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vendredi 12 mars 2010

La chronologie des médias audiovisuels rompue avec "Alice au pays des merveilles" ?

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Je parlais dernièrement d'Alice au pays des merveilles, blockbuster attendu de Tim Burton, en partie parce qu'il sera diffusé en 3D. On en parle - et il commence à faire polémique - pour une autre raison : Bob Iger, patron des studios Disney, a annoncé son intention de sortir le film en version DVD... seulement 3 mois après son arrivée sur grand écran. De cette manière, il sait très bien qu'il rompt une pratique, et du même coup entame une brèche : actuellement, le délai minimum entre la sortie cinéma et la sortie DVD est de 4 mois (17 semaines exactement).

Il a sans doute fait cette annonce pour tester les réactions suscitées - en clair, voir si le marché professionnel était prêt à sauter le pas. Un ballon d'essai, en somme.

Les effets ne se sont pas fait attendre. Des exploitants hollandais, rejoints par plusieurs de leurs homologues britanniques et italiens, voire certains américains, ont menacé de ne pas projeter le film dans leurs salles (en clair le boycotter) si Disney maintenait en l'état son projet. Il n'empêche, cela se confirme : le film sera bien commercialisé en DVD et en vidéo à la demande (VoD)12 semaines après son lancement en salles, dans bon nombre de pays (USA, Royaume-Uni...), d'après Libération du 3 mars.

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Chronologie des médias - Source - Romain BAL – Consultant Département Internet et Nouveaux Médias

Exception faite (encore une fois... ;) de la France, où la chronologie des médias est encadrée juridiquement,avec une loi - celle du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle - qui fixe ces fameux délais. En France, Alice sortira donc le 24 mars, et sortira en DVD vers fin juillet.

Attention : le tableau (de 2008) que je publie ci-dessus est pour partie obsolète, puisque depuis juillet 2009, le délai pour la VoD et le DVD est ramené à 4 mois (et non plus 6 mois)

Mais clairement, Disney a eu gain de cause, et a ouvert une brèche, en toute conscience. Plusieurs rebelles ont replié leur drapeau, notamment face aux bonnes critiques du film, tel le réseau américain AMC, qui menaçait de boycotter le film. Sans doute aussi, Disney a dû consentir des compensations (financières ou autres).

Le précédent est d'autant plus énorme - voire problématique au niveau économique - que Disney a choisi de rompre cette fameuse chronologie des médias pour un film en 3D. Un des premiers films en 3D, donc, pour lesquels les exploitants de salles doivent encore rentabiliser leurs lourds - et récents - investissements récents pour numériser leurs salles. Ce qui risquent d'être chaud puisque, suite aux desiderata de Disney, ils vont perdre 5 semaines d'exploitation.

La brèche est ouverte, reste à voir quand les autres exploitants de films vont s'y engager.. Les sorties cinéma et DVD rapprochées dans le temps répondent à une logique d'appât du gain, basée sur le court terme : il est tentant de cumuler les sorties pour faire de l'argent le plus vite possible autour d'un film ou un dessin animé (d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un blockbuster - et en 3D, qui a mobilisé un budget important). Et pour surfer sur la notoriété du film, sans devoir faire une campagne importante lors de la sortie DVD. Esquisse peut-être, d'un nouveau modèle économique autour du film...

jeudi 11 février 2010

Le journal de la semaine : Envy, l'hebdo people féminin)

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Cela faisait longtemps que j'avais délaissé cette rubrique, là, l'occasion était trop belle pour la reprendre... Le buzz était monté ces dernières semaines, le groupe Marie-Claire s'attelait à un défi de taille : lancer avec Envy un nouvel hebdo féminin avec pour cible (officielle ;) les jeunes adultes, et surtout destiné à défier Grazia !

Du coup, c'était attendu : dans une conjoncture publicitaire morose, alors que le marché de la presse féminine est assez encombré, lancer un nouveau mag féminin est sacrément gonflé. D'autant qu'il est explicitement destiné à tailler des croupières à Grazia, sur lequel j'avais émis des réserves lors de son lancement, et qui s'en sort plutôt bien, avec une diffusion moyenne de 180 000 exemplaires... Même s'il est vrai que le groupe Mondadori triche un peu, en faisant osciller le prix à 1 € (le prix de lancement) et 1,50 €. Ce qui pourrait laisser penser que ce succès est un peu artificiel, puisque soutenu par ce prix bradé qui n'est plus temporaire (je suais, je suis mauvaise langue ;).

So, que penser d'Envy ? Il était donc présenté comme challenger de Grazia, visant officiellement les jeunes adultes actives urbaines, mais aussi, officieusement, les ados (d'autant que Jeune et Jolie, qui était sur ce créneau, vient de cesser de paraître). Je l'ai feuilleté fiévreusement ce midi pendant ma pause-déjeuner - après avoir courageusement affronté la neige pour rejoindre un kiosque à journaux - et croisé, en compensation, un beau gosse qui m'a affirmé l'acheter "pour le boulot".

Résultat... Pour 0,90 € (prix de lancement, avec de revenir à 1,70 €), j'ai surtout eu l'impression de parcourir un magazine people. Destiné à un lectorat féminin, certes. Mais déjà, la couv' me semble un poil agressive, avec cette multitude d'appels de Une : "mode" (deux fois), Angelina Jolie et de Sarah Jessica Parker potentiellement plaquées, Emmanuelle Seigner qui se déclare devenue "plus intéressante" (sic)... Une couv' qui me rappelle bien plus Closer (voire Voici) que Grazia.

