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mardi 29 décembre 2009

Les e-books et leurs menaces (potentielles) pour la vie privée

ebook

Les e-books pourraient-ils potentiellement porter atteinte à la vie privée de leurs utilisateurs? Car ces livres électroniques peuvent être chargés en contenus via diverses librairies en ligne, comme je l'évoquais dans ce billet. Problème : cela permettrait aux éditeurs de suivre littéralement à la trace les goûts de leurs lecteurs, puisqu'ils peuvent suivre quels ouvrages sont téléchargés, et même quel temps de lecture y est consacré.

MP3, e-books, DRM : même débat

C'est l’Electronic Frontier Foundation (EFF, ONG qui protège la liberté d'expression sur Internet) qui a tiré la sonnette d'alarme il y a quelques jours, en publiant un tableau très instructif, signalé et traduit par PC INpact, récapitulant à quelles informations peuvent accéder les constructeurs et éditeurs selon les différents lecteurs numériques disponibles sur le marché.

De fait, comme le pointe l'EFF, le livre numérique soulève des questions nouvelles, finalement assez proches de celles soulevées par le format MP3 à ses débuts - en termes de protection des données personnelles, de propriété intellectuelle, de droits d'auteurs, de partage de biens communs... "Les livres numériques commencent à transformer notre manière d’acheter et lire les livres de la même façon que les mp3 ont modifié la façon dont nous achetons et écoutons de la musique", constate l'EFF. Mais "la technologie présente de nouvelles et significatives menaces pour la vie privée".

L’EFF montre d'ailleurs les liens étroits qui lient les e-readers et les plateformes de contenus (soit les librairies en ligne telles que Google Books) pour les tenir informées des habitudes des utilisateurs, du circuit commercial, de leur localisation... Ne faut-il pas y voir une manière potentiellement dangereuse de cerner l’environnement culturel d’une personne, à un degré jamais atteint jusqu'à présent ?

Et dénonce le manque de transparence dans l’utilisation de ces données. Premier visé : le moteur de Google Book, qui enregistre chacune de vos recherches, les pages lues, combien de temps vous êtes restés sur tel document, les documents que vous lus par la suite… des données accompagnées de l’adresse IP. Un nouvel outil de suivi de l'internaute à la trace inespéré pour Google, en somme.

Amazon est aussi pointé avec son Kindle, qui repose sur un régime de licences couplées à des DRM. Ces DRM sont utilisées par Amazon pour empêcher de lire sur d'autres terminaux les livres électroniques conçus pour son Kindle. Mais elles lui permettent aussi de suivre au plus près les usages de ses lecteurs...

Mise à jour du 31décembre : j'ai consacré un article à ce thème, dans la lignée de ce billet, publié sur L'Express.fr : à consulter , avec un article complémentaire sur les eBooks au banc d'essai.

lundi 28 décembre 2009

"Dictionnaire du look": t'as le look bimbo, emo, bobo, caillera, arty... ?

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Dans la traditionnelle moisson de bouquins offerts pour Noël, j'ai eu un petit coup de coeur pour celui-ci (le genre de bouquin dont on se dit "grmf, j'aurais bien aimé l'écrire !"). Dans ce "Dictionnaire du look - Une nouvelle science du jeune" (ed. Robert Laffont), Géraldine de Margerie, jeune journaliste chez Yagg (site d'infos gay et lesbien) avec les photos d'Olivier Marty, DA et photographe, de l'agence de communication visuelle IP-3, passent en revue 39 looks, styles, sous un angle un peu conso/tendance, mais aussi sociologique, pour parvenir à cerner de véritables sociotypes. C'est surtout là que réside l'intérêt du bouquin.

De fait, c'est l'aspect étude sociologique sous-jacente qui est le plus intéressant : comme l'indique son sous-titre, ce bouquin a vocation à aider les parents un peu paumés à mieux comprendre leurs ados d'enfants,Mais il permettra aussi à tout un chacun de mieux cerner ses amis ou relations professionnelles. Et on se doute que c'est le genre d'ouvrage qui est pain bénit pour les pros du marketing.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il ne s'agit d'un 'dico encyclopédique' sur les looks du moment, mais un passage en revue avec légèreté, humour et précision dans l'écriture pour cerner plusieurs looks, qui renvoient aux cultures idoines (et CSP, bandes, influence culturelles du moment...). D'ailleurs, le ton est à la fois neutre et optimiste, avec juste ce qu'il faut de distance, par des auteurs qui maîtrisent bien leur sujet.

Le livre s'attarde plus longuement sur les tendances les plus connues, comme les bobos, la révélation des années 2000 ("le coeur à gauche et le portefeuille à droite", comme on le sait). Le chapitre qui y est consacré est d'ailleurs très drôle et riche, avec des 'sous-types' (bohemian bourgeois, biobo, aristo-bohème...), la culture, les lieux stratégiques, les prénoms d'enfants bobos (véridiques - j'ai déjà croisé des pauvres Philémon, Lou et autres Cerise), un samedi-type...

Bien aimé aussi le passage en revues d'autres catégories connues (le geek, la fashionita, le gothic, le BCBG...) ou plus émergentes (la lolita kawai issue de la culture nippone, les baby rockers des beaux quartiers fans des Strokes et de Philippe Manoeuvre, le jah-jah, dérivé contemporain des hippies...).

Les textes sont complétés par des photos alternant portraits des looks-types, accessoires... Autre point très agréable, le bouquin ne cède pas la facilité de citer des marques portées sur les photos. Les marques-fétiches pour tel ou tel style sont juste citées dans le texte.

dimanche 27 décembre 2009

Paro, du robot-jouet au robot-substitut

Il revêt une certaine utilité sociale,mais n'en n'est pas moins troublant, voire un rien flippant. Au hasard d'un feuilletage du Monde magazine, je suis tombée sur un papier qui parlait d'un robot "de compagnie" (comment appeler ça autrement ?) qui commence à cartonner au Japon, Paro. Si vous allez voir cette vidéo YouTube, rien d'extraordinaire : une vague peluche blanche qui ressemble à un phoque, qui émet d'étranges cris et ferme ses grands yeux noirs quand on lui demande, et peut aussi remuer la tête et les pattes. Une peluche en version améliorée, en somme. N'empêche, sur la vidéo, on entend la personne s'adresser à ce truc à poils comme à un animal de compagnie. Edifiant.

