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jeudi 24 août 2017

Ce que la série "The handmaid's tale" dit de l'Amérique de Trump

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Une fuite éperdue en voiture, les sirènes de flics retentissant derrière. La femme et sa fille en fuite sont rattrapées par de mystérieux hommes casqués, en noir. Plan suivant, le changement de décor est radical. dans un élégant contrejour, la même femme étrangement accoutrée, à la manière d'une servante, longue tunique rouge et casaque blanche. Elle est enfermée dans une chambre nous dit-elle, "mais ils n'ont pas prévu que je m'échappe. Une servante n'irait pas loin. Ils craignent les autres évasions. Celles qu'on peut ouvrir en soi avec un objet tranchant". Au fil des épisodes, cette plongée en continu dans un enfer du futur nous est narrée, en voix off, par Offred (incroyable Elisabeth Moss, révélée dans la série vintage Mad Men, ces élégants pubards), avec une ironie - et une rébellion - constante. "J'avais un autre nom, mais il est interdit à présent". Beaucoup de choses sont interdites à présent".

Bienvenue à Gilead, dictature patriarcale et ses extrémistes chrétiens. Dans un futur (très) proche, ceux-ci ont pris le pouvoir aux États-Unis, et en profitent au passage pour le soustraire totalement aux femmes, reléguées dans ce monde en grave crise de natalité au rang de vulgaires pondeuses. Cette dystopie terrifiante est une adaptation du roman de Margaret Atwood, méconnu en France jusque là, en une série lancée sur la plateforme Hulu (une des concurrentes US de Netflix), et diffusée en France cet été sur OCS (Orange) à partir du 27 juin. C'est une des séries les plus commentées ces derniers mois en France, et une des meilleures que j'aie vues ces dernières années dans les perles de science-fiction (que j'adore et vante ici depuis plusieurs années ;) depuis, mettons, Real Humans, et plus récemment Westworld, où Anthony Hopkins imagine des parc d'attraction peuplés de robots aux faux airs de cow-boys.

Depuis son élection en novembre dernier, l'Amérique de Trump trouve décidément un miroir dans les séries, films et livres. Sorti en début d'année, l'horrifique film Get out reflète une Amérique qui n'en n'a pas fini avec le racisme, ou l'étrange accueil de Chris, beau jeune homme noir, par sa très WASP belle-famille, avant que le tout ne vire façon Tarantino (nos spoils !). Le film, budget de 7 millions de dollars, a raflé 175,4 millions de dollars de recette aux Etats-Unis. Au même moment, Netflix diffusait une série quelque peu borderline, Dear White People dans l'université imaginaire de Winchester, où une soirée "blackface" révélait les tensions raciales…

Il était une fois, donc, le royaume de Gilead, monde futuriste étouffant que n'aurait pas renié René Barjavel. Nous sommes dans un monde futur, où on semble pourtant avoir fait un retour des siècles en arrière. Ici, pas de smartphones, ni machines. On fait le pain soi-même. Chaque foyer est dirigé par un homme omnipotent, et composé de son épouse (privée de tout droit, du droit de vote au droit de travailler, ou encore de détenir son propre compte bancaire,) et d'une servante. Sa robe rouge signifie qu'elle est reconnue, certifiée fertile dans une société où la natalité a chuté en raison d'une grave crise écologique. Elle est violée à échéances régulières par le maître de maison dans une étrange "cérémonie" en présence de l'épouse, dans l'espoir qu'elle donnera un enfant au couple.

Ces servantes sont au centre du récit de cette dystopie, The handmaid's tale ("La servante écarlate"), qui multiplie les symboles parlants. Leur tenue déjà, cette robe rouge qui symbolise leur rôle principal, l'enfantement. Exactement comme dans ''Ravage'' de René Barjavel, roman fondateur de la SF, qui imaginait déjà, en 1943, une société ultra-technologique qui s'effondrait au profit du retour à un traditionnalisme aliénant. Je vous glisse au passage cet extrait révélateur...

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Dans ce monde de Gilead, cette société étouffante a donc créé des rituels, des codes, avec ces étranges phrases pseudo-religieuses devenues banales formules de salutations. "Béni soit le fruit". "Que le Seigneur ouvre". "Gloire à Vous. Que Dieu me rende digne".

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L'image soignée, l'éclairage nuancé, qui donne à de nombreuses scènes des airs de tableaux de Vermeer, traduit ce retour à un passé oublié. Et signifie une hiérarchisation stricte de la société, organisée autour de la vie domestique, du foyer.

Comme toute dystopie, le scénario prend appui sur des fragilités de la société actuelle pour alerter sur dérives totalitaires possibles. Il met en scène nos craintes, il dit l’inquiétude d’un monde qui court à sa perte: anxiété de l’excès matériel, des dérèglements climatiques, montée des inégalités et des violences populistes… Les retours en arrière réguliers montrent avec cruauté la vie passée agréable qu'on a connue, jusqu'il y a peu. Ces personnages, c'est nous, dans un passé proche, comme nous, elles furent des bobos qui prenaient leur caffè latte dans un bar branché. Une manière d'avertir que, si l'on y prend garde, c'est un risque.