Le contenu est à l'avenant de ce que laisse présager la Une. Dans ce premier numéro, qui a - c'est déjà ça - semblé attirer les annonceurs (45 pages de pub sur une pagination totale de 154 p), on ouvre sur ce qui devient une rubrique téléphonée chez les féminins : la "shopping liste", bien sûr basée sur ce que portent les people (censés être précurseurs de tendances, donc), étalée sur 5 pages. Et même déclinée ensuite sur 2 autres pages, avec une revue de trenchs de people.

Ensuite,(faux) scoop sur Angelina Jolie, qui pourrait adopter ("avec ou sans Brad"). Un des rares articles du mag qui, à vue de nez, dépasse les 4 000 signes. S'ensuivent des articles sur des stars plus ou moins supposément déchues, comme Kisten Dunst.

Puis, du people décomplexé mais sage - pas de trash ici : "100% potins" (ça c'est de la titraille), de la "mode people", avec "25 sacs pour flirter avec l'été" (ils anticipent)... La partie actu sauve un peu le mag, avec quelques sujets originaux, comme ce portrait de femme pasteur et sexologue. Mais attention, on ne dépasse pas les 2 feuillets par "portrait" ;). Puis retour de (nombreuses) pages mode, beauté, avant, à la fin du tunnel, un semblant de rubrique culture sur 5 pages.

Bref, premières impressions dubitatives, même si c'est à suivre... Les marketeux commencent à parler de magazine "glossy", pour designer ce mélange de people et de mode (qu'avait initié feu le magazine Jasmin). Et ce n'est pas fini : Lagardère Active va dégainer à son tour son féminin d'jeuns, Be, dans ces prochains mois...

dimanche 22 novembre 2009

iTélé + Goom = iTélé Radio, radio numérique d'info continue (mais pas seulement...)

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Pas eu le temps de revenir sur cela plus tôt dans la semaine, mais donc, la chaîne d'info continue iTélé (filiale de Canal +) donnait ce mardi 17 novembre le coup d'envoi de iTélé Radio, initialement annoncée par septembre. Un chantier de grande ampleur, qui représente un investissement de 2 millions d'euros.

L'initiative est originale : plutôt que de se contenter de lancer leur propre webradio, ils ont fait appel à la start-up Goom Radio, qui réalise actuellement 30 émissions quotidiennes sur ses 25 radios thématiques différentes, dédiées aux divers genres musicaux (pop, hits...), relatait Les Echos de mercredi. De fait, depuis son lancement en 2008 par Emmanuel Jayr et Roberto Ciurleo (deux ex-NRJ), la start-up, qui a levé 12,2 millions d'euros, s'est spécialisée dans la conception de radios sur mesure pour des marques. Des médias et sites d’information (LePost, i-Télé, Têtu) ou des entreprises commerciales (Nike, SNCF, SFR) figurent ainsi parmi ses clients.

L'idée étant de pouvoir proposer les contenus de la marque iTélé déclinés sur plusieurs supports. Les programmes de la chaîne d'info sont donc accessibles sur le Web, les postes de radio connectés à Internet, ainsi que les téléphones mobiles.

En toute logique, la radio numérique reprend des contenus de la grille des programmes de la chaîne, adaptés par une quinzaine de journalistes de Goom, d'après Les Echos. Les programmes sont accessibles en streaming ou à la demande. Mais la valeur ajoutée est que l'auditeur peut accéder, par ce nouveau canal, à des programmes inédits. L'auditeur peut même composer son programme personnalisé, avec des infos qui l'intéressent, mais aussi des musiques de son choix. Une option assez osée de iTélé (puisqu'elle sort, de facto, du schéma tout-info par ce biais), qui espère ainsi attirer des jeunes auditeurs, dont des ados, familiers de la musique à la demande.

Qu'est-ce que cela donne ? Elle est encore en phase bêta, comme précisé en page d'accueil (on notera d'ailleurs qu'elle est hébergée sur le site de Goom Radio). Beaucoup de fonctions communautaires ("Deviens fan", "Partage cette radio"), et donc, la possibilité de personnaliser sa radio ("Clone cette radio", "Enregistre tes shows"). Et beaucoup de contenus "dont dans "La radio news"). Le risque étant qu'iTélé dilue un peu son identité de chaîne d'info ?

En tous cas, elle a adopté une voie très différente de ses concurrentes, comme LCI, qui a lancé une radio numérique sur un schéma tout info plus classique. LCI Radio a d'ailleurs décroché une fréquence numérique, après s'être bien préparée, avec une véritable grille de programmes radios dédiés, conçus par les journalistes maison : avec 'La French connection' en tech (à laquelle j'ai le plaisir de participer de temps à autre), "LCI Game Club", "Police justice"...

lundi 19 octobre 2009

La French Connection #31 LCI Radio : l'e-book arrive

En audio, la dernière édition de la French Connection de LCI Radio, vendredi dernier, avec Cédric Ingrand, Jean-Bernard Magescas, et David Legrand (PCInpact.com). On y a surtout discuté de l'arrivée en trombe sur le marché européen du Kindle d'Amazon (voir mon billet sur le sujet), alors que le marché de l'édition fait des cauchemars électroniques. David Legrand nous a présenté Windows 7, qui arrive sur nos PC (et constitue un nouvel argument marketing pour les constructeurs autour de leurs nouveautés...), mais AndroId aussi (avec un netbook Acer sous Android)... Enjoy !

dimanche 18 octobre 2009

La couv' de la semaine : Le Télégramme

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Le quotidien régional breton Le Télégramme méritait, pour le moins, de figurer ici, alors qu'il publiait cette semaine son 20 000ème numéro, avec cette couv' étonnante, comme le signale ici l'ami Gilles Klein.

