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dimanche 10 janvier 2010

BiDi, une dose de 3D dans un écran tactile multitouch

Un "écran à reconnaissance de mouvements", qui rappelle celui qu'utilise Tom Cruise dans Minority Report: voilà ce que vient de présenter le MIT, comme le dévoile 01Net dans cet article. Les geeks et fans de science-fiction ( j'en suis ;) connaissent ce film (devenu une référence en la matière), aussi réputé parce que Steven Spielberg, par souci de réalisme, a fait plancher des hercheurs pour présenter des innovations dans ce film, susceptibles de voir le jour dans l'avenir.

La réalité rattrape la fiction. Un chercheur de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), John Underkoffler, qui a inspiré les célèbres interfaces gestuelles de Minority Report (j'en parlais déjà en 2007 dans ce billet), avec une équipe de chercheurs, vient de présenter un écran LCD tactile multipoint, doublé d’une interface gestuelle capable de reconnaître les mouvements de la main. Le prototype a été baptisé "BiDi", diminutif de "bi-directionnel", car il est à la fois capable de capturer des images (les mouvements) et d’en afficher (voir la page de présentation).

L’écran BiDi du MIT combine interface tactile et gestuelle, et s’appuie sur une technologie d’écrans LCD tactiles naissante, développée, entre autres partenaires, par Sharp et Planar Systems.

Le MIT a amélioré cette interface pour qu’elle permette aussi la reconnaissance des mouvements de main. Résultat : elle s’appuie sur une technologie existante, fonctionne de très près (contrairement à d’autres technologies utilisant des caméras) et pourrait tenir dans un écran plat presque aussi fin que ceux que nous connaissons aujourd’hui. A voir, la démo vidéo (source MIT), impressionnante...

dimanche 3 janvier 2010

Huit tendances tech prometteuses (et so sexy) pour 2010

C'est le début de l'année, et mieux encore, une nouvelle décennie s'ouvre, la seconde de ce nouveau millénaire : alors du coup, on n'échappe pas aux diverses prédictions et inventaires à la Prévert des "tendances à suivre" pour 2010. Bonne année, d'ailleurs, à vous chers lecteurs, réguliers ou de passage ! Qu'elle vous soit pleine de surprises :)

2010 devrait voir se confirmer plusieurs innovations prometteuses, et excitantes tant en termes d'usages, de nouveaux services, que de produits tech. Je me plie donc à mon tour à l'exercice du petit passage en revue...

1/ Apple sanctifie la "tablet" avec son iSlate

iSlate Source : iSlate.eu

Le petit bubuzz de rigueur (à vrai dire habituel pour tout lancement chez Apple...) se confirme : la firme à la pomme va bien lancer, peut-être dès ce mois de janvier, sa propre tablette ! Wired ironise déjà sur la ferveur qui pointe, qui relève presque de l'adoooration chez les fans californiens d'Apple, pour reprendre le champ lexical de mon confrère sur son écran radar... Ce qui, au passage, consacre l'iDecade d'Apple, pour Business Week. Indice relevé par les amateurs, Apple a déjà déposé le nom de son iSlate. Reste à attendre la démo-surprise, annoncée pour MacWord 2010, qui se déroulera courant février à San Francisco.

La "tablette électronique", une sorte de mini ordinateur portable à écran tactile, va consacrer les outils nomades en 2010 : plus compacte que les netbooks (pas assez nomades pour être glissés dans la poche), plus maniable que les smartphones (où il reste difficile de lire aisément des pages web), elle est plus compacte qu'un netbook classique, puisqu'elle ne dispose pas d'un clavier, l'écran tactile permettant d'en faire l'économie. On y surfe sur le Net via le wi-fi ou une clé 3G, et on peut y ajouter un lecteur DVD par la prise USB. Bref, les "tablets" devraient cartonner : déjà Archos tâte le terrain avec son Archos 9 PC Tablet, tout comme Dell (avec son Latitude XT2 XFR), Asus (EeePC T91). Outre Apple, Sagemcom annonce la sienne pour 2010 (son Home Screen), dédiée à un usage plus sédentaire : sa connexion wi-fi permettra de se connecter au réseau familial. Aux dernières nouvelles, même Google et HTC prépareraient une tablette.

2 - Tiens, après Android, Google veut sortir son propre phone ?

Nexus One

Jusqu'à présent, c'était promis-juré, Google ne se lancerait pas dans la vente de produits tech. Pas question d'affronter les grands constructeurs et opérateurs mobiles. Il s'en tiendrait juste à la vente de services et plateformes - comme, tiens, Android, son... système d'exploitation pour téléphones mobiles.

Pourtant, fin 2009, c'était une des rumeurs les plus nourries sur la Toile techie : un Google phone était en préparation ! Au pont que l'info faisait la Une du site du Wall Street Journal le 12 décembre dernier. Le Nexus One (c'est son nom) sera donc un téléphone à écran tactile, sans doute construit par le taïwanais HTC (qui avait été un des premiers à sortir des smartphones tournant sous Android). Il sera commercialisé nu ou via un abonnement avec T-Mobile, d'après Gizmodo. Forcément, l'avantage pour Google set qu'il a une pléiade d'applis maison toutes prêtes, et déjà utlisée par nombre d'utilisateurs... sur leur ordinateur : avec Gmail, Google Docs, Google Calendar, YouTube (pour mémoire, le site de partage vidéos a été racheté par Google en 2006)...

3/ Twitter s'impose... aussi en entreprises

Consacré comme plateforme de communication - voire comme média - dont lors du conflit iranien et des élections US, Twitter va devenir, en quelque sorte, une entreprise comme les autres : c'est le NY Times qui le dit. D'ailleurs, ses fondateurs commencent à se dire qu'il faudrait bien trouver de nouvelles ressources : ils concoctent une version payante pour entreprises.

4/ La révolution de la réalité augmentée

Cette nouvelle technologie pourrait révolutionner l'édition, la téléphonie, le tourisme... Concrètement, la réalité augmentée permet de passer d'une image imprimée (ou une photo prise avec son mobile, ou encore une image saisie avec sa webcam) à une image animée en trois dimensions (3D), grâce à un logiciel. Associée au téléphone portable via des applis idoines, la réalité augmentée va entrer dans le quotidien des Français à toute vitesse.

Un exemple ? Vous placez votre smartphone devant un immeuble, vous vous géolocalisez et le prenez en photo. En quelques secondes, via une appli immobilière (comme celles de SoLoger.com ou LogicImmo), les apparts à vendre dans le quartier, le prix de l'immobilier au m² s'affichent. C'est un des premiers exemples d'usages de la réalité augmentée, prometteuse pour permettre aux prospects ou clients d'une marque de localiser sur sur leur mobile les points de vente d'une marque. C'est la start-up Lyar qui propose cette appli en marque blanche, dont se sont emparés plusieurs acteurs de l'immobilier.

