Miscellanees.net - blog prolixe pub, marketing & conso, high tech, innovations

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 4 septembre 2011

Yuko, "icône" pour la presse du tsunami japonais, sur scène à Visa pour l'image

photojap.jpg

crédit photo: Capucine Cousin

Une image forte, émouvante. Un joli coup de Paris-Match. Ou une opération de com' qui peut mettre mal à l'aise. La semaine dernière, j'ai eu la chance d'aller quelques jours à Visa pour l'image (reportage, billets ultérieurs... à paraître) à Perpignan. Un des faits les plus surprenants, symboliques, et même de mise en abyme, fut la présentation lors de la projection de vendredi soir de Yuko, rescapée anonyme devenue bien malgré elle une icône, un symbole de la tragédie qu'a connue la population japonaise lors du tsunami. Le service de presse de Visa nous avait d'ailleurs fortement incités à venir à la projection en vue de cette visite-surprise...

Rappelez-vous, son image a fait le tour du monde. La photo de cette Japonaise enveloppée dans une couverture, prise par Tadashi Ohkubo, a fait la une de 55 journaux (et de plusieurs hebdos et quotidiens français au même moment).

62938247.jpg

Yuko Sugimoto était donc à Perpignan, invitée à Visa pour l'Image avec son fils et le photographe Tadashi Ohkubo par Paris-Match. Au moment du cliché, Yuko venait d'apprendre que son fils de 5 ans, Raïto, réfugié sur le toit de son école, était en vie. Elle l'avait cherché pendant deux jours. c'est en France qu'elle s'est rendue compte de l'impact de son image, et a alors déclaré sur scène: "Si ça peut encourager les gens à faire un don pour aider les Japonais, si ça peut aider le Japon, alors c'est un honneur pour moi d'avoir été sur cette photo". La boucle et bouclée, elle admet son statut d'icône.

dimanche 3 juillet 2011

L'agence Sipa en difficulté, dernier fleuron d'un photojournalisme qui périclite ?

101461_sipa.une_.jpg

Goksin Sipahioglu – Paris, France – 10 et 11 Mai 1968

Tout un symbole. L'annonce a été officialisée cette semaine: l'agence photo Sipa Press est sur le point d'être vendue à une agence allemande, DAPD, au prix de 34 licenciements sur les 92 salariés, dont 16 des 24 photographes, d'après Le Monde. Une véritable saignée à blanc, où l'activité de photojournalisme d'une des dernières prestigieuses agences survivantes est sacrifiée. A terme, toujours d'après le quotidien, l'agence DAPD (deuxième agence de presse outre-Rhin), contrôlée par un fonds d'investissement, vise à transformer Sipa en agence filaire généraliste, donc en concurrence directe avec l'AFP et autres Reuters.

L'annonce est loin d'être anecdotique, et révèle une fois encore l'évolution (la disparition annoncée ?) dans la douleur des fleurons du photojournalisme, en déconfiture depuis une dizaine d'années, pêle-mêle face au média Internet, la montée en puissance des agences filaires, la crise de la presse, et la dégringolade des prix de la photo. Alors que la plupart des titres de presse magazine mettent fin peu à peu à leurs services photo internes.

Une annonce de mauvais augure, à la veille de l'ouverture de deux des rendez-vous photo les plus cotés pou la profession, les Rencontres de la photo d'Arles - ouvertes demain le 4 juillet, elles porteront sur la photo au Mexique et la guerre d'Espagne vue par Robert Capa- et le Festival Visa pour l'image de Perpignan, qui ouvrira fin août.

I0000bSj3dPjtIYI.jpg

La dégringolade pour Sipa Presse avait commencé en 2001. Son légendaire fondateur, le volcanique photographe Gökşin Sipahioğlu, qui l'avait fondée en 1973 (allez lire cet entretien de folie réalisé en 2005 par Frédéric Joignot sur son blog), s'est alors résolu à la revendre à Sud Communications (groupe Pierre Fabre). Malgré ses 25 photographes, ses 600 correspondants, ses 500 reportages photo vendus chaque mois dans plus de 40 pays, elle affiche 2 millions d'euros de pertes en 2010.

Les 3 "A" rachetées, le photojournalisme périclite

retinette012.jpg

Concurrencées par les agences d’informations généralistes (dites agences filaires) comme l’AFP et AP, lâchées par une presse mag qui consacre davantage de couv' vendeuses aux people (ou politiques peopolisés) qu’au photoreportage, les trois "A" ont toutes perdu leur indépendance, avant de déposer les objectifs photo. Quant au photojournalisme, il périclite.

Les autres agences-stars des années 70, Sygma et Gamma, se sont en voie d'extinction. Sygma, fondée en 1973 par Hubert Henrotte après un conflit avec l'agence Gamma, rachetée en 1999 par le groupe américain Corbis (propriété personnelle de Bill Gates), était en cours de reconversion en avril 2001. En agence qui ne produirait plus de reportages photos, pour se concentrer sur la diffusion de ses fonds numériques.

Comme je l'écrivais alors dans cette enquête pour Les Echos: forte des fonds de 65 millions d'images issus des collections Bettmann ( photos historiques, dont celles de l'agence United Press International), de la National Gallery de Londres, du photographe Yann Arthus Bertrand, et des agences Sygma (actualité),TempSport (sport) ou Stopmarket (photos d'illustration), elle ambitionnait alors de vendre sur Internet ses prestigieuses archives une fois numérisées. Avec une facture déjà douloureuse: 90 personnes, dont 42 photographes, avaient été licenciés dans le cadre d'un plan social. Las, elle a déposé le bilan en 2010, suite à un contentieux avec un de ses ex-photographes.