Le titre, qui a 65 ans, a donc tiré à 18 éditions et plus de 200 000 exemplaires par numéro en 2008, est né le 18 septembre 1944. Comme il le rappelle dans son historique ici, comme beaucoup de quotidiens (tel La Voix du Nord), Le Télégramme a été fondé par des résistants, puis est né officiellement après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, la SARL d'origine, créée le 10 novembre 1944 avec un capital initial de 65 000 francs, a été fondée par Victor Le Gorgeu, ancien sénateur-maire de Brest, "un des 80 parlementaires qui avaient refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain", rappelle le quotidien dans un très intéressant diaporama.

Comme de plus en plus de titres de presse régionale, il a visiblement une stratégie ambitieuse de développement sur Internet, dont la presse régionale a été la première à comprendre qu'il pouvait lui permettre, avec des fonctionnalités 2.0 et simples, de se rapprocher de ses lecteurs. Comme le montre cette rubrique, Mes communes, qui permet d'accéder aux éditions locales en ligne, et surtout de créer son menu personnel à partir des communes que l'on souhaite suivre.

En la matière, à titre d'exemple, Paris-Normandie teste aussi des nouveaux formats, de nouvelles formes d'interactivité avec le lecteur très intéressants, depuis l'arrivée aux manettes de Sébastien Bailly, en tant que responsable des activités Internet pour le pôle normand PQR (Déville-lès-Rouen) du Groupe Hersant Medias. Outre le blog de la rédaction, il a initié des blogs thématiques, un flux RSS, un espace communautaire où les membres peuvent échanger leurs photos, participer aux forums...

dimanche 11 octobre 2009

La couv' de la semaine : fin de route pour le quotidien canadien National Post

NationalPost

Une du National Post, dimanche 10 octobre 2009

La couv' de la semaine n'est pas très réjouissante (j'essaie d'en trouver une plus optimiste la semaine prochaine... promis ;) n'hésitez pas si vous avez des suggestions d'ailleurs !) : il s'agit du quotidien canadien (anglophone) National Post. Lourdement endetté (4 milliards de $ canadiens de dettes !), le groupe de presse canadien CanWest a en effet annoncé cette semaine, par voie de communiqué, s'être placé sous le régime de la loi sur les faillites.

C'est (était..) un des rares groupes de presse à encore être détenu par une famille - en l'occurrence la famille Asper, qui est parvenu à se décliner sur plusieurs médias, avec des chaines de télévision et une douzaine de quotidiens tels que le National Post, le Vancouver Sun, l’Ottawa Citizen, le Calgary Herald, et plus de 25 journaux locaux, et compte pas moins de 7 000 salariés.

Le groupe sacrifie donc le National Post, tandis que les autres médias poursuivront normalement leurs activités pendant la restructuration, qui devrait durer de 4 à 6 mois, grâce à un prêt-relais de 100 millions de dollars consenti par des créanciers. Fin septembre, Canwest avait annoncé qu'il allait vendre prochainement en Bourse sa participation de 50,1% dans TEN, une chaîne de télévision australienne prospère, pour environ 634 millions de dollars canadiens (591 millions de dollars américains)...

Je ne connais pas le marché canadien de la presse, mais comme un peu partout dans le monde, il souffre, cherche de nouvelles voies... Je me souviens de cette initiative d'ex-journalistes "rebelles" du Journal de Montréal, qui avaient lancé en réaction le site d'infos "Rue de Frontenac", ce que je relatais ici.

mercredi 7 octobre 2009

HBO Imagine, une série disponible uniquement sur la Toile

HBO

On avait découvert en France la chaîne câblée US HBO (Home Box Office), avec ses séries TV souvent avant-gardistes, comme Sex in the City, The Sopranos au début des années 2000, ou plus récemment The Wire.

Elle innove aussi sur la Toile, avec une série conçue exclusivement pour le Net : HBOimagine, qui n'est donc accessible qu'aux internautes, invente une nouvelle forme de narration interactive dans l'histoire. L'interface du site se présente comme une toile de cinéma. Différentes scènes y sont regroupées un peu en vrac : un quinqua bourgeois infidèle, un enfant fuyant des malfrats, un banquier enlevé... Certaines scènes sont affichées dans un cube à quatre faces, chacune d'elles offrant simultanément un point de vue sur l'action qui se déroule.Interactivité oblige, l'internaute peut regarder ces différentes perspectives pour assembler lui-même les pièces du puzzle.

Une très belle réussite, et donc un nouveau format : la web-série disponible uniquement sur le Net, que l'internaute compose en quelque sorte à sa guise. Peut-être que l'on verra, un jour, cela en France...

dimanche 4 octobre 2009

La couv' de la semaine : Bakchich

Bakchich C. C.

J'aurais déjà dû chroniquer cette sortie dimanche dernier, alors que le premier numéro venait de sortir en kiosques. Séance de rattrapage ce soir donc, avec un feuilletage en direct du numéro 2... Le journal d'infos en ligne Bakchich.info vient donc de sortir sa déclinaison... papier, à la grande surprise de beaucoup (le phénomène d'un site web d'infos qui lance *ensuite* une déclinaison papier est assez rare pour mériter d'être souligné). De fait, Bakchich a ainsi adopté une démarche inverse à celle de la plupart des médias : sa version papier est destinée à lui donner plus de visibilité, et finalement, à donner envie aux lecteurs de découvrir... le site.

