
L'association peut sembler absurde, c'est pourtant la dernière trouvaille
marketingue de deux marques qui s'essaient au phénomène - éprouvé et
très en vogue - du co-branding, dont j'ai déjà parlé plusieurs
fois, comme ici.
Pour mémoire, il s'agit d'un mariage aussi opportuniste qu'éphémère entre
deux marques qui n'ont à priori pas grand-chose à voir ensemble, mais essaient
de recouper leurs univers respectifs.
Là, il s'agit donc d'une chaîne de salons de coiffure, Jean-Claude
Biguine, qui a décidé de s'associer au groupe Danone. Objectif, tenter
pour chacune des deux de s'imposer sur des secteurs où elles peinent,
justement.
Nous avons donc 1/ Jean-Claude Biguine, qui relance une gamme de
soins bio pour le visage, et tente ainsi d'effacer son image
de salons et de shampoings un peu sheap que l'on trouve en hypermarchés 2/
Danone, qui a bien du mal à s'imposer avec son yaourt Essensis
. Vous savez, ce yaourt à l'emballage rose vif, censé "nourrir la peau de
l'intérieur"... Et dont, en un an, les ventes n'ont pas décollé d'après mes
infos, ne renouvelant ainsi pas les précédents de Lactalis et Actimel. Le
yaourt best-seller, ça ne marche pas à tous les coups. Too bad, Danone espérait
ainsi s'imposer sur le créneau de la dermonutrition, dont je
parlais dans ce
billet (avec Vichy) et dans celui-ci (avec Danone, et Clarins et
son boîteux "Expertise 3") .
Or, là, les clientes du coiffeur Jean-Claude Biguine ont eu droit à 7 300
pots de yaourts Essensis à déguster en décembre. Bon, why not. Petit souci, il
aurait fallu que le salon dispose d'un frigo, chaîne du froid
oblige. On imagine de coup la galère des coiffeurs pour "inciter", le plus vite
possible, un maximum de clientes à manger leur petit yaourt ! En plus,
elles ont eu droit à la lecture d'une brochure commune (tirée à 150 000
exemplaires, quand même) et la vision de spots Essensis sur les téléviseurs du
coiffeur.
Bref, c'était une petite tentative pour relancer les ventes - ou du moins la
notoriété - du yaourt à emballage rose fuschia. Tout en ciblant davantage le
public visé : la femme qui prend soin d'elle, évidemment... en allant chez
le coiffeur, au hasard ;). Plus précisément, la citadine de 25-50 ans.
Jean-Claude Biguine, de son côté, en a profité pour relancer sa gamme de
soins "bio" pour le visage, qui souffre d'un cruel manque de notoriété, bien
qu'elle soit proposée en institut depuis un an.
Ce type de partenariat n'est pas une première pour Biguine. Il s'était déjà
associé à Coca-Cola Light Lemon, et aussi avec la boisson Bailey's.