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Plus qu'un récit rétro-futuriste flippant, la série est une terrible fable féministe. Elle prend bien sûr un relief particulier dans l'Amérique de Trump. "Quand ils ont massacré le Congrès, on ne s'est pas réveillés, quand ils ont mis ça sur le dos des terroristes et suspendu la Constitution, on ne s'est pas réveillés non plus", avertit Offred.

Ces dernières semaines, cette série a semblé, parfois, être rattrapée par la réalité. "Au moment de se lancer, on se demandait si cela serait plausible. (...) et soudain, six mois plus tard, tout cela était devenu affreusement plus crédible", soulignait Elisabeth Moss dans une interview au magazine Time. La série met en scène le nouveau pouvoir, des réactionnaires ultra cathos mais aussi écolos radicaux, qui prônent un retour au tout-naturel. Cela ne vous rappelle rien? Troublant.

D'autant plus depuis l'élection de Donald Trump, la réalité semble rattraper la fiction. Des exemples? La remise en cause régulière du droit à l'avortement, des Etats-Unis à la Pologne, l'abrogation de l'Obamacare, qui menace le financement du planning familial.

Dans un post sur Facebook, Emmanuel Vivier montre les troublants reflets de l'actualité: des extrêmistes qui réclament l'exclusion de minorités et la fin du droit de vote pour les femmes selon The Atlantic, ou encore quand une part de plus en plus importante de la police américaine (coucou Palantir de Peter Thiel) connecté des données personnelles d'individus sans supervision claire, selon Wired.

Et cet été, l'ultra-violence des manifestations racistes à Charlottesville, qui ont révélé l'Amérique des supremacistes et le retour des cagoules blanches du Ku Klux Klan, que l'on croyait d'un autre temps.

dimanche 26 avril 2015

La leçon de cinéma de Matthew Weiner

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J'ai eu la chance d'assister, lundi 20 avril, lors du festival Series Mania, qui se tenait au Forum des images, à une conférence un peu spéciale, intitulée A Question of Life and Cinema. En fait un véritable cours de cinéma déroulé par Matthew Weiner, réalisateur de l'une des plus remarquables séries TV de ces dernières années, Mad Men, dont la 7ème et ultime saison est diffusée (Canal+ a entamé le jeudi 23 avril la diffusion du second volet de cette saison).

J'ai écrit à plusieurs reprises sur cela, dont ici, les séries TV sont entrées dans notre culture - notre consommation - audiovisuelle grâce à la multiplication des canaux de diffusion (coucou la vidéo à la demande sur mesure et Netflix), mais aussi parce qu'elles sont remarquablement montées en gamme ces dernières années, avec aux manettes des réalisateurs parfois venus du cinéma, et dont les codes de tournage, la qualité, empruntent de plus en plus au cinéma. Ce qui est le cas pour Matthew Weiner, cinéphile invétéré, dont on sent les influences dans son déroulé de l'Amérique des années 50, Mad Men, que j'avais chroniqué ici. Avant la saga Mad Men, il a également participé à la série de HBO, Les Soprano, doù il était scénariste et producteur des cinquième et sixième saisons.

"L’histoire de Don Draper est la même que celle de Pinocchio"

Matthew Weiner, de passage à Paris, nous a donc délivré un cours de cinéma lundi, en citant ses films de référence, qui l'ont inspiré pour Mad Men, avec extraits à l'appui, qu'il analysait à sa manière. Pour lui, il y a bien une continuité entre cinéma et séries télévisées, mais ces dernières, tout en empruntant aux codes du cinéma, ont leurs propres atouts. "Mad Men est un cinematic show. C'est une nouvelle définition de la télévision. Alors que le cinéma coûte cher : il y a plusieurs prises". D'ailleurs, il fait dire à son personnage principal, Don Draper, "Allez voir les films, pour comprendre ce qui se passe dans la culture".

Déjà petit, dans une maison sans télévision, il regardait "toujours des films le weekend", dont des films français. Dans les premiers films dont il se souvient, il cite City of lights de Charlie Chaplin, et Yellow submarine (1968), ainsi que Pinocchio ("L’histoire de Don Draper est la même que celle de Pinocchio", sourit-il). Il évoque aussi l’importance durant son enfance des sorties en famille au drive-in, alors qu'ils n'avaient pas de téléviseur. A 11 ans, sa famille déménage à Los Angeles. Là, il sera marqué en assistant en 1976, au tournage du Dernier Nabab dans son quartier de Los Angeles. Il fera ensuite une école de cinéma.