L'hebdomadaire papier Bakchich, donc, est vendu tous les mercredis, et vise clairement à se positionner face au ''Canard Enchaîné'' (qui sort en kiosques le même jour), se présentant comme "Votre nouveau journal satirique", et promettant "Informations, enquêtes et mauvais esprit". Mmm, appétissant.. La campagne d'affichage publicitaire est du même acabit, avec des caricatures de personnages politiques.

Nuit_Blanche_09_015.jpg C. C.

Le canard, en format tabloïd de 20 pages, se lit agréablement, entre longs papiers, enquêtes, confidentiels... Les papiers sont illustrés par des caricatures. On trouve aussi un reportage BD (format encore peu répandu dans la presse écrite - un des exemples les plus réussis de reportages BD se trouve à mon sens dans l'excellente revue XXI, dont je parlais là).

On sent la patte de Nicolas Beau, ancien du Canard enchaîné qui a rejoint l'équipe des fondateurs, dans la titraille résolument impertinente : "apéro" pour les indiscrets, "filouteries" pour les enquêtes de fond et scoop (avec par exemple un excellent papier, "Cosa notra, le vrai parrain de Berlusconi" - pour le moins, c'est clair), des pages plutôt attendues sur la conso (bonne enquête sur le bizness de l'eau), les médias et les people, la culture...

Le journal a choisi de présenter "les meilleures infos du Net" dans une rubrique "Bab el Web", via... un partenariat avec Vendredi.info, qui lui fournit 4 pages d'articles qu'il a sélectionnés. C'est là que le bât blesse, à mon sens, ou du moins que la logique du truc est difficile à suivre : pourquoi Bakchich, qui est lui-même initialement un média en ligne, ne propose pas sa propre sélection maison de contenus web (blogs, sites) ? Un échange de contenus qui apporte, certes, une nouvelle visibilité à Vendredi (dont la parution a été suspendue en juin, mais pourrait être relancée en novembre - voire l'entretien avec Jacques Rosselin chez Piratages). Et où Vendredi.info fournit des infos sous des formats et des angles variés (papier de fond, "gazouillis de la semaine" récoltés sur Twitter...). Étonnamment, un blogueur y trouve le statut de chroniqueur, avec une rubrique intitulée "Dans l'oeil de Guy Birenbaum".

Premier bilan : pas mal du tout, donc. Je ne sais pas si ce nouveau canard attirera le grand public ou s'il attirera seulement les technophiles, journalistes, blogueurs... qui connaissaient déjà le site Bakchich.info (et évitera ainsi l'écueil qu'a connu Vendredi). Et s'il peut vraiment se positionner comme concurrent au Canard enchaîné, qui est déjà une "marque" très installé. Mais ce dernier ne dispose certes d'aucun relais sur Internet. A suivre...

dimanche 20 septembre 2009

La couv' de la semaine : Le Monde magazine (ex- Le Monde 2)

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Cela avait été annoncé il y a quelques mois, à l'occasion de la rentrée, Le Monde a revu son supplément du journal de samedi, magazine auparavant intitulé Le Monde 2, qui devient donc Le Monde magazine, pris en main par Didier Pourquery (passé par Metro, et par la direction de la rédaction de Libé, qu'il a quittée en début d'année), qui rejoint donc Le Monde par la même occasion.

Pour mémoire, le quotidien avait lancé son supplément vers 2003, avec une première formule sous forme d'un supplément mensuel, vendu 3 € (j'y reviens fin de billet), auquel a succédé il y a environ 2 ans le Monde 2 tel que l'on le connaît, supplément hebdo moins chic, et moins cher, vendu avec Le Monde de samedi pour 2,50 €.

Là donc, il s'agit clairement d'un magazine, comme le souligne Didier Pourquery dans son édito, qui fait "la part belle aux photos, aux longs articles, aux reportages, à l'histoire". Avec une première partie axée sur l'actu, une partie culturelle vers la fin, ainsi qu'une partie "histoire", constituée d'une compilation d'articles d'archives autour d'un thème.

Dans les détails donc, dans cette nouvelle nouvelle formule du Monde 2, plus d'actu au début, avec une rubrique de photos d'actus, "Au fil du monde", dont on remarquera qu'elles sont essentiellement créditées en agences filaires (AFP Photos et Reuters). Des "signaux" : d'actus étrangères, de chiffres-clés, quelques chroniques (j'aime bien celle d'Yves Eudes sur le Net et cette histoire de Damien, ex- journaliste devenu "fabricant de buzz", payé à la pige)...

Ensuite, sujet de couv' (le Danemark, "pays du bonheur") sur une dizaine de pages, suivis de reportages qui constituaient déjà l'ADN du Monde 2, souvent des sujets étrangers. Puis, plus de place qu'auparavant est accordée à la culture, à la mode et au design.

Bilan : une nouvelle formule qui me rappelle quand même un peu le Monde 2, avec des rendez-vous maintenus (le reportage photo sous forme de portfolio, la séquence "histoire" reprise de la partie "Archives", que l'on trouvait à la fin du Monde 2). Un supplément complémentaire au quotidien, qui par définition, traite plutôt de l'écume de l'actu...

Visiblement, beaucoup moins de sujets parfois étranges, (trop) pointus que l'on trouvait souvent dans le Monde 2. Les pages conso-shopping disparaissent (ce qui n'est pas une mauvaise chose, elles étaient trop snobs à mon goût).