Paro, une tétine jaune dans le bec, peut aussi repérer la provenance d'une voix ou la présence d'une personne grâce à ses capteurs. Ce qui assure une certaine présence à ce robot de compagnie. C'est pourtant un chercheur très sérieux, Takanori Shibatéa, de l'Institut japonais des sciences et technologies industrielles avancées, qui l'a conçu, avec pour objectif d'assurer une présence aux personnes âgées isolées ou diminuées. Paro commence du coup à se tailler un petit succès au Japon, pays du monde ayant la plus grande proportion de plus de 65 ans. Problème : ces robots deviennent de véritables substituts affectifs pour des personnes isolées. Ca me rappelle un reportage d'Envoyé spécial assez flippant, où l'on voyait un couple de Japonais âgés ayant adopté un robot ressemblant à une petit fille, qu'ils traitaient comme telle.

Le robot comme substitut affectif, dérive possible de l'émergence de la robotique dans la vie de demain ? Il y a quelques temps, je parlais dans ce billet-là et celui-ci (avec les love dolls) des robots capables de mimer les émotions,

La robotique sera peut-être la révolution technologique d'après-demain, dans le sens où les robots entreront dans la vie quotidienne du tout-venant par les robots ménagers, ainsi que par les robots de services à la personne, notamment pour l'assistance aux personnes âgées ou handicapées. C'est d'ailleurs ce qu'imagine Bruno Bonnell, ex- dirigeant d'Infogrames, maintenant à la tête de sa nouvelle start-up, Robopolis, et qui croit dur comme fer à l'émergence de la "robolution", à laquelle il consacre un livre, annoncé pour courant 2010. Il y a quelques semaines, il présentait à la presse ses projets en la matière : je l'aborde dans un article à paraître dans L'Entreprise de janvier, mais comme l'indique dans ce très bon billet mon confrère Jean-Christophe Féraud, pour lui, c'est certain, le robot entrera dans le quotidien de tout un chacun par les robots ménagers (comme l'iRobot), puis les robots d'assistance aux personnes âgées etc. Et c'est déjà le cas au Japon, avec les robots Asimo ou Ri-Man.

Ça tombe bien, alors que les personnes médicalisées à domicile seront de plus en plus nombreuses, les robots pourront assurer leurs soins. Et justement, les coûts de production - et donc de vente- de robots baissent, y compris pour les robots-jouets, tels le chien Mio. Mais on peut craindre un accompagnement déshumanisé des personnes âgées ou handicapées avec des robots ou, pire, un attachement affectif cache-misère par des personnes seules, comme le laisse craindre un Paro.

jeudi 24 décembre 2009

Christmas songs aux US / Merry Xmas, let's rock !

Noël oblige, un petit billet de circonstance, avant que je ne déserte mon clavier pour quelques jours, au profit de contrées nordiques ;)

La coutume est peu connue en France, mais c'est un passage obligé aux US pour tout groupe ou chanteur qui se respecte : écrire un titre, ou carrément un album, entièrement dédié à Noël, qu'il soit rock, punk, pop, sirupeux... Alors certes, on peut y voir une bonne dose de marketing / bizness un peu cynique et "récupératrice", mais après tout, la musique n'est pas la première à s'emparer du business de Noël. Côté business, il y a d'ailleurs eu quelques compilations mémorables, dont celle réalisée par la talentueux et fou Phil Spector, avec sa compil' de 1963 "A Christmas gift for you", avec toutes les stars de son écurie comme Darlene love ou The Ronettes.

Et à vrai dire, il y a de jolis bijoux dans ces Xmas songs. Petit florilège. Un grand merci aux apporteurs d'idées, dont (mon frère) Benoît, des Dangerous Pets, pour la sélection. A voir aussi, cette sélection indie très complète.

Ce qui m'a donné l'idée de ce billet est en fait ce titre de l'album solo de Julian Casablancas (un des très sexy membres des Strokes), sur son très bon album solo, qui fait partie de ma sélection musicale du matin en allant au boulot... Avec donc ce titre "I wish it was Christmas today", extrait de son album solo Phrazes for the young. Très vintage. Enjoy...

On poursuit avec les classiques. A savoir :

Bien sûr Les Beatles, avec "Christmas Time (is Here Again)" (voir la compil' de 70 "The Beatles' Christmas Album" (U.S.) aka" From Then to You "(UK)) :

Les Beach Boys, avec"Little Saint Nick" en 1963 :

Dans un autre genre ;) Eazy E's "Merry Muthafuckin' Xmas (merci Driss) :

Et puis bien sûr, George Michael, avec "December song / dreamed of christmas" (si si, j'assume ;). Mmm, mielleux à souhait :

Joyeux Noël ^^

lundi 21 décembre 2009

Appli 3 Vallées : une des premières applis iPhone service + marketing + géolocalisation

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Cela fait quelques temps que je m'intéresse à ce sujet, auquel j'ai consacré cet article dans L'Entreprise mag de décembre : les applications mobiles (pour iPhone, mais aussi bientôt pour plateformes Android, Windows Mobile, voire pour des plateformes de constructeurs telles que Bada de Samsung...) sont vouées à un avenir assez radieux.

Elles seront une vitrine inédite pour toute marque, tout annonceur.... A condition qu'il y ait un service simple, malin, utile au quotidien, pour justifier que le consommateurs télécharge - et utilise - cette application. C'est de cette manière qu'elles se distingueront parmi les nombreuses applis, lancées en ce moment par une multiplicité de marques, mais aussi éditeurs, et start-ups qui misent sur cette nouvelle bulle ? ce nouvel Eldorado.