Première référence pour Matthew Weiner, Once upon a time in America de Sergio Leone (1984). La révélation pour lui. Et de citer la séquence où le jeune camarade de Noodles préfère manger un gâteau à la crème plutôt que de perdre sa virginité. Un symbole coquin pour Matthew Weiner du pouvoir du cinéma, capable d’exprimer par l’image des multitudes d’émotions que les mots ne peuvent parfois traduire.

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Seconde référence, Le Décalogue de Kieslowski. L'extrait qu'il a choisi (extrait du deuxième des dix segments, Tu ne commettras point de parjure) montre une scène, dans le coin d'un immeuble, où un homme meurt progressivement, au rythme du goutte à goutte insupportable d'un robinet. "C'est une masterpiece: on y voit les différentes parties du même immeuble, un homme qui meurt, sans vouloir le spoiler... Il voulait donner une impression de déliquescence, d'un monde qui tombe en ruine, avec cet homme aux cheveux gras et la respiration hachée. (...) J'ai repris dans Mad Men l'image d'un New York des années 70 qui se désagrège, où les services publics étaient alors terribles, la ville proche de la banqueroute", explique Matthew Weiner.

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Référence suivante: la fraîcheur colorée de la comédie musicale de Jacques Demy, Les demoiselles de Rochefort. Dans l'extrait qu'il a choisit, on voit des jeunes hommes habillés en couleurs pastel chanter "Nous voyageons ici / ailleurs, dans la vie tout nous est facile". ''"Les hommes chantent et dansent autant que les femmes dans ce film, c'est sexy. Il a été influencé par West Side Story, mais il a un contrôle compte sur son univers. Ça semble familier mais c'est nouveau"'', détaille Matthew Weiner.

Son autre modèle, c'est Toute une vie de Claude Lelouch, dont l'anti-héros de son extrait évoque un peu Don Draper. Ce film se déroule sur une période de plus de 80 ans (de 1918 à l’an 2000), et raconte un coup de foudre entre Marthe Keller et un publicitaire (André Dussollier). Dans la séquence choisie par le showrunner, on voit sur scène un chanteur à succès (Gilbert Bécaud, qui joue son propre rôle), chanter "Si si si si la vie est belle...". En coulisses de son spectacle, il quitte une femme de façon peu amène. Dans la séquence suivante, on voit un homme échappé de prison rouler à toute vitesse en voiture: le réalisateur américain a été impressionné par le réalisme moderne de la scène (on a l'impression d'être dans la voiture !). Matthew Weiner s'est inspiré ici, pour Mad Men, de l'articulation entre les grands évènements historiques et le destin sentimental des personnages.

Il cite aussi un film en apparence plus léger, La notte de Antonioni. Là, "femmes et maîtresses dans la même salle, ce film illustre la décadence du mariage, comme dans Mad Men. Là, la difficulté était d'expliquer quand quelqu'un fait quelque chose de différent de la culture de l'époque. Don Drapper fait des films publicitaires, il doit être ouvert à de nouvelles idées", développe Matthew Weiner. Une manière d'expliquer en partie la vie personnelle sombre et parfois débridée de Don ? Ce film a directement inspiré un des épisodes de Mad Men (épisode 3 saison 3), "My Old Kentucky Home," dans lequel une énorme fête révèle l’échec du mariage Don/Betty.

Vient ensuite un classique de la comédie américaine, Les jeux de l'amour et de la guerre de Arthur Miller. "Le film se déroule durant la seconde guerre mondiale, il y a de superbes dialogues. Dans cette séquence, le personnage homme m'a inspiré Don Drapper: il plaisante, mais dit être un couard. Dans Mad Men, comme lui, Don a fui la guère du Vietnam et pris l'identité de quelqu'un d'autre".

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Autre référence pour lui, Patterns de Fielder Cook (1956). Dans la séquence qu'il a retenue, on voit une réunion d'un conseil d'administration dans un immeuble moderne à Manhattan, dans les années 60. Une vision peu amène du monde de travail, des premiers cadres sup' de l'époque, qui l'a sans doute inspiré pour les "pubards" de Mad Men. "On y voit une cruauté, comment quelqu'un se fait éjecter. J'étais malade à la maison quand je l'ai vu, ce film m'a terrifié : il n'y a pas pas de pistolets, mals le discours peut être une arme", commente le réalisateur. Ce qui est remarquable dans cette scène est que la tension naît de la succession rapide des prises de vues différentes, des contre-plongées, jusque la crise cardiaque en caméra subjective. De toute évidence, Patterns a influencé les séquences de Mad Men avec des réunions, qui traitent de pitchs, de finance, de rachats de sociétés et de faillites.