Mais la réalité augmentée débarquera dans de nombreux autres secteurs : comme les secteurs touristiques et culturels (cf l'appli mobile CultureClic, prometteuse). On pourra bientôt cadrer avec son iPhone (ou un smartphone sous Android) un site touristique ou historique, ou encore la vitrine d'un resto, pour avoir des infos complémentaires affichées sur son mobile.

cultureclic

Ou l'éducation : un des premiers livres interactifs (Comprendre comment ça marche !, Joël et Clément Lebeaume, éd. Nathan), permet d'afficher des illustrations animées (comme un hélicoptère décoller) sur l'écran de son ordinateur simplement en approchant des inventions répertoriées dans le livre de la webcam.

On voit aussi cela débarquer en pub, ou sur des vitrines interactives, comme celle d'Hugo Boss à Londres (voir mon billet sur le sujet),conçue par la start-up Total Immersion.

5/ Le cinéma en 3 D

Dans la lignée de la réalité augmentée, la 3D, qui permet d'afficher des images en relief sur un écran, pourrait faire connaître un certain renouveau au cinéma, une fois cette technologie consacrée par Avatar, film de science-fiction à grand spectacle, comme j'en parlais dans ce billet.

6/ Les applications mobiles

Même le dernier numéro du féminin Elle l'évoque dans son édito, "l'iFemme est arrivée !" (I'm just quotiing...). L'éditorialiste évoquant (avec une certaine hardiesse, certes) les iFemmes de 2010 "bourrées d'astuces", à l'image "de l'iPhone et de toutes ses applications rigolotes".

C'est un fait, ces services accessibles en un clic sur un drôle de widget sont devenues des pépites pour Apple, qui a ainsi monétisé son iPhone, avec son "application store". Au point que les autres constructeurs y vont de leurs propres AppStores, et que toutes les marques cherchent quelle appli iPhone elles pourraient lancer, comme j'en parle dans cet article (et ce dossier) pour L'Entreprise.

MobiKoop Billetterie en ligne, fonctionnalités doublées de réalité augmentée évoquée ci-dessous, appli dédiée à un nouveau produit, appli-coaching (cf l'appli iPhone "9 mois" de Nestlé dédiée aux futures mamans), e-couponing (comme MobiKoop, une plate-forme de coupons de réduction co-développée par les start-up toulousaines Adelya et Goojet)... les services induits sont multiples.

7 - L'e-book, les "MP3" écrits...

Foxit

Evoqué à plusieurs reprises dans ce blog dernièrement (ici, , ...), le livre électronique pourrait devenir grand public cette année. Parce que des mastodontes comme Sony et Amazon ont lancé leurs readers en Europe, et que les librairies tentent, parfois dans la précipitation, de monter des plateformes de contenus idoines. Reste à voir si l'objet va entrer dans les usages dès cette année, alors que les tablets évoquées plus haut pourraient elles aussi, faire office de lecteurs numériques.

Et la question de la protection des contenus (par exemple via des DRM, comme cela s'esquisse chez Amazon) risque fort de soulever des problématiques similaires à celles du MP3.

8 - Webdocumentaires, co-financement d'enquêtes par des internautes... De nouvelles formes de journalisme multimédia

Lecorpsincarcere.JPG

Cette dernière thématique peut sembler un peu éloignée des précédentes... Mais pas tant que cela : à l'heure où les plans sociaux se multiplient dans les titres de presse écrite "classiques", de nouvelles formes d'écriture journalistique émergent sur Internet, avec notamment les webdocumentaires, qui mêlent vidéos, sons et écrits. Certains ont même été primés en 2009 (comme à Perpignan) et les premières "superproductions" sont attendues pour 2010. Certains travaux d'investigation de journalistes indépendants à la sauce 2.0 bénéficient même de crowdraising (co-financement en ligne par des internautes), comme avec ces initiatives.

Autre preuve de ce foisonnement journalistique sur la Toile, on a vu cette année émerger plusieurs jeunes médias en ligne, montés par des journalistes confirmés, comme Electron Libre, ou par des tous jeunes journalistes, comme le portail Jeunes journalistes web, ou Le Courant.

Il faut l'espérer, 2010 sera foisonnante.

dimanche 27 décembre 2009

Paro, du robot-jouet au robot-substitut

Il revêt une certaine utilité sociale,mais n'en n'est pas moins troublant, voire un rien flippant. Au hasard d'un feuilletage du Monde magazine, je suis tombée sur un papier qui parlait d'un robot "de compagnie" (comment appeler ça autrement ?) qui commence à cartonner au Japon, Paro. Si vous allez voir cette vidéo YouTube, rien d'extraordinaire : une vague peluche blanche qui ressemble à un phoque, qui émet d'étranges cris et ferme ses grands yeux noirs quand on lui demande, et peut aussi remuer la tête et les pattes. Une peluche en version améliorée, en somme. N'empêche, sur la vidéo, on entend la personne s'adresser à ce truc à poils comme à un animal de compagnie. Edifiant.

Paro, une tétine jaune dans le bec, peut aussi repérer la provenance d'une voix ou la présence d'une personne grâce à ses capteurs. Ce qui assure une certaine présence à ce robot de compagnie. C'est pourtant un chercheur très sérieux, Takanori Shibatéa, de l'Institut japonais des sciences et technologies industrielles avancées, qui l'a conçu, avec pour objectif d'assurer une présence aux personnes âgées isolées ou diminuées. Paro commence du coup à se tailler un petit succès au Japon, pays du monde ayant la plus grande proportion de plus de 65 ans. Problème : ces robots deviennent de véritables substituts affectifs pour des personnes isolées. Ca me rappelle un reportage d'Envoyé spécial assez flippant, où l'on voyait un couple de Japonais âgés ayant adopté un robot ressemblant à une petit fille, qu'ils traitaient comme telle.

Le robot comme substitut affectif, dérive possible de l'émergence de la robotique dans la vie de demain ? Il y a quelques temps, je parlais dans ce billet-là et celui-ci (avec les love dolls) des robots capables de mimer les émotions,

La robotique sera peut-être la révolution technologique d'après-demain, dans le sens où les robots entreront dans la vie quotidienne du tout-venant par les robots ménagers, ainsi que par les robots de services à la personne, notamment pour l'assistance aux personnes âgées ou handicapées. C'est d'ailleurs ce qu'imagine Bruno Bonnell, ex- dirigeant d'Infogrames, maintenant à la tête de sa nouvelle start-up, Robopolis, et qui croit dur comme fer à l'émergence de la "robolution", à laquelle il consacre un livre, annoncé pour courant 2010. Il y a quelques semaines, il présentait à la presse ses projets en la matière : je l'aborde dans un article à paraître dans L'Entreprise de janvier, mais comme l'indique dans ce très bon billet mon confrère Jean-Christophe Féraud, pour lui, c'est certain, le robot entrera dans le quotidien de tout un chacun par les robots ménagers (comme l'iRobot), puis les robots d'assistance aux personnes âgées etc. Et c'est déjà le cas au Japon, avec les robots Asimo ou Ri-Man.