Gamma-Rapho sera elle aussi emportée dans le sillage de la mise en liquidation du groupe Eyedea Presse, en 2010. Créée en 1966 par des photographes dont Raymond Depardon et Jean Lattès.où le groupe de presse Hachette Filipacchi Médias (HFM) prenait 75% de participation en 1999, en misant sur la vente de ses fonds numérisés, et sur un e-commerce BtoB, elle était rachetée par le photographe François Lochon en avril 2010, et concentrée sur la seule vente d'archives.

Tentatives de virages numériques

Il y a bien eu des tentatives pour renouveler le photojournalisme indépendant à l'ère du numérique. En 1999, Floris de Bonneville _ un des cofondateurs de Gamma _ lance GlobalPhoto, qui propose alors aux agences et aux photographes indépendants de gérer la vente de leurs images, surtout dans le secteur de la presse magazine. Une manière de trouver la parade pour maintenir l'indépendance des agences, alors que Floris de Bonneville avait proposé _ en vain _ à Gamma, Sygma et Sipa de s'unir sur Internet. Un an après, GlobalPhoto est rachetée par PR Direct, spécialisée dans la photo d'illustration. Le projet ne semble pas avoir survécu.

En décembre 2002, même le National Geographic inaugure une stratégie de commerce en ligne et tente de se placer sur le même créneau que les agences photo, en lançant en partenariat avec IBM, un site Web baptisé Ngsimages.com, dédié à la vente en ligne de son catalogue de photographies.

Alors, quel avenir pour les agences photo, face aux agences filaires géantes, telles l'AFP et Reuters, spécialisées dans la seule photo d'actualité (quitte à tirer vers le people) ? Un des seuls recours semble être la photo d'illustration. Seules les agences de photo d'illustration tirent encore leur épingle du jeu: des banques d'images en ligne gratuites ou à moins d'un dollar telles que Stock.XCHNG, ou encore Shutterstock, les magazines et autres journaux ont à disposition des photos d'amateurs ou de professionnels à des prix défiant toute concurrence.

L'agence Getty Images a tôt choisi ce virage. Fondée en 1995 à Seattle, initialement banque d'images pour agences publicitaires, elle s'est diversifiée dans la photo d'actualité à coup d'acquisitions, devenant premier fournisseur d'images (photos et vidéos) pour les agences publicitaires et groupes média. Pour contrer la concurrence d'Internet, elle acquiert en 2006 le site de vente de photos à bas prix iStockphoto, banque d'images bon marché mais de moins bonne qualité. L'agence a aussi revu ses tarifs à la baisse et proposé des ristournes sur ses photos en offrant par exemple ses photos basse résolution à seulement 49 dollars.

nachtwey.jpg

Je connais quelques photographes qui œuvrent en agence filaire, et s'en tirent plutôt bien (mais se contentent de faire des photos d'actu, sans trop se poser de questions, plus de reportages...), d'autres qui galèrent. Même des signatures, comme Reza, qui semble faire moins de reportages qu'avant faute de budget alloué par les magazines.

Restent quelques initiatives notables, telle l'agence britannique VII (lire " Seven"), lancée en septembre 2001 lors du Festival Visa pour l'image de Perpignan en septembre 2001. Mais un projet porté par sept pointures du photojournalisme, transfuges d'agences traditionnelles _ que ce soit le président de VII Gary Knight (ex-Saba), James Nachtwey (ex-Magnum), ou la Française Alexandra Boulat (ex-Sipa - décédée depuis). Dotée d'une structure légère, l'agence opère uniquement sur Internet et mise sur une valeur ajoutée technologique. Disséminés dans différentes villes du monde, les photographes-fondateurs numérisent les sélections de leurs photos, ce qui permet de réduire les frais de gestion et d'archivage. Sans doute un des derniers vrais projets d'agence à l'ancienne, encore active, menée par des stars du photojournalisme.

On trouve aussi des collectifs désormais installés comme Tendance Floue (L'Oeil Public a fermé l'an dernier me signale un lecteur), et une fédération de pigistes comme Fede Photo. Mais pour tous, le renouveau doit inclure des activités rémunératrices -comme la publicité ou le "corporate“ pour financer les reportages. Et une patte, une personnalité face au ton photographique toujours plus standardisé des grandes agences.

jeudi 11 novembre 2010

A qui appartient une photo sur Twitter ?

HaitiOK.jpg

Une femme sortie des décombres dans la capitale haïtienne © AFP/DANIEL MOREL

Le droit d'auteur s'applique-t-il aussi sur une photo postée sur un réseau social tel que Twitter, ou via l'outil de publication Twitpic ? Ou appartient-elle à l'éditeur de ces réseaux ? L'affaire avait fait grand bruit en début d'année, comme j'en parlais alors, l'AFP estimant alors Tous les Twitpics nous appartiennent, après avoir gentiment piqué à un photographe indépendant une photo qu'il avait postée via Twitpic.

Tout était parti de photos postées via Twitpic par Daniel Morel, un photojournaliste qui couvrait alors les manifestations suite au séisme d'Haïti. Un autre utilisateur de Twitter, Lisandro Suero, les a alors mises à disposition. L'AFP les a alors utilisées, et carrément revendues via l'agence Getty Images. Les photos ont été créditées AFP et Lisandro Suero par un certain nombre d'autres agences.