Or, voilà une appli astucieuse qui vient de sortir pour les vacanciers qui auront la chance de partir skier cet hiver : trois des plus grandes stations de ski des Alpes (dont Les Arcs), qui ont mutualisé récemment leurs pistes respectives pour créer un forfait commun, viennent de lancer l'appli iPhone "Les 3 Vallées" (téléchargement gratuit), disponible en 5 langues. Elle permet d’accéder à diverses informations sur le domaine skiable : plan de piste avec géolocalisation du skieur, pistes damées, ouvertures des remontées mécaniques, météo à 7 jours, risques d’avalanche, et des éléments personnalisables par l'utilisateur (statistiques de sa journée, possibilité de retracer son itinéraire).

Ce qui me plaît là-dedans est que l'on a le triptyque indispensable à toute "bonne" appli mobile : de la technologie (ici la géolocalisation) + réel service rendu (accès à diverses infos en temps réel pour le skieur), et au final une appli qui assurera aussi un bon coup de pub aux stations concernées...

dimanche 13 décembre 2009

La couv' de la semaine : James Cameron, "Avatar", la 3D dans le cinéma...

Cela faisait longtemps que j'avais délaissé ce rendez-vous dominical sur mon blog. J'avais gardé le sujet de la 3D dans le cinéma sous le coude depuis un certain temps, et finalement, la couv' du dernier numéro du Monde magazine m'a décidée à l'aborder sous cet angle.

Dans le Monde mag donc, on a droit à une interview-fleuve de James Cameron, qui présente son film-blockbuster-futuriste-le plus attendu avant les fêtes (rayez la mention inutile ;), "Avatar". Forcément, le film en lui-même suscite beaucoup d'attentes (que l'on mesure au nombre d'articles et sujets télé consacrés ces derniers jours) : parce que c'est le grand retour au cinéma du canadien James Cameron avec un film grand public, 12 ans après "Titanic". Parce que l'on connaît sa vision pessimiste du monde et de son évolution à venir (il n'y à qu'à voir le futur sombre qu'il nous prédit dans "Terminator" 1 et 2, l'avertissement dans "Abyss"...). Parce qu'il reste l'un des cinéastes américains "qui comptent" à Hollywood, étant coutumier de la démesure et des succès phénoménaux.

Mais aussi parce que ce réalisateur mainstream, habitué des blockbusters, s'empare, à l'occasion de la sortie d'"Avatar", film annoncé comme le plus cher de tous les temps (budget officiel : 250 millions de $), d'une des technologies les plus innovantes - et les plus incertaines - pour le cinéma de demain : la 3D. Comme je l'évoquais dans ce billet, la 3D débarqué dans la télé. Elle débarque donc aussi dans le cinéma : le film de science-fiction "Avatar" sera en effet proposé en format classique (en 2D donc), mais aussi en 3D dans les salles équipées pour diffuser dans ce format.

A ce titre, je vous invite à lire la longue interview de James Cameron : il est loin de se contenter d'assurer la promo de son film - plus besoin, la promo gargantuesque est lancée depuis longtemps. Je suis même tombée cette semaine sur ce magasin tech, à Londres, entièrement aux couleurs d'"Avatar".

Non, on y apprend que lui-même a des obsessions en termes de recherche et de cause écologiste, ce qui prend un certain relief en plein Sommet de Copenhague. Ces dernières années, il a sorti des docus à gros budget sur les fonds marins.Il avait même prévu de partir en 2000 à bord du vaisseau spatial russe Soyouz pour passer un mois à bord de la station Mir. Son prochain projet : il veut mettre en scène, pour la Nasa, la découverte de la vie sur Mars.

Après quelques films destinés à tester ce marché naissant (comme "Flying to the moon"), l'industrie du cinéma est prête à s'emparer de ce nouveau format, comme l'a notamment montré le succès du dessin animé "Là-haut" en 2009, des studios Pixar. Forcément, c'est intéressant : à priori plus attrayant pour les jeunes, et plus rentable, le billet étant vendu plus cher. Et les films en 3D seront plus difficiles à pirater sur Internet, en raison du poids des fichiers.

Si le film de James Cameron est un succès, cela donnera sans doute un coup d'accélérateur au développement de ce nouveau format. De fait, Avatar sortira la semaine prochaine en France sur 500 écrans équipés en 3D . Encore faudra-t-il que les exploitants des salles s'équipent, ce qui a un coût (50 000 à 60 000 € par salle), auquel s'ajoutent le coût des lunettes et le coût de la licence RealID. Actuellement, près de 10% des salles en France sont équipées pour, d'après Le Monde magazine.

Sommet de Copenhague : blogs et WebTV militantes à l'ère du "Don't hate the media, become the media"

En plein sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague, où les politiques sont censés donner suite au protocole de Kyoto, il m'a semblé intéressant de diffuser quelques vidéos militantes, qui montrent que les ONG maîtrisent parfaitement l'art de la communication. Mais aussi, et c'est une des nouveautés par rapport aux sommets précédents, l'adage "Don't hate the media, become the media" prend toute son importance.

Car la Toile est devenue une véritable caisse de résonance, où tous les acteurs du Sommet vont tenter de convaincre l'opinion publique. Blogueurs, ONG, associations... ont leurs webTV ou leurs blogs, où ils présentent l'actualité du Sommet de leur point de vue.

Déjà il y a six mois, les ONG avaient préparé le terrain via Internet avec cette vidéo-teasing commune, pour rappeler les enjeux-clés du sommet, et appeler à signer l'Appel de Copenhague :

De manière assez classique, Attac propose en ligne ce véritable kit militant, un bon récapitulatif des différentes formes d'actions militantes que l'on a vues émerger ces derniers mois : lâcher de ballons noirs symbolisant la pollution, flash mobs, tracts "urgence climatique"...

Autre élément classique, des ONG diffusent des vidéos montrant leurs happening ou actions coups de poing, comme cette interruption de séance à l'Assemblée nationale par Greenpeace.

