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mercredi 14 octobre 2009

Livres numériques et Readers : bientôt mainstream ou réservés aux early adopters ?

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Etonnant : ce ne sont pas Livres hebdo ou Télérama qui en parlaient le plus aujourd'hui, mais la presse économique, qui consacrait des pleines pages à l'ouverture du Salon du livre de Francfort. Car l'édition est en plein bouleversement. Contrairement à ce que l'on croit souvent, le business demeure prolifique (avec une hausse des ventes de 4,2% fin septembre d'après l'institut GfK).

Mais... il est en pleine révolution technologique, qui débarquera peut-être (tout est dans ce 'peut-être') dans les usages demain. Le livre du futur pourrait être dématérialisé, numérique, en se présentant sous la forme d'une simple tablette. Sony, un des géants mondiaux de l'électronique, dévoilait il y a un an son Reader, un lecteur électronique qui permet de télécharger et lire divers ouvrages. L'Américain Amazon, lui ,va lancer en France son Kindle, le 19 octobre. Le petit poucet français (je sais, l'image est cliché...) Booken, quant à lui, a dévoilé aujourd'hui son nouveau Cybook Opus. Pour en savoir plus sur ce dernier, patience, je vous livrerai une interview vidéo ces prochains jours... Il y en a d'autres, comme l'iRexEt d'autres constructeurs se préparent : Samsung plancherait sur son propre 'Reader', Apple pourrait y venir en embuscade (les blogs en frémissent déjà), et il y en a sûrement d'autres...

Bataille des contenus

Pour les contenus, on le sait, la bataille (électronique) est engagée : Google s'est lancé, à marche forcée, parfois au grand dam des acteurs classiques du secteur : je me souviens d'interviews mémorables de Jacques Attali et de Jean-Noël Jeanneney à ce sujet en 2003. Kindle a déjà sa propre "bibliothèque virtuelle", et d'autres, comme Sony, nouent déjà des partenariats avec des éditeurs, qui ont trop peur de rester en reste sur cette bataille naissante. Les Echos d'aujourd'hui aborde d'ailleurs cette préparation des éditeurs dans un long papier, qui pose de nombreuses questions : quel modèle économique ? Le prix de la création éditoriale risque-t-il de chuter, si elle est numérisée ? Est-ce que cela va donner le coup d'envoi massif de l'autoédition, autre micro-business prometteur (auquel j'avais consacré ce papier pour ZDNet) ?... De nombreuses craintes surgissent déjà : la quasi-hégémonie de Google et d'Amazon (lequel commercialise ces nouveautés en format numérique à 9,99$, d'après Les Echos) pourrait aboutir à un commerce d'e-books en low-cost. Les éditeurs français ont refusé de traiter avec eux pour maîtriser leur prix de vente, mais jusque quand ?

Mainstream ou pour early adopters ?

Surtout, la question est de savoir si cela sera adopté par le grand public, et quand ? 3% des livres se vendraient en édition numérique aux US (en volume). Mais...Le Reader de Sony, en un an, ne s'est écoulé qu'à 10 000 exemplaires. Chiffre à pondérer, certes, alors que le Reader V2 attendu pour cet automne, que j'ai testé, est déjà très amélioré, avec une interface tactile... La prochaine version pourrait même être wifi.

Pour ces Readers, vendus en moyenne 200 $, on ne compte en France que 0,1% des livres vendus en format e-book. Alors certes, cela pourra décoller au gré de l'élargissement de l'offre de livres à télécharger, voire à d'autre contenus, y compris adaptés à l'univers professionnel : pourquoi pas des abonnements à des journaux en version électronique (Les Echos a testé cela,même s'il ne semble pas avoir tt-à-fait abandonné, ce que j'écrivais alors , tout comme, naguère, Orange). Autre contenu intéressant, les nombreux livres et articles déjà disponibles sous le format Scribd. Parailleurs, certains lisent les formats Word et PDF.

Autre point qui joue en leur faveur, je crois que l'énorme popularité de l'iPhone habitue les utilisateurs à lire sur ce genre de supports : smartphones, bientôt tablettes, et donc readers. Des start-ups y testent d'ailleurs des livres téléchargeables, comme la BD, ou des romans-feuilletons, ce que propose la start-up SmartNovel (voir interview et démo vidéo par là).

Autre question de fond, sur les usages, mais aussi sous un angle plus historique, on peut espérer qu'avec le numérique, chaque livre aura sa chance. Dans un monde idéal, chaque livre pourra être publié sous format numérique. Voire, l'auteur pourra s'autopublier en mettant lui-me^me en ligne son ouvrage, et n'ayant plus besoin d'un intermédiaire (donc d'un éditeur). La bibliothèque numérique, accessible à tout endroit de la planète et 24 heures sur 24, en ce sens, est une "utopie séduisante", écrivait récemment Télérama.