Matthew Weiner a aussi retenu ''Les bonnes femmes'' de Chabrol. "Je l'ai vu quand j'étais étudiant en cinéma, c'est un reflet de la classe moyenne de l'époque. On voit dans cette séquence des hommes qui violent une femme (interprétée par Bernadette Laffont), qui retourne travailler le lendemain, comme si de rien n'était. On voit le décalage entre les attentes romantiques de cette femme et la réalité cruelle".

Enfin vient le fabuleux Blue velvet de David Lynch. Matthew Weirner évoque l'ambiance électrique qu'il y avait dans la salle de cinéma lorsque Isabella Rossellini arrive nue face à Kyle MacLachlan et Laura Dern, sans que l’on comprenne réellement ce qu’il se passe à l’écran. Blue Velvet évoque pour Matthew Weiner la dureté du reaganisme des années 1980.

lundi 17 octobre 2011

Les annonceurs (et les diffuseurs) sommés de baisser le son à la télé

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Une victoire pour les antipub ? En tous cas, un coup dur pour les annonceurs. Après trois ans (!) de négociations avec les associations de consommateurs et structures représentant les annonceurs, le CSA vient de publier un avis loin d'être anodin, qui somme les chaînes de télévision de baisser durant les pubs TV. Ou plus exactement, d'aligner leur volume sur celui des programmes TV.

Cela ne vous aura pas échappé, à chaque intermède publicitaire, le volume de votre téléviseur augmente brutalement. Logique, la loi interdisait pourtant aux annonceurs (et aux diffuseurs...) que le volume sonore des pubs dépasse celui des programmes TV. Seulement voilà, les annonceurs avaient tôt fait de contourner cette obligation: "notamment depuis l'avènement du numérique et l'utilisation, par les publicitaires, de la technologie dite de la " compression ". Empruntée à l'industrie musicale, elle permet de gonfler l'intensité sonore sans pour autant augmenter le volume", apprend-t-on dans cet article du Monde.

Là, le CSA a donc décidé de mettre les choses au clair dans cet avis. Bon, pas d'affolement pour les annonceurs, ces mesures prendront effet trèèès progressivement. Les chaînes et annonceurs devront baisser le son à partir du 1er janvier 2012. Ce n'est qu'à partir de 2013 qu'ils seront soumis à cet impératif, que le "son publicitaire" ne dépasse plus celui des autres programmes. Mais mine de rien, d'ici là, les annonceurs devront adapter leurs pubs à cette nouvelle donne, et... réenregistrer les sons de leurs anciens spots.

Au passage, les chaînes sont aussi concernées - même si elles ont semblé se défausser du côté des annonceurs, par leur rôle de diffuseur, elles seront au moins responsables d'un point de vue technique. D'ailleurs, dès le 19 décembre, le son devra être homogène entre les chaînes. Du boulot en perspective pour celles-ci, qui vont devoir reprendre le calibrage sonore de tous les programmes,

mardi 3 mai 2011

Mad Men, photo à la Hitchcock, reflets du machisme (racisme, homophobie...) de l'époque, bouscule le cinéma

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Une ombre en costume qui s'avance dans un bureau, dont les pièces s'éparpillent comme un puzzle, puis chute dans le vide sans fin, entre des gratte-ciels aux reflets d'affiches publicitaires d'époque, sur une musique, version instrumentale de A Beautiful Mine de RJD2.... Le générique d'ouverture, visuellement magnifique et déjà (un peu) glaçant, à l'élégance des génériques de James Bond et des films de Hitchcock (dont Sueurs Froides), on croirait y déceler la patte d'un Saul Bass.

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Mad Men, je l'ai découverte il y a quelques semaines... Episode par épisode, saison par saison, je l'ai savamment dégustée, par petits bouts. Cela faisait longtemps que je voulais écrire quelque chose dessus, ici ou ailleurs, parce que c'est sans doute une des meilleures séries que j'ai vues ces dernières années. Dont la qualité la rapproche dangereusement d'un film cinématographique. Et en la matière, les références ne manquent pas. Les mad men, expression US de la fin des années 50 (néologisme - jeu de mots avec Ad men, littéralement "les hommes de la pub", qui en anticipe d'autres, tels les yuppies des 80s), ce sont ces cadres publicitaires de l'Avenue Madison.

Cette série met donc en scène des publicitaires américains des années 60, en plein dans les années Kennedy, dans une société US opulente, où la population découvre les joies du consumérisme de la consommation... et la publicité qui suscite chez eux de nouveaux besoins.

Pourquoi j'en parle maintenant ? La série, à peine connue en France il y a encore un an (elle est diffusée sur Canal +ainsi que sur TPS Star depuis 2008, la saison 3 sort tout juste en DVD en France), titille gentiment l'industrie du cinéma. Une nouvelle illustration de cette nouvelle génération de séries haut de gamme, qui esquisse leur rapprochement avec des films. La série, créée en 2007, diffusée sur AMC, est déjà bardée de 13 Grammy awards et 4 Golden Globes - une première pour une série diffusée sur une chaîne câblée. Consécration, un des trublions de la diffusion web, Netflix, vient d'en acquérir les droits de diffusion - exclusifs - sur le Web, comme j'en parle dans cette enquête pour Stratégies. Ce qui n'a rien d'anecdotique, puisque grâce à la télévision connectée, dont commencent à s'équiper les foyers, la distribution des contenus issus du Web devient possible.