L'affaire a tourné à la bataille juridique. Après avoir écrit à l’AFP en réclamant ses droits, l’agence s’est retournée contre Daniel Morel, en dénonçant une diffamation commerciale et demandant une déclaration d'absence de contrefaçon.

Ce que vous postez sur Twitter ne vous appartient plus (pour l'AFP)

Pour l'AFP, en mettant à disposition des photos sur Twitter ou Twitpic, un photographe accorde de facto une licence à toute personne qui voudrait utiliser ces photos, comme le spécifierait une mise à jour récente du règlement de Twitter. En clair, pour l'AFP, ce que vous postez sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, ne vous appartiendrait plus. C’est la position que soutient en tous cas l’agence devant un tribunal du district sud de New York.Cela signifierait-il donc que toute photo postée sur Twitter serait automatiquement réutilisable par n'importe qui ?

ReadWriteWeb US vient de revenir sur l'affaire : les règles d'utilisations de Twitter spécifient certes qu'il peut partager des contenus avec ses partenaires... Ce que l'AFP tente de réinterpréter, comme si tout utilisateur de Twitter était un partenaire - pouvant donc réutiliser les photos.

L'AFP étrangère à l'univers des médias sociaux

Comme le souligne le RWW, en creux, cela révèle une méconnaissance profonde mauvaise compréhension par l'AFP de l'univers des médias sociaux. C'est dans l'esprit même des médias sociaux : si je retweete une photo d'un utilisateur de Twitter, c'est pour la partager - implicitement, sans exploitation commerciale par-derrière par un autre "Twittos" indélicat. Bien loin d'une entreprise de media qui doit gagner de l'argent, qui pioche une photo dans un écosystème, pour ensuite prétendre en être propriétaire, souligne le RWW.

Au passage, l'AFP vient tout juste - en novembre 2010 - de se doter de sa page Fan de sur Facebook, quelques semaines après avoir nommé un journaliste en charge du secteur des médias sociaux. CQFD.

dimanche 10 octobre 2010

"Kiss the past hello", les ados éternels de Larry Clark

eBay_sept_2010.jpg

C'est sans doute la photo qui illustre le mieux l'expo de Larry Clark, qui s'ouvrait hier au Musée d'Art Moderne à Paris. Ils sont jeunes, ils sont magnifiques, et il y a un discret érotisme qui émane de cette photo, pas loin d'un Botticelli, qui nous renvoie tous à nos premiers ébats.

J'ai vu l'expo Larry Clark, qui ouvrait ses portes vendredi au Musée d'art moderne de Paris. Et non, je ne vais pas vous parler ici de la polémique autour de son interdiction aux moins de 18 ans (que je trouve absurde çà titre perso... C'est une expo sur les ados et avant tout pour les ados, comme le dit très bien Larry Clark dans cette interview au Monde), mais retour ici à l'essentiel, l'art. Que valent ces photos ?

Kiss the past hello ("Dis bonjour au passé", détournement du dicton Kiss the past goodbye - "Fais table rase du passé", référence punk qui colle assez bien à Larry Clark...), avec 300 photos et 2 films inédits, montre plusieurs représentations de la jeunesse vue par Larry Clark, en 40 années de photo. La jeunesse plutôt rock, plutôt trash, qui cherche à tester les limites de la liberté, voire qui fraye avec les bas-fonds et la marginalité. Loin des polémiques un peu stériles sur une supposée complaisance (ou des photos qui revêtiraient un caractère "pornographique"), on y voit surtout des portraits d'ados que Larry Clark a suivis, succédanés des dernières décennies.

EN-IMAGES-Larry-Clark-l-expo-polemique_scalewidth_630.jpg

Et cela nous touche follement, parce que cela nous renvoie à notre propre adolescence (censée être "le bel âge"), à nos excès, aux frontières que l'on a failli franchir. Un véritable uppercut, même si j'aurais sans doute été encore plus touchée si j'avais été un mec - Kiss the past hello est l'adolescence vue par un homme photographe, donc de manière avant tout masculine (nombreux portraits de jeunes mecs), avec une sensibilité bien plus personnelle des années 60 aux années 80. Lorsque Larry Clark était encore lui-même proche de l'adolescence...

Qu'est-ce que l'on y voit ? Des années 60 à Tulsa (Oklahoma) aux années 2000, on y voit son regard sur la jeunesse américaine. On y voit la drogue, le sexe, mais aussi des bandes de potes, au sein desquels Larry Clark a travaillé en immersion, en allant jusqu'à suivre certains ados durant des années, pour montrer leur évolution. Au-delà du cinéaste provoc' habitué aux scandales (cf la sortie de Kids en 1995), on découvre là un photographe qui a une p/ù^$* de sensibilité, dans les prises de vues, la lumière, ce qui ressort de ses très nombreux portraits d'ados.

Organisée de manière chronologique, l'expo donne à voir, en creux, les formes de contre-cultures portées par les ados au fil des décennies.

Premier uppercut, les quelques photos de sa mère, Frances Clark, reflets d'une Amérique idéalisée, qui tranchent avec la première partie de l'oeuvre de Larry Clark. Le portfolio Tulsa, qui couvre les années 60 (qui avait donné un livre éponyme) révèle la vie quotidienne du jeune artiste. Entre l'ennui et la violence dans les suburbs de Tulsa, il y photographie ses potes zonards.

