs en 1976...), les hackers font leurs débuts en essayant de casser les protections anti-copie ou en détournant les règles des jeux informatiques. Ils font leur le dicton de Pierre-Joseph Proudhon, "La propriété c'est le vol".

Dans un esprit très post-70s, l'éthique du hack, élaborée au MIT (mais que l'on peut retrouver dans le Hacker Manifesto du 8 janvier 1986), prône alors six principes:

  • L'accès aux ordinateurs - et à tout ce qui peut nous apprendre comment le monde marche vraiment - devrait être illimité et total.
  • L'information devrait être libre et gratuite.
  • Méfiez-vous de l'autorité. Encouragez la décentralisation.
  • Les hackers devraient être jugés selon leurs œuvres, et non selon des critères qu'ils jugent factices comme la position, l’âge, la nationalité ou les diplômes.
  • On peut créer l'art et la beauté sur un ordinateur.
  • Les ordinateurs sont faits pour changer la vie.

Eh oui! Car dès ses débuts, le hacking a été théorisé au mythique MIT: "Au MIT, le besoin de libérer l'information répondait à un besoin pratique de partager le savoir pour améliorer les capacités de l'ordinateur. Aujourd'hui, dans un monde où la plupart des informations sont traitées par ordinateur, ce besoin est resté le même", résume ce billet chez Samizdat. Dans l'émission, Benjamin Mako Hill, chercheur au MIT Media Lab, ne dit pas autre chose: développeur, membre des bureaux de la FSF et Wikimedia, pour lui, "l’essence du logiciel libre est selon moi de permettre aux utilisateurs de micro-informatique d’être maître de leur machine et de leurs données".

Pour ce docu, Étienne Rouillon et Sylvain Bergère sont allés voir plusieurs apôtres du hacking, tel John Draper, hacker, alias "Captain Crunch", un des pionniers hackers en télécoms. Un détournement qui tient du simple bidouillage, mais qui a contribué à créer la légende, la blue box. Il s'agissait d'un piratage téléphonique qui consistait à reproduire la tonalité à 2600 Hz utilisée par la compagnie téléphonique Bell pour ses lignes longue distance, à partir d'un simple sifflet ! Une propriété exploitée par les phreakers pour passer gratuitement des appels longue distance, souvent via un dispositif électronique - la blue box - servant entre autres à générer la fameuse tonalité de 2600 hertz.

"Napster a ouvert la voie à l'iPod"

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Leur théorie ? Internet a été construit par des hackers pour faire circuler l'information. Mais peut-être Internet a-t-il marqué la fin du hacking et son éthique d'origine. Car avec Internet, après l'ère idéaliste d'un Internet libertaire, l'industrialisation des réseaux prend vite le dessus. Les pirates du net, cybercriminels et contrefacteurs en ligne prennent le pas sur les hackers, la confusion est largement entretenue...

1999: Napster, cette immense plateforme d'échange de fichiers musicaux en ligne à tête de chat, débarque sur la Toile. Elle est fermée deux ans après mais a ouvert une brèche: le partage de fichiers musicaux entre internautes. "Napster a ouvert la voie à l'iPod", ose le documentaire. Vincent Valade bidouillera eMule Paradise - presque par hasard, comme il le raconte aux auteurs du docu, encore étonné. Sa fermeture avait fait grand bruit - initialement simple site de liens Emule, Vincent Valade est poursuivi pour la mise à disposition illégale de 7 113 films, son procès doit avoir lieu cette année. D'autres s'engouffrent dans la brèche, comme The Pirate Bay, entre autres sites d'échanges de fichiers torrents.

Les industriels de l'entertainment s'emparent aussi de ce modèle naissant. TF1 - face au piratage massif de ses séries TV ? - lance sa plateforme de vidéo à la demande - payante bien sûr, à 2,99 euros puis 1,99 euro l'épisode. "C'était un projet de marketing. C'est mon job", lance face à la caméra Pierre Olivier, directeur marketing de TFI Vidéo et Vision. Rires dans la salle.

Hacktivisme journalistique

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Et aujourd'hui? Le culture hacktiviste a imprégné plusieurs pratiques: dans le domaine du logiciel libre bien sûr, même si le docu aborde à peine ce sujet. Mais elle rayonne aussi sur de nouvelles pratiques journalistiques. Indymedia, né en 1999 pour couvrir les contre-manifestations de Seattle, lors de la réunion de l'OMC et du FMI, fut un des précurseurs: ce réseau de collectifs, basé sur le principe de la publication ouverte et du "journalisme citoyen" en vogue au début des années 2000 ("Don't hate the media, become the media"), permet à tout un chacun de publier sur son réseau.

De jeunes médias expérimentent des méthodes d'investigation en ligne, comme le site d'information Owni (dont j'ai déjà parlé ici et là notamment). Qui a pour particularité de compter dans ses équipes autant de développeurs que de journalistes - voire des jeunes geeks qui ont le double profil. Son dernier fait d'armes: cette enquête, et sa révélation selon laquelle Orange aurait "monnayé" son implantation en Tunisie en surévaluant sa participation dans une société détenue par un gendre de Ben Ali. Ici, plus d'enquête sur le terrain ou de rendez-vous avec des informateurs: le jeune journaliste Olivier Tesquet et Guillaume Dasquié (journaliste précurseur de l'investigation en ligne, qui s'est fait connaître au début des années 2000 avec Intelligence Online, une lettre professionnelle consacrée à l’intelligence économique), s'appuie sur des documents officiels (comme le rapport d''activité 2009 d'Orange), et d'autres plus confidentiels, et est illustré a renfort de copies de ces documents et de visualisations, datajournalism oblige.

Un vent nouveau dû à l'éclosion ces derniers mois de Wikileaks - là encore, son impact est effleuré dans "Pirat@ges" - dont l'ADN réside dans l'ouverture des frontières numériques - rendre accessibles à tous des données publiques, et son double, OpenLeaks. Car Wikileaks a instauré la "fuite d'informations" en protégeant ses sources, et a remis au goût du jour la transparence et le partage de données si chères aux premiers hackers. Au point que, courant 2010, les révélations de WikiLeaks ont été relayées par une poignée de grands quotidiens nationaux (dont Le Monde), qui en ont eu l'exclusivité, au prix de conditions fixées en bonne partie par Julian Assange, comme j'en parlais dans cette enquête pour Stratégies.

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Parmi les dignes successeurs des premiers hacktivistes, citons bien sûr les Anonymous, des communautés d'internautes anonymes qui prônent le droit à la liberté d'expression sur internet (j'y reviendrai dans un billet ultérieur...). Une de leurs dernières formes d'actions (évoquées sur la page Wikipedia dédiée) rappelle bien celles des premiers hackers: les attaques par déni de service (DDOS) "contre des sites de sociétés ciblées comme ennemis des valeurs défendues par le mouvement". Ce fut le cas avec le site web de Mastercard en décembre 2010, qui avait décidé d'interrompre ses services destinés à WikiLeaks.

... et hacking culture de masse

La donne a changé: le hacking n'est plus l'affaire de seuls bidouilleurs de génie. L'arrivée de plusieurs industries de l'entertainment sur le numérique, et de nouvelles barrières sur les contenus mis en ligne, implique que tout le monde est aujourd'hui concerné par le piratage numérique. Comme des Mr Jourdain qui s'ignorent, nombre d'internautes ont déjà été confrontés, de près ou de loin, au piratage numérique, en le pratiquant (qui n'a jamais téléchargé illégalement de films, de musique ou de logiciels ?), ou y étant confrontés (fishing).

De culture underground, le hacking frôle la culture de masse, avec une certaine représentation cinématographique, entre Matrix, Tron, Millenium et Lisbeth Salander, geekette neo-punk qui parvient à rassembler des données personnelles en ligne en un tournemain..