Bienvenue chez les Mad Men à New York, dans les années 60, sur Madison Avenue, dans la grande agence de publicité fictive Sterling Cooper. Série faussement rétro, absolument pas nostalgique, incroyablement actuelle sur le fond. On y voit donc le quotidien d'une équipe de pubeux : Peggy Olson, Pete Campbell, Roger Sterling... Et avant tout le personnage de Don Draper, interprété par Jon Hamm, directeur créatif de Sterling Cooper et associé de Sterling Cooper Draper Pryce, créatif brillant et manipulateur. Au travers des différents personnages et des évènements, la série dépeint les changements sociaux et moraux qui ont eu lieu aux États-Unis dans les sixties. C'est une de ses forces.

Premier épisode, premier plan: dans un bar chic, musique 50s, travelling avant par-derrière un brun élégant, cheveux gominés, l'air préoccupé. Il sonde le serveur sur sa marque de clopes - des Old God, alors que lui fume des Lucky Strike. Et tente de le convaincre de passer aux Lucky. Long travelling sur la clientèle so schic, au look 60s, de ce bar huppé où tous clopent...

Consumérisme et publicité

C'est bien sûr l'un des thèmes-phares de la série: Mad Men décrit les composantes de la société et de la culture américaine des années 1960 : le tabagisme, l'alcool, le sexisme, l'adultère, l'homophobie, l'antisémitisme, le racisme et l'absence totale de préoccupations envers l'environnement, sont régulièrement abordés dans la série. Minutieusement documentée, sans aucun anachronisme (du moins m'a-t-il semblé, dans mes souvenirs en tant qu'historienne de formation..), la série accentue ainsi les différences entre cette époque et aujourd'hui, lors de la diffusion. Matthew Weiner a d'ailleurs eu pour consultant publicitaire Robert Levinson, qui a travaillé chez BBDO de 1960 à 1980. Dans cette très longue enquête publiée par le NY Times, il souligne: "Ce que Matthew a filmé est tellement réaliste. L'alcool était une pratique courante, le tabagisme était constant, les relations entre les cadres et leurs secrétaires étaient semblables".

Le claquement raffiné d'un briquet qu'on referme ou le tintement des glaçons dans un verre: un des leitmotivs de la série, où le whisky coule à flots dès le matin, et la fumée envahit chaque image. Omniprésent à l'époque, et dans la série, presque tous les personnages sont filmés en train de fumer très souvent tout au long des saisons - inimaginable aujourd'hui... L'épisode pilote annonce la couleur: les gérants de la marque de cigarettes Lucky Strike y embauchent Sterling Cooper pour une nouvelle campagne de pub, suite à un rapport publié dans le magazine féminin Reader's Digest, affirmant que le tabagisme peut entraîner un cancer du poumon. L'argumentaire de l'annonceur Lucky Strike à l'agence est clair: "La manipulation des médias ? C'est pour cela que je vous paie".

Le secteur publicitaire est un métier encore naissant à l'époque, mais les créatifs et commerciaux sont déjà des pros. Les séances de brainstorming et présentations de pitchs autour de campagnes de pubs à des clients sont des occasions rêvées pour nous esquisser un portrait des formes émergentes de consommation - et comment les publicitaires créent de nouveaux besoins les accompagnent. Et répondent ainsi aux attentes de leurs clients, des annonceurs qui souhaitent modeler les attitudes sociales des consommateurs. Les publicitaires sont censés ressentir l'air du temps et anticiper les changements de société pour les faire passer dans leurs campagnes de pub. Une lame de fond rêvée pour la série, dont scénario met constamment en scène des personnages qui ressentent les frémissements du changement - les prémisses de Mai 68... - dans l'industrie de la publicité. Dans Mad Men, la toile de fond du monde publicitaire est le prétexte à une approche didactique des stratégies publicitaires alors conçues, telle la fabrication du consentement.

Un des premiers révélateurs, cette tirade cynique et désabusée de Don Draper sur l'amour, "un slogan publicitaire. "Elle ne veut pas se marier parce qu'elle n'a jamais été amoureuse" - j'ai écrit cela pour vendre des bas le crois L'amour, le vrai, le grand, ce lui qui vous transperce, où vous ne pouvez plus manger, vous fait fuir, ça n'existe pas. Ce que vous appelez amour a été inventé par des gens comme moi pour vendre des bas. On naît et on meurt seul, ce monde vous abreuve de règles pour vous faire oublier cela".