Alors oui, là la pauvreté va de pair avec les premiers shoots, qu'il photographie dans son entourage, avec parfois des photos très crues: une femme enceinte qui se pique, un ado qui joue avec un revolver, le visage tordu de douleur de cet homme, le premier shoot de la girlfriend, des scènes qui mêlent piqouze et sexe... Il y a aussi les dates de décès de certains potes de Larry Clark partis bien trop tôt...

Mais aussi un film muet de 16 mm de 1964, où l'on voit un jeune mec qui se shoote - film touchant et d'une tristesse absolue, qui s'affiche progressivement sur le visage de sa copine, au fur et à mesure du shoot.

Lust for life

Les années 70 donnent à voir là encore des portraits en noir et blanc d'une jeunesse qui découvre le sexe, l'amitié, parfois la drogue... Mais déjà prédominent les portraits magnifiques de ces ados, des jeunes mecs dont on se dit juste qu'ils sont beaux et sereins. Et dont on devine qu'ils ont déjà beaucoup vécu. Il y a aussi ces photos de couples, s'adonnant à l'amour (voire au triolisme) ou à la drogue, ces scènes d'ados découvrant le sexe, entre fraîcheur et expériences déjà hard..

ntm3-1-11.jpg

Pour les années 80 (portfolio intitulé avec un certain sens de la provoc' Teenage Lust - "luxure d'ados") , Larry Clark a adopté ce qui constituera la sève de son travail: il réalise des portraits au sein de groupes de jeunes dont il parvient à se faire adopter, ou avec des prostitués de la 42e rue de New York. Là, ce sont les années punks: jeunes mecs au crâne rasé et aux jeans moulants.

A partir des années 90, il s'intéresse aux jeunes skaters. Ce seront les prémices de son film "Wassup Rockers". Là, ses photos changent, on voit une jeunesse presque plus sereine. Dans ces portraits grand format, aux couleurs saturées, on y voit des jeunes punks skaters latinos qui prennent la pose, avec fierté et provocation (superbe photo de cet ado qui porte un T-shirt avec pour slogan "Let's start a war" en 1992, en pleine guerre d'Irak...).

Mais aussi, en toile de le fond, là encore la pauvreté absolue: comme ce jeune mec de 12/13 ans qui pose à poil, la clope au bec, près de son père, qui a la bouteille et son dernier-né sur les genoux... Et là, on se demande : quel avenir pour ces ados ?

dimanche 1 novembre 2009

'The Impossible Project' se poursuit, remise en vente de films argentiques Polaroid

Rue89 s'en est fait l'écho, Polaroid remettra en vente des films argentiques en 2010... alors qu'il y a quelques mois, il annonçait l'arrêt de la vente du film 35 mm en argentique pour les diapositives couleur Kodachrome, comme j'en parlais alors dans ce billet.

Deux ans après la fermeture des sites de production des Pays-Bas (usine d'Enschede) et du Mexique, Polaroid "encourage la production de films SX-70 et 600" pour 2010, d'après Rue89, et ce en partenariat avec 'The Impossible Project', cette start-up d'un nouveau genre que j'évoquais déjà. En quelques mois, elle a prisde l'ampleur : lancée par le businessman Florian Kaps, fondateur d'un site de ente en ligen de recharges Polaroid (ça tombe bien) et l'ancien directeur de l'usine d'Enschede, elle s'était mise en tête de relancer des "vraies" cartouches Polaroid. Et l'affaire semble bien lancée, Polaroid ayant avalisé le projet lors de son sommet mondial à Hong Kong, le 13 octobre.

En pleine vogue vintage / nostalgie, elle va rééditer certains de ses appareils fétiches, tel le Polaroid argentique 1000... mais visiblement, en version chic et chère :(.

Du coup, quelle clientèle va viser 'Pola' ? Des amateurs éclairés ? Des étudiants ? Pour ses pellicules, forcément, il trouvera des recrues dans tous les possesseurs de Polas, en manque de pellicules depuis quelques temps. Mais pour ses futurs appareils 'vintage' annoncés, il ne visera probablement qu'un petit marché de niche à hauts revenus. Ce qui serait une manière de jouer sur l'aspect nostalgie, et la valeur supposée de la marque Polaroid - pourtant très connotée cheap à son âge d'or, dans les années 80. A voir...

mardi 8 septembre 2009

Le photojournalisme, "en soldes" ou engagé ?

Je parlais récemment, dans ce billet, de la situation préoccupante que connaît actuellement le photojournalisme, mise en exergue par le festival Visa pour l'image, qui se déroule en ce moment à Perpignan.

Mon confrère Gilles Klein, journaliste indépendant (il collabore notamment à Arrêt sur images, en version web), qui a un long passé de photographe de presse, dresse un constat dans ce billet,, qui n'est guère optimiste sur l'évolution du métier. Et d'écrire :

Les journaux négocient des forfaits mensuels ou annuels pour accéder aux images d’actualité. Certaines agences soldent tandis que des journaux demandent, en fin d’année, une ristourne, un pourcentage sur le chiffre d’affaires qu’ils ont apporté à telle ou telle agence. Une sorte de rétro-commission. Entre les photographes maison payés au mois, et les forfaits, plus les banques d’images à bas prix pour les photos d’illustration (photos hors actu) il reste très peu de place pour les commandes, les sujets originaux, du coup ceux qui étaient dans des agences et n’y sont plus (ex Gamma, ex-Sygma et autres) souffrent. Gagnent peu ou très peu. Font moins de sujets et doivent se débrouiller pour les financer.