Et bien sûr The social network, qui a fait de la vie du fondateur de Facebook un bioptic. Qui a même sa version parodique, consacrée à... Twitter. En bonus, un petit aperçu du trailer de "The twitt network" ;).

Car Facebook, après tout, est un lointain dérivé de la culture du hacking, né d'une association de piraterie + industrie numérique: son fondateur l'avait créé en bidouillant un réseau local affichant les plus jolies filles de son campus... Mais pas sûr que Mark Zuckerberg ait retenu ces deux principes de la culture des hackers :

  • Ne jouez pas avec les données des autres.
  • Favorisez l’accès à l’information publique, protégez le droit à l’information privée.

(1) produit par MK2 TV avec la participation de France Télévisions, "Pirat@ge" sera diffusé sur France 4 le 15 avril prochain à 22h30

mardi 8 mars 2011

Futurise-moi.com = Meetic à la sauce ésotérique

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Un site - réseau social qui vous promet "une expérience qui permettrait de prévoir votre futur", et de trouver votre "sosie", votre double virtuel, dont "le passé peut être votre futur" : la promesse marketing de Futurise-moi.com, un site français qui vient juste d'ouvrir en version beta, est surprenante, et met vaguement mal à l'aise... Imaginez: ce réseau social vous promet de pouvoir rechercher votre "sosie existentiel", ayant le même parcours de vie, mais plus âgé que vous, donc avec davantage d'expérience. Et si cette personne avait aujourd’hui 55 ans et vous 30 et que de 0 à 30 ans vous aviez eu un parcours similaire ? Son passé entre 30 et 55 ans pourrait alors être votre futur…Voilà le postulat de base. Bon.

Le concept est plutôt fascinant : Futurise-moi ne se présente pas comme un site de rencontre, mais il a plusieurs caractéristiques d'un réseau social : un profil personnel que l'on est invité à enrichir, qui sera recroisé avec d'autres profils censés être proches, la possibilité de contacter d'autres membres au profil "proche" par e-mail, et d'avoir un groupe de contacts en ligne.

J'ai quelque peu froncé les sourcils en découvrant ce site, mais ni une ni deux, j'ai décidé de le tester cette sorte de boule de cristal virtuelle : la promesse est tellement gonflée que j'étais curieuse de le tester ;)

Une fois inscrit, pour compléter notre profil, on nous demande des éléments déjà très persos : date et ville de naissance, nationalité, sexe, situation maritale, enfants, ville, "déménagements" et villes habitées. Ensuite, l'internaute est invité à répondre à une première série de questions de base, mais qui annoncent déjà la couleur: êtes-vous majeur, avez-vous plus ou moins de 60 ans, êtes-vous retraité, avez-vous des enfants ou petits-enfants, "autonomes" ou "à charge", avez-vous un emploi... Viennent ensuite une kyrielle de questions psychos (délicieusement parsemées de fautes d'orthographe), pour déterminer vos "sphères" (sic) physique, cognitive et spirituelle, et donc votre parcours de vie, etc. Là, il faut s'accrocher au vu de l'étrangeté des questions : pour déterminer notre "sphère physique", viennent des questions surprenantes sur notre "dynamisme", notre "équilibre physique", nos "objectifs pour améliorer vos capacités physiques" ; côté cognitif, si l'on est "éveillé", "curieux"...

Etape suivante, on est invité à "ajouter une rencontre", en sélectionnant le lien avec cette personne dans une liste avec différents degrés relationnels et la "sphère relationnelle" (rencontre au boulot, en assoc, "enseignement", justice"... on apprécie au passage la novlangue qui est ici de rigueur), puis faire part de l'état de la relation au début puis à la fin. Et tant qu'à faire, on nous demande d'entrer les prénom et nom de ladite personne (ben voyons). Je fais simple, je choisis "conjoint" (un de mes ex- donc), et m'"efforce de "qualifier la relation" en choisissant dans une liste de termes "attraction" au début, "rupture" à la fin. sur le même principe, on nous invité à entrer nos "relations", avec bien évidemment nom et prénom, et lien relationnel.

L'idée, en ajoutant progressivement des relations (donc en continuant de remplir ces formulaires en ligne) étant de décrire en ligne notre "sphère relationnelle", qui "marquent votre vie et influencent fortement son cours. Vos faits marquants futurs sont peut-être les faits marquants passés de quelqu'un d'autre", nous affirme-t-on carrément, en guise d'explication, sur le site. On nous invite également à entrer des "faits marquants".

Algorithme Google puissance 1000

Enfin, étape très attendue, le clou du spectacle : "vos matches". Car voilà la promesse, le vernis scientifique de Futurise-moi.com: un algorithme est censé définir votre vie en fonction des réponses données pour voir qui a le parcours de vie qui vous correspond le plus. "Notre algorithme déterminera alors votre profil, et notre moteur de recherche vous proposera des sosie existentiels qui vous correspondront le plus", promet Futurise-moi. On peut alors solliciter ces "sosies" pour comparer les expériences.

Alors forcément, je me suis interrogée sur cet incroyable algorithme : imaginez, c'est un Google puissance 1000, que l'on n'aurait osé imaginer dans nos rêves les plus fous ! En fouillant un peu sur le site, on apprend que "cet algorithme a été mis au point à la suite de recherches sur les comportements humains. L’auteur vous propose de tester sa pertinence et son exactitude. Bien évidemment l’algorithme évoluera en fonction des résultats constatés". Il s'agit donc d'un outil évolutif... Manque de bol, Futurise-moi ne communiquera jamais sur ce sujet. est-il indiqué en gras dans les FAQ du site - voilà qui est embêtant.

"Sosie existentiel"

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Dans la rubrique "matches", donc, on me conseiller bien sûr de compléter au max mon profil, et d'inviter tous mes contacts à s'inscrire sur Futurise-me.com: forcément, j'aurai plus de chances de "trouver mon sosie existentiel", me promet le site. Et donc je découvre mes "sosies virtuels" potentiels: ce n'est pas encore gagné, puisque Chloé, Catherine, Sylvain, Aurore, Denis, Grégory... sont mes doubles virtuels à hauteur de 11,85% pour presque tous d'entre eux (vous admirerez la rigueur toute scientifique du pourcentage). Re-manque de bol, je ne saurai rien sur eux, je peux juste les contacter en leur envoyant un message...

A terme, ce site doit permettre d'avoir une base de données qui facilite la rencontre de personnes qui se correspondent - à condition d'avoir une base de données importante, qui sera hyper-qualifiée au vu de la batterie de questions auxquelles l'internaute est invité à répondre. On sera curieux de voir ce qu'on feront les concepteurs du site, même s'ils promettent une confidentialité absolue sur le traitement des données. Au fait, qui est à l'origine de ce site saugrenu ? Loin d'être une start-up qui se rêverait un avenir à la Facebook en devenir, c'est une société de conception de sites web, l'agence Révolutions (filiale du groupe Leo Burnett France, Publicis Groupe), qui a lancé Futurise-moi.com.

Bon, ce type de site me laisse perplexe, avec un vague arrière-goût de délire ésotérique à la sauce 2.0: c'est cool, maintenant, après les plates-formes pour se faire des amis, pour flirter ou pour échanger des connaissances pointues, en voilà une qui vous promet de vous dire votre avenir. Alors là, un site qui me promet de me trouver mon double virtuel, par la seule grâce d'un réseau social qui croiserait les données persos de ses membres grâce à un mystérieux algorithme... Enfin, peut-être est-ce l'avenir de la voyance.

mardi 5 octobre 2010

Kim Kardashian, incarnation de ces "vraies-fausses" people nées sur le Net

Kim Kardashian

Vous n'avez jamais entendu parler de Kim Kardashian ? C'est normal. J'ai trouvé ça marrant d'en parler ici, d'autant que cette jolie poupée incarne à la perfection cette nouvelle espèce mutante, qui s'accélère avec le Net et la télé-réalité: les semi-people. Elles ne sont ni actrices, ni chanteuses, n'ont pas de talents particuliers, mais parviennent à obtenir un semblant de notoriété.