"Médias militants"

Mais la nouveauté, ce sont certaines ONG qui se dotent de leur propre "média" via Internet. Telle WWF, qui a carrément sa WebTV, "Inside Cop15", qui présente carrément un bilan quotidien du Sommet, et un plateau télé. Un petit reportage diffusé dans l'émission "Pop Com", sur Canal Plus tout à l'heure, était à ce titre très instructif. On y apprenait que ce sont carrément 20 militants qui sont mobilisés pour tenir cette WebTV. Etrange mélange des genres : on y découvre des "militants professionnels" qui jouent les reporters, caméras au poing. Forcément, l'avantage est qu'ils connaissent toutes les personnalités qui comptent. Mais mettent en ligne des interviews, forcément, orientées... En clair, ils pratiquent la communication au service d'une cause avec des formats journalistiques (plateaux TV, interviews...). Mélange des genres toujours, l'équipe a des conférences de rédaction quotidiennes, avec pour chef de production de WWF Martin Aktin... un ancien journaliste de la BBC, qui importe donc son savoir-faire de journaliste au service d'une cause militante. On découvre aussi Jacques-Olivier Barthes, reporter en journée, avant de reprendre sa casquette de dir' com' de WWF France.

Blogueur-militant

Autre exemple intéressant, celui de Florent, qui tient le blog Copenhague Inside, blog hébergé par LeMonde.fr. Son billet "La France joue-t-elle un double jeu dans les négociations", polémique, a généré 20 000 connexions sur LeMonde.fr. "Je me considère comme un éditorialiste", explique-t-il dans Pop Com, et l'on apprend que le blogueur est rémunéré par LeMonde.fr. Un blogueur par ailleurs militant d'une association, ce que ne savent pas forcément les lecteurs... Il faut aller sur "A propos de ce blog" pour apprendre qu'il est "membre d’une ONG internationale", la Global Coalition for Climate Action.

dimanche 6 décembre 2009

Le ménage à trois chez Dolce & Gabbana, l'érotisme soft dans la pub...

Jouer la provoc', choquer, rien de tel pour se positionner comme une marque délicieusement décadente.. et donc branchée. Vous vous souvenez sans doute de cette vogue du porno-chic dans la pub au début des années 2000, devenue out, crise oblige.

Là, Dolce & Gabbana explore un autre versant, en mettant en scène un ménage à trois improvisé, le tout pour lancer... une montre, tout simplement. D'ordinaire, ce genre de campagne provoc' est destinée à asseoir une ligne de vêtements ou un parfum d'une telle marque. Ici, que nenni : toute la difficulté consistait à vendre un nouveau produit, qui plus est assez ennuyeux à promouvoir en télé : une simple montre. D'autant que D&G lance cette nouvelle gamme à peine un mois avant les fêtes de Noël. Ça fait court.

Résultat, dans cette pub, l'agence a pris le parti de ne pas montrer beaucoup la montre. On aperçoit brièvement les modèles homme et femme au poignet des protagonistes. A la limite, la montre en tant que telle, on s'en fout : il faut vendre au client potentiel une image de la marque, sexy et décadente, le tout se déroulant bien sûr entre gens (apparemment) bien nés dans un appartement bourgeois.

En fait, la marque italienne n'est pas la seule à s'essayer à cette forme d'érotisme soft. Longchamp s'essaie dans la dernière campagne au lesbian chic en faisant poser Kate Moss tout à côté d'une autre top.

Dangerous Pets / Daddy is a rich man

Nulle intention, ici, d'ouvrir une rubrique hebdo musicale, juste l'envie de vous faire découvrir, en ce dimanche soir, le premier clip vidéo de Dangerous Pets, jeune groupe d'électro/house nordiste dont je vous avais déjà parlé... Enjoy !

dimanche 29 novembre 2009

Un CV vidéo réussi : Florence Porcel, en recherche d'un contrat d'apprentissage

Si vous n'en n'aviez entendu parler, regardez cette vidéo... C'était le petit bu-buzz de la semaine au sein de la blogosphère. Florence Porcel (alias Fleur de Cent-Lys), jeune journaliste - artiste, cherche un contrat d'apprentissage en journalisme culturel... Et elle le fait savoir dans cette vidéo bien troussée, marrante, avec une dose d'auto-dérision.

Le web-documentaire, nouvelle forme de récit journalistique

C'est sans doute un des formats journalistiques les plus prometteurs pour la presse en ligne de demain, et les plus excitants, en terme d'exercice journalistique, pour les journalistes. Le web-documentaire,qui mêle photo (sous forme de portfolio en ligne par exemple), son (audio), vidéo, et bien sûr écrit, voire accompagné d'un blog, est une forme de documentaire, donc de récit journalistique, qui exploite simultanément plusieurs ressources propres au web.

Premiers web-docus, Visa pour l'image...

Le premier, en France, qui avait fait parler de ce nouveau format était LeMonde.fr, avec "Le corps Incarcéré", sur la vie en prison en France. L'idée : on a un documentaire de 15 minutes (une durée très longue pour le web), séquencé par des tags (mots-clés) qui permettent au lecteur-internaute de s'orienter, voire d'aller directement à la séquence qui l'intéresse.

Lecorpsincarcere.JPG "Le corps incarcéré"

Cette année, le web-journalisme a fait une incursion remarquée au festival Visa pour l'image de Perpignan (où "Le corps incarcéré" a été primé : une forme de consécration, qui le situe donc à la lisière du reportage et du photojournalisme. Puis au Festival européen Les 4 écrans, qui se tenait la semaine dernière à Paris, chapeauté par l'agence Capa (dont on imagine bien, comme beaucoup de sociétés de prod' classiques, qu'elle va chercher à se positionner sur ce nouveau créneau).

PrisonValley.JPG "Prison Valley"

Les premiers web-docus ? L'un des plus attendus pour 2010 en France est "Prison Valley", un webdoc dans le couloir de la mort. "Prison Valley", co-produit par Arte.tv et Upian.com, passe au crible l'"industrie carcérale" aux Etats-Unis. Réalisé par les journalistes David Dufresne et Philippe Brault, ce docu multimédia nous entraîne dans les couloirs d'un complexe carcéral du Colorado constitué de 13 prisons, dont Supermax. A la clé, un budget de 200 000 €... et donc similaire à celui d'un docu télé classique. Un site trailer (ici, donc) et une bande-annonce en présentent déjà un avant-goût.