Mais pour ma part, je reste plutôt inconditionnelle de la première version du Monde 2 en supplément mensuel. Pour le coup un vrai beau magazine, à tranche , qui sur 130 pages en moyenne, accordait la part belle aux sujets photo, aux sagas (magnifique numéro de septembre 2002 sur la saga et la chute de Jean-Marie Messier par Martine Orange), et aux reportages société.

dimanche 13 septembre 2009

L'info éco et financière en ligne pour mobiles, un nouveau créneau pour les sites d'information ?

Cela ne vous aura pas échappé, depuis quelques semaines, les médias en ligne et presse papier bruissent de mille rumeurs, quant au grand virage qu'ils pourraient amorcer : le passage au payant. Ou, plus précisément, faire payer certains contenus "à haute valeur ajoutée" accessibles sur leur site Internet. Même Rupert Murdoch annonçait, en pleine torpeur estivale, son intention de faire payer l’accès aux contenus en ligne des sites d’information de son groupe News Corporation, comme le révélait ''Business Week''.

La crise économique aidant, avec la baisse des revenus publicitaires des journaux (et des sites web), la difficulté à rentabiliser leurs sites web, le débat, récurrent au début des années 2000, refait surface. Faut-il passer à un modèle économique payant ? Et si oui, pour quels contenus ?

Libération a amorcé son virage lundi 7 septembre, Le Figaro s'y prépare pour ces prochains jours, cela ne saurait tarder pour le site web de L'Express... Le groupe Marie-Claire, propriétaire de 13 magazines (qui disposent tous d'un site web), vient de mettre en ligne sa très sélecte "Revue des vins de France" , basée sur un business model mi-gratuit mi-payant. Les actus, les reportages sur les vignobles... En revanche, la notation et les prix des 50 000 ou 60 000 vins de la base de données sont, elle, disponibles sur abonnement. Ce sont donc les infos considérées comme à haute valeur ajoutée qui sont payante.

Contenus "à haute valeur ajoutée

Problème : quels contenus sont considérés comme étant 'à haute valeur ajoutée' ? Des indiscrets ? Des coulisses ? Des reportages haut de gamme ? Des sommaires et articles en preview avant publication print ? Tous les groupes phosphorent sur cela. Difficile, à une époque où le grand public a, précisément, pris l'habitude d'accéder à de l'info gratuite, avec les quotidiens gratuits et les sites d'informations.

Un des secteurs considérés comme les plus prometteurs est celui de l'information économique et financière, un des rares où le lectorat (CSP ++, en l'occurrence décideurs etc) est encore prêt à payer pour accéder à une info quasi-exclusive. A titre d'exemple, dans le journal où je travaille actuellement, L'Entreprise (où je planche notamment sur le développement de nouveaux formats pour le site L'Entreprise.com), on peut tout çà fait imaginer de proposer en accès payant des coulisses d'entreprises en diaporamas ou en vidéos. Ou encore l'accès à des scoops, comme cette interview de Jean-Louis Gassée, qui y annonce le lancement d'un fonds d'investissement pour les start-ups françaises dans la Silicon Valley.

Wansquare

Et de fait, en prélude à la nouvelle version mixte de son site, le 1er septembre, Le Figaro a lancé son nouveau site d'information économique adapté aux téléphones mobiles. Wansquare, lancé en association avec trois journalistes, est un site bilingue (français et anglais) d'infos économiques et financières. Sa particularité : il est donc payant (abonneemnt à 100 € par mois), et... conçu pour être essentiellement reçu sur les smartphones, Blackberry et autres iPhones en tête. Son format est très largement inspiré de Breakingnews, l'un des pionniers dans ce domaine, qui donne sans doute quelques idées à ses confrères avec ses … 15 000 abonnés. Lequel Breakingnews fournit des contenus au Monde (papier), et sur lequel l'agence Reuters a des vues.

…Et ce n'est pas fini. Le 1er octobre, ce sont Les Echos qui nourriront les mobiles, avec le lancement du site "Le Crible.fr" (du nom de sa fameuse chronique publiée chaque jour en quatrième de couv', sur l'état des marchés boursiers), "nouveau service éditorial premium" à destination des dirigeants, lui aussi sur smartphones.

Du mobile, du payant, de l'exclu, de la haute valeur ajoutée... Fuite en avant ou exploitation d'un créneau prometteur (après tout, des millions de Français ont un Blackberry, un iPhone ou un Nokia N97), cela reste à voir...

La couv' de la semaine : Entertainment weekly et sa pub vidéo insérée

EntWeekly

Une publicité vidéo dans un magazine : c'est le mag Entertainment Weekly qui expérimente ce format publicitaire innovant. Il méritait donc largement de figurer ici en couv' de la semaine. Dans son dernier numéro, il inaugure une nouvelle technologie révolutionnaire : elle introduit un écran dans son papier, comme le relate ''Wired''.

C'est un petit écran TFT (6 cm de diagonale et 2,7 mm d'épaisseur) encarté dans le journal (voir la démo vidéo diffusée sur YouTube, aussi ci-dessous), qui permet de diffuser 40 minutes d'extraits des programmes et de promo de CBS. Il aura fallu un an de R&D pour mettre au point ce dispositif, en particulier pour réaliser un écran suffisamment souple pour ne pas se briser.

Quand on regarde cela, ce qui est intéressant est que c'est sans doute un des formats publicitaires du futur, qui, exceptionnel ici, pourrait se banaliser (après-)demain, il est susceptible d'entrer dans les usages. Juste, je me demande combien cela a coûté à EW ce format publicitaire. Ici, c'est l'écran TFT qui est utilisé (déhà utilisé pour les écrans télés LCD), je me serais attendue à y voir un écran OLED.