Il y a une dizaine d'années, on a vu apparaître les premiers d'entre eux en France dans "Loft Story" en 2000, avec les Jean-Edouard, Laure de Lattre, et autres Loana, pour certains intégrés dans les médias depuis (comme Steevy), pour d'autres bouffés par le système people (Loana), ou retombés dans l'anonymat. Mais ils étaient finalement assez mignons, spontanés.

Ils étaient bien loin des personnages des émissions de télé-réalités de maintenant, à l'image caricaturée , façonnée: prenez les personnages assez hallucinants de l'émission "Dilemme", comme en parlait très bien Guy Birenbaum dans son billet. Leur objectif: être connus, et rentabiliser au mieux leur (courte) vie médiatique.

Héritière bling-bling, télé-réalité, sex-tape...

Sa bio sur Wikipedia est encore maigre, et elle ne sera probablement qu'une (demi)-star filante. Il m'empêche, Kim Kardashian a appliqué à la lettre toutes les bonnes recettes de la semi-people, comme Paris Hilton, dont elle fut un temps la protégée, de manière très industrialisée, à l'américaine. Démonstration.

Premier point commun, la poupée gonflée bimbo (un peu ) retouchée est elle aussi héritière : bon, moins riche que sa copine Paris, mais son père fut tout de même l'avocat d'O.J. Simpson.

Elle aussi est née médiatiquement via une émission de TV réalité: mais elle a fait mieux que Paris, qui se contenter de sillonner l'Amérique profonde avec son ex-meilleure amie Nicole Richie dans "The Simple Life". Kim Kardashian a carrément joué en famille la comédie (un peu trash) dans une émission de télé-réalité, "L'incroyable famille Kardashian", diffusée sur MTV, avec ses deux soeurs, Kourtney et Khloé. Une mise en scène de la vie palpitante de leur vie quotidienne où elles baignent dans le luxe (à défaut de luxure, peu diffusable sur la chaîne pour ados), entre Miami et Los Angeles.

L'autre ingrédient ? Une sex-tape, bien sûr, tournée avec le chanteur R&B Ray-J (de son vrai nom William Ray Norwood Jr), qui a filtré "par erreur" en 2008. On le sait, c'est un passage obligée pour toute people aspirante: cette vidéo volée des ébats est en passe de devenir une véritable industrie, avec des vidéos parfois revendues à prix d'or. Là, l'image qui tremble, le flou donnent un aspect «paparazzé» à l'image. Le public a l'impression de faire intrusion dans la vie privée du people (à peu près) pris en flagrant délit: exactement comme dans la presse people.

Pour donner le change, elle présente ensuite ses excuses (c'est bien connu, les Américains adooorent les mea culpa publics), mais l'objectif est atteint: elle a fait scandale, le grand public a découvert sa sculpturale plastique dans une vidéo "amateur" - elle est connue.

Chic parisien

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Pour lui apporter un vernis plus glam' et haut de gamme, elle décroche ensuite des shootings photos pour Playboy et, plus chic, pour Allure en septembre.

Et enfin, cerise sur le gâteau, le 22 septembre, elle s'offre un voyage à Paris, avec voyage en jet privé, descente au Ritz, visite des musées avec un guide personnel... Là encore, tout pour lui assurer un vernis de star. Auparavant, son entourage a pris soin de transmettre son agenda au détail près aux médias. Là encore, la même technique que son modèle Paris Hilton...

Résultat: couverture médiatique garantie, dans la presse people tout comme dans la presse plus "sérieuse" - même Première.fr assure la couverture. Son passage à Paris donnera cette interview quelque peu surréaliste avec Mouloud, l'humoriste de Canal.

L'objectif, c'est bien de romancer sa vie, en lui donnant une touche plus chic par ces premières publications dans la "grande presse" et un passage à Paris - comme une vraie people.

Par la même occasion, elle déclame à la presse vouloir devenir une "chef d'entreprise", en commercialisant son parfum, ses produits diététiques.. Ou comment Kim Kardashian espère devenir elle-même une marque.

mercredi 18 août 2010

"So long" le Web ? (C'est "Wired" qui le dit)

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Le Web est mort, vive Internet ? En tous cas, c'est 'Wired'' qui le dit, dans un article (avec le graphe qui va bien) publié en ligne hier, signé par le patron du magazine, Chris Anderson... Comme il l'espérait :) il n'a pas manqué de provoquer un afflux de réactions sur la Toile.

Déjà en juin, au salon All hings Digital, Steve Jobs, le patron d’Apple annonçait crânement que c'était bientôt la fin de "l’ère des ordinateurs de bureau", remplacée par celle des terminaux dédiés à certains usages.

Le XML se substitue au HTML

On en est peut-être pas si loin, à en croire le magazine. Car c'est là le grand changement induit par les outils nomades connectés à Internet- smartphones, tablettes tactiles, netbooks - qui se sont multipliés ces derniers mois. Plus besoin de surfer sur le Web, d'y mener de fastidieuses recherches: Apple a inauguré les applications mobiles, qui nous permettent d'accéder en un clin d'oeil à des contenus et services ciblés sur Internet. Alors que jusqu'à il y a peu, à l'ère du Web old school, il fallait passer uniquement par des pages web en http:// pour y accéder.

Et de souligner: l’Internet est la véritable révolution, aussi importante que l’électricité; ce que nous en faisons est encore en train d’évoluer. En passant de votre ordinateur à votre poche, la nature du Net se transforme.

Wired s'est basé sur une étude publiée récemment par l’institut Cisco, qui a mesuré le ratio des différents usages dans le trafic global du réseau. Résultat: le web ne représente plus que que 23% du trafic, soit autant que les échanges en peer to peer. Désormais, la vidéo en ligne représente plus de 50% du trafic sur Internet - certes, la généralisation du haut débit aide...

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Source: Wired

Pour reprendre un de ces schémas que Wired affectionne, les applis remplace(ro)nt donc le navigateur, le modèle éco du freemium (gratuit +premium) le tout-gratuit, le XML le HTML...

Croissance du trafic Web

L'analyse de Wired est polémique, donc forcément un peu biaisée :) Alors que l'étude de Cisco se base sur des pourcentages, et non sur le quantitatif, comme l'a pointé Nick Bilton dans le New York Times. En clair, la jolie thèse de Chris Anderson s'effondre comme un château de cartes en omettant la croissance du trafic web.

De fait, comme le souligne Frédéric Filloux dans son article sur Slate, "le trafic total mesuré sur internet en 1995 était de 10 téraoctets. Dix ans plus tard, il a été multiplié par 10.000, et on estime que d’ici la fin de l’année 2010, il atteindra 7 millions de téraoctets. L’augmentation du trafic touche donc tous les domaines, le web y compris, même s’il progresse moins vite que la vidéo ou les applications, par exemple".

Idéologie

Mais pour Chris Anderson, les faits sont là: en privilégiant l'utilisation des "applis", les internautes adhèrent de facto au modèle fermé et propriétaire créé par Apple avec ses applis iPhone - et tant décrié, au point que l'on a pu soupçonner Steve Jobs de virer réac' . Alors que par essence, les pages web sont ouvertes, puisque leur code est consultable...

mercredi 21 juillet 2010

Twitter, incarnation d'un (nouvel) idéal de transparence politique ?

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On pourrait y voir la nouvelle marotte des politiques, un des outils (joujoux ?) tech qu'il est de bon ton d'exhiber. Parce que l'outil de microblogging Twitter est un peu moins connu que Facebook - "en être" vous classe d'emblée dans la catégorie des avant-gardistes. Mais son utilisation même fait débat chez les politiques.