Ça tombe bien, alors que les personnes médicalisées à domicile seront de plus en plus nombreuses, les robots pourront assurer leurs soins. Et justement, les coûts de production - et donc de vente- de robots baissent, y compris pour les robots-jouets, tels le chien Mio. Mais on peut craindre un accompagnement déshumanisé des personnes âgées ou handicapées avec des robots ou, pire, un attachement affectif cache-misère par des personnes seules, comme le laisse craindre un Paro.

lundi 21 décembre 2009

Appli 3 Vallées : une des premières applis iPhone service + marketing + géolocalisation

3_Vallees.jpg

Cela fait quelques temps que je m'intéresse à ce sujet, auquel j'ai consacré cet article dans L'Entreprise mag de décembre : les applications mobiles (pour iPhone, mais aussi bientôt pour plateformes Android, Windows Mobile, voire pour des plateformes de constructeurs telles que Bada de Samsung...) sont vouées à un avenir assez radieux.

Elles seront une vitrine inédite pour toute marque, tout annonceur.... A condition qu'il y ait un service simple, malin, utile au quotidien, pour justifier que le consommateurs télécharge - et utilise - cette application. C'est de cette manière qu'elles se distingueront parmi les nombreuses applis, lancées en ce moment par une multiplicité de marques, mais aussi éditeurs, et start-ups qui misent sur cette nouvelle bulle ? ce nouvel Eldorado.

Or, voilà une appli astucieuse qui vient de sortir pour les vacanciers qui auront la chance de partir skier cet hiver : trois des plus grandes stations de ski des Alpes (dont Les Arcs), qui ont mutualisé récemment leurs pistes respectives pour créer un forfait commun, viennent de lancer l'appli iPhone "Les 3 Vallées" (téléchargement gratuit), disponible en 5 langues. Elle permet d’accéder à diverses informations sur le domaine skiable : plan de piste avec géolocalisation du skieur, pistes damées, ouvertures des remontées mécaniques, météo à 7 jours, risques d’avalanche, et des éléments personnalisables par l'utilisateur (statistiques de sa journée, possibilité de retracer son itinéraire).

Ce qui me plaît là-dedans est que l'on a le triptyque indispensable à toute "bonne" appli mobile : de la technologie (ici la géolocalisation) + réel service rendu (accès à diverses infos en temps réel pour le skieur), et au final une appli qui assurera aussi un bon coup de pub aux stations concernées...

dimanche 13 décembre 2009

La couv' de la semaine : James Cameron, "Avatar", la 3D dans le cinéma...

Cela faisait longtemps que j'avais délaissé ce rendez-vous dominical sur mon blog. J'avais gardé le sujet de la 3D dans le cinéma sous le coude depuis un certain temps, et finalement, la couv' du dernier numéro du Monde magazine m'a décidée à l'aborder sous cet angle.

Dans le Monde mag donc, on a droit à une interview-fleuve de James Cameron, qui présente son film-blockbuster-futuriste-le plus attendu avant les fêtes (rayez la mention inutile ;), "Avatar". Forcément, le film en lui-même suscite beaucoup d'attentes (que l'on mesure au nombre d'articles et sujets télé consacrés ces derniers jours) : parce que c'est le grand retour au cinéma du canadien James Cameron avec un film grand public, 12 ans après "Titanic". Parce que l'on connaît sa vision pessimiste du monde et de son évolution à venir (il n'y à qu'à voir le futur sombre qu'il nous prédit dans "Terminator" 1 et 2, l'avertissement dans "Abyss"...). Parce qu'il reste l'un des cinéastes américains "qui comptent" à Hollywood, étant coutumier de la démesure et des succès phénoménaux.

Mais aussi parce que ce réalisateur mainstream, habitué des blockbusters, s'empare, à l'occasion de la sortie d'"Avatar", film annoncé comme le plus cher de tous les temps (budget officiel : 250 millions de $), d'une des technologies les plus innovantes - et les plus incertaines - pour le cinéma de demain : la 3D. Comme je l'évoquais dans ce billet, la 3D débarqué dans la télé. Elle débarque donc aussi dans le cinéma : le film de science-fiction "Avatar" sera en effet proposé en format classique (en 2D donc), mais aussi en 3D dans les salles équipées pour diffuser dans ce format.

A ce titre, je vous invite à lire la longue interview de James Cameron : il est loin de se contenter d'assurer la promo de son film - plus besoin, la promo gargantuesque est lancée depuis longtemps. Je suis même tombée cette semaine sur ce magasin tech, à Londres, entièrement aux couleurs d'"Avatar".

Non, on y apprend que lui-même a des obsessions en termes de recherche et de cause écologiste, ce qui prend un certain relief en plein Sommet de Copenhague. Ces dernières années, il a sorti des docus à gros budget sur les fonds marins.Il avait même prévu de partir en 2000 à bord du vaisseau spatial russe Soyouz pour passer un mois à bord de la station Mir. Son prochain projet : il veut mettre en scène, pour la Nasa, la découverte de la vie sur Mars.

Après quelques films destinés à tester ce marché naissant (comme "Flying to the moon"), l'industrie du cinéma est prête à s'emparer de ce nouveau format, comme l'a notamment montré le succès du dessin animé "Là-haut" en 2009, des studios Pixar. Forcément, c'est intéressant : à priori plus attrayant pour les jeunes, et plus rentable, le billet étant vendu plus cher. Et les films en 3D seront plus difficiles à pirater sur Internet, en raison du poids des fichiers.

Si le film de James Cameron est un succès, cela donnera sans doute un coup d'accélérateur au développement de ce nouveau format. De fait, Avatar sortira la semaine prochaine en France sur 500 écrans équipés en 3D . Encore faudra-t-il que les exploitants des salles s'équipent, ce qui a un coût (50 000 à 60 000 € par salle), auquel s'ajoutent le coût des lunettes et le coût de la licence RealID. Actuellement, près de 10% des salles en France sont équipées pour, d'après Le Monde magazine.

mardi 24 novembre 2009

Vous aimez le ciné ? Eh bien votez (et participez !). PeopleForCinema.com, la nouvelle start-up de Simon Istolainen

Je vous parlais la semaine dernière dans ce billet, il y a quelque chose qui est en train de se passer autour du crowdsourcing (littéralement l'intelligence collective ) appliqué à la culture.