On devrait aussi voir arriver un web-doc sur les 25 ans de Tchernobyl, "Pripyat" (voir le blog dédié), réalisé par Bruno Masi, ancien journaliste de Libération, et le photographe Guillaume Herbaut.

Précédents

Comme le rappelle ce bon papier de L'Express, quelques web-docus ont déjà été tournés. On peut déjà voir aussi "La Cité des mortes", une enquête sur la disparition de femmes à Ciudad Juarez, au Mexique, produit en 2005 (mais pourquoi n'en n'avait-on pas parlé avant ?) par l'agence Upian.com. Outre le docu en ligne, on peut accéder à une carte interactive de Ciudad Juarez, des fiches sur les protagonistes... A signaler aussi, cet autre web-docu du Monde.fr (je suis jalouse de leur avancée dans ce domaine...), "Voyage au bout du charbon", d'Abel Ségrétin et du photographe Samuel Bollendorff (2007), qui porte sur les conditions de travail des gueules noires dans les mines chinoises.

Outre-Atlantique, je porte votre attention sur" In Shadows", un web-documentaire qui se penche sur un sujet délicat, les maladies mentales. Un docu tourné par Chris Carmichael , ancien étudiant en photojournalisme devenu journaliste multimédia complet, qui maîtrise les outils de la vidéo, le son et le web-design. Sur son site, e vous invité à découvrir ses micro-reportages (en anglais). Dont le dernier en date, In Shadows, qui traite des maladies mentales, un sujet lourd qui concerne une famille sur cinq aux Etats-Unis. Le reportage, tourné en Caroline du Nord, montre le supplice des familles concernées par cette maladie face à un système de santé inadapté.

Un modèle économique ?

Le web-documentaire est, à mon sens, un des formats les plus prometteurs pour exercer un journalisme haut de gamme sur la Toile, et proposer des sujets de fond. A l'instar de ce que tente LeMonde.fr, je rêve que l'on puisse proposer un jour, au sein du groupe de presse où je travaille, des docus similaires. Pourquoi ne pas imaginer, en éco, un portrait de boîte, de créateur d'entreprise, ou encore le process d'un produit (de sa fabrication à sa vente) retracés par ce biais ?

Reste la question qui tue : quel business model derrière ? Comme le souligne L'Express, les réalisateurs de ces docus d'un nouveau genre rêvent parfois qu'ils soient ensuite adaptés... pour la télé. Ce qui leur apporterait une visibilité et une audience plus fortes. Certains docus, comme "Prison Valley", bénéficient de subventions du CNC comme pour des docus classiques. C'est un début. Mais ensuite, il faudra forcément greffer de la pub au début ou à la fin de ces web-docus (comme c'est déjà le cas pour les vidéos sur Dailymotion ou de Wat.tv). Ou encore les rendre accessibles selon un modèle payant, à l'unité ou sur abonnement. Mais même pour des contenus interactifs haut de gamme, il n'est pas sûr que l'internaute, déjà (trop) habitué à l'info gratuite, accepte de payer...

mardi 24 novembre 2009

Vous aimez le ciné ? Eh bien votez (et participez !). PeopleForCinema.com, la nouvelle start-up de Simon Istolainen

Je vous parlais la semaine dernière dans ce billet, il y a quelque chose qui est en train de se passer autour du crowdsourcing (littéralement l'intelligence collective ) appliqué à la culture.

On commence à voir émerger le crowdraising (je sais, c'est du jargon... parfois utile pour formaliser de nouvelles notions), ce mélange crowdsourcing + fundrainsing, soit la possibilité de lever des fonds en ligne auprès d'une communauté d'internautes disséminés géographiquement.

Un modèle qui commence donc à s'appliquer dans le domaine de la production culturelle : dans le journalisme, comme je l'expliquais avec l'exemple de SpotUS, mais aussi en musique avec MyMajorCompany, une des premières start-ups à tester ce modèle - faire émerger une 'Nouvelle star' via Internet, de la volonté d'internautes qui misaient sur elle... Avec par exemple le succès de Greg.

Preuve que cette tendance se confirme, Simon Istolainen, co-fondateur de 'MMCompany', vient de lancer une nouvelle start-up, sur un schéma similaire, cette fois dans le cinéma. Sympathique, affable, indéniablement brillant, il m'a reçue hier pour me présenter son nouveau bébé, PeopleForCinema. A vous de juger... Qu'en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à verser votre obole ?

dimanche 22 novembre 2009

iTélé + Goom = iTélé Radio, radio numérique d'info continue (mais pas seulement...)

iteleradio.JPG

Pas eu le temps de revenir sur cela plus tôt dans la semaine, mais donc, la chaîne d'info continue iTélé (filiale de Canal +) donnait ce mardi 17 novembre le coup d'envoi de iTélé Radio, initialement annoncée par septembre. Un chantier de grande ampleur, qui représente un investissement de 2 millions d'euros.

L'initiative est originale : plutôt que de se contenter de lancer leur propre webradio, ils ont fait appel à la start-up Goom Radio, qui réalise actuellement 30 émissions quotidiennes sur ses 25 radios thématiques différentes, dédiées aux divers genres musicaux (pop, hits...), relatait Les Echos de mercredi. De fait, depuis son lancement en 2008 par Emmanuel Jayr et Roberto Ciurleo (deux ex-NRJ), la start-up, qui a levé 12,2 millions d'euros, s'est spécialisée dans la conception de radios sur mesure pour des marques. Des médias et sites d’information (LePost, i-Télé, Têtu) ou des entreprises commerciales (Nike, SNCF, SFR) figurent ainsi parmi ses clients.

L'idée étant de pouvoir proposer les contenus de la marque iTélé déclinés sur plusieurs supports. Les programmes de la chaîne d'info sont donc accessibles sur le Web, les postes de radio connectés à Internet, ainsi que les téléphones mobiles.