Ce matin encore, sur France Inter, François Hollande ne voyait pas trop de problème à ce qu'un député rompe le huis-clos d'une séance en commission parlementaire par tweets interposés.

No tweets sur les retraites cette semaine

Parce que justement, hier, c'était le branle-bas de combat: l'UMP et le Parti socialiste réaffirmaient vouloir garantir un débat à huis-clos sur les retraites, sans Twitter. Pas question que, en plein débat sur le polémique projet de loi sur les retraites, quelque élu s'avise de raconter minute par minute ce qui se disait dans la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée...

De fait, hier, le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie, a décrété le huis-clos sur la réforme des retraites, pour préserver le sérieux et le "naturel" des débats sur les retraites.

Pour rapporter la teneur des débats, censés durer jusqu'à vendredi, 3 points de presse sont prévus chaque jour par la majorité et l'opposition. Une forme de communication classique, donc.

Et c'est promis, les députés ne tricheront pas en twittant. Le groupe socialiste a bien débattu de cette option, "et nous avons décidé de ne pas le faire", a déclaré mardi matin la députée PS Marisol Touraine. Et d'ajouter: "Je ne sais pas si des individualités s'affranchiront de notre décision collective mais, nous, ça nous semble relever du gadget et nous tenons à ce qu'il y ait une discussion de fond entre deux projets", relevait l'agence Reuters.

Rompre ou pas le sacro-saint huis-clos parlementaire ?

A première vue, c'est logique. Le huis-clos est un des fondements démocratiques et une des bases des règles de fonctionnement de l'Assemblée.

Dans le cas du débat sur les retraites, est-ce une bonne idée ? La réforme des retraites touche à l'avenir de notre système de retraite, de notre société, de la nécessité de trouver un système juste pour tous... Après tout, le gouvernement ne s'est pas privé de s'offrir de pleines pages de pub dans les principaux quotidiens nationaux pour vendre "son" projet de réforme, avant même qu'aient commencé les débats parlementaires.

Certes, les 50 heures de débats publics seront ouverts à la presse. Le débat à huis-clos, sur les amendements, " a toujours été sans présence de la presse, rien n'a changé", expliquait Pierre Méhaignerie sur LCI. A l'inverse, le député UMP Lionel Tardy a dénoncé un procédé "anti-démocratique".

Du coup, faut-il craindre les SMS et autres messages Twitter pendant ces trois jours de débats? "Ce n'est pas incompatible avec le huis clos", a reconnu Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée. Et de glisser: "désormais tout ça est totalement à la mode".

La tentation du piratage

En clair, il y a un certain vide juridique. Et il y a fort à parier que certains médias cèderont à la tentation de suivre une séance en huis-clos par un de ces moyens électroniques... Avec la complicité active de parlementaires, trop heureux de jouer les pirates par la même occasion.

Dommage pour Marisol Touraine, plusieurs députés socialistes ont joué les rebelles en tweetant furieusement, Sandrine Mazetier (@S_Mazetier) et Gaëtan Gorce (@GGorce) en tête - on remarquera que ce dernier est inscrit sur Twitter depuis... hier, le 20 juillet ;) - racontant dans les moindre détails les débats animés entre le ministre du Travail, Eric Woerth, et l'opposition .

La mode de la transparence ?

Pour quelle raison ? Cela permet aux députés de se distinguer, de prendre une posture "rebelle", au nom de la "transparence". Une vertu un peu éternelle, récurrente, et délicieusement hypocrite en politique, pour laquelle Twitter devient un nouveau support, comme le montre très bien Olivier Cimelière dans ce billet publié sur ''Owni''.

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C'est sûr que Twitter a effectué une irruption en force dans les travées et les réunions de l'Assemblée, permettant à des parlementaires de rendre public ce qui était censé être privé. Le phénomène s'amplifie, au-delà des coups d'éclats individuels qu'ils constituait, pour les premiers députés qui s'y risquaient. Comme le 30 juin dernier, lorsque le député UMP Yannick Favennec a relayé l'annonce par le chef de l'Etat d'un remaniement ministériel en octobre.

Ou lors de l'audition de Raymond Domenech après la déroute des Bleus au Mondial. Là le député UMP Lionel Tardy, blogueur et twitterer invétéré (désolée, j'ai encore du mal à employer le terme "twittos"), a tweeté... Avant d'être contraint de s'interrompre, au bout de quelques minutes, étant relayé par le député Yvan Lachaud. Mais l'objectif était atteint: il ont pu lâcher quelques tweets.

Source d'un nouveau genre pour les médias

Du même coup, ces tweets non-autorisés devienne une source d'un nouveau genre pour les médias. Qui y trouvent parfaitement leur compte. Lors de l'audition de Domenech, LeMonde.fr a repris les tweets des deux députés, ce qui lui a permis de présenter une sorte de ''live'' de cette audition. Au grand dam de ses concurrents - les journalistes du service sport de 20 Minutes n'étaient pas ravis ce jour-là...

Encore hier, Le Monde a mis en ligne sur son site des extraits de transmissions sauvages, grâce à un membre de la Commission qui avait bien voulu laisser son portable branché.

Provoc'? Carrément. Aucun scoop dans ces bribes d'échanges de la Commission. C'est juste une manière de monter aussi que cela reste possible - pour l'heure, le quotidien n'a pas été poursuivi ou sermonné.

Dans ces deux cas, il s'agit d'éléments bruts portés à la connaissance du lecteur. Pas grave s'il y a peu de révélations, comme je le disais plus haut, cela permet au média de monter qu'il a pu le faire. Si c'est une vraie info, il y aura tout de même le travail de recoupement derrière: Une info reprise peu après dans une "alerte" de l'AFP avant d'être recoupée et confirmée par d'autres députés ayant participé au déjeuner. Dès lors, Twitter s'imposait comme possible source d'informations pour les journalistes - à condition qu'ils ne la recoupent par la suite. Le tweet de Yannick Favennec a ainsi été repris peu après dans une "alerte" de l'AFP avant d'être recoupé et confirmé par d'autres députés ayant participé au déjeuner.

dimanche 18 juillet 2010

Newsmap, un agrégateur d'infos sous forme de mosaïque

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Etonnant, cet agrégateur de sites d'informations, qui hiérarchise l'information sous un autre angle. Sur Newsmap.jp, pas d'agrégation linéaire d'infos comme sur Google News ou sur Netvibes. Si la source d'infos est classique (Google News), il se distingue par un design inhabituel, conçu par le designer Marcos Weskamp (marumushi.com).

International, Newsmap couvre la presse de 15 pays, dont l'Argentine, le Japon, l'Inde, le Brésil. Concrètement, l'interface de ce site se présente donc comme une mosaïque articulée autour de cases, avec différentes couleurs et différents codes. Pour affiner ses recherches, on peut personnaliser sa page une fois inscrit, ou juste en cliquant en bas sur les blocs (donc les rubriques) que l'on veut sélectionner.

Chaque couleur correspond à une rubrique (vert pomme pour éco, bleu foncé pour entertainment, rouge pour international, bleu pour sport...), la taille de la case indique le poids médiatique du sujet traité. Par exemple, en VF, l'affaire Bettencourt, la marée noire, les débuts de Secret Story, le décès de Bernard Giraudeau... constituent les sujets qui ont été lez plus traités par les médias. On passant sa souris sur telle ou telle case, une pop-up nous donne un résumé de l'actu, et le nombre d'articles qui l'on traitée.

Miroir biaisé

Alors forcément, ce miroir est un peu biaisé. Cette carte apporte un éclairage particulier sur le traitement de l’information dans les médias en général, mais aussi sur l’impact des moteurs de recherche et agrégateurs de news, dans la façon par laquelle ces actualités nous sont restituées sur Internet.