On commence à voir émerger le crowdraising (je sais, c'est du jargon... parfois utile pour formaliser de nouvelles notions), ce mélange crowdsourcing + fundrainsing, soit la possibilité de lever des fonds en ligne auprès d'une communauté d'internautes disséminés géographiquement.

Un modèle qui commence donc à s'appliquer dans le domaine de la production culturelle : dans le journalisme, comme je l'expliquais avec l'exemple de SpotUS, mais aussi en musique avec MyMajorCompany, une des premières start-ups à tester ce modèle - faire émerger une 'Nouvelle star' via Internet, de la volonté d'internautes qui misaient sur elle... Avec par exemple le succès de Greg.

Preuve que cette tendance se confirme, Simon Istolainen, co-fondateur de 'MMCompany', vient de lancer une nouvelle start-up, sur un schéma similaire, cette fois dans le cinéma. Sympathique, affable, indéniablement brillant, il m'a reçue hier pour me présenter son nouveau bébé, PeopleForCinema. A vous de juger... Qu'en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à verser votre obole ?

dimanche 8 novembre 2009

E-books : les principaux sortis, et ceux à venir

J'en ai beaucoup parlé dernièrement (je vous laisse remonter le fil dans les billets précédents...), notamment dans ce billet, cette émission radio et via cette itw vidéo, mais il m'a semblé intéressant de revenir sur les principaux modèles d'ebooks qui viennent de sortir, ou qui sont annoncés...

Car outre les principaux lancés (le Kindle d'Amazon, l'e-book de Bookeen, ou encore le Reader de Sony), et les quelques autres annoncés aux US (voir le papier que j'y ai consacré pour l'Express.fr), j'avais eu l'occasion de voir, en mars dernier, quelques prototypes présentés au Salon du Livre de Paris. Ce sont des protos, donc forcément, tous ne seront pas forcément commercialisés. Mais beaucoup sont intéressant, donc je vous les dévoile, en petite exclu ;)

Nous avons donc :

iRex Photo C. C.

Le proto du prochain eBook d'iRex, spin-off de Philips

Foxit Photo C. C.

l'eSlick de Foxit, un eBook de 6'' reposant sur la techno e-ink. Il est déjà commercialisé aux US pour 229 $, et accepte les formats PDF et ePub.

Readius Photo C. C.

Le Polymer Vision de Readius, un lecteur e-book qui me semble assez incroyable : repliable, e-ink, c'est un lecteur e-book, mais aussi lecteur mp3 et téléphone mobile. Joli projet, pourtant avorté, à cause de coûts de développement trop importants, et de la mise en faillite de Polymer Vision cet été, comme le révélait eBouquins.

papierelectroniq C. C.

Là encore, un joli projet, avec ce prototype de papier électronique de 6'' par Nemoptic, start-up française retenue dans le cadre du projet de R&D SYLEN (pôle de compétitivité francilien Cap Digital).

mercredi 28 octobre 2009

Librairie en ligne pour e-books + (une dose de) cloud computing = Safari Books online 6.0

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Je sais, ça fait beaucoup dans un titre ;) Il y a une certaine effervescence (du moins dans un certain microcosme) qui entoure la commercialisation en Europe du Kindle d'Amazon, lequel suscite d'ailleurs un accueil parfois critique (je vous renvoie à ce papier de L'Express.fr, suite à un test critique)... Alors que d'autres e-books que le Kindle existent -je les détaille dans ce papier pour L'Express.fr.

Et pour cause : il y a derrière cela tout un débat sur l'avenir du livre, les usages qui découleront autour du livre numérique (s'il s'impose dans le futur), l'archivage des écrits, comment les éditeurs et les libraires devront s'adapter à cette nouvelle donne, comme j'en parlais par exemple ici.

D'ailleurs, les éditeurs commencent à se mettre en ordre de bataille, plus encore depuis que Google a annoncé le lancement de sa propre library numérique, quitte à se rassembler sur des plateformes numériques, telle Numilog, lancée par Hachette.

A côté de cela, il y a bien sûr des plateformes de téléchargements de livres libres de droits. Mais une autre initiative, signalée par Tim O'Reilly sur son Radar, me semble prometteuse, tant dans les usages que la philosophie de libre-accès au savoir qui en découle.

Dans ce billet, il dévoile une initiative innovante, Safari Books Online. Une initiative pourtant pas vraiment récente, puisqu'elle date de 2001. Il s'agit d'un service sur abonnement de livres et vidéos en ligne, lancé en partenariat avec Pearson Technology Group. Concrètement, il permet aux utilisateurs de consulter une "bibliothèque virtuelle" initialement constituée par partenariat entre ProQuest et 3 éditeurs en informatique, O’Reilly, Pearson, et Microsoft Press. Il rassemble "plus de 10 000 livres en économie et technologies, ainsi que de vidéos, de plus de 40 éditeurs". De fait, on y trouve des titres de référence, de guides d'utilisation et de vidéos dans les domaines de la programmation, du développement et de la conception Web, des langages de programmation, de la gestion de projet... Et, cerise sur le gâteau, "il compte plus de 15 millions d'utilisateurs", explique O'Reilly. Lequel est donc partie prenante de cette initiative, et explique que le business model repose sur les téléchargements payants d'e-books. Sur une base d'abonnement mensuel (selon la formule adoptée), les abonnés téléchargent en moyenne de 7 à 12 livres par mois.

Ce service peut être utilisé sur un laptop, un netbook, ou même un téléphone portable.

Une nouvelle version, Safari Books Online 6.0, achevée hier, amène de nouvelles possibilités: plus d'interactivité, avec la possibilité d'annoter son e-book en cours de lecture, la possibilité de le surligner, puis imprimer ces pages ainsi 'personnalisées'. Une dose de collaboratif aussi, avec la possibilité de travailler sur une même oeuvre par groupes de travail. Autre possibilité, celle de regrouper de manière thématique les livres téléchargés.

Initiative innovante, qui préfigure peut-être les librairies numériques du futur...

mardi 27 octobre 2009

Apple se met (presque) au low-cost avec un ordinateur à 999 $

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L'info est tombée mardi, comme l'a annoncé Cnet, Aple prépare son MacBook le plus low-cost qui soit (pour lui du moins), à 999 $.

Concrètement, Apple reste en fait dans le milieu-haut de gamme qui lui est propre : ce MacBook Pro n’est que le modèle d’entrée de gamme de son catalogue. Ce MacBook White comporte un écran LED rétro-éclairé, un trackpad Multi-touch en verre, et une plus grande autonomie grâce à la batterie intégrée, qui pourrait atteindre jusque 7 heures, d'après Apple. Mais les faits sont là : pour beaucoup, à défaut de s'aventurer sur le terrain du netbook, Apple se frotte tout de même à l'entrée de gamme...