Au fil des épisodes, Mad Men sème des indices sur la "révolution silencieuse" en approche des années 1960 : les problèmes d'anxiété de Betty, la Beat Generation découverte par Don à travers Midge, les remarques sur l'éventuelle dangerosité du tabac sur la santé (le plus souvent ignorées), l'émancipation du peuple noir-américain...

Sans doute un des plus beaux dialogues - remarquablement écrit de la série, ce discours brillant de Don Draper (Saison 1, épisode 13) sur la valeur nostalgique et sur le potentiel commercial du projecteur Kodak - une des premières apparitions du marketing de la nostalgie... Juste pour le plaisir, verbatim, en VO please.

"Nostalgia. It’s delicate, but potent… Teddy told me that in Greek, nostalgia literally means the pain from an old wound. It’s a twinge in your heart, far more powerful than memory alone. This device… isn’t a spaceship, it’s a time machine. It goes backwards, forwards. It takes us to a place where we ache to go again. It’s not called the Wheel. It’s called the Carousel. It lets us travel the way a child travels. Around and around and back home again, to a place where we know we are loved".

Machisme, racisme et homophobie ordinaires...

Si la série peut parfois laisser filtrer une nostalgie pour une époque antérieure, magnifiée (j'en parlerai plus bas), la cruauté, la mobilité sociale et les diverses formes de rejet "ordinaires" de l'époque y sont traitées sans concessions. En réponse au frémissement que promet le discours de Martin Luther King ("il est peut-être un peu trop tôt", commente naturellement Betty Drapper à sa nurse noire en regardant le discours sur son téléviseur), dans Mad Men, les Noirs occupent des fonctions subalternes: serveur de bar, portier, dans l'ascenseur, nurse...

L'homosexualité est taboue à l'époque: le créatif Salvatore découvre son penchant au fil des épisodes, jusqu'au jour où il est ouvertement dragué par un gros client de l'agence (saison 3). Il repousse ses avances. Le client menace alors de quitter Starling Cooper à moins que Salvatore ne soit exclu de sa campagne... Salvatore sera sacrifié, licencié illico - par tactique, Don refusera de croire à ses explications (qui brisent un tabou ?).

... Et prémices fragiles d'émancipation de la femme

Betty Draper

Betty Draper, héroïne hitchcockienne de la série

Les femmes dans la série ? Le développement des divorces, l'égalité des sexes sont aussi une des révolutions silencieuses de l'époque, omniprésentes dans la série. Parallèlement, autre constante de Mad Men, elle dépeint aussi une sous-culture où les hommes mariés s'engagent fréquemment dans des relations extra-conjugales avec d'autres femmes.

Les maîtresses de Don sont des figures de femmes émancipées de l'époque : seules, indépendantes financièrement, telles Midge, créatrice publicitaire indépendante qui travaille chez elle, créatrices d'entreprise, Rachel Menken, repreneuse de la boîte familiale, l'institutrice Suzanne... A contrario, l'émancipation de plusieurs des héroïnes est progressive et fragile. Betty Draper, blonde glacée (grande bourgeoise mère au foyer) épouse de Don, finit certes par demander le divorce, en apprenant ses écarts extra-conjugaux - mais pour se recaser aussitôt avec un notable local.

Peggy Olson, sage et discrète secrétaire de Draper, illustre les espoirs de mobilité et d'émancipation pour une nouvelle génération de femmes. Elle devient concepteur-rédacteur dans l'équipe de ce dernier - une première au sein de l'agence, elle y sera la seule femme à occuper un tel poste. Les portraits des autres salariées révèlent hélas moins de promesses de mobilité sociale : les autres femmes de Starling Coopers sont toutes des secrétaires, sur lesquelles les créatifs exercent à l'occasion un "droit de cuissage", et dont l'objectif secret reste de trouver un mari.

Conseils de Joan Holloway, à la tête du secrétariat de Sterling Cooper, à Peggy Olson, lorsqu'elle arrive comme nouvelle secrétaire: "Suis mes conseils et tu ne commettras pas d'erreurs. Dans quelques années, si tu as une bonne promotion, tu seras en ville comme nous tous. Bien sûr, si tu as une très bonne promotion, tu ne travailleras plus du tout (sous-entendu 'Si tu as le chance de faire un beau mariage'). Munis-toi d'aspirines, compresses, fil, aiguilles. Ils veulent une secrétaire, mais cherchent souvent quelqu'un entre la mère et la bonne". Tout est dit.

Magnétisme hitchcockien

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Du côté photo et montage, Matthew Weiner a collaboré avec le directeur de la photographie Phil Abraham et avec le créateur de décors Dan Bishop, pour développer une style visuel qui serait "davantage influencé par le cinéma que par la télévision". Dans cet immense hommage à Hitchcock, il s'autorise tout: travellings de dos des personnages, gros plans sur un verre, une cigarette ou une main, caméra qui glisse de haut en bas des buildings, dans les pieds des employés franchissant la porte tournante de leur immeuble...