On aura tendance à croire que les sujets figurant en gros - sur lesquels se sont le plus focalisés les médias - font le plus l'actu, donc sont les plus importants. Ce qui est loin d'être toujours le cas: c'est une lapalissade, les médias contribuent un certain selon l'importance que eux vont donner à l'actu, voire, selon ce que leurs lecteurs seront supposés avoir envie de lire.

lundi 24 mai 2010

8th Wonderland, esquisse d'un Etat virtuel

8th wonderland

Quelques internautes qui occupent des fonctions-clés (journaliste, traductrice, responsable informatique dans des services secrets...) dans plusieurs pays, qui sont membres d'un réseau social très privé. Lequel leur permet de tchater, et de monter progressivement des actions communes très politiques, au point de devenir progressivement un contre-pouvoir, et même, un pays virtuel... Avec le même désir d'améliorer le monde, de ne plus subir l'actualité sans pouvoir réagir, elles créent le premier pays virtuel. Chaque semaine, tous ses habitants votent par référendum une motion différente.

C'est la trame de 8th Wonderland ("la 8ème merveille du monde"), un premier film indé français, réalisé par Nicolas Alberny et Jean Mach, sorti il y a une quinzaine de jours. Certes, ce film de politique-fiction high-tech souffre d'incohérences dans le scénario, et de concepts pas toujours suffisamment aboutis. Il n'empêche, cette mise en pratique du concept de cyberdémocratie est assez vertigineuse, car finalement pas si irréaliste que cela.

Cyberdémocratie

Une communauté d'internautes du monde entier pourrait-elle acquérir une influence sur l'ordre mondial actuel, en contestant des décisions politiques et économiques des États? A tout moment, 24 heures sur 24, ses internautes se parlent constamment entre eux.

Avec pour outils des motions et votes au suffrage universel organisés en temps réel, ou encore un impôt symbolique mais suffisant pour mettre au point des opérations politiques, 8th Wonderland, une sorte de méga-intranet, esquisse-t-il un système alternatif de gestion politique décentralisé ? C'est la thèse (révolutionnaire ?) que laisse entrevoir ce film.

Les tchats sont représentés à l'écran devant un tourbillon d'images des internautes-membres. Pour cela, la production a recouru à une interface en 3D : un carrousel de vidéos qui s’adressent les unes aux autres, souligne Jean-Noël Lafargue dans ce billet très documenté.

Malins, les producteurs ont creusé la mise en abyme en assurant plusieurs relais en ligne pour ce nouveau monde virtuel : doté de son site bien sûr, 8th Wonderland a aussi sa page Facebook, son fil Twitter, et même des mails envoyés par son ambassadeur David aux "citoyens" de 8th Wonderland.

Les Yes Men, Facebook, Wikileaks pour modèles

La story de ce film n'est pas sans évoquer l'univers des Yes Men, ces potaches très radicaux qui utilisent le canular (et internet pour média) pour montrer les insuffisances des grandes sociétés capitalistes. Les premières actions des citoyens de 8th Wonderland rappellent cet esprit potache anar: avec l’installation de distributeurs de préservatifs dans les églises de la cité du Vatican, ou encore l’édition d’une bible darwiniste.

Mais 8th Wonderland - filmé en 2007, le détail est important - rappelle aussi de manière un peu vertigineuse Facebook... Qui, après tout, constitue une communauté en soi, avec ses rites, ses codes, ses groupes... Il y a même eu un éphémère président-fantoche autoproclamé en septembre 2007, un certain Arash Derambarsh, auquel les médias ont cru un temps... Comme dans 8th Wonderland

Ou encore, il évoque furieusement WikiLeaks, un site d'analyse politique et sociétale, sécurisé, qui vise à rendre visibles des fuites d'informations, notamment des "régimes d'oppression en Asie, aux États-Unis, l'ancien bloc soviétique, l'Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient", tout en protégeant ses sources.

vendredi 12 mars 2010

La French Connection #50 : faut-il acheter l'iPad ?

Pour ce 501ème billet (eh oui ! Et ce blog fête ces 3 ans... on ne voit pas le temps passer), mise en ligne avec un petit peu de retard de la 50ème de la French Connection (c'est la journée des chiffres ronds... pur hasard ;), enregistrée vendredi dernier.

Au programme : avant tout l'iPad d'Apple, dont la commercialisation est annoncée aux US début avril. Faut-il l'acheter ? D'ailleurs, pour quels usages ?...

mercredi 24 février 2010

Les ados américains dopés à l'Internet non-stop

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Source image : Flickr/Louise Merzeau (sélection officielle du Mois de la Photo, Paris, 2008)

Les ados d'aujourd'hui seraient-ils des (futurs) drogués aux écrans ? Je ne parle pas des écrans télés, qui était la drogue des ados de ma génération - et qui serait en passe de devenir has-been aujourd'hui. Non, je parle des écrans d'ordinateurs, laptops, netbooks et autres smartphones.

Encore la semaine dernière, cette étude de Pew Internet and American Life Project a beaucoup fait jaser (et gazouiller ;) sur le sujet. D'après celle-ci, les ados américains délaisseraient les blogs au profit des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter : seulement 14% déclarent avoir blogué en 2009, alors qu'ils étaient 28% en 2006.

"Si vos enfants sont réveillés, ils sont probablement en ligne", titrait le 20 février, avec un humour grinçant, le New York Times. Et de citer une étude de la Fondation Kaiser, d'après laquelle les ados sont de véritables nerds en puissance. D'après cette étude, réalisée auprès de 2 000 collégiens et lycéens (entre octobre 2008 et mai 2009), les 8-18 ans consacrent en moyenne 7 heures et demie à leur écran d'ordinateur, netbook ou smartphone - au-dehors des heures d'école. Soit une heure de plus qu'il y a 5 ans, année de l'étude précédente. Il faut dire qu'ils sont assez (sur)équipés : parmi les ados sondés, 7 sur 10 avaient une télé dans leur chambre, et à peu près un tiers un ordinateur doté d'une coeexion Internet dans leur chambre. Et encore, cette étude a été réalisée un peu avant que les smartphones ne se développent chez les ados.

En clair, ils passent plus de temps sur leurs écrans que leurs parents sur leur lieu de travail ! Qui plus est - mais cela a déjà été dit, dont par mon confrère Jean-Christophe Féraud - cette génération de digital natives a pris l'habitude à 'être multitâches en quelque sorte : envoyer des SMS tout en étant sur Facebook, et/ou le chat Facebook, MSN, son blog, consulter ses mails sur Gmail, tout en regardant un clip sur son iPod... Et encore : l'étude de Kaiser a été menée avait l'incursion de Twitter...

La fonction qu'utilisent le moins les jeunes sur leur téléphone portable ? La voix ! Tellement plus simple d'envoyer des SMS ou de chater, comme le montrait le film "LOL" - so bobo ;), mais assez réaliste sur l'usage des technos par les ados. Et le seul moyen de communication dont l'usage n'a pas augmenté est... le papier imprimé.

En fait, ils se serviraient davantage de leur portable multifonctions comme réveil, comme radio, comme sorte de méga-clé USB pour stocker notamment des fichiers MP3 (et donc pour écouter de la musique)... Il faut dire que les nouvelles générations de smartphones sont d'une facilité d'utilisation assez diabolique, grâce à des interfaces de plus en plus intuitives. Les dernières générations des Blackberry sont des modèles plus simples à utiliser qu'avant - du coup, ils commencent à envahir les cours de récré des collèges et lycées huppés - car souvent, papa et maman refilent leurs Bberry à leurs rejetons lorsque leur entreprise en reçoit un nouveau parc, comme l'expliquait ce papier des Echos.