Mais gardera-t-on l'usage de l'archivage à l'ère du numérique ? Saura-t-on faire le tri dans ce qui est archivable ? Le numérique pousse à tout archiver, de manière disparate, sans faire le tri, ce que souligne Emmanuel Hoog, PDG de l'INA, dans un essai sur le sujet, "Mémoire année zéro" (Seuil).

lundi 16 février 2009

Quand Google rachète une papeterie à journaux pour y implanter un data center

Lu dans le "En marge" des Echos de vendredi dernier : Jean-Christpohe Féraud livre cette info troublante, de Google qui a annoncé hier le rachat... d'une usine de pâte à papier, au coeur des forêts de lSunna Mile, en Finlande. Google ne va même pas y produire quelque titre de presse papier que ce soit, mais raser cette usine pour y construire... un data center.

Une de ces farms de réseaux informatique que Google ouvre à tour de bras "pour indexer la Toile et faire tourner son fameux moteur de recherche à plein régime", rappelle mon confrère. qui nous apprend que l'usine a été rachetée au papetier local Stora Enso, numéro 3 mondial du papier journal. Tout un symbole, au cynisme outrancier, à l'heure où la presse print cherche à s'adapter à la nouvelle donne du Net.

dimanche 21 septembre 2008

23AndMe, le décryptage d'ADN, le réseautage génétique, le blog de Sergey Brin sur la maladie de Parkinson...

23andMe

Eh oui, beaucoup de sujets à aborder dans ce billet, à propos de la start-up 23AndMe, dont je parlais il y a quelques mois dans ce billet. Pour mémoire, pour quelques milliers de dollars (400, contre 1 000 dollars à ses débuts), elle propose de décrypter le génome ADN de ses clients, pour leur livrer à la fois, tests "ethniques", tests de paternité, et surtout tests ADN, qui permettraient à ses clients de détecter certaines prédispositions qu'ils auraient pour contracter certaines maladies ou cancers.

Or, d'après ce papier très instructif du Monde, Sergey Brin, un des co-fondateurs de Google... et dont l'épouse est co-fondatrice de 23AndMe, vient d'ouvrir ce blog, où il aborde la maladie de Parkinson. Quelques rares people atteints, comme Michael J. Fox, qui a créé sa fondation, ont tenté de susciter le débat sur cette maladie . Ce que fait donc Sergey Brin à son tour, en ouvrant son blog, où il raconte que sa mère souffre de cette maladie, et qu'il pourrait aussi en être atteint - en l'état actuel des recherches, elle se transmet probablement par voie génétique. Il raconte ainsi que son test sur 23AndMe a montré qu'il présentait une mutation génétique augmentant le risque qu'il souffre lui-même un jour de cette maladie. A ma connaissance, c'est une des premières fois qu'une des personnalités de la sphère socio-économique ouvre un blog pour aborder un sujet aussi personnel.

En tous cas, clairement, l'évolution d'une start-up comme 23AndMe est à suivre de près, vu les questions éthiques que son activité soulève, y compris celle de l'identité numérique.

D'ailleurs, cette semaine, 23andMe a annoncé enrichir ses services d'une plate-forme communautaire et d'un outil de recherche généalogique. une plate-forme communautaire permet à ses clients de se connecter les uns aux autres afin de partager leurs expériences et comparer leurs génotypes personnels. Autre nouveauté : 23andMe a passé un accord avec Ancestry.com. En couplant les bases de données élaborées par ce site de généalogie avec les informations génétiques qu'elle recueille, 23andMe espère affiner le profil génétique de ses clients. Lesquels pourront, grâce à des outils interactifs, trouver l'origine de certains de leurs gènes ou se découvrir de nouveaux ancêtres...

mercredi 30 juillet 2008

Lively, réseau social en ligne de Google

lively google

Si cela passe un peu inaperçu au coeur de l'été, c'est pourtant une annonce de taille, à mon avis. Et justement, dans l'interview que j'accordais il y a quelques jours à BFM (lien sur un billet à venir....), je disais que l'une des tendances qui s'esquissait pour les réseaux sociaux est celles des marques et opérateurs du Web qui cherchent à lancer leur propre réseau social, tels Orange, ou encore Nokia avec Mosh.

Là, le 9 juillet, c'est Google qui a dégainé Lively, son réseau social en trois dimensions. En fait, c'est un nouveau concept, étant à la fois jeu, moyen d'envoyer des messages instantanés, espace de discussion, monde virtuel et page Internet.

Cet espace est accessible à partir d'un compte du webmail Gmail . Un peu comme dans Second Life, les internautes y communiquent par le biais de leur avatar qu'ils peuvent personnaliser. A l'intérieur de Lively, les avatars évoluent au sein d'espaces personnels séparés, des "rooms" (pièces) que chacun décore à sa convenance.