Cela est peut-être même la première étape vers des e-papers qui se remettent à jour en streaming, comme on le voit dans ''Minority report'' (un de mes films de science-fiction préférés - Steven Spielberg aurait travaillé avec des start-ups et des chercheurs, pour y mettre en scène des technologies susceptibles de se concrétiser à l'avenir).


CBS Embeds Video Player in Entertainment Weekly Magazine

lundi 7 septembre 2009

M6 ouvre à son tour le feu du JT avec son 19:45

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Bon, ben voilà. Un des fameux événements attendus dans le PAF en cette rentrée a été inauguré ce soir : la première édition du 19:45 (ça fait moderne, comme intitulé) avait lieu ce soir sur M6. Le slogan: "L'info comme vous la vivez". Tous les quotidiens ont glosé ce matin sur l'arrivée d'une jeune journaliste au 20 Heures à la M6, Claire Barzacq, 28 ans, qui, grande révolution, animerait ce JT debout, ET en jeans (un jean slim bleu brut, plus chic que celui de la pub, tout de même - voilà pour le détail girly). Ce qui apparaissait dès l'affiche, placardée dans les métros parisiens. Soit dit en passant, Eni-Kao me faisait remarquer, à juste titre, via Twitter, sur celle-ci, "selon la figure 3, le JT de Cro-Magnon se faisait déjà debout, mais sans jean. Et assuré par des hommes..."

Blague à part, qu'est-ce que cela donne sur le contenu ? Bon, je viens de le regarder, merci M6 Replay (eh oui, suis rarement devant mon téléviseur à 19h45, moi...). Les titres principaux ont le mérite d'être peu nombreux : la grippe A dans les lycées - le procès d'un couple accusé d'un infanticide (oh, fait divers) - une campagne de prévention polémique contre le sida qui met en scène un clone de Hitler (pas mal, à première vue) - le dernier album de M (c'est vrai que l'on est sur une chaîne musicale, à la base).

And so, comme attendu, un ton à la Capital, pédago, familier, magazine, (très) rapide. On notera un plateau télé avec une explication en règle sur le vaccin de la grippe A (le mec - expert est debout, forcément), où, fait original, notre expert répond à quelques questions envoyées préalablement par des internautes, apprend-on. Interactivité oblige, M6 a ouvert son site dédié, M6 Actus.fr, aux questions des internautes. Vien aussi une "interview exclusive" de Jean-Marie Le Pen, qui improvise une visite guidée du Paquebot (c'est original), puis des brèves (très brèves) sur l'actu étrangère.

Clôture avec une météo sur plateau (j'aime beaucoup l'accroche du jeune mec, Alex Goude: "les cartes sont un petit peu comme vous Claire, rayonnantes" - mmm, ça mérite de figurer au zapping Canal de demain, ça ;). Et en clôture, une explication-éclair de Raymond Domenech sur le match nul des Bleus la veille.

Bilan ? Dans ce premier numéro, qui dure exactement 18 minutes 32 secds, c'est sur les sujets société/magazine que le 19/45 s'en tire le mieux : bon sujet sur le pourquoi de la polémique de la campagne de prévention allemande sur le sida, bon plateau pédago sur la Grippe A... Claire Barzacq est un peu crispée mais sympathique. Et le format 15 minutes colle finalement assez bien à ce que l'on attend de M6. Même s'il est vrai que ce JT est loin d'avoir la densité et l'exigence du JT d'Arte (de 15 minutes aussi, il me semble).

dimanche 6 septembre 2009

(La couv' de la semaine - 2) Le nouveau Libé, la Une de demain

Libe nvlle formule

Une couv' un peu déstabilisante, avec, en quelque sorte, de multiples Unes par ce système de trois bandeaux horizontaux, très graphiques.

Demain, donc,viendra la nouvelle formule de Libé, où la partie magazine sera renforcée (notamment la page "Vous" et la rubrique "Rebonds"), une partie magazine supplémentaire, sous forme d'un supplément agrafé, qui s'ajoutera au tout chaque samedi...

Et surtout une nouvelle stratégie sur Internet, avec le grand retour du "premium" (on se souvient des débats sur le sujet au début des années 2000), avec des formules payantes (6 € ou 12 € par mois) sur le site, pour pouvoir consulter le journal en ligne dès le matin et accéder aux 36 ans d'archives du journal. Interactivité oblige, il sera possible d'assister en direct à la réalisation en direct du quotidien dès 20 heures. Autre innovation, la consultation en avant-première, à 22h30, de contenus du journal du lendemain prépubliés.

Libération ouvre le feu pour une nouvelle bataille à laquelle se préparent tous les éditeurs web : ces fameux contenus premium. Le Figaro inaugure une nouvelle formule de son journal courant septembre, et lui aussi, des contenus payants sur son site début 2010. De même, mon employeur, le groupe Express-Roularta annonce des contenus payants pour le site L'Express.fr début 2010. A suivre !

La couv' de la semaine : WAD, ou le streetwear haute-couture

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Pour la couv' de la semaine, petit focus cette fois sur ce magazine underground, (et par conséquent ;) on ne peut plus branché. WAD (au sous-titre explicite, ''We'ar different'') fête actuellement ces dix ans de parution : ce magazine dédié à la monde urbaine, créé par Bruno Collin et Brice Compagnon, s'est lancé en 1998 sur un créneau alors inédite, seuls la haute-couture ayant les grâces des éditeurs dans l'univers de de la mode. Un magazine de niche ? Pas si sûr. Il aurait une diffusion payante de 250 000 exemplaires.