En toute logique, la radio numérique reprend des contenus de la grille des programmes de la chaîne, adaptés par une quinzaine de journalistes de Goom, d'après Les Echos. Les programmes sont accessibles en streaming ou à la demande. Mais la valeur ajoutée est que l'auditeur peut accéder, par ce nouveau canal, à des programmes inédits. L'auditeur peut même composer son programme personnalisé, avec des infos qui l'intéressent, mais aussi des musiques de son choix. Une option assez osée de iTélé (puisqu'elle sort, de facto, du schéma tout-info par ce biais), qui espère ainsi attirer des jeunes auditeurs, dont des ados, familiers de la musique à la demande.

Qu'est-ce que cela donne ? Elle est encore en phase bêta, comme précisé en page d'accueil (on notera d'ailleurs qu'elle est hébergée sur le site de Goom Radio). Beaucoup de fonctions communautaires ("Deviens fan", "Partage cette radio"), et donc, la possibilité de personnaliser sa radio ("Clone cette radio", "Enregistre tes shows"). Et beaucoup de contenus "dont dans "La radio news"). Le risque étant qu'iTélé dilue un peu son identité de chaîne d'info ?

En tous cas, elle a adopté une voie très différente de ses concurrentes, comme LCI, qui a lancé une radio numérique sur un schéma tout info plus classique. LCI Radio a d'ailleurs décroché une fréquence numérique, après s'être bien préparée, avec une véritable grille de programmes radios dédiés, conçus par les journalistes maison : avec 'La French connection' en tech (à laquelle j'ai le plaisir de participer de temps à autre), "LCI Game Club", "Police justice"...

Des auteurs s'essaient à la nouvelle sponsorisée... sur Disneyland

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J'en suis (presque) tombée de ma chaise en ce doux dimanche matin. Dans ce billet sur le blog Rath, blog corrosif dédié à l'édition (et découvert via le Twitter de William Rejault), j'ai découvert une nouvelle forme de sponsoring... dans l'édition.

On y découvre donc qu'une dizaine d'écrivains branchés, dont des journalistes en vue (Tania de Montaigne, David Abiker) ont signé des nouvelles sur le thème Disneyland, dans l'ouvrage éponyme, publié chez Flammarion. La jaquette en couv' est d'ailleurs explicite, présentant l'ouvrage comme émanant de "neuf auteurs au pays de Mickey". Ça promet.

Certes, je n'ai pas lu l'ouvrage en question. Les auteurs invités à cette oeuvre collective sont connus pour avoir une plume alerte, et cela se lit avec plaisir, à en croire le blog de Paris Normandie. Il n'empêche, c'est le fond qui me gêne un tantinet : à en croire Rath, les auteurs ont été invités au préalable à passer un weekend à Disneyland. Invités par Flammarion, sans doute fortement inspiré sur le sujet par Disneyland Paris. Une forme de "livre sponsorisé" qui ne dit pas son nom, finalement ?

Joli coup de communication, en tous cas, pour la maison Disney. C'est la première fois, à ma connaissance, que l'on voit un ouvrage plus ou moins de commande autour d'une marque. Jusqu'à présent, tout juste avait-on vu quelques placements de produits dans des romans, ce qui est monnaie courante aux US, notamment pour les romans girly (cf cette enquête que j'avais publiée dans Les Echos en 2006).

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni dans Les Simpson

C'est le buzz politico-satirique de cette fin de semaine. Le dernier épisode en date des Simpson (qui fête ses 20 ans), diffusé aux US cette semaine, compter rien de moins que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni (dans leurs propres rôles) en guest stars ! Ils ont un petit rôle dans l'épisode intitulé "The Devil Wears Nada" ("Le diable s'habille en nada", référence au titre du roman de Lauren Henderson, "Le diable s'habille en Prada").

Le pitch : Homer Simpson est en voyage à Paris, comme assistant de Carl Carslon, son ami et collègue. Il se fait aborder par une vamp (Carla Bruni) lors d'un cocktail, qui séduit Carl. De retour à Springfield, Homer menace Carl de révéler à Nicolas Sarkozy avec qui il a joué à "cache la baguette". Et converse brièvement avec le président français.

Forcément, les clichés sont de mise : Carla incarne la vamp française, un rien nympho, revêtue d'une robe de soirée violette (la même qu'elle portait, 'dans le réel', le 11 mars 2008, alors que le couple présidentiel recevait le président israélien Shimon Perez à l'Élysée), et l'on voit brièvement Sarkozy dans son bureau à l'Elysée, un camembert devant lui.

Satire politique ? L'image du chef de l'Etat français ne sera-t-elle pas amoindrie, ou encore plus peopolisée, avec ce nouveau "guignol" ?...

dimanche 15 novembre 2009

Un documentaire d'Alfred Hitchcock sur la libération des camps de concentration mise à disposition sur la Toile

La vidéo est totalement inédite, sa découverte a dû surprendre nombre d'historiens... Et il y a fort à parier que la Toile et les réseaux sociaux vont s'imposer comme relais pour ce document historique d'une valeur inestimable. Lorsque j'étais étudiante en histoire et en sciences politiques, j'ai beaucoup travaillé sur le nazisme, alors forcément, cela m'intéresse d'autant plus...

J'ai découvert tout à l'heure via Twitter (merci @ Emery) ce document rare, une vidéo tournée par Hitchcock sur les camps de la mort en Allemagne. Une vidéo mise à disposition sur Google videos. Cette vidéo, tournée par les Alliés après la Seconde Guerre, a été diffusée ce mardi soir par la chaîne britannique Independent Television News. Elle est aussi présentée dans le cadre d'un véritable dossier interactif sur le site de PBS (Public Broadcasting Service, un réseau de télévision à but non lucratif disposant de 354 stations aux États-Unis).

Comme le relate PBS sur cette page, ce document sur la libération des camps de concentration allemands en 1945 a été monté à Londres cette année, et diffusée une première fois par Frontline en mai 1985. L'idée, pour les troupes alliées, était de donner à voir l'horreur qu'avaient subi les prisonniers dans les camps de concentration. Entretemps, il avait été perdu dans les archives britanniques. Alfred Hitchcock a aidé son ami le réalisateur Sidney Bernstein en supervisant le montage du documentaire.

A côté de cela, Hitchkock s'est confronté très tôt, dans ses films, au nazisme, même indirectement,notamment avec Correspondant 17 ou 'Les enchaînés''.