Mais les autres modèles de smartphones de chez LG et autres Samsung, relativement bon marché et à l'interface - de plus en plus souvent tactile - bien agréable, ont aussi les faveurs des ados. Je mettrais le cas de la tornade iPhone un peu à part, encore trop cher pour nombre de djeuns. Mais clairement, mettez un iPhone entre les mains d'une petite tête blonde : c'est édifiant. Ma nièce de 4 ans 1/2 sait déjà ouvrir les applis comme une grande, et joue sur l'iPhone de son papa avec les jeux (pour enfants) qu'il y a installés. Ma soeur me racontait que sa fille avait déjà le réflexe de toucher l'écran d'ordinateur, le croyant lui aussi tactile.

Contrôle de la durée d'utilisation (à défaut du contenu ?) par les parents

Le contrôle du contenu par les parents ? Certes, il y a eu plusieurs initiatives des pouvoirs publics. J'aime bien celle-ci, qui vient d'être annoncée, avec 2025 ex machina , un serious game destiné à sensibiliser les adolescents. Dans son premier épisode, ""Fred et le Chat démoniaque", qui se déroule en 2025, on voit un certain Fred, un jeune trentenaire sur le point de décrocher un contrat publicitaire important, qui voit son contrat compromis par l'apparition d'une vieille photo de lycée compromettante sur le réseau social Amidami.net. A l'internaute de l'aider à effacer cette erreur de jeunesse. Dévoilé la semaine dernière, ce serious game pédago a été produit par l'éditeur Tralalere, avec le soutien de la Commission européenne et la participation du CNC, dans le cadre du programme Internet sans crainte. Les épisodes suivants, qui paraîtront progressivement d'ici à l'automne 2010, auront chacun pour thème un usage particulier du Net.

A côté de cela, clairement, c'est aux parents d'apprendre à leurs enfants à "bien" surfer sur Internet. Un ami me racontait récemment qu'il a accepté que sa fille pré-ado s'inscrive sur Facebook... A condition qu'il figure parmi ses "friends" et puisse contrôler ce qu'elle y fait.

Mais encore dernièrement, une étude du Pew Internet Project en avait alarmé bon nombre. D'après celle-ci, un ado sur sept muni d'un téléphoné portable déclarait avoir déjà reçu des photos plus que suggestives par SMS. Les mêmes chercheurs admettent que le "sexting" - que l'on voit aussi subrepticement dans le film "LOL" - fait désormais partie de leur culture. Car chez les ados, la photo dénudée peut être envoyée comme invitation, comme gage, ou... lors d'une rupture.

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Dans les faits, les parents peuvent difficilement contrôler ce que font leurs enfants sur leur ordi, qui plus est s'ils en ont un dans leur chambre. Les plus courageux, certes, installent un système de contrôle parental... Mais les spécialistes commencent à penser que le véritable contrôle que les parents peuvent exercer est celui de la durée d'utilisation. "Les parents peuvent continuer de fixer les règles du jeu, c'est cela qui fait la différence", explique un des chercheurs dans le papier du NY Times. Certes, c'est plus difficile de le faire sur l'ordinateur "perso" de leur enfant que sur l'ordinateur familial, mais ils continuent ainsi à jouer leur rôle de parents.

vendredi 12 février 2010

French Connection #45 : Apple fait table rase

Et hop, avec un peu de retard, une des dernières éditions de la French Connection sur LCI Radio, à laquelle j'avais participé (il y a 15 jours il me semble...). On y a parlé iPad (déjà...), Hadopi, et d'autres choses...

dimanche 7 février 2010

Foursquare : vers les (vrais) débuts du Web social mobile à la sauce 2.0 ?

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Vous en avez sans doute entendu parler, de Foursquare, cette sorte de réseau social mobile, par lequel chaque membre s'auto-géolocalise à partir de son application iPhone (ou Blackberry, ou Android), pour dire où il est à l'instant T : pour signaler un lieu qu'il aime bien, pour suggérer à ses contacts membres du réseau à proximité de le rejoindre, ou... par simple narcissisme ;)

En avertissant de leur présence dans tel ou tel lieu, les internautes gagnent des points, des badges, et ils peuvent même devenir le Maire virtuel de la ville. Il s’agit en fait d’un réseau social qui permet de signaler à ses amis où on se trouve, de se créer une nouvelle communauté (plus axée sur la mobilité), tout en jouant. A noter que ce service a déjà été lancé dans plusieurs capitales.

En fait, il y a déjà eu quelques tentatives (plus ou moins réussies) de réseaux sociaux mobiles, parfois avec une dose de géolocalisation : avec par exemple Mobiluck, Brightkite, ou encore le réseau social de rencontres Yuback. Mais là, ce qu'il y a de nouveau, est que l'on y ajoute une "couche" de recommandation (donc de l'info à valeur ajoutée) apportée par le mobinaute.

Alors, qu'est-ce que ça vaut ? Les premiers retours parmi les twitterers que j'ai sondés (encore merci à eux :) sont... variés : "faut laisser un peu de temps" pour voir, estime @ZaraA. "Gadget", tranche @ivalerio. A l'inverse, "marrant, potentiel marketing énorme" pour @Delorme ; "dire où l'on est une forme de signal social correspondant à une usage déjà répandu" sur d'autres réseaux sociaux (comme Facebook et Twitter) pour @palpitt...

Nouvel Eldorado pour les marques

Dans quoi réside le vrai potentiel ? Sans doute, déjà, le système de "badges" mais surtout les "tips", ces bons plans signalés par Foursquare, qui vont des autres bonnes adresses du service similaires (resto japonais, bar...) à celle où s'est localisé l'internaute, aux réductions et autres happy hours offertes, comme par exemple ceci -(merci @xmoisant pour le screenshot) :

Forcément, cela fait déjà saliver les agences de pub et les marques : "l'engagement des lieux via de la publicité ou des tips est puissant (vu beaucoup d'informations) à Chicago", explique, toujours sur Twitter, @xmoisant. De fait, en proposant une réduc sur mesure aux connectés à Foursquare, rien de tel pour cibler une nouvelle clientèle...

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Source image : @xmoisant

D'ailleurs, comme le signale Kriisiis sur son blog, Foursquare permet aux entreprises (siège social, bar, resto...) de se géolocaliser d'elles-mêmes, pour permettre aux clients (potentiels) de les retrouver. Du me^me coup, elles se positionnent comme early adopters. Et, last but not least, elles peuvent y faire du marketing (très) ciblé, via l'API de Foursquare : "ce qui peut vous permettre de récupérer un grand nombre d’informations au sujet des « foursquare-users » qui visitent votre organisme. Quel trajet ont-ils fait avant et après leur passage chez vous ? Que visitent-ils, et donc, quels sont leurs centres d’intérêt ?...", précise Kriisiis.

Premières applis Foursquare customisées par des médias

Les médias commencent aussi à s'intéresser à cet outil de socialisation. Ca tombe bien, alors que tous cherchent à mettre une dose de Web communautaire, en ce moment, sur leurs sites. Le journal Metro du Canada a ainsi déjà noué, fin janvier, un partenariat avec la start-up new-yorkaise, me signale @eni_kao, pour ouvrir cette page co-brandée.

D'après le communiqué, Metro va ainsi ajouter son propre contenu éditorial au service de Foursquare, et ses services propres, comme un système d'alertes pour signaler aux membres d'autres membres à proximité. Une bonne manière pour Metro d'attirer la communauté de Foursquare :)

Mais comment rattacher cela à son activité première - le journalisme et l'actu ? L'argument est tout trouvé : "Metro has always offered readers the right information at the right time and place, and Foursquare lets us take that to the next level" ("Metro a toujours offert la bonne info au bon endroit, et Foursquare nous permet d'atteindre le niveau supérieur"), argumente Jodi Brown, directeur marketing et service Interactif de Metro Canada. mieux, Metro se lance du même coup dans les articles géolocalisés. Un exemple d'initiative à suivre...