Probablement une réponse à sa façon aux PC laptops et netbooks (bien low-cost, eux), qui ont déboulé sur le marché depuis 18 mois, alors qu'il est le seule à n'avoir pas lancé de netbook - précisément parce que cela l'aurait obligé à s'engouffrer dans le low-cost.

Bien vu, alors que les résultats d'Apple ont rarement été aussi bons - pour le moins, la firme californienne n'a pas connu la crise cette année, avec un bénéfice net en hausse de 18% à 8,704 milliards de $ pour l'année 2008-2009, et une hausse de 12,5% pour le chiffre d'affaires, à 36,5 milliards de $.

Alors que la concurrence s'aiguise... Notamment du côté d'Acer, qui s'apprête à devenir n°2 mondial devant Dell. Et que les netbooks, malgré leur faible marge, s'imposent comme un segment porteur. Et il y a fort à parier que les laptops et PC seront dopés, en cette fin d'année, par le nouveau Windows 7, attrait de la nouveauté oblige... D'autant que "une nouvelle génération de laptops bon marché, sous Windows 7, légers et sans lecteur de DVD", ont été dévoilés par la même occasion, d'après CNET.

lundi 26 octobre 2009

Gadgets de geeks (2) : une montre (pour) Blackberry

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La montre sera-t-elle le prochain support nomade / mobile ? Déjà LG, Sony-Ericsson et Samsung ont présenté des premiers modèles de montres - mobiles, à la fois montres et téléphones mobiles.

Là, c'est Crackberry, le blog de fans du Blackberry, qui annonce qu'une montre mobile de Blackberry (baptisée InPulse) serait en préparation : plus précisément, une montre compatible avec un smartphone Blackberry. Cette montre serait dotée d'un écran Oled, et aurait pour particularité d'afficher les messages, appels, et autres nouveaux éléments arrivant sur votre Blackberry, synchronisés avec un Bberry via Bluetooth. De fait, bien qu'elle ne soit pas fabriquée par RIM, elle a été conçue pour fonctionner avec les terminaux de la firme canadienne.

Pour quels usages ? L'objet me laisse à première vue dubitative. Clairement, cette montre aurait un rôle de push d'infos, qu'elle fait remonter automatiquement, et nous évite de devoir rallumer notre Blackberry inutilement, et de prendre connaissance, directement, des mails ou SMS reçus.

Gadget de geek (1) : Sunglasses + clé USB = USB Memory

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C'est un pur gadget de geeks, mais j'adore ;) C'est un des derniers accessoires improbables, des lunettes de soleil... avec clé USB intégrée de 4Go, discrètement insérée au milieu de l'une des branches, détachable donc. Le mieux étant que ce n'est pas une marque obscure qui ose ces lunettes-gadgets, mais Calvin Klein, avec ce modèle, "USB Memory".

jeudi 22 octobre 2009

Michaël Dahan de Bookeen : l'interview

Comme promis dans ce billet, voici donc l'interview vidéo du co-fondateur de Bookeen, le petit Français qui tente de se faire une place sur le marché (prometteur ?) des e-books. Vidéo complémentaire de ce papier.

mercredi 14 octobre 2009

Livres numériques et Readers : bientôt mainstream ou réservés aux early adopters ?

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Etonnant : ce ne sont pas Livres hebdo ou Télérama qui en parlaient le plus aujourd'hui, mais la presse économique, qui consacrait des pleines pages à l'ouverture du Salon du livre de Francfort. Car l'édition est en plein bouleversement. Contrairement à ce que l'on croit souvent, le business demeure prolifique (avec une hausse des ventes de 4,2% fin septembre d'après l'institut GfK).

Mais... il est en pleine révolution technologique, qui débarquera peut-être (tout est dans ce 'peut-être') dans les usages demain. Le livre du futur pourrait être dématérialisé, numérique, en se présentant sous la forme d'une simple tablette. Sony, un des géants mondiaux de l'électronique, dévoilait il y a un an son Reader, un lecteur électronique qui permet de télécharger et lire divers ouvrages. L'Américain Amazon, lui ,va lancer en France son Kindle, le 19 octobre. Le petit poucet français (je sais, l'image est cliché...) Booken, quant à lui, a dévoilé aujourd'hui son nouveau Cybook Opus. Pour en savoir plus sur ce dernier, patience, je vous livrerai une interview vidéo ces prochains jours... Il y en a d'autres, comme l'iRexEt d'autres constructeurs se préparent : Samsung plancherait sur son propre 'Reader', Apple pourrait y venir en embuscade (les blogs en frémissent déjà), et il y en a sûrement d'autres...

Bataille des contenus

Pour les contenus, on le sait, la bataille (électronique) est engagée : Google s'est lancé, à marche forcée, parfois au grand dam des acteurs classiques du secteur : je me souviens d'interviews mémorables de Jacques Attali et de Jean-Noël Jeanneney à ce sujet en 2003. Kindle a déjà sa propre "bibliothèque virtuelle", et d'autres, comme Sony, nouent déjà des partenariats avec des éditeurs, qui ont trop peur de rester en reste sur cette bataille naissante. Les Echos d'aujourd'hui aborde d'ailleurs cette préparation des éditeurs dans un long papier, qui pose de nombreuses questions : quel modèle économique ? Le prix de la création éditoriale risque-t-il de chuter, si elle est numérisée ? Est-ce que cela va donner le coup d'envoi massif de l'autoédition, autre micro-business prometteur (auquel j'avais consacré ce papier pour ZDNet) ?... De nombreuses craintes surgissent déjà : la quasi-hégémonie de Google et d'Amazon (lequel commercialise ces nouveautés en format numérique à 9,99$, d'après Les Echos) pourrait aboutir à un commerce d'e-books en low-cost. Les éditeurs français ont refusé de traiter avec eux pour maîtriser leur prix de vente, mais jusque quand ?

Mainstream ou pour early adopters ?

Surtout, la question est de savoir si cela sera adopté par le grand public, et quand ? 3% des livres se vendraient en édition numérique aux US (en volume). Mais...Le Reader de Sony, en un an, ne s'est écoulé qu'à 10 000 exemplaires. Chiffre à pondérer, certes, alors que le Reader V2 attendu pour cet automne, que j'ai testé, est déjà très amélioré, avec une interface tactile... La prochaine version pourrait même être wifi.

Pour ces Readers, vendus en moyenne 200 $, on ne compte en France que 0,1% des livres vendus en format e-book. Alors certes, cela pourra décoller au gré de l'élargissement de l'offre de livres à télécharger, voire à d'autre contenus, y compris adaptés à l'univers professionnel : pourquoi pas des abonnements à des journaux en version électronique (Les Echos a testé cela,même s'il ne semble pas avoir tt-à-fait abandonné, ce que j'écrivais alors , tout comme, naguère, Orange). Autre contenu intéressant, les nombreux livres et articles déjà disponibles sous le format Scribd. Parailleurs, certains lisent les formats Word et PDF.