An Alfred Hitchcock documentary on the Nazi Holocaust

Un reportage du New York Times payé par des internautes

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Cette semaine, le New York Times a publié dans sa rubrique Sciences un article un peu particulier : il retrace l'histoire d'un amas de déchets flottant dans l'océan Pacifique. Mais surtout, il est signé par une pigiste pigiste... "payée par la foule" dans le cadre d'une initiative inédite.

Les frais engagés par la journaliste Lindsey Hoshaw pour réaliser son reportage lui ont été réglés d'avance non pas par le commanditaire de cet article, le NY Times, mais par des centaines de donateurs, via Spot.Us, qui se définit comme "un projet à but non lucratif visant à être pionnier du journalisme payé par la communauté". Sur son site Internet, Spot.Us déclare d'ailleurs vouloir permettre au public "de lancer des enquêtes avec des donations déductibles fiscalement, sur des sujets importants et peut-être négligés (sous-entendu par les rédactions classiques)". A ce jour, le reportage de Lindsey Hoshaw a récolté 6 000 dollars de dons.

Un peu sur le modèle des sites musicaux où les internautes peuvent plébisciter et financer en ligne, et donc permettre aux artistes de se faire produire par des internautes (tels Akamusic.com ou MyMajorCompany), SpotUS propose aux internautes de choisir le sujet d'article (leur story favorite) qui les intéresse le plus, parmi les pitch présentés sur le site, et visiblement postés par des journalistes freelance (équivalent aux journalistes-pigistes ici). Il y a plusieurs tarifs présentés selon le type de reportage prévu (investigation, reportage sur une entreprise). L'internaute qui finance un reportage peut en connaître la progression via le blog du journaliste. C'est donc une sorte de place de marché, où l'internaute peut choisir de financer des sujets de reportages qui l'intéressent, ou qui lui semblent peu traités par les médias.

L'initiative de SpotUS me laisse quelque peu perplexe. Le NY Times surfe ainsi sur la vogue (quelque peu dépassée d'ailleurs) du journalisme participatif (dont je me souviens avoir parlé en 2007). Un site comme Newsassignment.net proposait déjà à sa communauté d'internautes de contribuer à la rédaction d'articles.

Certes, c'est un moyen de financer des reportages aux coûts (déplacements, etc) parfois élevés, surtout pour des journalistes indépendants, qui doivent habituellement avancer les frais avant de les voir (éventuellement) couverts par la rédaction qui publiera leur papier. Qui plus est, cela donne au journaliste le temps d'enquêter en profondeur. Du temps et des moyens, une denrée qui se raréfie d'ailleurs pour les journalistes dans les rédactions.

Le truc étant que le modèle de relation classique entre les rédactions et les journalistes indépendants qu'elles font travailler repose sur une commande, puis une rémunération directe par la rédaction au journaliste. Là, SpotUS se pose en intermédiaire (et prélève une commission ?). Normalement, l'article finalisé est publié sous licence Creative Commons, et donc reexploitable gratuitement par autrui. Là, le NY Times avalise ce modèle en publiant dans ses pages un article commandé et "produit" par SpotUS, et financé par des internautes.

Est-ce que l'on verra un jour ce modèle importé en France ? Où se distinguent déjà des intermédiaires entre rédactions et journalistes indépendants, comme la Nouvelle Agence Centrale de Presse (ACP), qui suscite déjà beaucoup de débats... Et vous, qu'en pensez-vous ?

Mise à jour : Quelques compléments à partir d'infos ben intéressantes que m'ont fait parvenir des internautes (que je remercie :): - Dans la lignée de Spot.US, en France, on trouve le projet Glifpix qui repose sur le même principe. Parmi ses fondateurs, on trouve un ancien rédacteur en chef du Monde, Patrick Jarreau, un transfuge de Mopndadori France, Bertand Paris, Eric Scherer, directeur de la stratégie et des partenariats à l’AFP... - Le photojournaliste Cyril Cavalié (qui vient de publier cet excellent bouquin, dont j'ai parlé ici) m'indique qu'il a eu (et bénéficié de) la même idée : "en début d'année, et le don de quelques internautes des réseaux Facebook, Twitter et Flickr qui connaissaient mon travail, m'avait permis de partir à Washington sans commande pour couvrir l'investiture de Barack Obama".

vendredi 13 novembre 2009

La French Connection #35 (LCI Radio): Wasabiiiii !

Et hop, la dernière édition de la French Connection de LCI Radio, que l'on a enregistrée tout à l'heure (vous admirerez la promptitude du maître des lieux, Cédric, pour numériser le tout et vous le mettre à dispo ;)avec Cédric Ingrand, Jean-Bernard Magescas, et Amaury Mestre de Laroque. On y a causé de l'arrivée de Netvibes Wasabi , du premier Google Phone que Google s'apprêterait à lancer SANS opérateur aux US, avec pour fabricant HTC (qui le proposerait en marque blanche), je suis revenue sur le débat autour du "droit à l'oubli" des traces numériques laissées par les internautes sur la Toile... En ce début de weekend, enjoy !

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

lundi 9 novembre 2009

Le retour du disque vinyle : la musique (re)matérialisée, le culte de l'objet collector et vintage

Ça a été une redécouverte. Le son légèrement irrégulier, en même temps profond, avec parfois des grésillements. Et mettre la musique, qui s'apparente à un petit cérémonial : sortir l'objet de sa pochette, en le faisant glisser délicatement, le poser sur la platine, appuyer sur 'Play', puis déposer progressivement le bras sur sa surface, pour que le diamant du lecteur l'effleure juste... Ensuite, musica.