De fait, j'avais entendu des échos similaires. Au sein du groupe où je travaille, non seulement L'Express, comme il l'écrit, mais aussi les sites L'Express.fr et L'Expansion.com on négocié des contrats sous forme de forfaits pour accéder au fil d'images (en plus du fil d'actus) de Reuters, pour des tarifs qui ont bien changé ces dernières années... Et dont les photographes n'ont sans doute pas connaissance.

Du coup, on croise de plus en plus de photographe d'agences qui, pour certains, ont réussi à obtenir un CDI avec un salaire confortable. Ils travaillent en shootant le plus vite possible, restent quelques minutes sur le lieu d'un événement, d'une conférence de presse, et repartent aussitôt. On est loin du reportage d'antan... J'ai eu l'occasion de discuter avec un photographe d'agence dernièrement : no comment sur ces conditions, il gagne bien sa vie et préfère se poser le moins de questions possibles.

La plupart des "vrais" photojournalistes sont, soit au sein d'une agence classique pour les quelques chanceux, soit travaillent en indépendants, au sein d'un collectif (comme Tendance floue, ou le collectif plus général Fédéphoto), ce qui leur permet d'avoir un pouvoir de négociation plus important auprès des journaux.

Certains continuent d'avoir de vrais projets journalistiques de fond. En la matière, un des ouvrages les plus excitants et les plus attendus du moment à mon sens est Un nouvel art de militer (sortie octobre 2009), fruit d'une enquête du journaliste Sébastien Porte et du photographe Cyril Cavalié, connu notamment pour son travail sur les divers mouvements et réseaux militants (à voir, le blog dédié à cet ouvrage).

Jeudi Noir, Déboulonneurs, Brigade activiste des clowns, Désobéissants, Anonymous... Il passe en revue pas seulement les divers mouvements militants, mais les formes de militances même, au-delà des formes traditionnelles que sont la grève ou la manifestation : une nouvelle génération de militants, ayant un goût prononcé pour l’humour et les mises en scènes spectaculaires, et un sens manifeste de la créativité dans l’action.

Cyril m'a fait l'amitié de me transmettre quelques-unes de ses photos issues de cet ouvrage. Que je dévoile donc ici, en avant-première.

Stagiaires Cyril Stagiaires - Photo Cyril Cavalié

Poesie_verte.jpg Poésie verte - © Cyril Cavalié

Plaquage cyril Plaquage - © Cyril Cavalié

cyclonudiste Cyril Cyclonudiste - © Cyril Cavalié

RESF Cyril RESF - © Cyril Cavalié

vendredi 24 juillet 2009

La fin pour l'agence photo Gamma, quel avenir pour le photojournalisme ?

retinette012.jpg

Ce fut une des plus prestigieuses agences de photojournalisme, cofondée par Raymond Depardon, qui a vu passer dans ses rangs des photographes tels que William Carel, Gilles Caron, Françoise Demulder et Sebastiao Salgado. Pourtant, Gamma déposerait le bilan le 30 juillet, annonçait Rue89 hier soir.

La fin pour une des plus prestigieuses agences, qui avait déjà connu des évolutions inquiétantes ces dernières années, comme l'a montré son rachat en 2006 à Hachette Fillipachi Médias (groupe Lagardère) par Eyedea, filiale du fonds d'investissement Green Recovery. Ce dernier, qui possède aussi notamment l'agence Rapho et l'important fonds Keystone, aurait d'emblée cherché à la couler, laisse fortement entendre l'article de Rue89.

Auparavant, ses dirigeants auraient fait des erreurs monumentales, comme laisser partir l'année dernière Elodie Grégoire, une de leurs dernières signatures, qui suivait Nicolas Sarkozy depuis des années (comme j'en parlais ).

Mais de fait, avec 55 photographes licenciés dans le cadre de cette opération de dépôt de bilan, Eyedea n'y perd pas grand-chose, si ce n'est couler Gamma. Avec cynisme : "ce n’est qu’une identité sur trois qui dépose le bilan et un bon moyen pour eux de licencier 55 personnes en ne donnant que 35 000 euros par personne", me faisait remarquer par mail ce matin, fataliste et réaliste, un confrère, (talentueux) photographe de presse.

Sans baigner dans une nostalgie désuète, le dépôt de bilan de Gamma constitue une nouvelle étape, hélas, dans la disparition plus ou moins annoncée des agences de photojournalisme à l'ancienne, à l'ère d'Internet et de la suprématie des agences filaires telles que Reuters, AP ou l'AFP. Déjà en 2001/2002, le sujet commençait à faire débat, je me souviens avoir écrit des papiers pour Les Echos (par exemple , ou encore à propos de National Geographic... ) sur comment Internet bouleversait le modèle des agences classiques : Bill Gates rachetait l'agence Corbis en rêvant de numériser tous ses fonds d'archives, et en misant sur la vente de photos d'actualité, d'illustration et d'archives via Internet.

Et encore, phénomène qui s'accentue avec la crise, les agences filaires sont obligées de consentir de fortes réductions sur leurs tarifs d'abonnements aux flux de dépêches auprès de leurs clients (les groupes de presse) pour être sûres de conserver ces clients...

Je ne sais pas si les agences 'alternatives' lancées ces dernières années par des grandes signatures, comme l'agence VII, lancée en 2001, ou encore l'agence Noor, lancée en 2007, pourront assurer la relève en termes de vrai photojournalisme.