Autre point qui joue en leur faveur, je crois que l'énorme popularité de l'iPhone habitue les utilisateurs à lire sur ce genre de supports : smartphones, bientôt tablettes, et donc readers. Des start-ups y testent d'ailleurs des livres téléchargeables, comme la BD, ou des romans-feuilletons, ce que propose la start-up SmartNovel (voir interview et démo vidéo par là).

Autre question de fond, sur les usages, mais aussi sous un angle plus historique, on peut espérer qu'avec le numérique, chaque livre aura sa chance. Dans un monde idéal, chaque livre pourra être publié sous format numérique. Voire, l'auteur pourra s'autopublier en mettant lui-me^me en ligne son ouvrage, et n'ayant plus besoin d'un intermédiaire (donc d'un éditeur). La bibliothèque numérique, accessible à tout endroit de la planète et 24 heures sur 24, en ce sens, est une "utopie séduisante", écrivait récemment Télérama.

Mais gardera-t-on l'usage de l'archivage à l'ère du numérique ? Saura-t-on faire le tri dans ce qui est archivable ? Le numérique pousse à tout archiver, de manière disparate, sans faire le tri, ce que souligne Emmanuel Hoog, PDG de l'INA, dans un essai sur le sujet, "Mémoire année zéro" (Seuil).

dimanche 11 octobre 2009

Après l'écran Oled et la TV sur Internet, la TV en 3D, prochain rêve des constructeurs ?

Chaque année, au rythme des salons high-tech, les constructeurs nous dévoilent des nouveaux prototypes de télés, qui donnent à voir sur les technos (potentiellement) les plus prometteuses, voire,qui se concrétiseront par de nouvelles manières de 'regarder la télé' dans les foyers (ne jamais oublier que le succès d'une innovation se vérifie lorsqu'il entre dans les usages...).

L'année dernière, lors de l'IFA de Berlin, que j'avais couvert, on ne jurait (presque) que par les premiers écrans Oled commercialisés chez Sony, ou encore par la TV sur Internet, ou IPTV, par laquelle les constructeurs veulent introduire une dose d'Internet dans leurs contenus TV, comme j'en parlais dans ce billet, et dans ces papiers (1 et 2) pour Les Echos (en accès payant poru les non-abonnés, groumpf sorry).

Et encore une fois, ça n'a pas raté. Cette année, l'industrie (asiatique surtout) confirme son engagement... dans la télé en relief, en l'occurrence la 3D. Plus précisément, l'industrie japonaise (en clair, Panasonic, N)1 japonais de l'électronique grand public devant Sony) s'y engage massivement, comme l'a montré le Ceatec, qui se tenait cette semaine à Tokyo. Panasonic y a présenté ainsi des extraits du film en 3D "Avatar" de James Cameron, attendu pour décembre. Pour son PDG, les écrans en 3D représenteront, à terme, 30% de ses ventes en audiovisuel, d'après un article des Echos de ce 7 octobre.

La nouvelle étant que 'Pana' commercialisera, à partir du printemps 2010, son premier téléviseur HD 3D de 50 pouces... Un sacré pas a été franchi, alors qu'un an auparavant, 'Pana' dévoilait "seulement" ce prototype d'écran 3D au Ceatec.

Pana

Sharp présentait aussi cette année des prototypes d'écrans de TV haute définition en relief, ainsi que Hitachi, qui a mis au point une technologie permettant même de se passer de lunettes spéciales. Idem pour Sony, qui dévoilait dans la foulée la Playstation 3, compatible avec ces nouvelles télés, qui offrira en 2010 plusieurs jeux en relief. Il dévoilait aussi des images de matches de football en 3D, dont une rencontre de Manchester United la saison passée.

Est-ce que les constructeurs coréens, des 'tigres' tels que Samsung, concurrents sérieux pour l'industrie japonaise, miseront aussi sur la 3D ?

'Windows Mobile', ou comment Microsoft veut à son tour tirer profit des widgets et applis mobiles

Windows65

C'était l'événement tech/mainstream de la semaine, accompagné du grand show médiatique idoine : ce mardi 6 octobre, Steve Ballmer, le patron de Microsoft, venait en personne au siège flambant neuf de Microsoft à Issy-les-Moulineaux, pour le lancement mondial de la nouvelle version de Windows Mobile, la "6.5".

L'OS de Microsoft, derrière Apple et sa pépite

L'enjeu est de taille : car Microsoft, (pour le moins) ultra-dominant sur le marché des logiciels pour ordinateurs (9 sur 10 dans le monde "tournent" sous Windows), pâtit d'un retard certain sur les téléphones mobiles.

Au premier degré, l'éditeur de logiciels entend donc reprendre le leadership sur le marché des plateformes (on ne parle pas encore de logiciels) mobiles, certes encore étroit, naissant, mais stratégique pour (après-)demain, ce qu'Apple a bien compris, avec son diamant iPhone et toutes les pépites qui en découlent (j'y reviens). Car l'OS de Microsoft n'est présent que sur 11,5% des mobiles les plus utilisés dans le monde, contre 51% pour Symbian, et...13% pour l'iPhone (ce qui permet de relativiser le succès de l'iPhone), d'après IDC.

De fait, avec 'Windows 6.5' (surnommé Windows Mobile, manière d'universaliser le sujet), Microsoft propose un logiciel permettant, comme les autres logiciels d'exploitation de ses concurrents camarades de jeux (cf les OS Android de Google, iPhone OS, Blackberry OS, Symbian de Nokia...), d'utiliser des applications sur un terminal mobile. Avec à la clé une pléiade de services d'ailleurs, dont nous parlions , mais trop souvent ignorées par les utilisateurs...

Archivage, synchronisation...

Là, donc, Microsoft promet de nombreuses fonctions : avec, globalement, une grande intégration de tous les outils Windows et une synchronisation aisée entre son PC et son téléphone, un OS plus intuitif et adapté aux écrans tactiles... Dans les détails, l'éditeur promet via 'Microsoft My phone' une sauvegarde (et archivage) gratuite des données du téléphone sur un serveur Internet (contacts, SMS, photos... service facturé 79€ par an chez Apple - sic), pratique en cas de vol. Et important, à l'ère où les consommateurs commencent à vouloir archiver et trier ce parcelles de mémoire trop fragmentées, à l'ère du numérique (objet d'un prochain billet).

Au programme aussi, une version mobile du moteur de recherche Bing (développé à partir de travaux communs avec l'Inria), un système de blocage à distance du téléphone en cas de vol, une fonction simplifiée du partage de photos, la messagerie Messenger gratuite, une ergonomie multitâches (qui permet d'ouvrir plusieurs applications en même temps)...

La guerre des applis, source de revenus (potentielle), vitrine pour marques...