Bruno Collin, issu de la presse féminine, et Fred Compagnon, directeur de casting, misent dès le début sur le streetwear, qui mêle jeans trop larges, baskets, sweats à capuche, hip-hop et musique électro. Leur premier numéro,d'une centaine de pages, lancé en 1999, sera en rupture de stocks "dès la première semaine de parution", racontent Les Inrocks de cette semaine dans un long papier laudatif.

Le magazine, à vocation internationale (il est publié aussi en anglais), aura toujours une longueur d'avance sur les tendances, la mode, la musique et le design. Il comporte ses propres codes visuels, comme ses Unes qui ne comportent jamais de mannequins, de vêtements ou de visages, mais uniquement des parties du corps. Histoire de se démarquer des magazines de mode (trop) classiques.

dimanche 30 août 2009

La couv' de la semaine (2) : Jasad, revue érotique libanaise

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Petit coup de chapeau à Jasad, revue érotique libanaise lancée en décembre 2008, découverte lors de la rediffusion d'un des reportages de Canal, dans l'émission L'été papillon. Une revue certes lancée dans le pays considéré comme le plus tolérant du Moyen-Orient, mais dont la fondatrice est régulièrement soumise à la censure.

Laquelle censure surveille de très près cette revue perçue comme incarnant (trop) la liberté sexuelle à l'occidentale, mais n'est jamais interdite - son interdiction lui assurerait une exposition sans précédent, et lui assurerait une explosion des ventes...

La couv' de la semaine : Grazia

Grazia

C'était attendu, pour cette rubrique, il fallait que je parle d'un des événements les plus attendus dans la presse française, en cette rentrée : le lancement de Grazia, déclinaison française du magazine féminin/people Grazia, qui s'est imposé comme marque internationale à part entière, avec une douzaine de déclinaisons à l'international (la première étant le Grazia italien). Son premier numéro en France, annoncé et maintes fois repoussé depuis deux ans, était lancé en kiosques hier.

Comme cela a déjà été dit à plusieurs reprises, et le précise Xavier Ternisien dans son papier pour Le Monde, le groupe Mondadori y a mis les moyens : une équipe d'une cinquantaine de personnes, un budget de 25 millions d'euros (dont 8 millions dédiés au lancement), une politique de diffusion osée avec un prix de lancement à 1 € (son principal concurrent, Elle, étant à 2 €), un objectif de diff payante de 160 000 exemplaires...

Et une stratégie multi-canaux assumée : en même temps que le mag, Mondadori a lancé le site Internet idoine, l'application iPhone, le fil Twitter... Le tout avec une campagne de com' tous azimuts : spot télé, campagne d'affichages et en presse écrite.

Et même un event, un défilé de mode "de rue", le Street Fashion Show, un "défilé de street-style" qui était organisé hier, en fin d'après-midi, dans les jardins des Tuileries. Nombre de blogueuses y étaient invitées (retour assuré de cet événement sur les blogs, du coup... et bon référencement sur la toile garanti), mais, fait non négligeable, l'événement était ouvert au grand public. Un défilé qui reprend un concept en vogue dans les blogs de mode, où les blogueuses, comme sur Café Mode, shootent des nanas dans la rue pour leur look - d'où la notion de street style.

shooting grazia

So what pour Grazia ? La première impression que j'en ai est quelque peu... mitigée. Magazine de grand format, à couv' en papier glacé, sur le virage rock'n roll de Kate Moss. Le contenu ? Un mélange d'actu (avec "10 news de la semaine", dont un sujet pas mal et agréablement inattendu sur les déboires financiers de la photographe Annie Leibovitz), un sujet sur la dépénalisation possible du cannabis aux Etats-Unis, des pages mode (très) pointues, du people, quelques pages culture, et (bonne surprise qui tranche avec les féminins classiques !) pas de rubrique sexo, une seule page cuisine, et une seule page horoscope.

grazia again

Par ailleurs, Grazia a débauché des signatures : Patrick Eudeline tient une chronique culture, et Alfred Escot le premier papier déco/design. Pourtant, l'ensemble me paraît un peu fouillis. Surtout, à première vue, la ligne éditoriale est moins haut de gamme qu'annoncée. La maquette, elle aussi plus cheap qu'annoncé, me laisse aussi assez partagée : quelques belles pages, dont pour la mode en noir et blanc, mais une maquette à liserés jaunes en actu pas franchement haut de gamme.

Le tout me rappelle parfois feu Jasmin, tentative avortée d'hebdo féminin d'Axel Ganz, dont je parlais ici. En tous cas, l'initiative est courageuse, face au mastodonte Elle, et dans une conjoncture délicate - DS a cessé de paraître cet été, un peu plus d'un an après ''Isa''. A suivre...

dimanche 9 août 2009

La couv de la semaine : le 'Spécial mystère' de Télérama

couv Telerama

Pour cette semaine, après avoir hésité sur le (fameux ;) hors-série d'été des Inrocks spécial sexe (mais j'y reviendrai, maybe...), j'ai choisi la couv' de ce numéro d'été de l'hebdo Télérama, qui, pour chaque numéro d'août où il prend ses quartiers d'été (avec un seul numéro daté du 8 au 21 août, vacances estivales obligent), choisit un sujet un peu décalé, qui nous évade. Là, j'ai donc bien aimé cette thématique "spécial mystère" (on remarquera d'ailleurs que les mag sont accros aux Unes très spéciales" en été ;), assez vaste pour nous entraîner, à priori, des univers baudelairiens aux films fantastiques...