Màj du 11/02 : merci à Owni et à Aaaliens pour les reprises / repérages :)

mercredi 3 février 2010

Les Sarkozy font retirer de la Toile les Simpson à leur effigie ?

Incroyable mais vrai. J'ai failli en renverser mon café ce matin, en écoutant la chronique de Stéphane Guillon sur France Inter. Comme il l'annonçait, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni semblent bien avoir fait retirer d'Internet le fameux épisode des Simpson où ils figuraient en guest stars, bien malgré eux, comme j'en parlais dans ce billet. Un épisode créé pour les 20 ans des Simpson, qui a été diffusé le 18 novembre dernier sur la Fox.

On y voyait Carla incarnant la vamp française, en robe de soirée violette, et Sarkozy dans son bureau à l'Elysée, un camembert devant lui. Un rien cliché, pas forcément très flatteur pour le couple présidentiel (mais qui a accepté de se peopoliser dès le début, faut-il le rappeler...).Néanmoins, ce n'est qu'un dessin animé !

En parcourant la Toile, on s'aperçoit bien que ce fameux épisode en bel et bien, semble-g-il, été retiré des YouTube et autres Dailymotion. A la place de la vidéo que j'avais insérée, j'ai ainsi droit à cet avertissement : "Nous sommes désolés, ce contenu a été retiré pour cause de non-respect des conditions d'utilisation". Susceptibilité excessive ? En tous cas, mine de rien, il y a là une certaine atteinte à la liberté d'expression...

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Le dessin animé que vous ne trouverez plus sur le Net ?...

Màj: comme on me le signale ici (parfois par des commentaires bien peu amènes, mais passons...), le dessin animé semble pouvoir être retrouvé assez facilement sur la Toile. Bref, suis allée trop vite en besogne, mea culpa ;) Du coup, je me demande si Stéphane Guillon lui-même n'est pas allé un peu vite ?

dimanche 13 décembre 2009

Sommet de Copenhague : blogs et WebTV militantes à l'ère du "Don't hate the media, become the media"

En plein sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague, où les politiques sont censés donner suite au protocole de Kyoto, il m'a semblé intéressant de diffuser quelques vidéos militantes, qui montrent que les ONG maîtrisent parfaitement l'art de la communication. Mais aussi, et c'est une des nouveautés par rapport aux sommets précédents, l'adage "Don't hate the media, become the media" prend toute son importance.

Car la Toile est devenue une véritable caisse de résonance, où tous les acteurs du Sommet vont tenter de convaincre l'opinion publique. Blogueurs, ONG, associations... ont leurs webTV ou leurs blogs, où ils présentent l'actualité du Sommet de leur point de vue.

Déjà il y a six mois, les ONG avaient préparé le terrain via Internet avec cette vidéo-teasing commune, pour rappeler les enjeux-clés du sommet, et appeler à signer l'Appel de Copenhague :

De manière assez classique, Attac propose en ligne ce véritable kit militant, un bon récapitulatif des différentes formes d'actions militantes que l'on a vues émerger ces derniers mois : lâcher de ballons noirs symbolisant la pollution, flash mobs, tracts "urgence climatique"...

Autre élément classique, des ONG diffusent des vidéos montrant leurs happening ou actions coups de poing, comme cette interruption de séance à l'Assemblée nationale par Greenpeace.

"Médias militants"

Mais la nouveauté, ce sont certaines ONG qui se dotent de leur propre "média" via Internet. Telle WWF, qui a carrément sa WebTV, "Inside Cop15", qui présente carrément un bilan quotidien du Sommet, et un plateau télé. Un petit reportage diffusé dans l'émission "Pop Com", sur Canal Plus tout à l'heure, était à ce titre très instructif. On y apprenait que ce sont carrément 20 militants qui sont mobilisés pour tenir cette WebTV. Etrange mélange des genres : on y découvre des "militants professionnels" qui jouent les reporters, caméras au poing. Forcément, l'avantage est qu'ils connaissent toutes les personnalités qui comptent. Mais mettent en ligne des interviews, forcément, orientées... En clair, ils pratiquent la communication au service d'une cause avec des formats journalistiques (plateaux TV, interviews...). Mélange des genres toujours, l'équipe a des conférences de rédaction quotidiennes, avec pour chef de production de WWF Martin Aktin... un ancien journaliste de la BBC, qui importe donc son savoir-faire de journaliste au service d'une cause militante. On découvre aussi Jacques-Olivier Barthes, reporter en journée, avant de reprendre sa casquette de dir' com' de WWF France.

Blogueur-militant

Autre exemple intéressant, celui de Florent, qui tient le blog Copenhague Inside, blog hébergé par LeMonde.fr. Son billet "La France joue-t-elle un double jeu dans les négociations", polémique, a généré 20 000 connexions sur LeMonde.fr. "Je me considère comme un éditorialiste", explique-t-il dans Pop Com, et l'on apprend que le blogueur est rémunéré par LeMonde.fr. Un blogueur par ailleurs militant d'une association, ce que ne savent pas forcément les lecteurs... Il faut aller sur "A propos de ce blog" pour apprendre qu'il est "membre d’une ONG internationale", la Global Coalition for Climate Action.

dimanche 29 novembre 2009

Un CV vidéo réussi : Florence Porcel, en recherche d'un contrat d'apprentissage

Si vous n'en n'aviez entendu parler, regardez cette vidéo... C'était le petit bu-buzz de la semaine au sein de la blogosphère. Florence Porcel (alias Fleur de Cent-Lys), jeune journaliste - artiste, cherche un contrat d'apprentissage en journalisme culturel... Et elle le fait savoir dans cette vidéo bien troussée, marrante, avec une dose d'auto-dérision.

dimanche 22 novembre 2009

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni dans Les Simpson

C'est le buzz politico-satirique de cette fin de semaine. Le dernier épisode en date des Simpson (qui fête ses 20 ans), diffusé aux US cette semaine, compter rien de moins que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni (dans leurs propres rôles) en guest stars ! Ils ont un petit rôle dans l'épisode intitulé "The Devil Wears Nada" ("Le diable s'habille en nada", référence au titre du roman de Lauren Henderson, "Le diable s'habille en Prada").

Le pitch : Homer Simpson est en voyage à Paris, comme assistant de Carl Carslon, son ami et collègue. Il se fait aborder par une vamp (Carla Bruni) lors d'un cocktail, qui séduit Carl. De retour à Springfield, Homer menace Carl de révéler à Nicolas Sarkozy avec qui il a joué à "cache la baguette". Et converse brièvement avec le président français.

Forcément, les clichés sont de mise : Carla incarne la vamp française, un rien nympho, revêtue d'une robe de soirée violette (la même qu'elle portait, 'dans le réel', le 11 mars 2008, alors que le couple présidentiel recevait le président israélien Shimon Perez à l'Élysée), et l'on voit brièvement Sarkozy dans son bureau à l'Elysée, un camembert devant lui.

Satire politique ? L'image du chef de l'Etat français ne sera-t-elle pas amoindrie, ou encore plus peopolisée, avec ce nouveau "guignol" ?...

dimanche 15 novembre 2009

Un documentaire d'Alfred Hitchcock sur la libération des camps de concentration mise à disposition sur la Toile

La vidéo est totalement inédite, sa découverte a dû surprendre nombre d'historiens... Et il y a fort à parier que la Toile et les réseaux sociaux vont s'imposer comme relais pour ce document historique d'une valeur inestimable. Lorsque j'étais étudiante en histoire et en sciences politiques, j'ai beaucoup travaillé sur le nazisme, alors forcément, cela m'intéresse d'autant plus...