Et surtout, de nombreuses applications. Au second degré, c'est l'autre enjeu-clé, ce sur quoi Microsoft veut prendre la main. Car c'est là le nerf de la guerre, comme j'en parlais dans cette enquête (volets 1 et 2) : les applis sont une source de revenus pour l'éditeur, une vitrine (voire une support de communication) pour les marques. Sur le modèle de l'AppStore de l'iPhone, véritable pépite qui compte près de 80 000 applications (et génèrerait 1,5 milliard de téléchargements pour un chiffre d'affaires de 1 millard de $), Microsoft annonce en effet sa boutique virtuelle d'applis en ligne. Histoire de s'attirer leurs bonnes grâces, l'éditeur annonce d'ailleurs un système de partage des revenus engendrés avec les opérateurs.

Il arrive un peu en dernier sur ce terrain, avec Windows marketplace. Et la concurrence est rude : après l’AppStore d’Apple, Google a dégainé Android Market dès fin 2008, Windows MarketPlace de Microsoft a ouvert fin juillet, Samsung Application Store était annoncé pour le 14 septembre (pour les utilisateurs de Player Addict et Player HD), sans oublier Nokia Ovi Store , inauguré en France le 17 septembre,ou encore BlackBerry App World (ouvert cet été). Même Archos, qui se lance dans l’arène de la téléphonie mobile avec son premier smartphone, dévoilé le 15 septembre à la presse, lance son propre ‘AppStore’, dénommé AppLib.

Autre preuve que Microsoft veut s'imposer comme éditeur d'OS pour mobile (même s'il l'était déjà... mais de manière discrète), contrairement à Apple, Nokia ou RIM, il ne sera pas constructeur de ses mobiles (déjà surnommés Windows Phones), et commercialisera pas de mobiles sous sa propre marque. Il laisse le soin à des fabricants d'équiper certains de leurs mobiles de Windows Phone (comme Google avec Android) , moyennant l'acquisition d'une licence (environ 8 $ par mobile). LG, Samsung, Sony-Ericsson, HTC, mais aussi deux nouveaux-venus Acer et Toshiba, ont dévoilé leurs "Windows phones" ce 6 octobre. Et ce alors que Microsoft a récemment perdu Motorola et Palm.

Tout (ou une bonne partie) se jouera donc sur la guerre des applis, et la capacité des différents constructeurs/éditeurs à séduire les développeurs (voire les fédérer en communautés). Et les constructeurs, pour qu'ils adoptent leurs OS. Nul ne sait combien de mobiles sous Windows sortiront d'ici la fin de l'année. Alors qu'un développeur me confiait qu'une vingtaine de mobiles sous Android sortiraient d'ici la fin de l'année. Viendra ensuite la 'seconde génération', avec les netbooks, les tablets... A suivre en tous cas, en attendant le next step, Windows 7...

mardi 4 août 2009

Les robots pole dancers de Giles Walker

Quand on regarde cela, c'est troublant, ne fut-ce que parce que cela mime une sexualité (future et très hypothétique) des robots. C'est le chercheur Giles Walker qui a imaginé cette danseuse-robot, avec une musique idoine, tout aussi étrange.

Il y a actuellement des travaux de recherche qui s'ébauchent sur les aspects "émotionnels" des robots, susceptibles de les rapprocher des humains. Dont des recherches sur les robots susceptibles de mimer les émotions humaines : le projet de recherche européen Feelix Growing vise ainsi à à élaborer des robots capables d'interagir avec les êtres humains et de ressentir des émotions, comme j'en parlais dans cette enquête pour Les Echos (en accès payant pour les non-abonnés, sorry).

Il y avait aussi eu, en 2007, cette thèse universitaire assez troublante de David Levy, chercheur britannique en intelligence artificielle, sur la "Relation intime avec un partenaire artificiel", son livre, Love and Sex with Robots, et son film, "Sex life of robots", montrant des androïdes de toutes sortes s’adonner de façon débridée aux plaisirs de la machine, comme j'en parlais dans ce billet.

Giles Walker, lui, met aussi en avant l'aspect écolo-friendly de sa démarche, les robots étant fabriqués à partir de pièces détachées de récup', issues de décharges. "Les moteurs qui font bouger les pièces sont un moteur d’essuie-glace de 12V et un moteur de fenêtre électrique et ils sont contrôlés par un ordinateur avec un programme DMX", précise Vincent Albry sur son blog.

dimanche 19 juillet 2009

Twitter + Google Street View = Stweet

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Voyager dans les villes du monde entier tout en twittant, le rêve des accros à Twitter... C' est désormais possible avec Stweet (contraction de Street et Tweet). Un mash-up issu de la rencontre entre le site de géolocalisation Google Street View et celui de microblogging Twitter.

L'innovation : sur cette application reposant sur l'API de Google Maps, l'internaute peut poster en direct son commentaire de 140 caractères. L'interface donne un accès à plus de vingt villes dans le monde. J'aime par exmeple beaucoup cette vue d'une des rues de New York. On appréciera la possibilité d'avoir une vue à 360° à partir de la photo, en quelques clics de souris, avec le petite navigateur en haut à gauche.

Pour choisir une ville, on peut passer par le menu en haut de page, mais le choix est limité (20 villes actuellement). Mais en bas de page, un champ permet de taper le nom d’une ville et le pays.

Une expérience qui est l'œuvre de l'artiste Internet Albertine Meunier, du collectif Welovethenet, qui s'est déjà illustrée avec Google Search History.

dimanche 5 juillet 2009

Des BD sur un mobile

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J'aime bien cette initiative innovante d'Ave!Comics, qui propose aux fans de BD de les adapter pour qu'ils les lisent... sur leur téléphone mobile ou leur ordinateur. Le service est proposé pour les principales marques de mobiles (iPhone, iPod Touch, HTC, Blackberry, Nokia, Sony Ericsson). On peut y lire les BD, et zoomer si on le souhaite sur les images. La solution a été développée avec la start-up Aquafadas, initialement un éditeur de logiciels sur Mac. A la clé : la lecture digitale de la BD, et surtout,une plateforme de vente et de téléchargement de BD : la BD devient un nouveau contenu, qui s'ajoute aux textes, musiques, vidéos... Le business moddel est imparable : Aquafadas pourra faire payer aux éditeurs de BDs la prestation technique (l’”encodage” !) de conversion au format numérique.

Pour éviter une lecture de BD case par case, et donc trop fragmentée,Ave!Comics propose un lecteur qui permet de voir plusieurs cases de BD d'un coup d'oeil, et de zoomer sur certaines. Mais cette déclinaison est visiblement disponible seulement pour l'ordinateur.