Peut-être un petit snobisme de mélomanes, de nostalgiques d'une autre période, une envie de retour à la musique matérielle, qui se concrétise par un objet que l'on manipule : il s'agit donc bien du disque vinyle, donné pour mort dans les années 80, lors de l'arrivée en force du CD ('compact disc', disaient alors les pubs, mais qui effectue un joli retour en force depuis quelques années. Pour ma part, trentenaire mélomane, aux goûts musicaux qui se confirment avec les années, je viens de me faire offrir une platine vinyle. Mon père était trop content de pouvoir la choisir de manière avertie. Eh oui :)

La "faute" aux DJs, dans un premier temps, qui ont ressorti de classiques vinyles 33 tours et 45 tours pour effectuer de savants mixages.. Chacun ayant sa propre collection de vinyles, qu'ils ont donc remis au goût du jour... Y compris au sein d'une tranche de mélomanes avertis, y compris les trentenaires nostalgique de cet objet représentatif de générations précédentes de mélomanes. Ou, de façon plus basique, bon nombre ont racheté une platine après avoir hérité de la collection de vinyles de leurs parents ;)

Déjà, il y a le plaisir littéralement sensuel au simple fait de mettre un vinyle (je vous renvoie au 1er § :) sur une platine microsillon, en effleurant le disque, et en pouvant apprécier les photos et textes grand format de la pochette (ça change des livrets lilliputiens des CD). Un véritable plaisir retrouvé, à l'ère du dématérialisé, où la musique en format mp3, abstraite, au son trop parfait, se déshumanise.

Surtout, cela permet à nos générations de (re)découvrir des musiques qui ont marqué notre enfance ou notre adolescence (et nos premières soirées...). Sur une brocante près de chez moi, je me suis acheté des vinyles d'occasion qu'il ne me serait pas venu à l'idée d'acheter en CD, ou même de télécharger : Georges Michaël, Tina Turner, les Who, un petit inédit de Mike Jagger en solo (et tout jeune)... Chez mes parents, j'ai eu le plaisir de découvrir ce magnifique double live de David Bowie en 1974 (époque dope donc, comme on le voit sur les photos intérieures...).

Bowie

En tous cas, le business redevient prometteur. Il représenterait actuellement 10% de la musique vendue au niveau mondial. Et les professionnels de la musique l'ont bien compris. A l'heure où la vente d'albums en CD ou en téléchargement légal dégringolent, paradoxalement, celle de vinyles importés ou d'occasion se porte bien. Quelques boutiques spécialisées ouvrent leurs portes, et encore dernièrement, à une brocante, un particulier m'expliquait avoir liquidé sans problème tous ses vinyles le matin même. Sa clientèle : des 20-30 ans.

Majors musicales et groupes repensent même le vinyle comme un bel objet collector.... susceptible d'être vendu plus cher ;) quitte à y ajouter des plus-produits pour satisfaire le fan de base devenu adulte. Du coup, les éditeurs commencent à sortir un nouvel album *aussi* en format vinyle. Ils n'y sont pas forcément perdants : un vinyle neuf se vend actuellement 20 à 30 €, un poil plus cher qu'un CD donc... et bien plus qu'un vinyle dans les 80's. Surtout lorsqu'ils jouent sur le côté série limitée. Les majors sont inventives en la matière : je me suis vue offrir le dernier album de PJ Harvey en vinyle. Comme vous le voyez, outre le vinyle, on me propose à l'intérieur un poster, et... un code m'offrant la possibilité de télécharger le même album en format mp3, légalement. Bien vu, non ?

PJHarvey

Il y a une autre explication : le besoin pour le public d'archiver, sur support matériel, des musiques qui se rattachent à sa propre histoire. Quand bien même le vinyle résiste moins bien aux outrages du temps que les supports numériques... Et ce alors qu'il devient de plus en plus difficile de trouver des "classiques" de la musique sur les sites de téléchargement (légal ou pas) pour (re)constituer son répertoire perso.

On peut aussi rattacher cela au retour du rock alternatif, depuis le début des années 2000, les Strokes, Libertines, et autres Arctic Monkeys (tous proposés à la Fnac en vinyle - ça tombe bien...) nous donnant envie de revenir à nos classiques de la culture rock, sur le format classique - le vinyle, donc.

Côté high-tech, le business est tout aussi prometteur. On a vu débarquer il y a 3-4 ans des lecteurs vinyles 'mixtes', avec une sortie USB permettant de numériser ses disques en format mp3, ou encore un dock pour iPod. Pour les plus malins, des logiciels informatiques permettent (si tant est qu'ils ont une chaîne hifi dotée d'une sortie mp3 ou idoine pour un câble) de numériser leurs vinyles avec un logiciel ad hoc.

Les platines 2009, dans leur design, sont ainsi présentées "façon vintage, futuriste, pop art, ou accompagnée d'une fonction de numérisation des disques pour les convertir en fichiers MP3", souligne Didier Sanz dans ce bon papier du Figaro. Les marques présentes sur ce marché en plein revival ? "Même des fabricants qui n'ont jamais fait de vinyle, comme Denon, Marantz ou encore Goldmund, spécialiste du numérique chic, s'y mettent", d'après le Fig'.

Alors, nouvelle tendance de conso de fond ? A voir. Rendez-vous après Noël...

dimanche 8 novembre 2009

Maison d'édition de BD communautaire

Manolosanctis.JPG

Dans la lignée de l'affluence de blogs BD existant en France, la maison d'édition Manolosanctis a (enfin) eu l'idée de se lancer sur le mode Web communautaire.

Le concept : de la même manière que des sites comme MyMajorCompany pour la musique et Touscoprod pour le cinéma, les internautes inscrits peuvent s'improviser critiques de BD, suite à quoi les jeunes auteurs remarqués par cette communauté d'internautes-critiques auront peut-être la chance d'être publiés. Tous les mois, des albums parmi les plus populaires du site sont choisis par le comité de sélection pour être édités en version papier. Ouvert à tous (dessinateurs, amateurs ou professionnels), le site est aussi un bon moyen pour l'auteur d'apprécier la qualité de son œuvre : en publiant quelques planches, il pourra observer les premiers retours du public. Actuellement en version beta, Manolosanctis affiche environ 150 albums d'un niveau professionnel, sans qu'aucune sélection soit effectuée avant leur mise en ligne.

Bonne initiative, qui esquisse un nouveau modèle économique dans la publication culturelle, dans la lignée de ces diverses tentatives d'édition/publication réalisées avec des soutiens individuels, en contournant les majors du secteur...

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