Pourtant, le contenu m'a désarçonnée : bon point pour le papier de François Gorin (journaliste musical initialement, bonne plume à l'écriture assez rock'n roll) sur les "rockers fantômes (les assassinats et autres suicides étranges qui émaillent l'histoire du rock). Bien aimé aussi le papier sur les "films maudits", perdus, détruits ou jamais achevés. Mais le papier sur le paranormal m'a laissée perplexe, et plus encore celui sur la 'sorcellerie' dans le Berry (sic), qui nous présente, certes de manière factuelle, une ex-géologue médium.

Depuis quelques années, l'hebdo culturel un peu bobo tente de se reconvertir en magazine "sociétal". Il a connu quelques tangages ces dernières années, que ce soit lors de son rachat par Le Monde, ou à propos des dernières rumeurs qui le donnaient susceptibles d'être à vendre, en particulier auprès de Lagardère.

dimanche 26 juillet 2009

La couv' de la semaine : le "spécial sexe" de Elle

Elle juillet 09

Bon, je me suis dit que cela pouvait être sympa de créer un rendez-vous sur ce blog, autour de couv' de magazines ou de quotidiens qui me semblent marquantes, pour leur design, leur approche de l'actu, ou d'autres raisons...

Légèreté estivale oblige, commençons avec le marronnier la couv' incontournable de l'été (encore que... vous me direz que c'est un genre qui marche aussi très bien au printemps). Donc, le spécial sexe de Elle, accrocheur, et dont le sujet est un rien survendu... Forcément; je l'ai acheté :) Elle ne tient pas tout à fait ses promesses. Habilement, en titrant "Spécial sexe - L'amour romantique c'est hot !" le mag louvoie en Une entre romantisme et cul (histoire d'attirer les deux types de lectrices ;), avec en prime un test "Etes-vous cul ou cucul ?".

And so... Intéressant mais sans plus. Le sujet principal, sur 3 pages, déroule diverses expériences hot de femmes qui ont su relancer et pimenter leur couple etc. Suivent 2 pages de "conseils romantiques" (sic) et des pages fashion enrobées dans ce "dossier sexe" (bon...).

Je me souviens d'un "spécial sexe" de Elle d'il y a deux ans, plus approfondi, qui passait davantage en revue les (nouvelles) pratiques sexuelles et amoureuses des urbains (trop souvent individualistes), de la bigamie assumée au fucking friend, sous un angle plus sociologique, plus approfondi finalement.

Comme je le disais, ce genre de dossier a le vent en poupe lors des beaux jours : L'Express titrait il y a quelques semaines sur l'infidélité et les rencontres à l'heure des réseaux sociaux, et Les Inrockuptibles sont réputés pour leur hors-série estival "spécial sexe" (pas paru cette année... crise oblige ?), une de leurs meilleures ventes annuelles.

Mise à jour du 28 juillet : bonne nouvelle pour les inconditionnels, Les Inrocks viennent de sortir leur hors-série. Au programme: rester vierge, enjeu politique aux US, les escort boys, le sexe avec Facebook, immense terrain de chasse... Via le blog de La fille du rock. .

vendredi 10 juillet 2009

Le groupe Tests se frotte à son tour aux code-barres 2D

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Par communiqué de presse, signé Julien Jacob, directeur général adjoint du Groupe Tests (filiale presse informatique de NextRadioTV) annonçait hier le lancement d'un nouveau service : des tags 2D seront apposés sur ses magazines. Il lance cela avec la start-up Mobiletag, éditrice d'une application embarquée permettant aux mobiles de lire des codes barres 2D. Concrètement, grâce à ces code-barres du futur (ou QR codes, dont je parlais notamment ), apposés sur certaines pages des magazines du groupe, le lecteur pourra, "après avoir téléchargé une petite application sur son mobile, consulter des contenus additionnels dernières actualités sur un sujet : suivre les derniers rebondissements d’une actualité, prix en temps réel : pouvoir se décider et même acheter sur les sites mobiles des marchands, vidéos complémentaires : ajouter une illustration vidéo qui complètera le texte et l’image”.

Malin : le groupe propose cela précisément pour ses magazines informatiques (01Net, Micro Hebdo, L'Ordinateur Individuel...), pour une clientèle à priori sensible à ce genre d'innovations. Et l'on imagine aisément que le groupe espère jouer à plein sur la complémentarité entre ses contenus print et web (voire vidéo), comme son patron, Alain Weil, l'a déjà exprimé à plusieurs reprises, avec les limites que cela peut impliquer en terme de management interne (voir ce billet)...

Quelques magazines avaient déjà expérimenté le tag 2D, comme Closer, Voici et Public en 2007 ou le magazine Newzy.

mercredi 1 juillet 2009

Voir en avant-première sur Internet les Unes des media

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Ce service m'a fait penser à Gilles Klein, fan des couv' de quotidiens en ce moment sur son blog... Revue2presse.fr est un site qui affiche sur une même page les "unes" des journaux quotidiens du matin (dont les régionaux), en avant-première, avant leur sortie en kiosques. Ou quand le Web anticipe sur le papier, paradoxe de l'exercice... Avec par exemple ces Unes attendues demain matin. Le site propose également différentes catégories couvrant l'ensemble de la presse française (200 titres référencés), de l'hebdomadaire au mensuel.

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