Cette année, je serai très probablement au festival de photojournalisme Visa pour l'image de Perpignan, début septembre, où le climat sera sans doute assez particulier. Faites-moi signe si vous y venez...

lundi 20 juillet 2009

Expo Martin Parr, ses références culturelles, les produits dérivés US...

C'est une expo photo que je vous recommande : une large rétrospective de la collection du photographe Martin Parr, qui se tient en ce moment au Jeu de Paume à Paris. Elle présente les oeuvres du photographe de l'agence Magnum, avec notamment la série Luxury (les nouveaux riches de Dubaï aux courses de Longchamp), qui prend un tour surprenant dans le contexte actuel... mais aussi celles qui l'ont influencé de près ou de loin d'où des photos de qualités inégales (le piège de ce genre d'extrapolations...), avec parmi mes préférées ces portraits noirs et blancs des prolos et lower classes en Grande-Bretagne.

Intéressants, les nombreux produits dérivés exposés à cette occasion : produits de militantisme pro- Ben Laden, pro Sadam Hussein, mais aussi les nombreux produits dérivés US, reflets d'un certain ultra-consumérisme qui relève de la culture américaine.

Avec notamment ces chocolats Cadburry à l'effigie des ex- Spice Girls (vintage 90s oblige), ou encore ces produits dérivés à l'effigie de Barack Obama, des bouteilles aux tongs - so cute...

Spice girls

Obama1

Obama3

Obama2

Photos C. C.

mercredi 24 juin 2009

Clap de fin pour le film argentique Kodachrome, Polaroid pourrait renaître

retinette012.jpg Source

Le couperet est tombé, (presque) toute la presse en parlait aujourd'hui : comme l'a annoncé par communiqué Kodak Us le 22 juin, le fameux film 35 mm en argentique pour les diapositives couleur Kodachrome s'interrompra en 2010, face à la montée en puissance des photos numériques, du propre aveu de Kodak.

Une commercialisation qui avait commencé en 1935 (!), les diapos avaient trouvé des usages multiples : photos de vacances (vous avez forcément subi connu la séquence diffusion de diapos de vacances en famille - souvenir eighties...), archivage magazine pour les photographes, autant pour les portraits que les reportages...

Une nouvelle étape qui annoncerait la fin de la photo argentique ? Pas si sûr : cela risque de devenir un produit de luxe, mais j'en connais qui continuent de faire de la photo argentique (j'en suis !), voire d'assurer leurs développements.

Des offres alternatives se développent déjà : l'antique Polaroid (qui tente de ressusciter avec l'appareil PoGo) pourrait bien renaître grâce à une communauté de fans, de l’Impossible Project (qui inclut des scientifiques hollandais). D'après cet article du NY Times, ils auraient loué une usine Polaroid. Et, mieux, ont mis une main sur une pépite, des éléments de technologie propres à Polaroid... parce que l'ancien détenteur des actifs de Polaroid (dont de son nom et ses brevets) a été arrêté aux Etats-Unis, et ses actifs vendus.

Et il y a fort à parier que des passionnés se mobiliseront pour relancer les pellicules photo argentiques et le développement photo. A suivre...

lundi 27 avril 2009

Corbis se lance dans la vidéo avec sa filiale Corbis Motion

L'agence photo Corbis - dont on remarquera qu'elle ne se définit plus comme une agence photo dans son communiqué, mais comme un "fournisseur de ressources visuelles pour la communauté des créatifs" - vient d'annoncer le lancement de Corbis Motion www.corbismotion.com en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Hollande, au Japon et en France.

Particularité : comme beaucoup d'agences photo en recherche d'u nouveau business model (comme j'en parlais dans ce billet), et qui se positionnent faute de mieux sur le divertissement (à la place du photojournalisme, leur domaine d'excellence durant leur âge d'or), Corbis cherche à explorer le créneau des contenus vidéos. Fort de son partenariat avec Thought Equity Motion, il dispose d'une bibliothèque de 300 000 séquences vidéo (contre 30 000 auparavant), notamment issues de Paramount Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc., National Geographic, Sony Pictures Entertainment, HBO Archives et Smithsonian Channel. " Les producteurs & réalisateurs de films, de documentaires, de reportages, de films publicitaires… pourront désormais piocher parmi près de 150 000 séquences en Haute Définition, ainsi que 80 000 séquences libres de droit pouvant être acquises et utilisées, dans le cadre d'une licence unique pour une utilisation spécifique, sur tous types de supports et aussi longtemps que le souhaite le client", annonce Corbis.

jeudi 19 février 2009

Le Point lâche ses photographes en régions

appareil.gif

Lu sur le très informé blog collectif Les invisibles des médias, tenu par des journalistes pigistes, le magazine Le Point se séparerait des photographes pigistes avec lesquels il travaillait pour ses numéros régionaux. Il aurait passé un accord avec différentes agences photo, soi-disant pour baisser les coûts de production. Mais aucun photographe n’a été prévenu officiellement ; aucune mesure de licenciement n’est donc prévue pour l’instant...