J'ai découvert tout à l'heure via Twitter (merci @ Emery) ce document rare, une vidéo tournée par Hitchcock sur les camps de la mort en Allemagne. Une vidéo mise à disposition sur Google videos. Cette vidéo, tournée par les Alliés après la Seconde Guerre, a été diffusée ce mardi soir par la chaîne britannique Independent Television News. Elle est aussi présentée dans le cadre d'un véritable dossier interactif sur le site de PBS (Public Broadcasting Service, un réseau de télévision à but non lucratif disposant de 354 stations aux États-Unis).

Comme le relate PBS sur cette page, ce document sur la libération des camps de concentration allemands en 1945 a été monté à Londres cette année, et diffusée une première fois par Frontline en mai 1985. L'idée, pour les troupes alliées, était de donner à voir l'horreur qu'avaient subi les prisonniers dans les camps de concentration. Entretemps, il avait été perdu dans les archives britanniques. Alfred Hitchcock a aidé son ami le réalisateur Sidney Bernstein en supervisant le montage du documentaire.

A côté de cela, Hitchkock s'est confronté très tôt, dans ses films, au nazisme, même indirectement,notamment avec Correspondant 17 ou 'Les enchaînés''.


An Alfred Hitchcock documentary on the Nazi Holocaust

dimanche 8 novembre 2009

Maison d'édition de BD communautaire

Manolosanctis.JPG

Dans la lignée de l'affluence de blogs BD existant en France, la maison d'édition Manolosanctis a (enfin) eu l'idée de se lancer sur le mode Web communautaire.

Le concept : de la même manière que des sites comme MyMajorCompany pour la musique et Touscoprod pour le cinéma, les internautes inscrits peuvent s'improviser critiques de BD, suite à quoi les jeunes auteurs remarqués par cette communauté d'internautes-critiques auront peut-être la chance d'être publiés. Tous les mois, des albums parmi les plus populaires du site sont choisis par le comité de sélection pour être édités en version papier. Ouvert à tous (dessinateurs, amateurs ou professionnels), le site est aussi un bon moyen pour l'auteur d'apprécier la qualité de son œuvre : en publiant quelques planches, il pourra observer les premiers retours du public. Actuellement en version beta, Manolosanctis affiche environ 150 albums d'un niveau professionnel, sans qu'aucune sélection soit effectuée avant leur mise en ligne.

Bonne initiative, qui esquisse un nouveau modèle économique dans la publication culturelle, dans la lignée de ces diverses tentatives d'édition/publication réalisées avec des soutiens individuels, en contournant les majors du secteur...

vendredi 9 octobre 2009

Climat : le compte à rebours avant Copenhague, la campagne 'Beds are buning'...

Bedsareburning

Photo C. C.

Alors que se tiendra à Copenhague, en décembre, le sommet de l'ONU sur le climat, une campagne de com' prolixe est assez imposante a été lancée, essentiellement via la presse écrite et Internet. Pour mémoire, alors que les engagements de Kyoto prennent fin début 2013, le sommet de Copenhague doit être l'occasion pour près de 200 pays de s'accordrt sur de nouvelles mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.

A cette occasion, le président du Forum humanitaire mondial, Kofi Annan, a lancé la semaine dernière une pétition musicale en ligne, "Time For Climate Justice", pour que justice soit rendue au climat lors du sommet.

Pour sensibiliser les jeunes générations, une reprise de la chanson du groupe Midnight Oil, "Beds Are Burning", a été enregistrée avec la contribution de nombreuses personnalités françaises et internationales (Vincent Perez, Yannick Noah, Duran Duran, Scorpions...). Le titre en question est téléchargeable gratuitement sur toutes les grandes plates-formes musicales comme YouTube, ainsi que sur le site Internet de la campagne. Le tout s'accompagne de la publication d'une campagne de pub en presse écrite, avec des people 'engagés', comme Marion Cotillard... Vous aurez remarqué le tag 2D (relais encore peu utilisé) sur la pub print, qui renvoie vers le site officiel de la campagne.

J'aime bien cette campagne assez globale, qui se décline sur plusieurs media, mais aussi sous différents formats : print, clip, site officiel...


Beds Are Burning - TckTckTck Campaign (time4climatejustice)

mercredi 7 octobre 2009

Friendagorilla.org, un site pour protéger des gorilles, jolie démarche de l'Ouganda

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Devenir 'parrain' d'un gorille des montagnes ougandaises est désormais possible. Pour générer des revenus pour la conservation de cette espèce en danger, l'Ouganda a eu cette initiative innovante, plus originale que les traditionnels appels à donations dans la presse. Sur son site Friendagorilla.org, qui vient d'être lancé, moyennant un dollar par an, l'internaute peut suivre les déplacements à toute heure d'un groupe de gorilles grâce à des caméras placées dans la forêt de Bwindi.

A première vue, cela semble gadget, limite indécent, avec cette présentation très.. américaine, finalement, où vous pouvez parrainer 'votre' gorille, à partir de sa fiche (avec son prénom, sa photo...). Un peu comme sur un réseau social, il faut devenir 'ami' avec un gorille pour suivre ses mouvements en direct. Il y a même un volet sponsoring corporate.

Mais la démarche est originale, à mi-chemin entre le coup marketing et un moyen innovant de protéger cette espèce menacée. Une nouvelle manière de sensibiliser le grand public, les écolos 'amateurs' ou militants... Mais aussi (et surtout) les touristes potentiels, alors que les 340 gorilles restants sont devenus, de facto, le principal produit d'appel du tourisme ougandais (600 000 visiteurs l'année dernière)...

dimanche 13 septembre 2009

Monopoly + Googler Maps = Monopoly City Streets

monopoly

Intéressante cette initiative ,qui annonce peut-être une virtualisation des jeux qui ont bercé notre enfance... Le célèbre jeu Monopoly existe maintenant en une version à l'échelle planétaire, sur Internet... Et de cette manière, l'éditeur de jeux Hasbro le fait entrer en trombe dans l'univers du Web 2.0, et surtout, des jeux en réseau, dans la lignée des MMORPG.

Sur Monopoly City Streets, assez impressionnant, le jeu (qui nous a tous initiés au système capitaliste ;), dans un environnement virtuel, les internautes du monde entier peuvent jouer ensemble en direct. La règle du jeu s'adapte à cette échelle mondiale : à partir d'un portefeuille de 3 millions de dollars, chaque joueur peut construire une maison ou acheter un building, un monument célèbre...

Une fois connecté et que l'on s'est créé un compte, il suffit d'entrer le nom de toute rue dans le monde que l'on souhaite acheter. Elle est alors localisée sur une carte, au niveau local. Forcément, j'ai commencé par chercher à acheter ma propre rue (damned ! déjà prise, pour 941 000 $).

Monopolygame

Sur le plan technologique, Hasbro s'est associé à Google (rien que cela...) pour développer ce jeu, à partir des données de Google Maps. Mis en ligne depuis le 9 septembre pour une période de quatre mois, le site semble déjà dépassé par l'afflux de visiteurs.

Crowdsourcing oblige, le blog du jeu lance d'ailleurs un appel à contributions sous forme d'un concours destiné aux internautes : modéliser en 3D un maximum de monuments encore inexistants, puis les soumettre à Google jusqu'au 27 septembre. Les gagnants verront notamment leurs œuvres intégrées au jeu.

Sur le plan marketing, à l'ère d'Internet, cette initiative est passionnante : elle vise à adapter un jeu old school, né à l'ère des jeux de sociétés bien 'réels', connu mondialement, aux habitudes de loisirs d'aujourd'hui. En le déclinant sous forme de gigantesque jeu en réseau. Les joueurs de ces jeux en ligne étant tous passés, petits, par ces jeux de sociétés... Sûr que d'autres jeux de sociétés pourraient être, un jour, déclinés en jeux en ligne, comme le fameux jeu de stratégie Risk.

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