Du coup, je me demande ce que donne la lecture sur son mobile, où il faut lire la BD case par case pour que l'affichage soit assez grand. Il faudra que l'oeil s'habitue à ce mode de lecture particulier : sur le papier, on passe rapidement de case en case sur une page. Je ne sais pas si, avec ce mode de lecture sur mobile, le lecteur si laissera aussi facilement porter par le fil de l'histoire ? A vrai dire, est-ce que tout les formats sont déclinables sur mobiles ? Aquafadas a trouvé la parade: une technologie pour transformer une BD papier en film d’animation que l’on regarde sur son mobile. J'ai testé, en téléchargeant le dernier 'Lucky Luke,' et il vrai que le passage au mobile n’enlève rien (ou presque...) par rapport au papier, grâce à la scénarisation de l’album.

En tous cas, pour assurer son lancement, Ave!Comics a noué un partenariat avec l'éditeur Les Humanoïdes associés pour distribuer vingt de ces séries phares depuis l'application d'Aquafadas sur téléphones portables, notamment la saga SF de Moebius, L'Incal. Par ailleurs, avec les éditions Dargaud, ils ont sorti une version numérique du dernier Lucky Luke, en vente à 4,99 € sur iTunes.

dimanche 21 juin 2009

Orange annonce une série de nouveaux services communautaires... et ferme sa plateforme de blogs

Les deux annonces s'entrechoquent d'une manière qui n'est pas forcément très bienvenue pour Orange.

Emmanuel Paquette révélait dans ''Les Echos'' du 18 juin que Orange Vallée (une émanation plus ou moins R & D d'Orange, dirigée par Jean-Louis Constanza, ex-créateur du MVNO Ten, racheté par Orange... mais qui a fermé ses portes très discrètement) va lancer un site de diffusion de vidéos à la demande, du nom de code Welles.

Mise à jour 15h00 : le 'scoop' d'Emmanuel Paquette sur le lancement de ce service de VoD, avait en fait été divulgué par Capital trois semaines avant donc dans le n° daté de juin), dans le cadre d'une enquête sur Dailymotion, me précise un collaborateur du mensuel. Dont acte...

Inspiré du site américain Hulu, ce projet se veut une alternative à YouTube. Les vidéos seront accessibles gratuitement avec un financement publicitaire a confirmé aux Echos Jean-Louis Constanza. Il espère pouvoir proposer plus 500.000 émissions, films ou épisodes de séries télé... Sur la question-clé des droits de diffusion sur Internet, d'après Les Echos, Orange "mène apparemment des discussions avec tous les studios" en vue d'acheter ces droits, et a déjà acquis près de 1.000 films et séries auprès de la Warner et de HBO pour ses chaînes de télé.

Comme le rappelle dans cet autre papier Les Echos, Jean-Louis Constanza "fait feu de tout bois" et lance diverses initiatives à vocation communautaire - et le fait bien savoir auprès des médias. Quand bien même tous ces projets n'ont pas été développés au sein d'Orange Valley ;), avec ceux-ci, censés se concrétiser cette année (WorMee, RadioMe, Kadégo, Friendize...), Orange tente de se doter de services communautaires, voire d'ébauches de réseaux sociaux... Rejoignant ainsi l'annonce faite par son patron, Didier Lombard, il y a quelques semaines, sur les ondes de BFM.

A la fin, il faudra qu'on ait quelque part un réseau social, car c'est là qu'il y a de la valeur", a-t-il déclaré, précisant que le choix n'avait pas été fait entre "investir dans un réseau qui existe" et "en créer un à partir de chez nous", déclarait-il le 27 mai.

A ce sujet, je vous renvoie aussi aux 5 suggestions de mon confrère Benjamin Ferran en la matière ;).

Bref, le PDG d'Orange Valley a beaucoup d'ambitions en nouveaux services pour l'opérateur. Bien que son service soit une entité parmi d'autres, chargées de travailler sur des projets innovants. J'y ajouterais aussi, pour reprendre ce listing très complet de Fred Cavazza, Orange Labs, en charge de la R & D, L’Explocentre, l’incubateur du groupe (comme le projet de site de rencontres Come In My world, dont je parlais dans ce billet), et le Technocentre qui intervient dans la phase de finalisation des projets.

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Pourtant, étonnamment, cette autre annonce a été beaucoup plus discrète : mon confrère Gilles Klein précisait ainsi sur son blog qu'Orange fermera, le 20 juillet, sa plateforme de blogs Orange Blog. Au grand dam des blogueurs - Orange va proposer à ses utilisateurs de récupérer une sauvegarde de leur blog, mais sans préciser quelle forme prendra cette sauvegarde...

jeudi 18 juin 2009

Des 'génomes métissés" chez les Mexicains, des enjeux autour de leur identité ethnique

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Photo C. C.

Le projet de "carte génomique" HapMap est passionnant, car il soulève autant des questions d'ordre ethnique, moral, de santé, que de (géo)politique. Le Monde daté de samedi dernier aborde le sujet dans ce long papier, à dévorer. (Trop) influencé par la culture US, le Mexique, pays que j'adore (je l'ai parcouru durant l'été 208), est confronté à une hausse inquiétante de l'obésité et du surpoids au sein de sa population, comme j'en parlais dans ce billet.

Or, comme le révèle une étude parue le 11 mai dans Proceedings of the national academy science (NCAS), des chercheurs en sciences médicales et en nutrition de Salvador ont mis en évidence le rôle-clé d'un gène, le R320C, dans le métabolisme du cholestérol et l'obésité. Un gène qui sera caractéristique des Améridiens du Mexique, étant présent dans un tiers des groupes étudiés, notamment les Mayas et les Taharumaras.

C'est là que le sujet devient passionnant. La bonne nouvelle, bien sûr, est que cette étude sur ce gène permettra de mettre au point des médicaments ciblés. Surtout, ces recherches soulèvent des questions inédites sur la volonté des scientifiques de mieux cerner l'identité ethnique du Mexique. En retraçant une "carte génomique", ils remettent sur le tapis un problème d'identité ethnique et géopolitique propre au Mexique (pays qui compte une population d'origines multiples, dont beaucoup revendiquent leurs racines). Derrière apparaît aussi un enjeu de "souveraineté génomique" face aux pays du Nord. Car si la carte génomique du Mexique recouvre à 96% HapMap, est-elle pertinente pour l'Amérique du Sud ? Autre point, qui n'est pas moindre également, certains craignent aussi une exploitation abusive des données sur l'hérédité, par exemple par les compagnies d'assurance. Il faut donc espérer que ce champ d'étude (le patrimoine génétique des Indiens et des "métis mexicains" - expression qui me semble d'ailleurs contestable) restera bien circonscrit au domaine scientifique. Et ne sera pas investi par le business, comme celui de l'analyse du patrimoine génétique, que proposent des start-ups comme 23AndMe (à lire, la très bonne interview de sa fondatrice - tiens, c'est l'épouse de l'un des dirigeants de Google...) sur L'Expansion.com.

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