Un nouveau révélateur de la précarisation du journalisme, dans ses différents secteurs, y compris le photojournalisme. Mais c'est aussi un cercle vicieux, alors que les agences photo classiques (Getty, Corbis-Sygma...) sont dans une situation délicate face aux agences filaires, rattachées aux agences de presses idoines (AP, AFP, Reuters). D'après ce que j'ai lu sur un forum de discussion très bien informé, certaines agences photos qui passent des accords avec les news dont Le Point leur mettent une certaine pression commerciale. Et d'un autre côté, baissent leurs tarifs pour être sûres de conserver leurs clients....

jeudi 12 février 2009

Getty ferme Scoopt, un désaveu pour le photojournalisme "amateur"

Scoopt

Une forme de désaveu pour ce pseudo-photojournalisme citoyen, qui fut très en vogue il y a quelques mois. L'agence photo US Getty Images a annoncé il y a quelques jours la fermeture de Scoopt, un site qui permettait aux amateurs de vendre leurs images d'actualité. Un site qu'elle avait acquis il y a deux ans, espérant diversifier son coeur de métier (le photojournalisme haut de gamme) vers ce fameux "journalisme citoyen", mais surtout, le divertissement...

En la matière, l'agence américaine cherche à diversifier ses contenus, à coups d'acquisitions : elle avait annoncé l'an dernier un accord avec le site de partage de photos Flickr, appartenant à Yahoo!, pour diffuser sur sa propre plate-forme dune sélection de photos issues de Flickr. Cela dit, je pense que Getty est dans une situation financière assez délicate la rumeur avait d'ailleurs couru, il y a un an, que l'agence était à vendre, comme j'en parlais dans ce billet.

Lancé en juillet 2005, Scoopt était l'un des premiers à se lancer sur le marché des photos et autres images prises par des amateurs. Déjà début janvier, JPG Magazine, magazine sur papier et sur internet publiant des photos de professionnels et d'amateurs, avait annoncé début janvier la cessation de ses activités, mais il pourrait être sauvé par un repreneur.

dimanche 1 février 2009

Moodstream, le moteur de recherche photos émotionnel de Getty

Getty Images vient de lancer un nouveau mode de recherche d'image dans sa base d'images : Moodstream permet en effet de chercher des vidéos liées à des ambiances (joyeuse, humoristique, nostalgique, chaude, etc.). Il permet de rechercher images, vidéos et sons dans le catalogue Getty selon des paramètres liés à l’humeur ou à l’ambiance désirée : plusieurs curseurs vous aident à définir la tendance, puis à lancer votre requête. S’affichent alors en plein écran les extraits vidéo et photo correspondant à cette tendance, l. Vous pouvez alors ajouter d’un clic les clips proposés dans votre propre tableau afin de les conserver pour plus tard, par exemple pour un achat de droits. Dans l’éternelle tentative de valoriser sa pépite - son immense base d'archives d'images, et de réinventer la recherche d’éléments multimédia, Getty frappe ainsi très fort. Et dfait un pas de plus vers la conquête du grand public, avec ces services ultra-qualifiés.

dimanche 18 janvier 2009

Barack Obama a choisi son photographe officiel

Obama

Pour tout Président de la République, comme pour toute Première Dame, le choix du photographe officiel, est un choix éminemment politique. Il réalisera les photos dans diverses circonstances officielles, ou encore pour la presse magazine, et plus encore pour la fameuse photo officielle placardée dans les lieux publiques et politiques.

Comme j'en parlais déjà dans ce billet notamment, le choix du photographe people Philippe Warrin par Nicolas Sarkozy avait fait du bruit, tout comme Claude Gassian, celui de Carla Bruni...

Aux US, ça y est, le nouveau président Barack Obama a choisi le sien : il s'agit de Pete de Souza (54 ans), qui sera donc photographe officiel de la Maison Blanche sous sa présidence. Photographe indépendant il a travaillé pour le quotidien Chicago Tribune, pour lequel il a suivi les premiers pas d’Obama au Sénat. Mais il fut aussi photographe officiel sous… Ronald Reagan de 1983 à 1989. Preuve d'un certain conservatisme de Barack Obama ?

dimanche 7 décembre 2008

Etat critique : les mots de la guerre, un docu en ligne de Médecins sans frontières

Etat critique

Une initiative louable, à la croisée de la communication et du photojournalisme, de la part de l'ONG Médecins sans frontières, pour tenter d'attirer notre attention sur l'un des trop nombreux conflits dans le monde que l'on ignore depuis notre Aventin... Cela me semblait être la moindre des choses d'en parler ici.

Alors que la République démocratique du Congo est en proie depuis août dernier à une recrudescence de la violence dans la région du Kivu, dans l'est du pays, pour sensibiliser l'opinion publique à cette tragédie qui pousse des centaines de milliers de civils à fuir, MSF a employé les grands moyens : elle a mis en ligne un site spécial', Etat critique, accompagné d'un documentaire, Etat critique : les mots de la guerre dans l'est du Congo. En un peu plus de 11 minutes, il relaie les témoignages de victimes prises au piège dans cette guerre, et informe sur la situation d'urgence dans les centres de santé débordés. Des mots bouleversants notamment illustrés par les images en noir et blanc du photographe Cédric Gerbehaye, de l'agence VU, lauréat du World Photo Press. Etat critique sera mis à jour tout au long de l'année à venir.

lundi 15 septembre 2008

Mediapart + VU = MediaVu

De nouvelles formes de convergences entre le reportage photo et le journalisme d'investigation apparaissent.