Malin, Google y a créé des liens avec les réseaux sociaux et autres outils Web 2.0 existants : on peut y projeter, dans son espace, des vidéos via YouTube, y montrer des photos avec Picasa (le logiciel de partage d' images de Google, concurrent de Flickr)... Et surtout, y tisser des liens entre Lively et ses pages Myspace ou Facebook. Une manière pour Google de tenter de se rattacher les internautes déjà inscrits à plusieurs réseaux sociaux existants.

Je me demande cependant si les internautes viendront en masse sur ce réseau social créé par une marque - Google ? D'ailleurs, il risque de devenir un simple support marketing, comme Second Life a tendu à trop le devenir. Plusieurs marques ont déjà créé leurs espaces dans Lively, telle National Geographic...

lundi 13 août 2007

Google lance ses services payants sur Gmail

Il fallait s'y attendre, le service de webmail gratuit Gmail de Google, outre ses nombreux services gratuits (création d'adresses mail, stockage de 2,8 GO...), commence à lancer des services payants. Il propose un abonnement annuel, pour bénéficier de capacités de stockage supplémentaires dépassant les 2,8 Go autorisés pour tout abonné. Avec des prix de 20, 75, 250 et 500 $/an pour 6, 25, 100 ou 250 Go.

dimanche 12 août 2007

Google News "autorise" le droit de réponse

Google agrège l'info (pêle-mêle des articles, des dépêches, voire des billets de blogs...) sur son portail d'actu Google News, d'ailleurs au grand dam de nombre d'éditeurs de contenus ou de médias non sollicités, puisqu'il flirte avec les limites du droit d'auteur... Maintenant, il comporte une fonction « commentaires » un peu particulière, réservée aux membres d’une structure ou de personnes mentionnées dans une dépêche.

Un premier petit pas, un peu dans la lignée du journalisme participatif, et du succès de sites comme Digg, ce portail d'info basé sur l'envoi, les commentaires et les votes des internautes. . Et ce pour "enrichir l'expérience informative des lecteurs", assure le mastodonte de l'Internet. Mais ce sera plus compliqué que pour poster un simple un commentaire sur Internet. Il faut envoyer à une adresse dédiée (news-comment@google.com) un mail comprenant le commentaire, et un moyen concret de vérification d’identité : par coups de téléphone aux contacts fournis dans le mail, confrontation des données d’identification fournies avec des informations disponibles sur internet… Le commentaire est ensuite publié tel que reçu par Google.

La nouvelle fonctionnalité, actuellement en période de test, reste pour le moment circonscrite au seul portail américain de Google News, mais pourrait à l’avenir s’élargir à d’autres régions et à d’autres langues.

Comme le souligne cet article de Libé, "Le vrai changement induit par cette nouveauté réside peut-être dans l’évolution du rôle de Google News. De simple portail d’actualités, il devient éditeur, avec du contenu exclusif qu’il est interdit aux autres sites de reprendre".

Une manière pour Google de tirer des revenus, à l'avenir, de ces contenus auxquels il prétend tente d'apporter une valeur ajoutée en sollicitant les commentaires des personnes citées dans les articles (qui produisent donc elles-mêmes ce contenu à valeur ajoutée !). D'ailleurs, les éditeurs de contenus s'inquiètent des dangers de cette nouvelle expérience : risques d'usurpation d'identité et de fausses informations,et surtout quelle légitimité à Google à arbitrer l'information qu'ils ont produite ? Et dans la lignée, Google enrichira toujours plus sa base de données sur des données personnelles des internautes...

vendredi 25 mai 2007

Google se lance dans l'information génétique

Après les moteurs de recherche, la cartographie, les bibliothèques numériques... Google investit un autre secteur autrement plus porteur - et sensible - l'information génétique. Google vient d' investir 3,9 millions de dollars dans la start-up 23andMe, Inc. "Co-fondée par Anne Wojcicki, épouse de Sergey Brin, lui-même co-fondateur du moteur de recherche web, la société américaine 23andMe s'est spécialisée dans l'information génétique à destination des particuliers", d'après une dépêche de Neteconomie.com. Outre Google, Genentech, MDV-Mohr Davidow Ventures et New Enterprise Associates ont investi dans la société.

« Notre but est de vous connecter aux 23 paires de chromosomes de votre propre empreinte génétique, pour vous permettre de mieux appréhender votre ascendance, votre généalogie et vos traits hérités. En vous reliant à d'autres, nous pouvons également vous aider à placer votre génome dans le contexte plus large de la diversité humaine », souligne 23andMe sur son site.

Ce qui permettra dans la foulée à Google de se constituer une nouvelle base de données. Reste que la "privatisation" des données génétiques des individus soulève de plus en plus de questions d'ordre éthique, au vu des nombreux projets, dont de "biobanques" - banques de données génétiques, ou de prestations de tests génétiques , dont le projet Genographic de la National Geographic society.