Hitchcock est évidemment omniprésent dans Mad Men, chez les personnages mêmes: une des héroïnes, Betty Drapper, est une blonde glacée à l'élégance un rien surannée, clone de Tippi Heddren, tout comme Don Drapper, dont le charisme rappelle Cary Grant ou James Stewart.

Mode, design: le "rétro-chic", ou comment "Mad Men" remet le passé au présent

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Là je ne vous apprendrai rien, le style fifties, looks de pin-ups aux formes généreuses, avec gaines, serre-taille, lunettes à écailles et jupes-crayons ont fait un retour en force dans la presse féminine, depuis un an en France. Un vintage retour aux sources, teinté de nostalgie (pas forcément bienvenue), symbole de retour aux valeurs sûres à l'ère du jetable... Ce qu'explique Nathalie Azoulay dans Mad Men, un art de vivre (ed. La Martinière), qui paraît le 26 mai.

Après la première saison, le couturier Michael Kors a dédié un défilé entier à la série. Après la troisième, la styliste de la série, Janie Bryant, qui s'est inspirée des collections Brook Brothers des années 60, a aidé la griffe pour hommes à lancer une ligne spéciale Mad Men, écrivait Adèle Smith dans Le Figaro, le 8 février dernier. Dernièrement, Tom Ford, Marc Jacobs, Céline ou Prada se sont réemparés du style rétro-chic (certains parlant de style "néo-bourge").

Ce style des Trente Glorieuses dépoussiéré a un nouveau nom, le style "rétro-chic", avec pour icône la pulpeuse actrice Christina Hendricks, la secrétaire rousse de Man Men. Encore cette semaine, Grazia y consacre 4 pages, avec un focus sur les blitz parties, entre reproductions historiques et soirées underground, ressuscitées à Londres. Chignons crêpés et bas résilles obligatoires pour les femmes, le cha-cha-cha, le twist et le rock'n roll sont les danses obligées.

mercredi 13 octobre 2010

"Les Vivants et les Morts", fresque sociale et révoltée - du retour du récit engagé

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Source image

Un téléfilm français on ne peut plus politique et social, consacré à une usine qui ferme dans le Nord, et aux ouvriers qui luttent pour sauver leur emploi. C'est fou, carrément inimaginable, mais France 2 a eu le cran de programmer cette série de 8 épisodes sur 4 soirées, en prime time. Les Vivants et les Morts, tirée du livre à succès éponyme de Gérard Mordillat, est adaptée ici avec une puissance incroyable. C'est sans doute la première fois que l'on voit débarquer ce genre d'ovni télévisuel sur le petit écran. Et pour la seconde soirée, j'ai encore une fois été scotchée.

Fresque sociale

C'est donc une fresque sociale étalée sur 8 épisodes de 55 minutes - un format télévisuel lui-même incroyablement osé et inédit - où l'on voit Rudi, Lorquin, Hachemi et Dallas, OS du XXIème siècle à la KOS, une usine de fibre plastique condamnée à mort par la volonté des actionnaires capitalisme financier oblige. Face à la fermeture inexorable de l'usine, par étapes successives, les ouvriers vont donc se battre avec l'énergie du désespoir, et se débattre avec des vies persos d'autant plus compliquées.

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Alors oui, France 2 a pris un pari risqué en diffusant ce récit documentaire et exigeant en prime time. L'audience est d'ailleurs moyenne: 2,71 millions de téléspectateurs (soit 10,3% des parts d'audience) pour le second volet, diffusé hier soir, bien loin derrière "Le Mentalist" de TF1 (36,3% des PDA), et même "Des racines et des ailes" (13,7% des PDA) ; et 3,32 millions (12,8% des PDA) pour le premier volet, diffusé le 6 octobre (36,5% des PDA pour "Le Mentalist")

Pourtant, c'est follement émouvant et impliquant, parce que l'on y voit pas de caricatures d'ouvriers et de syndicalistes, mais on ressent une émotion brute, dans ce récit on ne peut plus concret, où l'on est immergé dans les vies de la cinquantaine de personnages - la lycéenne bourgeoise qui tombe amoureuse d'un jeune apprenti, les couples d'ouvriers...

Un récit social engagé et collectif qui n'est jamais dissocié des histoires d'amour, des drames persos, des espoirs brisés. Tout compte, rien n'est dérisoire, la force des sentiments des personnages est mise en avant. Dans ce récit incandescent, les personnages ne sont pas très éloignés des Gavroche et Lantier d'Hugo et de Zola.

La caméra plonge au coeur du combat, des manifs, des occupations, des groupes de femmes solidaires, des négociations ardues entre délégués syndicaux et patrons... Du récit "de terrain", qui passerait presque pour un documentaire. Et m'a vraiment rappelé le journalisme social, le reportage "industriel", où les héros sont ceux qui luttent pour sauver leur emploi.