Dans la lignée de l'association photojournalisme + reportage qu'avaient entamée des canards comme Paris Match à sa belle époque, Mediapart, le site d'information (et d'investigation) indépendant dirigé par Edwy Plenel, annonce aujourd'hui une association inédite. A partir du 19 septembre, il va s'associer à la prestigieuse agence de photo VU. Créée il y a une vingtaine d'années, cédée en 1997 au groupe Advent, elle se veut une agence de photographes, comme la définit son fondateur Christian Caujolle. Un portfolio de photos de l'agence sera ainsi diffusé chaque jour sur MediaPart et mis en vente auprès de la communauté d'abonnés en ligne de Mediapart. Nom du projet : MediaVu.

L'objectif est bien vu : remettre le photojournalisme au cœur même des métiers de la presse, et redonner ses lettres de noblesse à la photo de presse produite par des agences classiques (et non pas des agences filaires telles que l'AFP ou Reuters). Et l'association entre un site d'info participatif et une agence photo n'en n'est pas moins inédite, et inaugure une nouvelle forme de média en ligne ? A suivre...

mercredi 16 juillet 2008

Photojournalisme + site de partage de photos = partenariat entre Getty Images et Flickr

Le titre résume en lui-même l'importance de cette info... Et montre le rapprochement entre l'univers - professionnel - des agences photos, et celui - amateur - des sites de partage de photos.

Getty Images, créateur et distributeur de contenus visuels et de supports numériques, et Flickr, site de partage de photos du groupe Yahoo ! viennent de signer un partenariat qui vise à associer les photos de la communauté Flickr aux collections d'images de Getty Images dans la gestion de licences d'utilisation de supports numériques. Ce partenariat exclusif permet à Getty Images d'inviter les membres de Flickr à participer à la collection Flickr qui dans les mois à venir, sera proposée sous licence d'utilisation sur le site aux clients de Getty Images issus des secteurs de l'édition, du commerce et de la création.

vendredi 27 juin 2008

Vernissage expo Prix Canon '08 de la femme photojournaliste

J'y passerai, ce 1er juillet au soir, a lieu à la galerie Cosmos, 56, Bld Latour Maubourg - 75007 Paris, le vernissage de l'exposition Véronique de Viguerie, lauréate 2007 du Prix Canon de la Femme Photojournaliste, décerné par l'AFJ (Association des femmes journalistes) et soutenu par le Figaro Magazine.

« Afghanistan, Inch’Allah ? ». Véronique de Viguerie a voyagé en Afghanistan où les talibans sont de retour. Son reportage a été exposé au Festival Visa pour l’Image de Perpignan en septembre dernier.

mardi 17 juin 2008

Partage des photos en ligne : Flickr est loin d'être le seul...

Avec l'avènement des photos numériques, on le sait, les habitudes des consommateurs / amateurs de photo évoluent. Les albums photo commencent à laisser la place à de nouvelles pratiques, comme celles de mettre ses photos sur un cadre photo numérique, ou de les mettre à disposition de ses proches et ses amis sur des sites de partage de photos tels que Flickr et Picasa.

Mais d'autres services encore plus pointus commencent à se développer. Je pense notamment à Fotolog, à la fois site de partage et réseau social, racheté pour quelques 90 millions de dollars l'été dernier par Hi Media (voir ce test produit que j'en ai fait pour Les Echos).

Dans un autre genre, à suivre de très près à mon avis, la start-up Zoomorama, qui figure d'ailleurs parmi les 100 finalistes du palmarès Red Herring (publié en avril) des start-up européennes les plus prometteuses, et annonce une seconde levée de fonds pour cette année. Zoom impressionnant, images haute définition, insertion de vidéos de textes et de liens Internet donnent un sérieux coup de jeune au bon vieil album photo. Créé en 2005, Zoomorama invite les internautes à faire de leur album une œuvre originale associant des clichés haute résolution, des textes, des vidéos, des liens. Une navigation interactive qui permet de zoomer à volonté sur une zone et d'entrer littéralement dans l'image grâce à un affichage plein écran. Les utilisateurs peuvent insérer leurs photos personnelles, des images récupérées sur Flickr, ou des vidéos de YouTube et des liens internet. Ils ont la possibilité de soigner la mise en page en créant véritablement une maquette. A suivre d'autant plus près que des discussions sont en cours avec Paris-Match, dans la lignée de deux projets déjà réalisés (sur le radeau de la Méduse revisité par Gérard Rancinan, et un reportage sur les récifs coralliens)...

zoomorama

mardi 22 avril 2008

Claude Gassian, photographe officiel de Carla Bruni-Sarkozy

Carla Bruni

Déjà Cécilia Sarkozy, en son temps, s'était dotée de son photographe attitré, en choisissant le très people - Star Ac' Philippe Warrin, auteur de la photo officielle du président, comme j'en parlais dans ce billet..

Cette fois, c'est Carla Bruni-Sarkozy, dont on dit qu'elle maîtrise à la perfection les plans de com', qui a choisi le sien. Il s'agit de Claude Gassian, 58 ans, surtout connu pour ses clichés sur le rock (de Goldman, Miossec, Mathieu Chedid, Telephone en leur temps, les Stones), qui dit voir rencontré Carla en 2002 lors de l’enregistrement de son album, "Quelqu’un m’a dit". Et être à l’origine des photos promotionnelles, ainsi que pour l'album "No promises". Là, il a fait ses débuts "officiels" lors de la visite d'Etat du couple Sarkozy à Londres, fin mars, après avoir réalisé les photos du fameux entretien-fleuve de L'Express du 24 janvier.

- page 1 de 2