Une fresque symptomatique d'une "crise (qui) crève l'écran"

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Car ce récit documentaire est diffusé à pic au moment où la situation de l'emploi stagne en France, et où notre tissu industriel se délite en continu. Après les précédents Métaleurop, Continental, Cellatex, sa diffusion s'entrechoque avec l'actualité - dont la fermeture de l'usine Lejaby, à l'occasion de laquelle des ouvrière sont mené une grève de 15 jours pour être licenciées dans des conditions décentes. Ou quand la fiction rejoint la réalité...

Ce récit renvoie bien sûr aux innombrables fermetures d'usines dans des bassins mono-industriels, comme le Nord, où se déroule ce récit - l'usine est implantée dans une ville imaginaire du Nord, Raussel - tellement bien cerné dans ce téléfilm (oui, j'en viens ;). La ville moyenne avec les maisons en brique rouge, où le vrai centre névralgique est l'usine, les demeures bourgeoises des responsables d'usines bien distinctes de celles des ouvriers...

dimanche 19 septembre 2010

TV connectée: c'est (bientôt) parti

C'est un sujet récurrent depuis le début des années 2000. Je me souviens avoir écrit mes premiers papiers sur la "télévision interactive" (comme on disait alors) en 2002 pour ''Les Echos'', puis de nouveau en septembre 2008, où étaient dévoilés les premiers projets de télévision connectée à l'IFA, le salon électronique grand public qui se tient chaque année à Berlin.

Mais cette année, la télé connectée était LE nouveau service qui fait rêver les constructeurs, à côté de la TV 3D. Car la télé hyper-connectée à Internet est une des formes les plus probables - et prometteuses - que revêtira la télévision de demain.

Tous les constructeurs ont leurs TV "connectées"

Le projet de TV connectée de France Télévisions, dévoilé à l'IFA - Photo C. C.

La plupart des constructeurs (LG, Samsung, Sony, Loewe, Philips, Panasonic...) ont dévoilé leurs télés connectées, qui seront commercialisées cet automne, d'ici les fêtes de fin d'année. Du côté des diffuseurs, comme j'en parlais dans mon papier, France Télévisions est lancée à fond sur cette télé du futur. Une équipe dédiée, avec à sa tête Arthur Mayrand, directeur des technologies des nouveaux services, planche dessus à plein temps. D'ailleurs, Arthur Mayrand présentait à l'IFA, sur le stand de LG, une version bêta des services de télévision connectée. Des services basés sur ce qui sera peut-être LA norme de la TV connectée, le standard HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV), qui vient d’être approuvé par le CSA.

"Hyper-TV" de France 24 sur Google TV au premier trimestre 2011

Cette semaine, c'est France 24 qui dévoilait son projet. Il me l'avait annoncé via Twitter, Michel Levy-Provençal (@mikiane), responsable Internet à France 24, présentait cette semaine au Gartner PPC 2010 à Londres un projet web d’hyper-TV, qui sera d'abord disponible sur Google TV l’an prochain. Le prototype du service sera lancé début 2011, annonce Michel Levy-Provençal, avec une version alpha du service (hâte de pouvoir la tester ^^). Un projet qu'il détaille dans un billet publié ce matin, comme l'a signalé Benoît Raphaël.

Voilà 2 ans que Michel Levy-Provençal planchait avec son équipe chez France 24 sur ce projet, ainsi qu'avec plusieurs sociétés du consortium Quaero - avec notamment les sociétés françaises Exalead et Yakast. D'après ce qu'il décrit sur son blog, leur hyperTV - si le prototype se transforme bien en une version industrialisable - proposera des fonctionnalités telles que vidéo à la demande, indexation sémantique, chapitrage, géolocalisation, sous-titrage, hyperliens vidéos, contrôle du direct…

Ce qui colle parfaitement avec la TV connectée, et les services que l'on a pu voir dans les premières démos à l'IFA.

Dans sa démo telle que présentée à Londres (allez un jeter un oeil à la vidéo ci-dessous, c'est passionnant), Michel Levy-Provencal rappelle que France 24 a d'abord été diffusée sur le web dès 2006, et s'est dotée d'un portail collaboratif dès 2007, The Observers.

La démo est assez bluffante : le JT s'accompagne d'une transcription synchronisée, et d'une timeline horizontale, qui comporte mots-clés (tags), noms cités... par séquences. A la clé également, de la VoD, qui donnera accès à l'ensemble du catalogue de programmes de France 24 en 3 langues. Il sera aussi possible d'accéder à des contenus via une recherche pas mots-clés (les débuts du web sémantique...).

Source: Gartner PPC 2010 / Michel Levy-Provencal (FRANCE 24) / Exalead